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Célébration d’À-Dieu à Marie Verrier

Le samedi 24 janvier dernier, en l’église Sainte-Geneviève d’Asnières-sur-Seine où elle s’était mariée avec Jean il y a soixante-neuf ans, sa famille et ses amis ont pu rendre hommage à notre amie Marie.

 Chant : Il restera de toi

Paroles et Musique : J. Akepsimas et Mannick

1/ Il restera de toi
Ce que tu as donné
Au lieu de le garder
Dans des coffres rouillés
Il restera de toi
De ton jardin secret
Une fleur oubliée
Qui ne s’est pas fanée
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera

2/ Il restera de toi
Ce que tu as chanté
À celui qui passait
Sur son chemin désert
Il restera de toi
Une brise du soir
Un refrain dans le noir
Jusqu’au bout de l’hiver
Ce que tu as chanté
En d’autres jaillira
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera

3/ Il restera de toi
Ce que tu as offert
Entre tes bras ouverts
Un matin de soleil
Il restera de toi
Ce que tu as perdu
Que tu as attendu
Plus loin que tes réveils
Ce que tu as offert
En d’autres revivra
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera

Marie, témoignage de Jean

Marie est née en 1934 à Paris. Très jeune elle est venue habiter à Asnières avec ses parents, dans le pavillon de la rue Galliéni où nous vivions encore ensemble il y a quelques mois.
Nous nous sommes rencontrés dans la troupe de théâtre du patronage Saint-Louis de Gonzague, rue de la Concorde, pendant qu’elle faisait ses études secondaires à l’école Sainte-Agnès. Elle a
toujours beaucoup aimé le théâtre, la danse et les fêtes. Nous avons passé le bac ensemble au lycée Condorcet en 1954. Elle est ensuite entrée à l’École des psychologues-praticiens de l’Institut catholique de Paris pendant que j’étais en classe préparatoire au lycée Henri IV, nous n’avions que le Jardin du Luxembourg à traverser pour nous retrouver. Je suis entré à l’École Normale de Saint-Cloud en 1957 et nous nous sommes aussitôt mariés, il y a donc 69 ans, dans cette église Sainte-Geneviève.
Ensuite, tous les 3 ans, en 1958, 61, 64, un enfant nous est né : Éric, Anne et Pierre. Éric est mort en 2013 et repose dans le grand cimetière de Trinquetaille, à Arles, au bord du Rhône, là où repose
maintenant Marie. Anne était allée travailler en 1989 à la médiathèque d’Arles, ville dont elle nous a fait découvrir le charme et où nous sommes allés habiter. Elle s’y est mariée et aujourd’hui Marie est la grand-mère de trois Arlésiennes : Manon, Juliette et Claire, mais aussi de trois Lyonnais, les enfants de Pierre : Lou, Torn et Élio, et la grand-mère de Sarah, la fille d’Éric. Elle est aussi l’arrière grand-mère des deux garçons de Manon: Milo et Zola, et d’un petit Marius, fils de Lou, qui
est né en octobre dernier, assurant ainsi le cycle de la vie.
Marie a beaucoup voyagé : en Europe, en Afrique, aux États-Unis, au Brésil, et jusqu’en Chine, à Hong-Kong. Elle est devenue la marraine d’une Burkinabée : Yennenga Kornpaoré, qui pense à nous
aujourd’hui. Marie fait partie depuis longtemps d’un Atelier d’écriture. Nous avons retrouvé dans ses carnets de courts textes qu’elle a écrits un peu en secret, où il est surtout question d’Arles et d’Éric. Nous avons choisi deux de ces textes pour ce livret.

Jean

♫ Une petite cantate de Barbara 

Maman, témoignage d’Anne

Maman, à l’hôpital, petit oiseau de plus en plus minuscule dans tes nuages de draps blancs, ta tête posée sur un immense oreiller tu dors depuis trois jours, on te parle, on se parle, on met de la vie autour de toi. Je laisse couler le temps,  les choses à faire perdent toute importance tant que tu respires, le temps a la richesse d’un diamant. Je voudrais tant te retenir et pourtant je souhaite qu’enfin tu sois au repos, qu’on arrête de te trimballer d’ EHPAD en hôpital : ça ne te va pas cette vie là, tu es si fragile, devenue une petite brindille,  tu es précieuse, je te souhaite un endroit douillet, délicat où tu te reposes enfin.
Mais en fait tu n’es pas si fragile, voilà cinq jours que tu te bats, tu es encore là. Pierre, mon frère,  arrive, Juliette, ma fille, est là, et tu ouvres les yeux, un peu, entre deux sommeils. Puis, arrive de Paris Jean, mon père, ton mari dont tu vis séparée depuis que l’on a trouvé un endroit à Arles adapté à ta maladie : alors tes yeux sont grand ouverts, ils vont de l’un à l’autre, guidés par le son de nos voix. L’infirmière retire l’assistance respiratoire : tu n’en a plus besoin, tu esquisses un sourire, tu cherches à parler et dis à ton amie d’enfance venue à ton chevet : « Tu es bien coiffée », (petite maman si coquette que j’aimais tant regarder se maquiller, se parfumer quand vous sortiez le soir). Là, tu sembles mettre toute ton énergie à puiser en chacun de nous. Là le temps est devenu de l’or. C’est au matin, petite chèvre de monsieur Seguin, que tu as cessé le combat et pris ton envol. J’aime à penser que tu attendais papa. Tu as emporté ton beau nom de famille : petite maman Chabiel de Morière, ce nom porté par toute une lignée s’éteint avec toi.

