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Dimanche 8 mars 2026. « Donne-moi à boire »

En ce troisième dimanche de Carême, nous retrouvons la rencontre avec la Samaritaine et son puits (ça tombe bien pour un 8 mars !), et les Hébreux assoiffés dans le désert. Et nous, de quoi avons-nous soif ?

Bonsoir à vous tous, nouveaux venus que nous espérons toujours plus nombreux, et à vous les fidèles de Saint-Merry Hors-les-Murs. Je voudrais vous saluer plus particulièrement, toutes, en cette journée internationale des droits des femmes. Merci encore à Antoine Guggenheim et à la paroisse Notre-Dame d’Espérance de nous accueillir, nous permettant ainsi de nous retrouver régulièrement.

« J’ai soif. » Ce cri, ce besoin vital, traverse les lectures de ce jour. Dans la première lecture, tirée du Livre de l’Exode, c’est le cri du peuple hébreu dans le désert. C’est une soif physique, qui les pousse au découragement, à la colère, et qui les fait douter de Dieu : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » Dans l’Évangile, ce cri, c’est Jésus lui-même, fatigué par la route, au bord d’un puits, en plein midi, qui s’adresse à une femme, une samaritaine et lui demande : « Donne-moi à boire. » Mais très vite, cette demande d’eau matérielle révèle une autre réalité. Jésus a soif de la foi de cette femme, et en retour, il lui propose une « eau vive », la seule capable d’étancher nos soifs les plus profondes.
Entrons dans la célébration, au nom du Père, du Fils, du Saint Esprit.

« En ces jours-là, dans le désert, le peuple, manquant d’eau, souffrit de la soif », nous dit le texte de l’Exode.
Reconnaissons que nous aussi, nous avons soif. Chacun peut se tourner vers son voisin de droite, de gauche, pour répondre à la question : « Et moi, de quoi ai-je soif, dans ma vie, ou en arrivant ce soir ? »

Claire et Jean-Louis

Photo d’Amir Azari sur Unsplash
Photo de Sergey Pesterev sur Unsplash

En quels pays de solitude,
Quarante jours, quarante nuits,
Irez-vous poussés par l’Esprit ?
Qu’il vous éprouve et vous dénude !
Voyez : les temps sont accomplis,
Et Dieu vous convoque à l’oubli
De ce qui fut vos servitudes.

Ne forez plus vos puits d’eau morte :
Vous savez bien le don de Dieu
Et quelle est sa grâce et son jeu :
Il vous immerge, il vous rénove !
La vie s’élève peu à peu,
Les champs sont dorés sous vos yeux :
Embauchez-vous où Dieu moissonne !

📖 Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (4, 5-42)

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.
Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : “L’un sème, l’autre moissonne.” Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Jésus-et-la-Samaritaine, peinture-sur-verre Allemagne, ~1420, Metropolitan Museum, New-York

« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
Dans ce texte magnifique, Jésus outrepasse délibérément plusieurs interdits de son époque, et en cela, rend cette scène profondément transgressive. Ne traverse-t-il pas la Samarie, une région jugée infréquentable par les Juifs, qui, habituellement, l’évitent ?
Là, en plein jour, il engage la conversation avec une femme. Une Samaritaine. Doublement exclue. À une époque où un homme ne s’adresse pas ainsi à une femme en public, où les appartenances religieuses dressent des barrières infranchissables, Jésus choisit le dialogue et la rencontre. En lui demandant à boire, il accepte ce que tous refusent : le contact, le lien, la proximité. Il franchit les lignes tracées par la religion et la tradition. Et face à cette femme au passé jugé irrégulier, il ne prononce ni reproche ni condamnation. Il ne l’écrase pas sous la loi. Il l’élève. Il se révèle lui-même comme le Messie.
Le renversement est saisissant — renversement des frontières, des préjugés, des hiérarchies. Là où l’on attendait distance et jugement, il offre présence et vérité. Là où l’on voyait une exclue, il voit une interlocutrice.

