Sa famille et ses amis ont dit au revoir à Charles Fournier, vendredi 4 septembre à Saint-Avertin (37). Il faisait partie, avec Claire, décédée en décembre, de ceux qui ont participé à construire le Centre Pastoral. Nous les portons tous deux dans nos prières.
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Accueil : Chemins de vie et hommages
Chemin de vie de Charles Fournier
Papa, tu es né à Bourgoin le 22 octobre 1929 juste avant le jeudi noir du crack de Wall Street.
De ton enfance, on a surtout retenu une fragilité de santé avec un éloignement très tôt de ta famille pour te placer près de Grenoble puis une vie en pension au collège du Rondeau tenu par des pères et fréquenté par les garçons de la famille. Tu revenais à la maison au moment des vacances pour retrouver tes parents, Francisque et Baby, ta grande sœur Renée et ton petit frère Hubert.
Tes vacances étaient aussi souvent avec les cousins Bertrand à La Chassagne et tes cousins Fournier à Crachier. Tu es toujours resté très lié à eux toute ta vie, les accueillant à Paris ou à PSE.
Après le baccalauréat, tu as fait des études de pharmacie, orienté et financé par ton grand père Christophe Combaz dont la pharmacie était située à Saint Jean de Bournay, petite ville près de Bourgoin et que tu devais reprendre. Tu logeais à la MEC (Maison des Étudiants Catholiques) à Lyon. Parallèlement à tes études, tu as pris des responsabilités et a commencé à rencontrer des personnes influencées par Jacques MARITAIN et Emmanuel MOUNIER qui t’ont ancré dans le catholicisme social et le personnalisme. Tu es resté abonné à la revue Esprit, crée par Emmanuel MOUNIER toute ta vie et à Témoignage chrétien puis à La Croix à partir des années 1970.
C’est en prenant part à l’organisation des camps d’été des étudiants pharmaciens catholiques que tu as rencontré maman, Claire LEROY, une Parisienne ! On en a fait des pèlerinages dans la vallée de la Clarée à Névache, lieu de ce premier camp !
Vous vous êtes mariés le 7 décembre 1953 à Saint-Sulpice, paroisse de Maman, dont le père, Jehan LEROY tenait une pharmacie et un laboratoire fabriquant du Sucrédulcor®, dans le 6ième arrondissement de Paris.
Vous êtes arrivés à Saint Jean de Bournay immédiatement après pour reprendre la pharmacie du grand père. Trois enfants sont nés là : François (1954), Denis (1956) et Élisabeth (1959). Là, vous avez eu des amis très chers en rapport avec vos activités religieuses : les Pons, les Deville ….
Le grand père Combaz est en mort en 1958 et ta grand-mère Gabrielle en 1960. Vous viviez avec eux dans la maison à côté et au-dessus de la pharmacie et les avez accompagnés dans leur fin de vie.
En 1961, vous avez vendu la pharmacie pour rejoindre le quartier latin et reprendre la pharmacie de grand père LEROY. Offrir des études dans les meilleurs établissements fournis par la carte scolaire (Montaigne, Louis Le Grand et Fénelon) était une bonne part de la motivation du départ. À Paris, tu as donc repris avec maman, la pharmacie de Genève. Vous avez retrouvé des amis du temps des études, vous vous êtes impliqués à la paroisse de l’Église Saint-Sulpice dans l’équipe de préparation au mariage (CPM), où vous avez créé un groupe d’amis avec qui, plus tard, vous bâtirez des maisons secondaires dans un petit hameau des Hautes Alpes, près d’Embrun, Puy Saint Eusèbe.
Maman s’occupait beaucoup de nous, aidée par sa mère, Adrienne LEROY. Toi, on te voyait aux repas de midi, en écoutant « Zappy Max » à la radio et surtout le dimanche, messe le matin, vaisselle le midi et activités festives l’après-midi (pique-nique, cinéma, concert…). Pascale est née en 1965. Après plusieurs années de vacances en Bretagne, vous avez donc découvert Puy Saint Eusèbe, où vous avez fait construire un chalet en 1972. Vous y avez passé toutes vos vacances d’été jusqu’à il y a 3 ans, avec les amis parisiens et tissant des liens forts avec les gens du village.
