{"id":13910,"date":"2021-07-16T08:30:00","date_gmt":"2021-07-16T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/?p=13910"},"modified":"2021-07-15T23:21:50","modified_gmt":"2021-07-15T21:21:50","slug":"inattendus-sur-le-chemin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/2021\/07\/16\/inattendus-sur-le-chemin\/","title":{"rendered":"Inattendus sur le chemin"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-ugb-divider ugb-divider ugb-111ea58 ugb-divider--v2 ugb-divider--design-basic ugb-main-block\"><style>.ugb-111ea58 hr.ugb-divider__hr{margin-left:auto !important;margin-right:auto !important}<\/style><div class=\"ugb-inner-block\"><div class=\"ugb-block-content\"><hr class=\"ugb-divider__hr\"\/><\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong><em>Il y a un vieux dicton qui dit\u00a0: \u00ab En route ne demande pas ton chemin \u00e0 qui le conna\u00eet, tu ne pourrais pas te perdre\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p><p><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-ugb-divider ugb-divider ugb-4370fb7 ugb-divider--v2 ugb-divider--design-basic ugb-main-block\"><style>.ugb-4370fb7 hr.ugb-divider__hr{margin-left:auto !important;margin-right:auto !important}<\/style><div class=\"ugb-inner-block\"><div class=\"ugb-block-content\"><hr class=\"ugb-divider__hr\"\/><\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"has-sm-color-primary-color has-text-color wp-block-heading\">Se perdre en chemin<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Il n\u2019y a pas tr\u00e8s longtemps, un \u00e9t\u00e9, je retrouve une amie \u00e0 la gare de Lyon, quelques minutes avant le d\u00e9part du train. En haut de l\u2019escalator, sur le quai, il y a un train \u00e0 gauche, un train \u00e0 droite. Nous montons dans celui de gauche&nbsp;; nous trouvons la voiture et nos deux places libres aux bons num\u00e9ros. Le train se met en marche, curieusement trois minutes avant l\u2019heure inscrite sur nos billets, puis l\u2019\u00e9tonnement grandit lorsque nous entendons la voix de celui qui accueille les voyageurs nous annoncer que le prochain arr\u00eat sera \u00e0 Draguignan\u2026<br>Nous devons nous rendre dans le centre de la France. Nos surprises \u00e9chang\u00e9es \u00e0 haute voix font sourire tout le compartiment, vite mis au courant de ce qui nous arrive. Comment faire, on nous attend pr\u00e8s d\u2019Autun, en revanche personne ne sera \u00e0 la gare de Draguignan pour nous accueillir en fin de journ\u00e9e. Nous voil\u00e0 bien d\u00e9contenanc\u00e9es lorsque le contr\u00f4leur passe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 En soir\u00e9e, \u00e0 Draguignan il y a un train qui remonte vers Paris.<br>\u2013 Ah&nbsp;! Non, pas \u00e0 Paris, on est parties pour des vacances, on ne rentre pas chez nous&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le contr\u00f4leur, sans doute \u00e9mu par notre aventure, nous confie un mot de recommandation qu\u2019il r\u00e9dige \u00e0 son coll\u00e8gue du train que nous prendrons \u00e0 Draguignan. Ce qui est \u00e9crit nous touche profond\u00e9ment, il est question de deux pauvres femmes qui se sont tromp\u00e9es de train, et qu\u2019il faut prendre en consid\u00e9ration, et surtout \u00eatre assez aimable pour ne pas les accabler en leur faisant payer un trajet suppl\u00e9mentaire. Le petit mot fut accueilli par le coll\u00e8gue avec grande compr\u00e9hension envers ces deux pauvres malheureuses que nous \u00e9tions et qui n\u2019avaient pas bien regard\u00e9 les panneaux indicateurs. Pas tr\u00e8s d\u00e9gourdies et sans doute peu habitu\u00e9es \u00e0 voyager, voil\u00e0 de quoi nous avions l\u2019air. Mais on a du c\u0153ur \u00e0 la SNCF\u00a0!