Petite maman, depuis cinq ans déjà tu nous auras habitués à te voir partir peu à peu, à petites touches, tu t’es glissée à petits pas dans une sorte de monde parallèle, où je ne voulais pas te laisser partir, j’avais tant de mal à accepter que tu ne sois plus vraiment celle à qui je me suis tant confiée, celle auprès de qui je pouvais partager tant de choses : on s’est si bien entendues  ! Comment accepter de ne plus savoir exactement qui tu étais, où tu étais ; car parfois l’espace d’un éclair, c’était toi, c’était tout toi !
Avant que tu ne tombes malade, je t’ai toujours connue avec ce que j’appelle « un petit pas de côté » – ta façon de nous surprendre, de ne pas être là où on t’attend : parfois, dans une conversation des plus sérieuses, avec ton langage toujours très châtié, tu pouvais lancer une tirade qui d’une pirouette faisait valser tout le sérieux de la  conversation et laissait alors  place à une partie de fou rire. Là, au cœur de ta maladie, au sein de ton monde à la logique toute personnelle, de temps en temps, la durée d’un éclair, on te retrouvait. On te retrouvait psychologue, comme ce jour où ta voisine de table de l’ EHPAD s’est mise à pousser de petits cris et que tu as déclaré à l’infirmière qu’il s’agissait d’une crise d’angoisse, ou encore lorsque que tu as demandé à l’infirmière qui semblait soucieuse : « Voulez vous que l’on en parle ? » De même ce jour où dans la chambre de l’ EHPAD où l’on venait de t’installer, face au miroir avec ce petit geste bien à toi quand tu te recoiffes, tu nous as annoncé :« J’ai l’intention de me réorienter vers la Capitale » ! Ce ton de voix, c’était tout toi !
Mais où étais-tu, qui étais-tu, que pensais-tu  pour choisir parmi tous les livres de la bibliothèque de l’ EHPAD : Généalogie du chaos, de James Gleick, alors que tu ne lisais plus. Ou encore, alors que l’on venait de m’annoncer que l’ EHPAD ne pouvait plus s’occuper de toi vu l’évolution de ta maladie, comment se fait-il que tu m’aies tendu, parmi les pages de ton cahier de citations,  cette phrase de Virginia Woolf qui disait  à peu de choses près  que c’était une chance et un luxe de pouvoir rester serein en plein chaos : est-ce le hasard? Oui, sans doute…
Tu aimais le théâtre, tu aurais voulu faire aussi de la danse. Ce petit pas de danse, tu l’as gardé lui aussi :  dès que tu étais heureuse, dès que l’ EHPAD mettait de la musique. Dès que tu étais heureuse tu disais : « C’est formidable ! » « Tu sais, ce qui m’amuse quand je te regarde, m’avais-tu dit un jour de légèreté, c’est que j’ai vraiment l‘impression que tu fais partie de la famille ! »  Et moi je te réponds : « Ça tombe bien, je suis ta fille ! »  Et toi : « Ah, formidable ! » 
Toutes ces petites anecdotes, j’en ai plein mes carnets, elles se fondent en une mosaïque, tentent de  redessiner une nouvelle personnalité mais qui reste insaisissable. Petite maman, je vais essayer de te laisser partir sans essayer de savoir qui tu étais, sans m’accrocher au besoin de te redessiner, tu es la mère que j’ai aimée et que j’aime.

