{"id":29553,"date":"2022-09-14T17:44:03","date_gmt":"2022-09-14T15:44:03","guid":{"rendered":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/?p=29553"},"modified":"2024-06-14T14:09:16","modified_gmt":"2024-06-14T12:09:16","slug":"albert-camus-et-joseph-moingt-surprenantes-affinites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/2022\/09\/14\/albert-camus-et-joseph-moingt-surprenantes-affinites\/","title":{"rendered":"Albert Camus et Joseph Moingt. Surprenantes affinit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"is-style-lead has-sm-light-secondary-background-color has-background\" style=\"font-size:21px\">\u00c0 y bien r\u00e9fl\u00e9chir et aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, il me semble y avoir de nombreux points communs entre&nbsp;Joseph Moingt&nbsp;et&nbsp;Albert Camus. Je vais tenter de montrer ce qui rapproche le th\u00e9ologien d\u2019aujourd\u2019hui et le prix Nobel de litt\u00e9rature de 1957, ce qu\u2019ils ont de commun dans leurs d\u00e9marches, leurs itin\u00e9raires et leurs \u0153uvres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par le fait que le point de d\u00e9part de leur recherche, de leur qu\u00eate et de leur pens\u00e9e est, pour l\u2019un et l\u2019autre, une rupture.&nbsp;Un rupture culturelle majeure affectant tout l\u2019h\u00e9ritage du pass\u00e9 et amenant \u00e0 affronter le doute et l\u2019absence.&nbsp;Absence de r\u00e9f\u00e9rence morale et de syst\u00e8me de valeurs reconnu pour Albert Camus. Absence de Dieu dans l\u2019horizon de la culture contemporaine pour Joseph Moingt.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les deux cas, et c\u2019est un autre point commun, le fruit de leur travail s\u2019exprime en termes d\u2019<strong>humanisme<\/strong>. Un humanisme qui combine \u00ab&nbsp;une vue pessimiste du monde et un profond optimisme en l&rsquo;homme&nbsp;\u00bb, pour Camus. Un humanisme nourri d\u2019\u00c9vangile pour Moingt. <br>Avec un m\u00eame souci de v\u00e9rit\u00e9, de \u00ab&nbsp;<strong>parler vrai<\/strong>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"658\" data-src=\"https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Camus-Conferences-et-discours.jpg?resize=400%2C658&#038;ssl=1\" alt=\"Camus-Conferences-et-discours\" class=\"wp-image-29645 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 400px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 400\/658;width:302px;height:497px\" data-srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Camus-Conferences-et-discours.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Camus-Conferences-et-discours.jpg?resize=182%2C300&amp;ssl=1 182w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Camus-Conferences-et-discours.jpg?resize=7%2C12&amp;ssl=1 7w\" data-sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Albert Camus, dans une conf\u00e9rence prononc\u00e9e en 1946 au cours d\u2019une tourn\u00e9e aux Etats-Unis, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;La Crise de l\u2019homme&nbsp;\u00bb, d\u00e9crit en ces termes <strong>la rupture v\u00e9cue par sa g\u00e9n\u00e9ration<\/strong> :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;C&rsquo;est&nbsp;une&nbsp;g\u00e9n\u00e9ration int\u00e9ressante et d&rsquo;abord parce qu&rsquo;en face du monde absurde que ses a\u00een\u00e9s lui fabriquaient, elle ne croyait \u00e0 rien et elle vivait dans la r\u00e9volte. La litt\u00e9rature de son temps \u00e9tait en r\u00e9volte contre la clart\u00e9, le r\u00e9cit et la phrase elle-m\u00eame. La peinture \u00e9tait en r\u00e9volte contre le sujet, la r\u00e9alit\u00e9 et la simple harmonie. La musique refusait la m\u00e9lodie. Quant \u00e0 la philosophie, elle enseignait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de v\u00e9rit\u00e9, mais simplement des ph\u00e9nom\u00e8nes, qu&rsquo;il pouvait y avoir Mr. Smith, M. Durand, Herr Vogel, mais rien de commun entre ces trois ph\u00e9nom\u00e8nes particuliers.