Professionnellement, tu as vendu la pharmacie et rejoint ton beau-père au laboratoire et nous avons déménagé rue Dauphine. Après la vente du Laboratoire au bout de quelques années, tu as repris avec maman une pharmacie dans le 10ème arrondissement. Tu étais très fier de ton parcours professionnel étant passé d’une officine avec clientèle rurale, puis clientèle du quartier latin, puis industrie pharmaceutique avec reprise d’études de gestion et enfin retour à l’officine dans un quartier populaire et coloré de Paris.
Toujours impliqué dans l’AFPC (Association Française des Pharmaciens catholiques), tu as fini comme président, tu as pu voir le Pape Jean Paul II à Paris et tu as même été décoré de l’Ordre de Saint Michel, te permettant de rentrer à cheval dans une église…
Organisation de congrès, voyages confessionnels, aide, implication personnelle et suivi de personnes en difficultés…
Quand on a déménagé rue Dauphine, vous avez changé de paroisse pour aller à Saint Germain des Prés, puis suivant des prêtres ou des personnalités marquantes, vous êtes devenus des piliers de Saint Merry près de Beaubourg, paroisse marquée par un fort engagement participatif des fidèles. À la fin, tu t’occupais de la préparation au baptême de personnes homosexuelles.
Tous ces engagements ont maintenu des activités longtemps après que tu as arrêté de travailler au début des années 1990. Tu étais très attaché spirituellement à Joseph MOINGT et à Xavier DE CHALENDAR qui vous a permis de participer à des sessions à thème, passionnantes, à Saint Jean de Sixt et à de très nombreux voyages. Il n’y avait jamais Charles sans Claire. C’est LE COUPLE.
Vous êtes maintenant grands-parents d ‘Aurélien, Clément, Marion, Colin, Lucien, Théo et Baptiste.
En 2006, Pascale et sa famille s’installent à Atlanta. Claire se met à Facebook, internet, WhatsApp, et tu profites des échanges mère-fille.
Jusqu’à 90 ans, régulièrement, vous vous envolez vers Atlanta pour des séjours de 3 semaines, vivant le quotidien de la descendance américaine. Et réciproquement, vous les recevez lors de leurs vacances à Paris.
Tu affirmes que TOUT EST RELATION, ce qui aura marqué à tout jamais tes enfants mais surtout tes petits enfants.
Dans les dernières années, le déclin physique et cognitif s’est progressivement installé. En octobre 2022, le départ de Paris où plus aucun enfant ne vivait est devenu nécessaire et vous avez pu intégrer la Résidence de l’Orangerie à Tours près d’Élisabeth. Malgré les difficultés, vous avez continué à être facile à vivre, toujours aussi accueillants. Vous étiez encore là tous les deux il y a un an, pour le mariage de Lucien et Olivia près de Chinon. Maman est partie fin décembre 2025, tu n’as plus pu rester seul à l’Orangerie et on a pu te rapprocher encore plus d’Élisabeth dans un EHPAD à 3 minutes de chez elle. Mais, après 72 ans de mariage, il semble que tu aies « lâché la rampe » après la mort de maman et tu nous as finalement quitté 6 mois après ton arrivée à l’Ehpad le 28 août 2026.
Nous vous avons accompagnés jusqu’au bout, renforçant notre fratrie en restant fidèles aux valeurs que vous nous avez transmises.
Hommage de Denis son fils
Papa,
Je m’étais promis, le jour où tu t’en irais, de te dire deux mots symbolisant ton passage dans cette vie.
Tu nous as toujours dit que tu avais été gâté. Tu disais même que tu te considérais comme un « enfant gâté » par la vie. Je crois que tu voulais dire par là que tu avais eu tous les bonheurs souhaitables à commencer par une famille soudée sans artifices.
Avec maman, vous avez œuvré pour que les parents, frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines, neveux et nièces se retrouvent, que les nouvelles des uns parviennent aux autres, pour que l’édifice familial perdure sans être lézardé par les poisons que sont l’envie, l’aversion et l’ignorance.