Anne

♫ La ténèbre n’est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière

Photo de Davidson Luna sur Unsplash

Témoignage de Saint-Merry

La communauté de Saint-Merry que Jean et Marie ont rejointe en 1987, a beaucoup compté, différemment peut-être, pour l’un comme pour l’autre.
Ancré quarante-cinq ans à l’église Saint-Merry au cœur de Paris près du centre Beaubourg, de sa création en 1975 par le Cardinal Marty jusqu’à sa dissolution officielle par l’archevêque Aupetit, en février 2021, le Centre pastoral Halles-Beaubourg est devenu depuis cinq ans Saint-Merry Hors-les-Murs. Cela fait donc cinquante ans que ce Centre pastoral incarne un lieu « d’expérimentation » pour témoigner de l’Évangile et « inventer des modes nouveaux pour l’Église de demain », selon les mots de la Lettre de mission de 1975. Après son éviction en 2021, la communauté a repensé, reformulé, réinvesti les fondamentaux d’origine dans le cadre de ce nouveau contexte « hors-les-murs ». Soit :

  • Une pastorale d’innovation dans la liturgie et dans une gouvernance fondée sur la coresponsabilité entre prêtres et laïcs, au service de l’annonce de l’Évangile
  • Une pastorale de la rencontre privilégiant l’écoute et l’accueil inconditionnel
  • Une pastorale de terrain fondée sur l’engagement dans la solidarité, elle-même ancrée dans les réalités contemporaines
  • Une pastorale ouverte sur la culture et l’art contemporain
Devant l’église Saint-Merry

Saint-Merry Hors-les-Murs poursuit actuellement son chemin dans la lignée de ses intuitions premières et de sa mission originelle toujours d’actualité : annoncer l’Évangile au monde d’aujourd’hui, en particulier aux marges de l’Église qui sont en demande de nourriture spirituelle et de bienveillance fraternelle, dans un langage compréhensible et contemporain. L’archevêque actuel de Paris, Mgr Laurent Ulrich, s’est engagé à octroyer prochainement un lieu à cette communauté bien vivante, lui a confié une nouvelle lettre de mission et a nommé un prêtre pour l’accompagner. Aujourd’hui, Saint-Merry Hors-les-Murs pratique un mode novateur de rencontres et de partages grâce à l’outil numérique qui la place en position « d’Église en sortie », telle que la rêvait le pape François. Une nouvelle culture ecclésiale en quelque sorte, tant spirituelle que pastorale, pour une vie communautaire inclusive qui permet ainsi également à des personnes, physiquement éloignées ou empêchées :

  •  de célébrer en visioconférence participative le dimanche, lors de Rencontres autour de la Parole préparées par des membres de la communauté chaque lundi 
  •  à chacun d’exprimer via son site numérique, ses convictions, ses lectures de l’actualité, ses engagements au prisme de sa foi. Site accessible à tous et que Jean alimente régulièrement de ses réflexions
  •  ou encore de participer à des débats de société et/ou d’Église.
Fontaine Stravinsky devant l’église Saint-Merry

C’est ainsi que Jean et Marie ont continué d’être fidèles et présents à la communauté de Saint-Merry. Car Saint-Merry Hors-les-Murs reste un lieu privilégié où peut se déployer la vie fraternelle qui puise sa force dans l’amour du Christ. Cet amour, partagé dans la confiance, a vocation à dépasser la communauté pour s’élargir aux dimensions de l’Église, « ouvrir des chemins à l’audace de l’Esprit », à celles du monde, et féconder ainsi sa présence au service des femmes et des hommes d’aujourd’hui.
Au nom de toute notre communauté, merci Marie, merci Jean pour votre si bel engagement.

Bénédicte

Emmène-nous

Paroles : A. Cabantous – Musique : L. Boldrini

Emmène-nous au cœur de ta Parole,
Emmène-nous au cœur des temps nouveaux.
Nous renaîtrons si nous savons te suivre,
Nous renaîtrons de l’Esprit et de l’eau.

1 – Ta voie nous conduit vers tout autre
Par de longs chemins ébauchés,
Depuis que ton pas et les nôtres
Se confondent en humanité.

2- Tout au long de la longue trace
Semée d’embûches et d’abandons
Tu révèles à l’homme qui passe
Le sentier qui mène au pardon

Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 25, 34-40


Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’ai été sans gîte et vous m’avez recueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, en prison et vous êtes venus me voir. Alors les justes répondront : Seigneur, quand t’avons-nous avoir faim et t’avons-nous donné à manger ? Avoir soif et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus te voir ? Et le Roi leur répondra : En vérité je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait au moindre de mes frères que voici, c’est à moi que vous l’avez fait.

Prière Universelle ouverte

♫ Refrain
Pour les hommes et pour les femmes
Pour les enfants de la terre
Ton Église qui t’acclame
Vient de confier sa prière.

♫  Notre Père

de Guy Vincent D 353

Texte de Jean Debruynne

♫ Chant : La première en chemin V 565

Musique : G. Lefebvre




La première en chemin, Marie tu nous entraînes
À risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.
Et voici qu’est semée en l’argile incertaine
De notre humanité, Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Marche avec nous, Marie,
Sur nos chemins de foi,
Ils sont chemin vers Dieu (bis).



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