<\/em><br><em>L&rsquo;attitude morale de cette g\u00e9n\u00e9ration \u00e9tait encore plus cat\u00e9gorique : le nationalisme lui paraissait une v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e, la religion un exil, vingt-cinq ans de politique internationale lui avaient appris \u00e0 douter de toutes les duret\u00e9s, <\/em><br><em>et \u00e0 penser que personne n&rsquo;avait jamais tort puisque tout le monde pouvait avoir raison. Quant \u00e0 la morale traditionnelle de notre soci\u00e9t\u00e9, elle nous paraissait ce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est-\u00e0-dire une monstrueuse hypocrisie \u00bb.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Il poursuit&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Bien entendu ce n&rsquo;\u00e9tait pas nouveau. D&rsquo;autres g\u00e9n\u00e9rations, d&rsquo;autres pays ont v\u00e9cu \u00e0 d&rsquo;autres p\u00e9riodes de l\u2019Histoire cette exp\u00e9rience. Mais ce qu&rsquo;il y a de nouveau, c&rsquo;est que ces m\u00eames hommes, \u00e9trangers \u00e0 toutes valeurs, ont eu \u00e0 r\u00e9gler leur position personnelle par rapport au meurtre et \u00e0 la terreur\u2026 Ils n&rsquo;aimaient ni la guerre, ni la violence ; ils ont d\u00fb accepter la guerre et exercer la violence. Ils n&rsquo;avaient de haine que pour la haine. Il leur a fallu pourtant apprendre cette difficile science. En pleine contradiction avec eux-m\u00eames, sans disposer d&rsquo;aucune valeur traditionnelle, ils ont eu \u00e0 r\u00e9gler le plus douloureux des probl\u00e8mes qui se soit jamais pos\u00e9 aux hommes. Cette crise, nous devions la r\u00e9soudre avec les valeurs dont nous disposions, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec rien, sinon la conscience de l&rsquo;absurdit\u00e9 o\u00f9 nous vivions.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment relever ce d\u00e9fi ? <\/strong>Avec quelle boussole, quelle r\u00e9flexion, affronter la terreur et entrer dans la guerre, alors que tous les rep\u00e8res ont disparu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Nous \u00e9tions sans consolation et sans certitude. Nous savions seulement que nous ne pourrions pas c\u00e9der aux b\u00eates qui s&rsquo;\u00e9levaient aux quatre coins de l&rsquo;Europe. Mais nous ne savions pas justifier cette obligation o\u00f9 nous \u00e9tions. Bien plus, les plus conscients d&rsquo;entre nous s&rsquo;apercevaient qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient encore dans la pens\u00e9e aucun principe qui p\u00fbt leur permettre <\/em><br><em>de s&rsquo;opposer \u00e0 la terreur et de d\u00e9savouer le meurtre. Et notre g\u00e9n\u00e9ration s&rsquo;est trouv\u00e9e devant cet immense probl\u00e8me avec toutes ses n\u00e9gations. C&rsquo;est donc de ces n\u00e9gations-m\u00eames qu&rsquo;elle a d\u00fb tirer la force de lutter.&nbsp;<br>Il \u00e9tait parfaitement vain de nous dire : \u00ab&nbsp;il faut croire en Dieu, ou en Platon, ou en Marx&nbsp;\u00bb, puisque justement, nous n&rsquo;avions pas ce genre de foi. La seule question \u00e9tait de savoir si nous allions accepter ce monde o\u00f9 il n&rsquo;\u00e9tait plus possible que d&rsquo;\u00eatre victime ou bourreau. Et, bien entendu, nous ne voulions \u00eatre ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre puisque nous savions, dans le fond du c\u0153ur, que cette distinction \u00e9tait illusoire et qu&rsquo;au bout du compte il n&rsquo;y avait plus que des victimes et que meurtriers et assassins se rejoignaient pour finir dans la m\u00eame d\u00e9faite. <\/em><br><em>Simplement le probl\u00e8me n&rsquo;\u00e9tait plus alors d&rsquo;accepter ou non cette condition et le monde, mais de savoir quelle raison nous pouvions avoir \u00e0 lui opposer. C&rsquo;est pourquoi nous avons cherch\u00e9 nos raisons dans notre r\u00e9volte m\u00eame qui nous avait conduits sans raisons apparentes \u00e0 choisir la lutte contre le mal&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cette recherche, cette \u00e9laboration au forceps d\u2019une morale et d\u2019une pens\u00e9e nouvelles<\/strong>, <br><strong>quelle valeur avaient-elles, sur quoi d\u00e9bouchaient-elles ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Nous avons compris que nous ne nous \u00e9tions pas r\u00e9volt\u00e9s seulement pour nous, mais pour quelque chose qui \u00e9tait commun \u00e0 tous les hommes. Dans ce monde priv\u00e9 de valeurs, dans ce d\u00e9sert du c\u0153ur o\u00f9 nous vivons, que signifiait en effet cette r\u00e9volte&nbsp;? Elle faisait de nous des hommes qui disaient <strong>Non<\/strong>. Mais nous \u00e9tions en m\u00eame temps des hommes qui disaient <strong>Oui<\/strong>.