Papa, tu considérais que tes enfants avaient fait grandir votre couple, avec maman, autant que vous nous aviez aidé à le faire : vos certitudes étaient tempérées par votre foi et vous nous avez montré, sans ostentation, ce que sont l’accueil et la bienveillance. François, Élisabeth, Pascale et moi avons eu des parcours très différents, parsemés de joies et de drames, mais qui n’ont jamais fait l’objet d’un rejet ou d’un jugement de votre part.
Papa, les derniers mois avec maman ont été difficiles pour toi. Avec l’humour qui te caractérisait, tu disais qu’entre maman qui oubliait tout, et toi qui n’entendait plus rien, vous vous prépariez de joyeux moments à venir.
Au départ de maman, en décembre dernier, nous t’avons senti apaisé de la savoir partie en paix et entourée. Toi et maman, vous nous avez quittés doucement, glissant dans les affres du grand âge en nous donnant le temps de vous accompagner avec le sentiment du devoir filial accompli.
Vous nous avez légué quelque chose d’infiniment précieux : le sens de l’harmonie. Le décès des parents met ce sens à l’épreuve et notre fratrie est fière d’être restés unie et soudée, chacun prenant sa part pour vous permettre, toi et maman, de partir paisiblement.
Bravo, papa, pour cette vie bien menée. Et je m’étais promis de te le dire… BIEN JOUÉ
Denis

Hommage de Marion sa petite-fille
Et voilà mon petit papy chéri,
Tu as rejoint mamie, comme je pense que tu l’attendais depuis qu’elle nous a quittés il y a quelques mois. En même temps, plus de 72 ans de mariage… Je peux comprendre à quel point il devait être difficile de vivre l’un sans l’autre.
Tu me laisses donc orpheline de grands-parents. À 40 ans, j’avoue que je pouvais m’y attendre… mais ça ne rend pas la peine moins grande.
Je suis tellement reconnaissante d’avoir passé vos quinze dernières années de vie près de vous, d’abord à Paris, puis à Tours. Reconnaissante aussi que vous ayez connu mes enfants, et qu’au moins l’un d’entre eux ait pu se construire de précieux souvenirs avec vous.
Bien plus que tout ce qui est matériel, ce que vous nous laissez en héritage, ce sont des valeurs : l’amour, le partage, la famille, la tolérance, la générosité. Et je vais faire de mon mieux pour continuer à faire vivre ces valeurs dans la famille que j’ai construite sous vos yeux, avec tout votre soutien. D’ailleurs, merci pour ça.
J’ai conscience de la chance inouïe que j’ai eue de vous connaître si longtemps, et d’avoir construit cette magnifique relation avec vous, en tant que première et seule petite-fille. Vraiment, je me sens chanceuse.
Ce qu’il me reste aujourd’hui, au-delà du chagrin bien sûr, c’est une immense gratitude.
Alors merci pour tout. Je t’aime, petit papy.
Je VOUS aime
Témoignage de Saint-Merry
Charles a rejoint son amour, Claire, dans la paix éternelle. Les voilà réunis comme ils l’ont toujours été.
Les premières fois que j’ai fait connaissance de Charles, c’est aux entretiens de Xavier de Chalendar avec lequel il savait si bien dialoguer grâce sa grande connaissance des Écritures. Il m’étonnait beaucoup car il était particulièrement pointu et précis.
Avec Claire, nous participions à « l’accueil » et au groupe « fleurs » pour créer des bouquets pour les célébrations à St Merry, œuvres éphémères accompagnant nos prières
Et naturellement, notre amitié est devenue quotidienne avec des repas partagés et des rencontres chez moi et au 24 rue Dauphine où se trouvent toujours notre cardiologue et médecin…Charles, passionnant lorsqu’il me parlait de leur rôle central de pharmaciens dans un quartier populaire. Cela dépassait la simple distribution de médicaments par l’écoute, le conseil, et surtout l’aide et le partage de la vie de leurs clients.
Et la vie a continuée avec « Que sont nos amis devenus ? », ce groupe cherchant à garder les contacts avec ceux qui ceux qui avaient quitté notre Saint Merry en les rencontrant ou en prenant des nouvelles.
