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Témoignages. Une liturgie inventive en résonance avec le monde

Depuis 1975,
un projet pastoral original a été confié à la communauté locale, attentif au monde de la culture (Centre Beaubourg) et à la vie des contemporains pour annoncer l’Évangile autrement. C’est une invitation aussi pour chaque lieu d’Église à Paris de s’interroger sur la place qui est donnée à ces frères et sœurs qui cherchent des espaces nouveaux de dialogues, d’expérimentations et de soutien de la vie spirituelle et personnelle, à la lumière des intuitions du Concile Vatican II. 

Dominique Lang, assomptionniste

Pourquoi interrompre cette expérience magnifique et passionnante, complètement inspirée de l’évangile, et qui est de plus tellement en concordance avec les recommandations de François ! J’ai découvert les célébrations communautaires de Saint-Merry il y a près de dix ans lorsque j’étais tous les week-ends à Paris afin d’être auprès de maman, en fin de vie. J’ai trouvé des célébrations qui faisaient sens, grâce à cette communauté si vivante et ouverte, accueillante et non discriminante, où prêtres et laïcs réfléchissent et élaborent ensemble une façon de célébrer toujours renouvelée et incarnée dans la vie, en résonnance avec elle. J’ai donc adopté cette communauté avec bonheur et reconnaissance. J’en suis nourrie et éclairée spirituellement de façon profonde et durable.

Catherine Barthe-Dejean

Lieu magnifique de vie, de rassemblement spirituel et humain dans la présence et la Paix du Christ.

Marie-Madeleine

Une communauté de croyants, responsables, présente et ouverte aux enjeux de son temps, célébrant chaque dimanche son action ancrée dans les réalités du monde, et tentant de faire vivre entre laïcs et clercs une coresponsabilité.

Xavier de Lannoy

Saint-Merry est une communauté sans cesse renaissante. C’est pour cela qu’elle subsiste depuis quarante ans, elle ne vieillit pas parce qu’elle renaît. Une communauté où l’on ne vient pas pour être servi, mais pour être nourri. La différence entre ceux qui viennent pour être servis et ceux qui viennent pour être nourris est vite faite. Les prêtres bénéficient de cette renaissance comme les laïcs.

Jacques Mérienne, ancien curé de Saint-Merry

Lors de la création des Restaurants du Cœur en 1985 Coluche a été obligé de trouver une équipe très compétente pour assurer la gestion de son association et pouvoir la présenter pour obtenir les aides publiques. Quatre membres de Saint-Merry : Paul Houdart, Francis Bour, Jacques Mariette, Marie Dumas ont accepté de l’aider, vite rejoints par d’autres chrétiens de Saint-Merry. C’est vraiment grâce aux chrétiens de Saint-Merry que les Restos du Cœur ont pu démarrer. Nous nous retrouvions tous le dimanche à la célébration pour prier, demander la force de continuer cette aide indispensable à des personnes que nous savions vivre dans des conditions insupportables.

Colette Deffontaines
Paroles : A. Cabantous – musique : L. Boldrini

Seigneur garde-nous en attente pour nous ouvrir aux signes de demain
Pour une vraie présence au monde, ce monde que par nous tu fais tien.

Enseignante en philosophie, puis psychanalyste, mon ouverture au monde, à partir d’une éducation chrétienne stricte et traditionaliste, m’a fait traverser beaucoup de contradictions et de séparations. Quand, après mon divorce, j’ai vécu avec un nouveau compagnon, je me suis sentie exclue définitivement de l’Église catholique. Jusqu’au jour où j’ai découvert la messe de 11h15 à Saint-Merry il y a huit ans. Ce fut une révélation ! Je n’étais pas une paria dans cette communauté où l’on accueillait tous ceux que l’Église officielle rejette pour des questions de sexe (homosexuel/es, divorcé/es-remarié/es). Alors que cette même Église a si longtemps fermé les yeux sur les abus et les crimes sexuels révélés actuellement. 
C’était un premier dimanche du mois et j’étais enchantée d’entendre les annonces concernant les plus démunis, les plus en souffrance, et de découvrir les différents groupes de solidarité. La charité n’était donc pas seulement un mot creux cachant beaucoup d’hypocrisie ! Je redécouvrais ce mot paulinien et sa réalité.
Les intentions de prière témoignaient du souci pour le monde entier, dans ses désastres comme dans ses merveilles. L’attention portée aux marginaux de toutes sortes a suscité en moi le désir de mettre mon métier d’écoute au service des migrants.
La liturgie inventive, faisant ressortir l’importance de la Parole, prononcée et commentée aussi bien par des femmes que par des hommes, et mettant en scène la communion autour de la table du Seigneur, m’a rassurée sur la place que je pouvais avoir dans cette communion. 
Depuis je fais partie de la communauté du Centre Pastoral Saint-Merry qui va, je l’espère, continuer à vivre et à faire vivre. La gloire de Dieu, n’est-ce pas l’être humain vivant

Geneviève PM

C’est au CPHB que je puise la foi qui m’anime envers les hommes et envers Dieu. 