&nbsp;<br>Nous disions <strong>Non<\/strong> \u00e0 ce monde, \u00e0 son&nbsp;absurdit\u00e9&nbsp;essentielle, aux abstractions qui nous mena\u00e7aient, \u00e0 la civilisation de mort qu&rsquo;on nous pr\u00e9parait. En disant <strong>Non<\/strong>, nous affirmions que les choses avaient assez dur\u00e9, qu&rsquo;il y avait une limite qu&rsquo;on ne pouvait d\u00e9passer. Mais dans ce m\u00eame temps, nous affirmions tout ce qui \u00e9tait en de\u00e7\u00e0 de cette limite, nous affirmions qu&rsquo;il y avait quelque chose en nous qui refusait le scandale et qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas possible d&rsquo;humilier plus longtemps. Et, bien s\u00fbr, c&rsquo;\u00e9tait une contradiction qui devait nous faire r\u00e9fl\u00e9chir. Nous pensions que ce monde vivait et luttait sans valeur r\u00e9elle. Et, en m\u00eame temps, tous, par le seul fait de vivre, d&rsquo;esp\u00e9rer et de lutter, nous affirmions quelque chose.&nbsp;<br>Mais ce quelque chose avait-il une valeur g\u00e9n\u00e9rale ? D\u00e9passait-il l&rsquo;opinion d&rsquo;un individu&nbsp;? Pouvait-il servir de r\u00e8gle de conduite&nbsp;? La r\u00e9ponse est tr\u00e8s simple. Les hommes dont je parle acceptaient de mourir dans le mouvement de leur r\u00e9volte. Et cette mort prouvait qu&rsquo;ils se sacrifiaient au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une vertu qui d\u00e9passait leur existence personnelle, qui allait plus loin que leur destin\u00e9e individuelle. Ce que nos r\u00e9volt\u00e9s d\u00e9fendaient contre un destin ennemi, c&rsquo;\u00e9tait une valeur commune \u00e0 tous les hommes. Oui, c&rsquo;\u00e9tait la grande le\u00e7on de ces ann\u00e9es terribles&nbsp;: cette le\u00e7on que nous \u00e9tions dans une trag\u00e9die collective, dont l&rsquo;enjeu \u00e9tait une dignit\u00e9 commune, une communion des hommes entre eux qu\u2019il s&rsquo;agissait de d\u00e9fendre et de maintenir.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019enjeu&nbsp;: un nouvel&nbsp;humanisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui, il nous revient de cr\u00e9er un&nbsp;universalisme&nbsp;o\u00f9 tous les hommes de bonne volont\u00e9 pourront se retrouver. Pour sortir de la solitude, il faut parler, mais il faut parler franc, et, en toutes occasions, ne jamais mentir et dire toute la v\u00e9rit\u00e9 que l&rsquo;on sait. Mais on ne peut dire la v\u00e9rit\u00e9 que dans un monde o\u00f9 elle est d\u00e9finie et fond\u00e9e sur des valeurs communes \u00e0 tous les hommes. Car la conscience commune des hommes peut seule assumer cette ambition. <\/em><br><em>Et il faut retrouver les valeurs dont vit cette conscience commune. La libert\u00e9 que nous avons \u00e0 conqu\u00e9rir est le droit de ne pas mentir. \u00c0 cette condition seulement, nous conna\u00eetrons nos raisons de vivre et de mourir.&nbsp;<br>Nous ne sommes toujours pas sortis de l\u2019absurdit\u00e9. Mais nous avons du moins une raison de nous efforcer de changer notre conduite et c&rsquo;est cette raison qui jusque-l\u00e0 nous manquait. Le monde serait toujours d\u00e9sesp\u00e9rant s\u2019il n&rsquo;y avait pas l\u2019homme, mais il y a l\u2019homme et ses passions, ses r\u00eaves et sa communaut\u00e9. Nous sommes quelques-uns en Europe \u00e0 unir ainsi une vue pessimiste du monde et un profond optimisme en l\u2019homme. Nous ne pr\u00e9tendons pas \u00e9chapper \u00e0 l\u2019Histoire, car nous sommes dans l\u2019Histoire. Nous pr\u00e9tendons seulement lutter dans l\u2019Histoire pour pr\u00e9server de l\u2019Histoire cette part de l\u2019Homme qui ne lui appartient pas.