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Renaître ensemble ?

« Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? »
Cette interpellation de Nicodème à Jésus, nous la connaissons tous (Jn, 3,4). Mais la faisons-nous vraiment nôtre ? De multiples « petites morts » à nous-mêmes ou aux autres, la vie ne nous prive pas. La perte et le deuil de nos proches, de nos capacités, de nos ambitions marquent nos existences. Mais voyons-nous les renaissances personnelles et collectives ? 
Or, pendant cette Semaine Sainte, la communauté de Saint-Merry-Hors-les-Murs l’a vécu.
Elle a prié avec les communautés parisiennes amies de Notre-Dame-des-Anges et Notre-Dame d’Espérance. Des célébrations digitales ont eu lieu. Certains ont été présents dans d’autres assemblées, y compris protestantes. Par ses multiples et diverses célébrations, elle a fait l’expérience d’une maturité dans la foi et d’une crédibilité dans son annonce de l’Évangile.
Une nouvelle façon de faire Église dans la diversité à Paris s’expérimente de la sorte :
envoyés « deux par deux », seul chez soi, à l’hôpital, en prison ou réunis. Mais ensemble. 

Henri-Martin Granel, Le tombeau vide et Les pèlerins d’Emmaüs (vitraux), église Notre-Dame, Royan

N’est-ce pas ce qu’ont expérimenté les apôtres ?

Regardez dans l’Évangile les récits de résurrection : les disciples en ont d’abord fait l’expérience personnelle et communautaire. Ils ont su mettre des mots sur ce qui leur arrivait. À commencer par les femmes. Mais ils en ont fait l’expérience avec d’autres : Marie-Madeleine s’en va annoncer aux disciples « J’ai vu le Seigneur ! » ; les disciples d’Emmaüs racontent aux apôtres ce qu’ils ont vécu. Enfin, cette expérience, ils ne la gardent pas pour eux-mêmes : Pierre s’adresse aux gens de Jérusalem ou à la foule, au péril de sa vie. La foi le transforme profondément.

Et nous ? Peut-être devrions-nous plus prendre le temps de redire ce que chacun est advenu depuis la « dispersion » de Saint-Merry : temps de deuil et d’absence, de vide et tristesse, comme les disciples d’Emmaüs. Temps d’épreuve, d’interrogation, de nomadisme. Mais aussi de reconstruction et de réengagement dans la foi. Même dans l’incertitude et la « dynamique du provisoire ». Assurément une nouvelle  forme de communion dans le diocèse de Paris progresse à petits pas. En un temps de pandémie, cela réchauffe le cœur !

Jean-François Petit
prêtre « hors les murs »

CategoriesÉdito

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