Bénédicte

« L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité »
« J’adore le chocolat disait l’enfant. » « On n’adore que Dieu » répliquait cette grand-mère, comme pour mieux remettre les choses à leur place. Je préfère la manière dont Jésus rejoint et accompagne la soif de la Samaritaine : de malentendu en malentendus moindres, l’essentiel de chacun se dévoile au fil de l’échange, en même temps que se déplace pour la dame de Sykar l’idée du lieu de l’adoration véritable. Ses questions de Terre Sainte, de lieu approprié, de culte et d’identité sont remises à leur place. La qualité du lien, l’esprit d’une démarche compte donc plus que le lieu et la forme du culte. 
Combien j’aimerais me laisser enseigner à mon tour par Jésus, qui sait nommer les choses et les déplacer respectueusement, sans faire de leçon ! Il m’apprend à entendre que bien plus que la recherche de définition figée ou de certitude d’avoir raison : mieux vaut chercher à rejoindre les questions que porte l’autre, à faire bouger les miennes et chercher ensemble à entendre où souffle l’Esprit.

Alexandra

« Nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde »
Dans ce passage, il n’est pas question de miracle, et il n’y a donc rien à voir. Tout passe par la Parole : Parole de vie prononcée par Jésus : « Je le suis moi qui te parle » ; Parole reçue en esprit et en vérité par la Samaritaine ; Parole qui circule et qui conduit les Samaritains de la ville à se faire eux-mêmes les messagers de cette Parole.

Vincent

« Ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. »
Comme beaucoup de passages de l’Évangile, nous constatons qu’il s’agit pour Jésus d’une histoire de rencontre ; et qu’elle va changer quelque chose à la vie des personnes rencontrées. C’est d’ailleurs normal : quand on reste tout seul, rien ne se passe, il faut être deux ou plusieurs pour faire advenir du différent.
Le texte nous raconte qu’après la Samaritaine, ce sont « beaucoup de Samaritains de cette ville » dont Jésus prend le temps de faire connaissance, et on précise même qu’il demeure deux jours sur place : il prend donc tout le temps nécessaire à une vraie rencontre – un de ces rencontres qui changent quelque chose à nos vies.

Blandine

Photo Aaron Burden sur Unsplash

Refrain
Jésus donne à boire à une étrangère
L’eau qui vient de dieu, porte la lumière
L’eau qui vient de dieu, porte la lumière
.

1/ Chaleur immobile
Ombre de la margelle
Jésus s’approche d’elle
Et Dieu lui a parlé.

2/ Servitude humaine
Qui chaque jour demande
À la femme infidèle
De venir chercher l’eau.

3/ Quête d’eau féconde
Pour redonner la vie
Qu’à grand-peine elle monte
Sans sortir de sa nuit.

4/ Désir d’une eau vive
Source de tendresse
Jésus se fait demande
Et Dieu lui a souri.

♫ Refrain : « Tu es proche Seigneur, fais-nous vivre avec toi »

Quelques-unes des intentions partagées :

  • La montée du masculinisme fragilise, partout dans le monde, les droits des femmes. Et pourtant quoi de plus naturel que, comme les hommes, elles aient le droit de disposer de leurs corps, de s’exprimer librement, d’être adultes à part entière et à l’abri de la violence sexiste qui sévit partout dans le monde. Seigneur, ouvre nos cœurs et nos oreilles, pour ne pas oublier qu’un homme sur deux est une femme, et que nos silences nous rendent complices de ce qui se passe autour de nous.
  • Qu’hommes et femmes de bonne volonté travaillent avec obstination à l’égalité entre femmes et hommes, y compris dans nos pays démocratiques.
  • J’ai soif de justice pour les femmes d’Afghanistan, d’Iran, du Liban…
  • Pour nos futurs élus municipaux : que l’Esprit les accompagne dans un souci de construction commune, plutôt que d’oppositions.
  • Pour les mères qui voient leur enfant aller vers la mort.
  • La rencontre de Jésus et de la Samaritaine nous montre qu’entre marginaux, on se comprend ! Que tous les marginaux trouvent leur place dans l’Église.
  • Pour un accès à l’eau potable pour tous les assoiffés.
  • Pour notre ami Bernard Sadier, très malade et hospitalisé.
  • Pour les Libanais sous les bombes.
  • Pour les victimes d’abus sociaux au sein de l’Église, que mon association essaie d’accompagner : annonçons un Dieu qui prend soin de l’homme.
  • Dieu a soif de nous : donnons-lui à boire !
  • Prions pour ceux qui n’arrivent pas à boire, soit par fatigue de la vieillesse, soit parce qu’ils n’ont pas d’eau à boire dans leur environnement

Geste de l’eau dans le vin

Un peu d’eau dans du vin : sacrilège, crient les spécialistes en œnologie !
Tempérer ses passions, modérer ses comportements : métaphore, disent les linguistes.
Lier des éléments divers : symbole du lien entre humanité et divinité, affirment les liturges…

Aujourd’hui cette eau que nous versons dans la coupe de vin prend sens. Nous avons partagé, en ouvrant la célébration, des mots qui disent notre soif, notre désir profond. Ce sont tous ces mots que nos versons dans la coupe de vin sur la table de l’eucharistie.  Nous te rendons grâce, Seigneur, tu accueilles nos questions, nos demandes, notre soif. En cela nous sommes uni à toi, nous qui sommes appelés à former un seul corps, ton corps.