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"ghostkit-divider ghostkit-divider-type-solid ghostkit-custom-1bKQkw\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"is-style-lead has-sm-light-secondary-background-color has-background\" style=\"font-size:21px\">Cette qu\u00eate de ceux qui ont eu vingt ans en 1940 et qui ont assum\u00e9 avec courage <br>leur plong\u00e9e dans un moment crucial de l\u2019histoire, rejoint, pour moi, la d\u00e9marche de Joseph Moingt, n\u00e9e aussi d\u2019une&nbsp;rupture, affrontant une absence et s\u2019exprimant <br>elle aussi en termes d\u2019humanisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Joseph Moingt a eu le courage, \u00e0 cinquante ans, apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de recherche et d\u2019enseignement, d\u2019assumer totalement la rupture culturelle qui nous affecte tous et de se lancer dans un \u00e9norme travail de reconstruction. Baign\u00e9 jusque-l\u00e0 dans une tradition dans laquelle son travail de th\u00e9ologien sp\u00e9cialiste des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise l\u2019avait plong\u00e9, il d\u00e9crit ainsi cette rupture : \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai vu cette tradition s\u2019effondrer, j\u2019entends dans sa valeur normative\u2026 sous l\u2019effet des r\u00e9centes recherches sur l\u2019histoire, de la critique historique des dogmes, de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se scientifique\u2026 des philosophies nouvelles \u2026 et de ce qui a r\u00e9sult\u00e9 de ces bouleversements. (Dieu qui vient \u00e0 l\u2019homme, <\/em>2. 1167<em>).&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" width=\"672\" height=\"1024\" data-src=\"https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=672%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"E\u0301tudes-avril 2O16\" class=\"wp-image-29646 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 672px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 672\/1024;width:279px;height:425px\" data-srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=672%2C1024&amp;ssl=1 672w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=197%2C300&amp;ssl=1 197w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=8%2C12&amp;ssl=1 8w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=640%2C975&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=450%2C685&amp;ssl=1 450w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?resize=525%2C800&amp;ssl=1 525w, https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/E%CC%81tudes-avril-2O16.jpg?w=709&amp;ssl=1 709w\" data-sizes=\"(max-width: 672px) 100vw, 672px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Mais quel sens a, sous sa plume, le mot <\/strong>\u00ab&nbsp;<strong>tradition<\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;?&nbsp;<br>Dans un entretien publi\u00e9 dans la revue <em>\u00c9tudes<\/em>, il raconte&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;J\u2019ai eu une double initiation \u00e0 la tradition, <\/em><br><em>pour ainsi dire, en sens contraire. La premi\u00e8re <\/em><br><em>est venue par le p\u00e8re de Lubac, et la seconde par Michel de Certeau. Pour le premier, la&nbsp;tradition&nbsp;\u00e9tait un long fleuve tranquille\u2026 Michel de Certeau avait une autre id\u00e9e de la tradition, et de l\u2019histoire, selon laquelle l\u2019esprit humain ne cesse de bouger, et une tradition est essentiellement mobile.&nbsp;\u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019esprit de l\u2019homme change constamment, on ne peut pas imaginer que la foi puisse \u00eatre pens\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re, alors qu\u2019elle recourt aux concepts habituels de la raison humaine et \u00e0 ses proc\u00e9d\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Penser la foi autrement&nbsp;? Comment fallait-il faire ?<em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Je crois qu\u2019il faut se laisser inqui\u00e9ter. Il faut se laisser troubler par le doute. Cela, c\u2019est la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est une chose qu\u2019il me parait n\u00e9cessaire d\u2019acqu\u00e9rir. Il y a la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019orthodoxie, et puis il y a la v\u00e9rit\u00e9 des sciences historiques, de toutes les sciences du texte. On ne peut pas sacrifier la v\u00e9rit\u00e9 des sciences humaines au pr\u00e9texte qu\u2019elle est g\u00eanante pour les sciences de la foi. Lorsqu\u2019on aborde une question qui repose \u00e0 la fois sur des textes et sur des questions de foi, il faut que notre recherche dans le domaine de la foi, de la pens\u00e9e de la foi, int\u00e8gre les crit\u00e8res de v\u00e9rit\u00e9 des sciences du texte.