Le Christ Ressuscité envoie ses disciples parmi toutes les nations pour annoncer l’Évangile. Chaque génération de chrétiens est engagée dans cette mission. Celle-ci ne peut être unilatérale ; elle réclame une prise en compte sérieuse de l’environnement humain, social et culturel de l’environnement dans lequel l’Évangile doit retentir comme une Bonne Nouvelle. Ce que les disciples du Christ doivent annoncer au monde doit être bon et neuf.
Nous redire l’essentiel du message de Jésus, c’est exprimer ce que nous retenons de bon et de neuf pour nos contemporains. Non pas pour quelques initiés mais pour tous les hommes. Cela réclame que la parole de l’Église en direction d’une société sécularisée comme la nôtre, ne peut se cantonner dans la seule sphère du confessionnel. Jésus lui-même n’a pas tenu un discours uniquement religieux. Par ses actes et dans la gestion de ses relations, il a manifesté une foi en Dieu qui transformait les rapports humains et la vie sociale. S’il a rencontré l’hostilité jusqu’à la condamnation à mort, c’est parce qu’il révélait un Dieu de miséricorde dont les exigences appelaient à une autre manière de vivre ensemble en humanité sous le regard de Dieu. « Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans le cœur [des disciples du Christ] (Vatican II – Gaudium et Spes, 1).
Jésus lui-même n’a pas tenu un discours seulement religieux. Par ses actes et ses relations, il a manifesté une foi en Dieu qui transformait les rapports humains et la vie sociale. S’il a rencontré l’hostilité jusqu’à la condamnation à mort, c’est parce qu’il révélait un Dieu de miséricorde dont les exigences appelaient à une autre manière de vivre ensemble. Cet aspect du message de l’Évangile mérite d’être rappelé aujourd’hui alors que semblent resurgir des mouvements qui survalorisent les pratiques rituelles, voire ritualistes, les attitudes rigoristes et les approches survalorisant la recherche d’un sacré déconnecté et paganisé. Le père Joseph Moingt s.j, écrivait : « La grande révolution religieuse accomplie par Jésus, c’est d’avoir ouvert aux hommes une autre voie d’accès à Dieu que celle du sacré, la voie profane de la relation au prochain, la relation éthique vécue comme service d’autrui et poussée jusqu’au sacrifice de soi. Il est devenu Sauveur universel pour avoir ouvert cette voie, accessible à tout homme » (in L’homme qui venait de Dieu, p. 485-486).
Dans la société où Jésus vivait, profondément clivée (juifs et païens, esclaves et hommes libres, hommes et femmes, purs et impurs …), Jésus a aboli les frontières (Éphésiens 2, 11-14) pour établir une fraternité universelle. Dans notre société fortement marquée par l’indifférence, les divisions et le rejet, le message évangélique affirme avec force la dignité de toute personne humaine. Créés à l’image de Dieu, tous les êtres humains méritent respect et accueil, quelles que soient leur origine, leur condition sociale ou leur culture. À la suite de Jésus, il nous faut combattre toute discrimination et abolir les barrières entre les hommes pour fonder une fraternité universelle.
Jésus appelle enfin à rompre le cercle de la violence par le pardon, le dialogue et la recherche de la paix. Sans nier les injustices, il invite à reconstruire des relations humaines fondées sur l’écoute, la solidarité et le service des plus fragiles. Face à l’incommunicabilité, Jésus encourage la rencontre authentique et le souci de comprendre avant de juger. Il ouvre ainsi un chemin d’espérance capable de mobiliser les hommes et les femmes en faveur d’une société plus juste et plus fraternelle. Par son enseignement et sa manière de vivre, Jésus renouvelle l’Alliance entre Dieu et l’humanité dans la lignée des prophètes. Il dégage la foi d’un enfermement ritualiste et légaliste pour révéler un Dieu de miséricorde qui appelle tous les hommes à se reconnaître membres d’une même famille humaine.
Aujourd’hui encore, manifester le cœur du message du Christ suppose un engagement concret dans les réalités sociales afin de les transformer dans le sens du Royaume. Plus que jamais, cela passe par la résistance aux idéologies de rejet et de haine qui leurrent bon nombre de nos contemporains, pour revenir sur les chemins de la fraternité, du respect de la dignité humaine et de l’espérance. Le pape Léon constate : « Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses » (Dilexi te n° 15). Et il poursuit en affirmant qu’en nous réenracinant dans l’Évangile, nous rendrons fécond le moment de l’histoire que nous vivons.
Jean-Luc, évêque
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L’atelier « Paysage religieux » a choisi de centrer sa réflexion sur ce qui, au-delà de la diversité des sensibilités et des parcours de foi, peut rassembler les croyants aujourd’hui. Dans le cadre de l’année du Cinquantenaire de Saint-Merry, une question a été adressée à tous : « Dans le monde d’aujourd’hui, quel est, pour vous, l’essentiel du message de Jésus ? »