<br>La nuit est tomb\u00e9e sur Draguignan, mais pas sur le moral. Puisque, apr\u00e8s de multiples communications t\u00e9l\u00e9phoniques, nous remontons en train jusqu\u2019\u00e0 Avignon, pour \u00eatre accueillies chaleureusement par la famille de mon amie. Une de leur voiture, mise \u00e0 notre disposition, nous permettra de d\u00e9couvrir cette magnifique r\u00e9gion et bien s\u00fbr de nous perdre sur les chemins secs et rocailleux, pour atteindre les villages haut perch\u00e9s. Se perdre ne nous faisait plus peur. On avait le temps. Tout nous \u00e9tait offert g\u00e9n\u00e9reusement, alors que rien n\u2019avait \u00e9t\u00e9 programm\u00e9.<br>En fin de balade, tandis que nous sommes assises tranquillement sur le bord d\u2019un talus ombrag\u00e9, pourquoi suis-je transport\u00e9e tout \u00e0 coup sur un autre chemin que celui o\u00f9 nous sommes\u00a0<br>Du coup, je raconte \u00e0 mon amie une aventure qui remonte seulement \u00e0 une soixantaine d\u2019ann\u00e9es. Je l\u2019embarque avec moi vers le soleil levant qui se montre dans toute sa splendeur d\u00e8s l\u2019aurore.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-sm-color-primary-color has-text-color wp-block-heading\">Ne pas se perdre en chemin<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans cet immense espace d\u00e9sertique o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu avec des compagnes, nous avions compris que les habitants du village o\u00f9 nous vivions, n\u2019avaient pas envie qu\u2019on ait de relations avec les autres villages du d\u00e9sert n\u2019appartenant pas \u00e0 la m\u00eame religion. Il fallait donc attendre le moment propice pour aller les rencontrer.<br>L\u2019occasion s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e, un matin, \u00e0 la suite d\u2019une bataille&nbsp;! Des cris et des bruits sourds de pierres projet\u00e9es dans un nuage de poussi\u00e8re&nbsp;\u00e0 l\u2019entr\u00e9e du village font sortir les gens de leurs maisons Des silhouettes noires de femmes s\u2019agitent, sur les toits, elles l\u00e8vent leurs bras appellent le ciel \u00e0 l\u2019aide.<br>Les hommes d\u2019un village sont venus r\u00e9gler des comptes. Le motif ne nous est pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 mais dans une r\u00e9gion de semi-nomades une histoire de troupeaux n\u2019est pas exclue. La moisson est termin\u00e9e et le bl\u00e9 engrang\u00e9 est \u00e0 l\u2019abri, ce n\u2019est sans doute pas une question de r\u00e9colte. Heureusement, ici, il n\u2019y a pas de bless\u00e9s graves. Mais \u00ab&nbsp;l\u00e0-bas&nbsp;\u00bb chez les autres que se passe-t-il&nbsp;?<br>D\u00e8s le lendemain, nous partons \u00ab&nbsp;l\u00e0-bas&nbsp;\u00bb en direction du village en question. Il est cach\u00e9 par quelques collines, mais nous apprenons qu\u2019il se situe \u00e0 l\u2019est.<br>Le soleil est \u00e0 peine lev\u00e9, nous nous faufilons le long des murs, discr\u00e8tement. Nos voisins n\u2019ont pas le temps de regarder, entre les pierres, ce que nous faisons \u00e0 cette heure indue et de nous demander comme \u00e0 l\u2019ordinaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;O\u00f9 allez-vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb A cette heure matinale, les femmes sont dans les fours qui sentent bon le pain chaud, les hommes, crient apr\u00e8s les troupeaux impatients.<br>Nous nous dirigeons vers l\u2019orient. La fra\u00eecheur de l\u2019aurore nous caresse agr\u00e9ablement, nous sommes l\u00e9g\u00e8res dans ce d\u00e9sert qui est n\u00f4tre.<br>Mais tout \u00e0 coup\u2026 Le bruit de galop d\u2019un cheval qui r\u00e9sonne sur le chemin pierreux, puis une voix connue, derri\u00e8re nous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 O\u00f9 allez-vous&nbsp;? Demande Brahim, notre voisin.<br>\u2013 \u00ab&nbsp;L\u00e0-bas&nbsp;\u00bb, en montrant par un geste de la main la direction du village.