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la question<em>&nbsp;:&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;<strong>Quel est le plus difficile dans le travail du th\u00e9ologien ?<\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp;il r\u00e9pond&nbsp;:<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est, pour lui-m\u00eame, de penser la foi dans la v\u00e9rit\u00e9. Et oser interroger du cot\u00e9 qui flanche, du c\u00f4t\u00e9 qui met la foi en cause, et qui peut-\u00eatre m\u00eame va l\u2019annuler&#8230; Oser se poser des questions, ce que le dogme de l\u2019\u00c9glise en quelque sorte interdit puisque d\u2019embl\u00e9e <\/em><br><em>il en d\u00e9finit les r\u00e9ponses. Savoir ensuite ce qu\u2019on peut en dire, en particulier \u00e0 ses \u00e9tudiants, et au dehors. C\u2019est encore une question de v\u00e9rit\u00e9\u2026 <\/em><br><em>Il a donc fallu que le th\u00e9ologien repositionne sa mission.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il faut <strong>parler franc<\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>disait Camus<em>,&nbsp;\u00ab&nbsp;et,&nbsp;en toutes&nbsp;occasions,&nbsp;ne jamais mentir et dire toute la v\u00e9rit\u00e9 que l&rsquo;on sait \u00bb.<\/em> Pour Joseph Moingt, l\u2019exigence est la m\u00eame, <strong>parler vrai<\/strong> :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\">\u00ab&nbsp;<em>Aujourd\u2019hui la plupart des th\u00e9ologiens ne se positionnent plus comme relais de l\u2019enseignement du magist\u00e8re, mais comme chercheurs. C\u2019est un positionnement tout \u00e0 fait diff\u00e9rent\u2026 Cela suppose une \u00e9volution assez consid\u00e9rable et, \u00e9videmment, cela fait beaucoup de difficult\u00e9s pour un th\u00e9ologien qui se veut fid\u00e8le \u00e0 la foi de l\u2019\u00c9glise mais, en m\u00eame temps, exigeant sur le plan de la v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire voulant simplement \u00eatre vrai, vrai avec lui-m\u00eame&nbsp;: que ce qu\u2019il dit soit une v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il va pouvoir prouver par l\u2019\u00c9vangile ou par la tradition. Souvent je me suis interrog\u00e9 pour savoir jusqu\u2019o\u00f9 je pouvais aller.&nbsp;<\/em><br><em>Mais la difficult\u00e9 la plus grave, ce n\u2019est pas d\u2019affronter une censure de la hi\u00e9rarchie \u2013 c\u2019est d\u2019affronter une censure interne de la conscience qui me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu n&rsquo;es plus dans la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb. L\u2019affrontement aux crit\u00e8res de v\u00e9rit\u00e9 va jouer \u00e9norm\u00e9ment dans les ann\u00e9es qui viennent pour la cr\u00e9dibilit\u00e9 du discours de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est une question qui, pour moi, reste toujours pr\u00e9gnante dans mes travaux th\u00e9ologiques, parce que j\u2019ai bien conscience que la&nbsp;th\u00e9ologie&nbsp;sera finalement jug\u00e9e sur son souci de la v\u00e9rit\u00e9 \u2013 une seule et m\u00eame v\u00e9rit\u00e9 pour tous.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tel est le d\u00e9fi auquel il s\u2019est efforc\u00e9 de r\u00e9pondre. Pour lui, <strong>l\u2019enjeu est le m\u00eame pour toute parole <\/strong><br><strong>de foi et pour la th\u00e9ologie<\/strong><em>&nbsp;<\/em>: <\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\"><em>\u00ab&nbsp;Y aura-t-il encore des gens qui s\u2019int\u00e9resseront \u00e0 la th\u00e9ologie dans dix ou vingt ans.&nbsp;D\u00e8s lors qu\u2019on cherche \u00e0 penser la foi, on fait de la th\u00e9ologie, m\u00eame si on n\u2019a pas ouvert&nbsp;un livre de th\u00e9ologie. Mais la foi ne peut pas se dire uniquement en restant en elle-m\u00eame. Elle utilise le langage du temps. <\/em><br><em>C\u2019est un langage qui est form\u00e9, d\u00e9termin\u00e9 en grande partie par la philosophie, l\u2019histoire, la sociologie. Il faudrait donc que la th\u00e9ologie apprenne \u00e0 parler tous ces langages-l\u00e0 pour se dire, rien que pour penser la foi avec les instruments de pens\u00e9e de son \u00e9poque. C\u2019est au prix de cette conversion qu\u2019elle pourra requ\u00e9rir l\u2019attention, l\u2019int\u00e9r\u00eat de nos contemporains, entrer dans le discours commun.