Présentation des offrandes

Tu es béni, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le pain. Un pain pour la route, simple et nourrissant. Nous oublions qu’il nous est donné, comme ton peuple au désert nous sommes bien souvent tentés de regretter la douceur de l’Égypte, le confort de nos vies installées. Jésus, ton fils que nous désirons suivre, nous entraîne sur des chemins de traverse, à l’image de celui qu’il a emprunté à travers la Samarie. Sur ces routes incertaines, nous avons besoin d’eau et de pain afin de poursuivre le chemin avec lui. Ce pain des traversées que tu nous donnes, nous te le présentons aujourd’hui. Il est le fruit de nos travaux, de nos quêtes, de nos désirs de vie, de nos rencontres ; il deviendra pour nous le pain de la vie.

Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le vin. Nous avons dans cette coupe de vin versé de l’eau, qui symbolise nos soifs. Nous avons soif, soif d’eau nécessaire lors des montées sur tous les chemins de nos vies. Nous avons soif de liens entre nous, de rencontres qui ouvrent des horizons de paix, de joie. Nous aimerions, à la demande de Jésus ton Fils, en puiser afin de toujours entendre sa parole, ta Parole, afin de ne plus avoir jamais soif ! Sur la table, désaltérés par l’eau de la vie, tu nous offres du vin, pour y ajouter l’éclat de la fête. Ce vin est le fruit de la vigne, du soleil, des travaux de toutes et tous ici présent ; il deviendra pour nous le vin de la fête éternelle.

Vraiment il est juste et bon pour ta gloire, pour nous tous, de chanter notre action de grâce, à toi Seigneur Dieu éternel et tout puissant par le Christ Jésus, notre Seigneur.
Quand il demandait à la Samaritaine de lui donner à boire, il lui permettait de puiser au fond d’elle-même une source de vie. Il l’a accompagnée, elle a pu percevoir qui elle était, ce qui la faisait vivre ; elle découvre que toutes les routes de sa vie sont sacrées ; les barrières entre les peuples, entre les femmes, les hommes, tombent. Pleine de joie, elle annonce au village que cette rencontre a transformée sa vie. Elle ouvre la voie de la foi pour tous. Par elle, cette foi se partage et fait naître le feu de l’amour de Dieu.
Nous te rendons grâce, nous sommes témoin de cette rencontre qui ouvre la voie de la Vie. Tu es pour nous le Dieu de la Vie, ta question en plein temps désert résonne en chacun de nous : « Le Seigneur est au milieu de nous oui ou non ? » Ce temps de carême nous est offert pour permettre à chacune et chacun d’accueillir la question et d’oser des gestes à la suite de Moïse, de la Samaritaine, faire jaillir l’eau des possibles. C’est pourquoi avec les anges, les saints de tous les temps nous unissions nos voix pour chanter…

Tu es vraiment Saint, Dieu de l’univers, tu as créé l’homme à ton image, tu lui confies le monde pour qu’il le rende toujours plus beau. Comme nous avons du mal à poursuivre ton chemin créateur ! Que de pleurs en ce mois de mars sur la terre, sur tous les continents des femmes, des hommes, des enfants vivent dans la peur. Le cri de Moïse en plein désert « Que vais-je faire pour ce peuple ? » résonne partout…  Nous pourrions, comme lui, désespérer, ne sachant plus comment agir. A son cri nous entendons ta parole : « Passe devant, prends en main le bâton, je serai là, devant toi ».  Cette invitation, nous l’entendons et nos yeux s’ouvrent sur les signes d’amitié qui se multiplient, sur les rencontres, sur les efforts diplomatiques qui, nous l’espérons, un jour feront taire le bruit des armes. Nous avons soif de paix, soif d’amour et nous désirons prendre notre bâton et suivre la voie tracée par Jésus, le Christ.