Jean-Louis

Je participe à un groupe biblique animé par des membres du CPHB où nous partageons la Parole de Dieu et nos situations dans la vie pour que cette Parole nous donne force et action pour servir Dieu et les hommes. C’est au CPHB que j’ai trouvé la confiance pour évoquer mon parcours. Aujourd’hui c’est notamment lors de l’office du dimanche que je fais en Dieu l’unité de ma vie et que je partage avec mes sœurs et frères la parole de Dieu et la mets en pratique.
Si j’ai beaucoup reçu malgré les cahots de la vie, je sais aussi donner de l’amour dans des associations comme Les morts de la rue et Basiliade ou Paris d’exil. Mes engagements se situent géographiquement dans le centre de Paris. Aujourd’hui c’est à Saint-Merry, par le canal du CPHB et notamment l’office du dimanche à 11h15, que je fais en Dieu l’unité de ma vie et que je partage avec mes sœurs et frères la Parole de Dieu et la mets en pratique. Pour moi, le CPHB a été et demeure un lieu qui a permis ma reconstruction notamment spirituelle. L’esprit d’ouverture, de dialogue et de bienveillance qui y règne sont un atout majeur pour un chrétien qui a beaucoup souffert dans ce qu’il y a de plus intime.
Si je suis debout aujourd’hui et si ma foi n’a pas dérapé, c’est fondamentalement par ce lieu d’accueil qui d’abord m’a reconnu comme chrétien quels que soient le parcours et les cahots de la vie. Aujourd’hui, le CPHB constitue pour moi un lieu central d’énergie et d’amour ; sans lui, je deviens très fragile. 
Je précise que j’anime à Basiliade un groupe de prière avec des personnes parfois en grande difficulté (séropositifs gay ou transsexuels en précarité) et si ce groupe a une belle vitalité, elle vient indirectement de la source qu’est pour moi le CPHB. Il va sans dire que la disparition du Centre pastoral Saint-Merry serait ou sera pour moi une catastrophe car c’est là que je puise la foi qui m’anime envers les hommes et envers Dieu. 

Jean-Louis Lecouffe

Des liturgies vivantes où la table de la parole devient table du festin, vraie nourriture loin des rituels sclérosants de tant de nos messes ! C’est Saint-Merry. Chacun est accueilli comme “aimé du Père”, chacun peut trouver sa place dans la communauté, et peut vivre des liturgies où le “banquet de la Parole” tient toute sa place dans l’Eucharistie : ce n’est pas seulement l’affaire privée d’un clerc, mais un partage de vie à la lumière des écritures qui trouve son accomplissement dans le partage du Pain.

Monique et Nicolas Faure

Cette communauté chrétienne est un lieu unique d’expression libre, de convivialité et de fraternité, centrale dans ma vie de foi.

Alain Clément

Hôte de passage de Saint-Merry, j’ai pu partager quelques « moments » d’une Église où la liberté de pensée et de parole, le rassemblement de tous quels que soient leurs histoires de vie, leurs amours et sexualités, les blessures que leur a infligées l’institution, la célébration où toutes et tous sont « prêtres », le sacrement du frère inséparable du sacrement, étaient possibles.

Patrice Dunois-Canette

Grâce à cette communauté, ma foi est soutenue et alimentée par la rencontre et le partage avec des prêtres, des laïcs, des migrants, des artistes… qui donnent sens au vivre ensemble, dans et surtout hors les murs de notre Église, peuple de baptisé(e)s.

Bruno René-Bazin

C’est un lieu qui,
avec et parmi d’autres,
a sa place spécifique dans la diversité des lieux d’Église.

Myriam Glorieux

Il serait plus opportun de s’interroger sur ce qui transforme beaucoup
de nos lieux de cultes
en ghettos bien-pensants,
plutôt que de s’en prendre
à ceux où éclate la Vie diverse, féconde et bienfaisante. 

Philippe Ouillon
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