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Tito de Alencar, une « tragique aventure chrétienne de liberté »

L’ACAT (Action des Chrétiens pour l’abolition de la Torture) et les éditions Khartala proposent une soirée débat sur la vie de Tito De Alencar, avec des personnalités qui l’ont entouré, et une des journalistes co-auteure de sa biographie intitulée « Tito de Alencar, un dominicain brésilien, martyr de la dictature » parue en 2020 en France. La rencontre aura lieu le mardi 7 décembre, à 18h30, salle Christophe Dumont, 45 rue de la Glacière, Paris 13e.

Raconter l’histoire de Tito, c’est revenir sur la dictature militaire mise en place au Brésil en 1964. Installée sous le nom de « révolution rédemptrice », la dictature supprima le Parlement, gouverna par des actes institutionnels et mit en prison les opposants politiques. À cette opposition, va alors s’associer cette partie de l’Église catholique qui avait choisi le christianisme de la libération. Des laïcs, des prêtres et des religieux, notamment des dominicains, en font partie. Ce livre marche sur les traces de l’un d’entre eux, Tito de Alencar.


En 1968, le dominicain Tito a 23 ans quand il s’engage, avec plusieurs de ses frères, dans des actions de soutien à la résistance et notamment à l’Armée de libération nationale (ANL), dirigée par Carlos Marighella. Mais le violent système de répression de la dictature ne tardera pas à l’arrêter, à le ficher, puis à l’emprisonner en novembre 1969. Tito sera torturé ce même mois par l’équipe du commissaire Sergio Fleury, puis transféré en d’autres centres où les actes de tortures reprendront. Il sera libéré mais banni du pays en janvier 1971. Réfugié en France, il se suicida quelques années plus tard. La torture avait réussi à le détruire psychologiquement, transformant sa vie en un enfer de délires et d’hallucinations. 


Lors de l’édition brésilienne de cet ouvrage en 2014, des personnalités en ont souligné sa portée. « Le livre a changé la vision que j’avais de l’engagement des dominicains à l’époque » (Bernardo Kucinski, écrivain). « Il n’y a pas dans cette oeuvre matière à spéculations doctrinaires. Tout est direct et vivant, comme se doit d’être le témoignage d’amis et compagnons qui ont partagé dans le danger les mêmes valeurs » (Alfredo Bosi, écrivain, professeur de littérature brésilienne et académicien). « Quel bel exemple de compréhension et de respect de sa tragique aventure chrétienne de liberté ! » (Magno Vilela, historien et ex-dominicain).
Publié aujourd’hui en français, ce livre vaut en lui-même pour l’honneur de Tito. Il vaut aussi comme un appel et une leçon pour notre époque, où la liberté et la justice restent toujours à préserver, ou à conquérir et reconquérir.

Les auteures :
– Clarisse Meireles, journaliste et traductrice brésilienne, vit et travaille à Rio de Janeiro.
– Leneide Duarte-Plon est une journaliste brésilienne vivant à Paris et correspondante de la revue Carta Maior. Elle est l’auteure d’un autre ouvrage paru en portugais : La torture comme arme de guerre : de l’Algérie au Brésil. Comment les militaires français ont exporté les escadrons de la mort et le terrorisme d’État (2016). 

Le débat du 7 décembre réunira Leneide Duarte-Plan, co-auteure, Paul Blanquart, dominicain proche de Tito, Michaël Löwy, sociologue, Jean-Claude Rolland, psychiatre et psychanalyste, et Vladimir Safatle, philosophe.

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