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Quelques échos du livre « Au risque de l’hospitalité »

Prenons un risque : celui de découvrir les facettes les plus originales et les plus vivifiantes de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, et leurs résonances au cœur de la culture contemporaine. Le livre Au risque de l’hospitalité de Christine Fontaine nous y aide grandement.

Cet ouvrage à la fois savant et très accessible, approfondi et « à fleur de vie », engageant et libérant, nous aide à découvrir que tout chemin de vie est risqué et qu’il est prometteur de prendre ce risque. « Abraham partit sans savoir où il allait et, c’est parce qu’il ne savait pas où il allait qu’il savait qu’il était dans la vérité ». De celle qui rend la vie bonne, sans lui ôter son mystère. Jésus a emprunté la même route. Il nous invite à « partir », mais pas tout seuls.

Ce livre, trop riche pour être résumé en quelques lignes, est en lui-même une expérience d’hospitalité. L’auteure et ses trois compagnons d’aventure, dont Jean Verrier, notre ami de Saint-Merry Hors-les-Murs ont longuement échangé entre eux pour nous inviter à « cheminer » l’Évangile, au-delà des sentiers battus ; et surtout à refuser les pratiques obligatoires rituelles et dogmatiques, ainsi que les interdits moralisateurs qui se multiplient en cette période troublée.

Christine Fontaine cherche à rejoindre des hommes et des femmes bien ancrés dans les réalités contemporaines ; elle se laisse « accueillir » par eux, à travers leur diversité d’itinéraires et parfois l’incongruité de leur expérience de foi au cœur de la culture contemporaine. Ce livre cherche -et parvient me semble-t-il- à rejoindre des « croyants qui n’ont d’autre intention que de désirer respirer ensemble une certaine bonne odeur, celle du Dieu de Jésus-Christ ».

Il ne s’agit pas d’abord de se positionner contre l’Église. Plutôt de partir à l’aventure. Celle-ci est en elle-même expérience d’hospitalité : aventure de la confrontation avec la diversité des attentes et la pluralité des sensibilités et des opinions ; de la quête de sens qui habite nos contemporains qui ne veulent pas être rassurés à tout prix et encore moins enfermés dans des certitudes et des constructions sociales pyramidales et autoritaires. Expérience de nos réticences face à la rigidité dans laquelle se réfugie une partie de l’Église.

« L’Église ne peut vivre sans loi. Mais elle a le devoir de toutes les relativiser et de rappeler que seule la loi de l’hospitalité universelle doit être déclarée immuable en christianisme ».

L’auteure confronte, d’une manière très positive, quelques-unes des propositions du projet chrétien, aux rendez-vous de notre époque. Par exemple, la question de l’altérité : « Le christianisme ou la religion de l’autre ». L’exercice étonnant du pouvoir en suggérant une « hiérarchie inversée ou la royauté des pauvres ». L’invitation à la « déprise : l’obéissance à la Loi ou l’obéissance dans la foi ? ». Un programme d’action : « Justice et miséricorde s’embrassent pour les humbles ». Le rôle de la parole dans une société qui fait du bruit mais n’incite pas à l’écoute : « À qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ? ». Sans oublier un rendez-vous bien contemporain avec l’argent : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ».

Alors le partage de la Parole, échangée en cheminant à travers les Évangiles et autres textes de référence, devient aventure d’hospitalité. Rien à voir avec l’adhésion à une doctrine définitivement formulée.

Bien davantage, la Parole se niche dans le risque pris à travers l’écoute de « récits » qui me bouleversent comme ils bouleversèrent Jésus. Et surtout des rencontres stimulantes qui secouèrent Jésus lui-même. Un dieu qui se laisse toucher par la rencontre d’une étrangère, d’une prostituée, d’un centurion ou d’un « enragé ». Il fait lui-même l’expérience de l’hospitalité. Il nous révèle alors qui est son père, notre Père. Nous connaissons ces passages, mais Christine Fontaine les confronte à la dynamique de l’hospitalité. Par ce travail de réflexion, elle nous incite à le faire nous-mêmes. Cela change tout : Un Dieu qui se révèle dans l’accueil des plus pauvres et surtout dans l’accueil, par les plus méprisés. Qui par son partage de la mort humaine, déchire en deux le rideau du Temple et « lézarde les temples qu’on lui construit ». Qui crée « un sacré désordre dans l’Église ». Non par plaisir d’innovation ou de provocation. Mais bien en conséquence de ce qu’il est : hospitalité. Celui qui accueille. Celui qui se laisse accueillir.

Oui ce livre nous invite à ne pas rester insensibles à l’appel de Jésus, le fils du charpentier de Nazareth, parcourant les chemins de notre vie ; partageant l’amour de son Père, réagissant face à la souffrance ; bouleversé par les paroles de foi des plus fragiles, acclamé à Jérusalem, condamné à mort et exécuté, et cependant bien « présent » à chaque fois que nous que nous nous risquons à vivre l’hospitalité.

« Entraîne-moi sur tes pas. Courons ! »

Cantique des Cantiques 1, 4

Et dégustons cet ouvrage.
Partageons-en la lecture.
Accueillons-nous sur le chemin de l’hospitalité.
Il fait bon marcher, ensemble, avec Lui.

Lien vers le livre sur le site de l’éditeur ICI

Ce livre, Au risque de l’hospitalité de Christine Fontaine, ainsi que celui de Benoist de Sinety (La cause du Christ – l’Évangile contre  » l’identité chrétienne  » – voir notre article ICI) feront l’objet d’une rencontre entre les deux auteurs le 4 novembre à 20 h 30, en Visio et sur notre chaîne YouTube – Flyer ICI

Guy Aurenche

Avocat honoraire, membre de la Commission Droits de l’homme de Pax Christi, ancien président de l’ACAT et du CCFD-Terre solidaire. À lire de Guy Aurenche : « Droits humains, n’oublions pas notre idéal commun ! », éd. Temps présent, 2018.

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