Et, un grand changement : les voilà, quittant Paris pour vivre à Tours près de leurs enfants bien aimés. Toujours heureux et positifs dans leurs nouvelles rencontres.
C’était à mon tour de les appeler régulièrement pour les suivre dans ce nouveau cheminement, puis dans les difficultés de Charles pour parler et se faire comprendre, puis celles de Claire, grâce à Élisabeth qui faisait notre lien d’amitié.
Et maintenant, ils nous attendent, dans le bonheur d’être réunis.
Que Le Seigneur de Tendresse accueille Charles comme il a accueilli Claire dans l’Amour éternel.
Geneviève Poitou
♫ Chant : Ô prends mon âme
1. Ô prends mon âme, prends la Seigneur
Et que ta flamme brûle en mon coeur,
Que tout mon être vibre pour toi,
Sois seul mon maître, ô divin roi
R/ Source de vie, de paix, d’amour,
Vers toi je crie, la nuit et le jour.
Guide mon âme, sois mon soutien,
Remplis ma vie, toi mon seul bien.
2. Du mal perfide, ô garde-moi,
Sois seul mon guide, chef de ma foi.
Quand la nuit voile tout à mes yeux,
Sois mon étoile, brille des cieux.
3. Voici l’aurore d’un jour nouveau,
Le ciel se dore de feux plus beaux,
Jésus s’apprête, pourquoi gémir,
Levons nos têtes, il va venir.
Rite de la Lumière
Pendant l’allumage des lumignons sur le cercueil de Charles, on chante :
♫ Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.
Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »
♫ R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
Première lettre de Saint-Paul Apôtre aux Thessaloniciens (4, 13-18)
Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire.
Psaume 22 Le Seigneur est mon berger
R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;
Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ;
Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ;
J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
♫ Alléluia
Évangile de Jésus-Christ selon Jean (14, 1-6)
Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : « Je pars vous préparer une place ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Homélie
Prière universelle
R : Accueille au creux de tes mains, la prière de tes enfants
Notre Père
Communion
Dernier à-Dieu
♫ Chant : Sur le seuil de sa maison
1. Sur le seuil de sa maison,
Notre Père t’attend
Et les bras de Dieu
S’ouvriront pour toi.
2. Quand les portes de la vie
S’ouvriront devant nous,
Dans la paix de Dieu
Nous te reverrons.
3. Par le sang de Jésus-Christ,
Par sa mort sur la croix,
Le pardon de Dieu
Te délivrera.
4. L’eau qui t’a donné la vie
Lavera ton regard
Et tes yeux verront
Le salut de Dieu.
5. Quand viendra le dernier jour,
À l’appel du Seigneur,
Tu te lèveras
Et tu marcheras.
6. Comme à ton premier matin
Brillera le soleil,
Et tu entreras
Dans la joie de Dieu.
Bénédiction et Encensement

♫ Prière et chant à Marie
R/ Nous te saluons,
Ô toi notre Dame
Marie, Vierge Sainte que drape le soleil
Couronnée d’étoiles, la lune est sous tes pas
En toi nous est donnée l’aurore du Salut
1 – Marie Ève nouvelle et joie de ton Seigneur,
Tu as donné naissance à Jésus le sauveur.
Par toi nous sont ouvertes, les portes du jardin
Guide-nous en chemin, étoile du matin.
2 – Tu es restée fidèle, mère au pied de la croix,
Soutiens notre espérance et garde notre foi.
Du côté de ton fils, tu as puisé pour nous,
L’eau et le sang versés qui sauvent du péché.
3 – Quelle fut la joie d’Ève lorsque tu es montée,
Plus haut que tous les anges, plus haut que les nuées,
Et quelle est notre joie, douce Vierge Marie
De contempler en toi la promesse de vie.
4 – Ô Vierge immaculée, préservée du péché,
En ton âme, en ton corps, tu entres dans les cieux.
Emportée dans la gloire, sainte reine des cieux,
Tu nous accueilleras, un jour auprès de Dieu.
Sortie
In Paradisum – Requiem de Fauré





