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	Commentaires sur : Urgence évangélique	</title>
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		<title>
		Par : Karine SACEPE		</title>
		<link>https://saintmerry-hors-les-murs.com/2026/06/10/urgence-evangelique/#comment-15049</link>

		<dc:creator><![CDATA[Karine SACEPE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 09:25:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Merci pour cette présentation, qui rappelle à juste titre la radicalité des exigences évangéliques concernant la pauvreté, le partage, la dignité humaine et le bien commun.

Je reste cependant réservée devant l’affirmation selon laquelle l’Évangile serait, par nature, contraire au « capitalisme ». Le terme me paraît ici trop global et insuffisamment défini. Parle-t-on de l’entreprise privée, de l’économie de marché et de la propriété ? Du capitalisme financier dérégulé ? De la société de consommation ? De l’exploitation des travailleurs ou de la destruction de l’environnement ? Ces réalités ne peuvent pas être simplement confondues.

Qualifier Jésus d’« anticapitaliste » me semble également anachronique. La Palestine du Ier siècle connaissait certes l’argent, le commerce, le salariat, la propriété, le crédit et de très fortes inégalités, mais pas le capitalisme industriel et financier moderne. On peut légitimement juger nos systèmes économiques à la lumière de l’Évangile ; il est plus contestable de projeter directement sur Jésus les catégories politiques des XIXᵉ, XXᵉ ou XXIᵉ siècles.

Il est d’ailleurs frappant de constater combien les paraboles de Jésus utilisent les réalités économiques : un propriétaire embauche des ouvriers et négocie leur salaire ; un maître confie des capitaux à ses serviteurs et leur demande des comptes ; certains font fructifier les sommes reçues, tandis qu’un autre se voit reprocher de ne pas avoir au moins placé l’argent à la banque pour produire un intérêt ; ailleurs interviennent des gérants, des créanciers, des débiteurs, des fermiers et des intendants.

Cela ne signifie évidemment pas que Jésus aurait enseigné une doctrine capitaliste. Les paraboles parlent avant tout de Dieu, du Royaume, de la grâce et de notre responsabilité. Mais elles montrent que l’initiative, la bonne gestion, la fécondité du travail, la responsabilité personnelle et la reddition des comptes ne sont pas, en elles-mêmes, contraires à l’Évangile.

La parole « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent » ne condamne pas l’argent en tant qu’instrument. Elle condamne l’argent devenu maître, idole et principe suprême de décision. Toute la question est là : l’économie demeure-t-elle au service de la personne et du bien commun, ou les personnes sont-elles sacrifiées à l’accumulation, à la performance et au profit ?

La doctrine sociale de l’Église adopte précisément cette position de discernement. Elle reconnaît le rôle positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée, de la libre initiative et même du profit, tout en affirmant que ceux-ci doivent être soumis à la justice, à la dignité du travail, à la solidarité, à la destination universelle des biens et au bien commun.

Il me semble donc plus fidèle à la complexité de l’Évangile de dire que celui-ci n’est ni capitaliste ni anticapitaliste. Il est radicalement opposé à l’idolâtrie de l’argent, à l’exploitation et à l’indifférence envers les pauvres. Mais il ne permet pas pour autant de canoniser une option politique ou économique unique, ni de présenter la condamnation indifférenciée du capitalisme comme la seule traduction possible de la foi chrétienne.

L’Évangile ne nous dispense pas du discernement en nous fournissant un système tout fait : il nous oblige, plus profondément, à évaluer tout système à partir de la dignité de la personne, de la liberté, de la justice, de la fraternité et du bien commun.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour cette présentation, qui rappelle à juste titre la radicalité des exigences évangéliques concernant la pauvreté, le partage, la dignité humaine et le bien commun.</p>
<p>Je reste cependant réservée devant l’affirmation selon laquelle l’Évangile serait, par nature, contraire au « capitalisme ». Le terme me paraît ici trop global et insuffisamment défini. Parle-t-on de l’entreprise privée, de l’économie de marché et de la propriété ? Du capitalisme financier dérégulé ? De la société de consommation ? De l’exploitation des travailleurs ou de la destruction de l’environnement ? Ces réalités ne peuvent pas être simplement confondues.</p>
<p>Qualifier Jésus d’« anticapitaliste » me semble également anachronique. La Palestine du Ier siècle connaissait certes l’argent, le commerce, le salariat, la propriété, le crédit et de très fortes inégalités, mais pas le capitalisme industriel et financier moderne. On peut légitimement juger nos systèmes économiques à la lumière de l’Évangile ; il est plus contestable de projeter directement sur Jésus les catégories politiques des XIXᵉ, XXᵉ ou XXIᵉ siècles.</p>
<p>Il est d’ailleurs frappant de constater combien les paraboles de Jésus utilisent les réalités économiques : un propriétaire embauche des ouvriers et négocie leur salaire ; un maître confie des capitaux à ses serviteurs et leur demande des comptes ; certains font fructifier les sommes reçues, tandis qu’un autre se voit reprocher de ne pas avoir au moins placé l’argent à la banque pour produire un intérêt ; ailleurs interviennent des gérants, des créanciers, des débiteurs, des fermiers et des intendants.</p>
<p>Cela ne signifie évidemment pas que Jésus aurait enseigné une doctrine capitaliste. Les paraboles parlent avant tout de Dieu, du Royaume, de la grâce et de notre responsabilité. Mais elles montrent que l’initiative, la bonne gestion, la fécondité du travail, la responsabilité personnelle et la reddition des comptes ne sont pas, en elles-mêmes, contraires à l’Évangile.</p>
<p>La parole « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent » ne condamne pas l’argent en tant qu’instrument. Elle condamne l’argent devenu maître, idole et principe suprême de décision. Toute la question est là : l’économie demeure-t-elle au service de la personne et du bien commun, ou les personnes sont-elles sacrifiées à l’accumulation, à la performance et au profit ?</p>
<p>La doctrine sociale de l’Église adopte précisément cette position de discernement. Elle reconnaît le rôle positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée, de la libre initiative et même du profit, tout en affirmant que ceux-ci doivent être soumis à la justice, à la dignité du travail, à la solidarité, à la destination universelle des biens et au bien commun.</p>
<p>Il me semble donc plus fidèle à la complexité de l’Évangile de dire que celui-ci n’est ni capitaliste ni anticapitaliste. Il est radicalement opposé à l’idolâtrie de l’argent, à l’exploitation et à l’indifférence envers les pauvres. Mais il ne permet pas pour autant de canoniser une option politique ou économique unique, ni de présenter la condamnation indifférenciée du capitalisme comme la seule traduction possible de la foi chrétienne.</p>
<p>L’Évangile ne nous dispense pas du discernement en nous fournissant un système tout fait : il nous oblige, plus profondément, à évaluer tout système à partir de la dignité de la personne, de la liberté, de la justice, de la fraternité et du bien commun.</p>
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		<title>
		Par : Monika Sander		</title>
		<link>https://saintmerry-hors-les-murs.com/2026/06/10/urgence-evangelique/#comment-14992</link>

		<dc:creator><![CDATA[Monika Sander]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:13:28 +0000</pubDate>
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Amitiés Monika]]></description>
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Amitiés Monika</p>
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