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 lui est venu le <strong>courage<\/strong> <strong>de se lancer dans un tel chantier<\/strong>&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\">\u00ab&nbsp;<em>C\u2019est l\u2019esprit ignatien qui m\u2019a donn\u00e9 l\u2019audace d\u2019oser sortir des sentiers battus, d\u2019oser poser des questions, d\u2019oser aller de l\u2019avant. Car il y a une tr\u00e8s grande exigence de v\u00e9rit\u00e9 quand on fait les Exercices, de v\u00e9rit\u00e9 par rapport \u00e0 soi-m\u00eame. L\u2019esprit ignatien m\u2019a donn\u00e9 cette audace&nbsp;: <\/em><br><br><em>on ne peut pas avoir une spiritualit\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on et une pens\u00e9e th\u00e9ologique d\u2019une autre. Quand j\u2019ai voulu penser avec libert\u00e9, j\u2019ai d\u00fb porter ma vie spirituelle avec la m\u00eame libert\u00e9. On vante beaucoup saint Thomas d\u2019Aquin d\u2019\u00e9crire \u00e0 genoux \u2013 eh bien non&nbsp;: la th\u00e9ologie ne s\u2019\u00e9crit pas \u00e0 genoux.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel espoir<\/strong> <strong>l\u2019anime<\/strong> ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-two-columns\">\u00ab&nbsp;<em>Je voudrais bien que l\u2019\u00c9vangile continue \u00e0 vivre\u2026 Je voudrais bien que mon \u00c9glise s\u2019ouvre \u00e0 la vie du monde, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle accepte un peu de s\u00e9cularisation, un peu de la\u00efcisation. Je suis aussi inquiet de l\u2019avenir du monde, quand on voit le foss\u00e9 se creuser entre pauvres et riches, et quand on voit l\u2019esprit de gain l\u2019emporter toujours plus sur l\u2019esprit de partage. Il n\u2019est de v\u00e9rit\u00e9 que partag\u00e9e. Et l\u00e0 o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas partag\u00e9e, il n\u2019y a pas de v\u00e9rit\u00e9. \u2026 <\/em><br><em>Cet esprit de partage, c\u2019est peut-\u00eatre cela qui manque le plus de nos jours. Qu\u2019il manque sur le plan \u00e9conomique, cela me para\u00eet frappant. De mani\u00e8re quasiment d\u00e9lirante, on n\u2019accepte pas de partager&nbsp;: celui qui a beaucoup veut encore plus, et n\u2019accepte pas de partager ce qu\u2019il a. <\/em><br><em>Si l\u2019\u00c9glise veut mettre sa v\u00e9rit\u00e9 en partage aux autres, elle devrait accepter de partager la v\u00e9rit\u00e9 des autres.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Albert Camus parlait d\u2019une<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>communion des hommes entre eux, dans le partage de la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;<\/strong>\u00bb.&nbsp;<\/em><br>Joseph Moingt<em>&nbsp;<\/em>conclut&nbsp;<em>: <\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Finalement, c\u2019est peut-\u00eatre cela qui a fait l\u2019unit\u00e9 de ma vie, <\/em><br><em>je pense du moins \u00e0 mes recherches. Dans les recherches concert\u00e9es, <\/em><br><em>on partage ses points de vue, on partage chacun sa v\u00e9rit\u00e9. <\/em><br><em>Et on la partage pourquoi ? <\/em><br><em>On voudrait bien que l\u2019autre pense comme nous. <\/em><br><em>Eh bien non : on se convertit en m\u00eame temps \u00e0 l\u2019autre. <\/em><br><em>En m\u00eame temps qu\u2019on \u00e9coute l\u2019autre, c\u2019est sa v\u00e9rit\u00e9 qui vient en nous. <\/em><br><em>Le partage se fait ainsi, des deux c\u00f4t\u00e9s.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<cite><em>\u00c9tudes, <\/em>avril 2016.