Tu entends notre peine et tu nous encourages. Tu as tellement aimé le monde que tu as partagé notre vie et nos questions en Jésus ton Fils. Il a connu la fatigue des longues journées sur les chemins de Palestine, il a vécu une vie simple. En proie à la soif, au bord d’un puits, il discute avec la femme de Samarie ; il a besoin d’elle et elle découvre qu’elle a besoin de lui. Son regard est tendresse. Un simple échange, à l’occasion d’un verre d’eau, permet à la vie de jaillir ; les conflits entre Samaritains et Juifs n’ont plus de sens ; tout est renversé. Par cette rencontre toute simple, tu te dévoiles comme un Dieu Père de toutes et de tous présent en tous points du monde.
Tu nous appelles à rejoindre ton Fils sur les chemins de Samarie. Nous participons à la marche de Jésus vers la Pâque ; nous gardons confiance car dans ce passage de la mort à la vie, ton Fils Jésus le Christ nous a ouvert la voie de l’Esprit qui continue son œuvre dans le monde à travers nous. Que ce même Esprit Saint, nous t’en prions Seigneur, sanctifie les offrandes que nous avons apportées, qu’elles deviennent ainsi le corps et le sang de notre Seigneur Jésus, le Christ.

Au cœur de la fête de la Pâque, rappelant que tu avais conduit ton peuple à travers le désert de l’oppression à la liberté, lors du repas avec ses amis, il prit le pain sur la table et après avoir prononcé des mots de bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon, corps livré pour vous. »
De même il prit la coupe remplie de vin, il rendit grâce pour tous tes bienfaits et la donna à ses amis en disant : « Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. » Il leur propose de refaire ce geste toujours et partout en mémoire de lui.

Seigneur notre Dieu, nous célébrons aujourd’hui encore ce mémorial qui nous rappelle que nous sommes toutes et tous appelés à la Vie. Nous t’offrons ce pain et ce vin, corps et sang de ton fils, pour le salut du monde. Nous te demandons de nous accepter tous dans ton mouvement d’amour ; que nous sachions vivre le chemin qui nous reste à accomplir en compagnes et compagnons de Jésus le Christ. Nous nous engageons en partageant ce pain, à mettre concrètement en œuvre l’Évangile dans le quotidien de nos vies. Nous acceptons de former un seul corps fait de toutes nos différences ; rassemblés ce soir autour de la table, entraînés par l’Esprit, nous reconnaissons à la suite des habitants du village de Sykar en Samarie que Jésus est le Sauveur.

Nous te prions pour ton Église, qui porte la mission de dire à toutes et tous que tu es présent au milieu de nous. Qu’elle relaie en tout temps la demande de Jésus : levez les yeux, regardez les champs déjà dorés pour la moisson ; cultivez l’Espérance. Nous te prions pour Léon, l’évêque de Rome, notre pape.  Nous te prions pour Laurent, notre évêque. Nous te prions pour notre communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs, qu’avec toutes les autres communautés d’Église, elle puisse témoigner, au cœur de la ville, de ton amour.
Nous te prions pour le monde entier, pour toutes les femmes et les hommes que nous avons nommés dans la prière de ce jour et qui œuvrent au service des autres ici et sur les terres meurtries par la violence. Nous te prions pour toutes celles et ceux qui ont quitté cette vie qu’ils trouvent la paix en toi.
Accorde-nous, Père très bon, de suivre ton chemin vers Pâques, avec tous les saints, avec Moïse, avec les apôtres, la Samaritaine. Permets-nous de partager la joie des habitants de Sykar et, comme eux, de pouvoir demeurer avec ton Fils Jésus.  Par lui nous pourrons alors avec la création toute entière libérée de tout mal te glorifier, toi qui donnes au monde toute grâce et tout bien.

Jean-Louis

Peuple en marche sur le bras transversal de la croix de Notre-Dame d’Espérance, par Catherine-Marie Vernier

1/ Seigneur, avec toi, nous irons au désert,
poussés, comme toi, par l’Esprit. (bis)
Et nous mangerons la parole de Dieu,
et nous choisirons notre Dieu.
Et nous fêterons notre Pâque au désert :
nous vivrons le désert avec toi !

2/ Seigneur, nous irons au désert pour prier,
poussés, comme toi, par l’Esprit. (bis)
Et nous goûterons le silence de Dieu,
et nous renaîtrons dans la joie.
Et nous fêterons notre Pâque au désert :
nous irons dans la force de Dieu !

… et invitation à étancher sa soif dans la rencontre, en partageant un verre de la fraternité et de la sororité !

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