<br>\u2013 \u00c0 Kasser&nbsp;? \u2026Et pourquoi&nbsp;?<br>\u2013 Soigner les bless\u00e9s d\u2019hier.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim ne fait aucun commentaire.<br>\u2013 Il vaut mieux passer par l\u00e0, c\u2019est plus facile et rapide.<\/p>\n\n\n\n<p>Il repart, nous empruntons alors le chemin, mais tr\u00e8s vite nous r\u00e9alisons que ce n\u2019est pas un raccourci. Nous revenons alors sur nos pas en souriant et pr\u00e9f\u00e9rons inventer notre marche en nous fiant au soleil et \u00e0 notre intuition.<br>J\u2019ai encore le souvenir tout frais de cette premi\u00e8re marche vers Kasser. Je n\u2019avais peur de rien, abandonn\u00e9e \u00e0 tout ce qui pouvait arriver dans cet espace grandiose. La terre prenait les couleurs du soleil au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il montait dans le ciel. Pas un \u00eatre humain, pas une plante, seulement des pierres. La premi\u00e8re apparition du village, construit sur une hauteur, ne se distinguait de la montagne que par de minuscules rectangles noirs. C\u2019\u00e9tait les portes ouvertes des maisons o\u00f9 se faufilaient de toutes petites silhouettes color\u00e9es.<br>On \u00e9tait observ\u00e9es. Le chemin monte et descend, on voit le village, on ne le voit plus, on le revoit, et chaque fois un peu plus grand. Parfois une colline, un sentier qui descend nous cachent tout horizon, on avance quand m\u00eame, dans l\u2019inconnu.<br>Soudain, appara\u00eet Kasser dans toute sa splendeur, il s\u2019est rapproch\u00e9. Il est l\u00e0 si haut perch\u00e9 qu\u2019il faut vraiment relever la t\u00eate pour le voir compl\u00e8tement. Nous remarquons que les rectangles noirs ont disparu&nbsp;; les portes viennent de se fermer.<br>Apr\u00e8s une bonne grimpette, nous voil\u00e0 sur une petite place vide, absolument vide et silencieuse comme abandonn\u00e9e.<br>Alors, en passant dans les ruelles sans vie, nous crions&nbsp;:<br>\u2013 Nous sommes venues pour vous soigner, y a-t-il des bless\u00e9s&nbsp;?<br>Juste au moment o\u00f9 nous allions redescendre, une voix derri\u00e8re nous, celle-l\u00e0 bienveillante, appelle&nbsp;:<br>\u2013 Je suis le chef du village,<br>Vous \u00eates les bienvenues&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants de notre village n\u2019avaient pas appr\u00e9ci\u00e9 que nous ayons soign\u00e9 les bless\u00e9s de \u00ab&nbsp;la bataille de pierres&nbsp;\u00bb, comme ils n\u2019aimaient pas nous voir partir vers les tentes des nomades de passage.<br>Mais, peu \u00e0 peu, ils finiront par accepter jusqu\u2019\u00e0 voir d\u00e9barquer dans leur village les caravanes d\u2019\u00e2nes et de chameaux qui avaient leurs ennuis de sant\u00e9, eux aussi. Je les soignais, bien entendu, ainsi que leurs propri\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon r\u00e9cit est termin\u00e9, mon amie revient sur terre plus vite que moi et me dit, il est bien tard, il faut vite rentrer, je vais regarder, sur la carte, la route la plus rapide, ma famille va peut-\u00eatre s\u2019inqui\u00e9ter\u2026 Si jamais on se perdait \u00e0 nouveau&nbsp;!<\/p>\n<div class=\"cats\"><span class=\"cats__title\">Categories<\/span><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/category\/chroniques\/a-claire-voie\/\" rel=\"category tag\">\u00c0 claire-voie<\/a> <a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/category\/a-la-une\/\" rel=\"category tag\">\u00c0 la Une<\/a><\/div><div class=\"tags\"><div class=\"tags__title\">Tags<\/div><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/billetchroniques\/\" rel=\"tag\">billet&amp;chroniques<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Se perdre ne nous faisait plus peur. 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