<em>&nbsp;<\/em>Entretien recueilli par Patrick Goujon et \u00c9lodie Maurot<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:32px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">\u00c0 des ann\u00e9es de distance, dans deux \u0153uvres aux contenus si diff\u00e9rents, ce sont les points communs qui me frappent. Tout autant que la capacit\u00e9 de leurs auteurs \u00e0 reconna\u00eetre ce qu\u2019ils doivent \u00e0 d\u2019autres. En ce sens, une anecdote m\u2019a touch\u00e9. Albert Camus, recevant le Prix Nobel, \u00e9voque dans son discours son instituteur, Monsieur Germain, \u00e0 qui il doit tant. Il lui \u00e9crit une lettre o\u00f9 il lui exprime sa reconnaissance Et celui-ci lui r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon cher petit, je ne sais t\u2019exprimer la joie que tu m\u2019as faite\u2026 Si c\u2019\u00e9tait possible, je serrerais bien fort le grand gar\u00e7on que tu es devenu et qui restera toujours pour moi \u00ab&nbsp;mon cher petit&#8230; \u00bb<br><br>La communion entre les hommes peut prendre bien des formes et l\u2019Esprit, comme le vent, soufflant o\u00f9 il veut, prend bien des chemins&nbsp;inattendus&nbsp;!<\/p>\n<div class=\"cats\"><span class=\"cats__title\">Categories<\/span><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/category\/chroniques\/joseph-moingt-itineraire-dun-theologien\/\" rel=\"category tag\">Joseph Moingt. Itin\u00e9raire d'un th\u00e9ologien<\/a><\/div><div class=\"tags\"><div class=\"tags__title\">Tags<\/div><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/absurdite\/\" rel=\"tag\">absurdit\u00e9<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/albert-camus\/\" rel=\"tag\">Albert Camus<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/etudes-2\/\" rel=\"tag\">\u00c9tudes<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/humanisme\/\" rel=\"tag\">humanisme<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/joseph-moingt\/\" rel=\"tag\">Joseph Moingt<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/rupture\/\" rel=\"tag\">rupture<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/theologie\/\" rel=\"tag\">th\u00e9ologie<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/tradition\/\" rel=\"tag\">tradition<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/universalisme\/\" rel=\"tag\">universalisme<\/a><a href=\"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/tag\/verite\/\" rel=\"tag\">v\u00e9rit\u00e9<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0\u00c0 y bien r\u00e9fl\u00e9chir et aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, il me semble y avoir de nombreux points communs entre\u00a0Joseph Moingt\u00a0et\u00a0Albert Camus. Je vais tenter de montrer ce qui rapproche le th\u00e9ologien d\u2019aujourd\u2019hui et le prix Nobel de litt\u00e9rature de 1957, ce qu\u2019ils ont de commun dans leurs d\u00e9marches, leurs itin\u00e9raires et leurs \u0153uvres \u00bb. La chronique de Jean-Claude Thomas<\/p>","protected":false},"author":19,"featured_media":29649,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ghostkit_customizer_options":"","ghostkit_custom_css":"","ghostkit_custom_js_head":"","ghostkit_custom_js_foot":"","ghostkit_typography":"","spt_transcript":"","advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_FSMCFIC_featured_image_caption":"","_FSMCFIC_featured_image_nocaption":"","_FSMCFIC_featured_image_hide":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[253],"tags":[2503,244,2507,2502,263,2505,264,520,2504,2506],"class_list":["post-29553","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-joseph-moingt-itineraire-dun-theologien","tag-absurdite","tag-albert-camus","tag-etudes-2","tag-humanisme","tag-joseph-moingt","tag-rupture","tag-theologie","tag-tradition","tag-universalisme","tag-verite"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/saintmerry-hors-les-murs.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Joseph-Moingt-et-Albert-Camus-scaled.jpg?fit=2560%2C1665&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29553"}],"version-history":[{"count":70,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29553\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54090,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29553\/revisions\/54090"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29649"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintmerry-hors-les-murs.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}