En ce 23ème dimanche du temps ordinaire, dans le livre d’Ézéchiel, Dieu nous demande d’être le « guetteur » de notre prochain. Et dans l’Évangile de Matthieu, Jésus prolonge cette exigence. Il nous indique la voie à suivre pour dénouer les conflits et construire une véritable relation.
♫ Entrée en prière : Alphabet de Mozart – les Petits Écoliers Chantants de Bondy
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Bienvenue à vous tous, les habitués de nos célébrations en vidéo et vous, peut être, les nouveaux venus qui découvrez une nouvelle façon de partager la Parole.
Dans l’extrait du Livre d’Ézéchiel, Dieu nous demande d’être le «guetteur» de notre prochain, pas le surveillant, l’inquisiteur, non, le « guetteur ». Le prévenir de ses faux pas. Rappelons-nous les paroles de Caïn « Suis-je le gardien de mon frère ? ». Oui, tu es le gardien de ton frère.
Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus prolonge cette exigence. Il nous indique la voie à suivre pour dénouer des conflits, pardonner et construire une véritable relation.
Enfin, la voix du psalmiste, résonne comme une invitation urgente « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre cœur »
Que nous soyons une grande assemblée ou une petite communauté, comme la nôtre, Jésus est présent parmi nous, « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Au nom du Père, du Fils, du Saint Esprit…Amen
Claire
♫ Méditation en musique : Les mots que tu nous dis (instrumental)

📖 Lecture du livre d’Ézéchiel (33, 7-9)
La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »
♫ Méditation en musique : Les Moulins de mon cœur, M. Legrand – Interprétation A. Chancy
📖 Évangile de Jésus Christ selon Matthieu (18, 15-20)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.
Résonances
« … considère-le comme un païen et un publicain… »
Cette expression, mise par l’auteur de l’Évangile de Matthieu dans la bouche de Jésus à l’encontre d’un « frère »-même coupable et obstiné- a de quoi surprendre à divers titres.
Qu’au temps de Jésus, la dérive « légaliste » des scribes et pharisiens en fût arrivée au point de couper les ponts avec les païens, qualifiés et appelés « chiens » (Mat. 15, 26), ainsi qu’avec les publicains, vus comme le rebut de la société, ce n’était là qu’un aspect commun de leur enseignement : l’exclusion était la norme.
Nous savons que chez Jésus, enseignement et comportement en prenaient l’absolu contre-pied, lui qui était appelé » l’ami » des pécheurs et cherchait leur compagnie ; que le cœur de son message de l’amour inconditionnel avait pour corollaire le refus absolu de toute forme d’exclusion. Comment comprendre alors cette expression, même si tardivement placée sur les lèvres de Jésus -et sous sa forme stéréotypée à l’instar d’autres (ex : lier/délier; … pleurs/grincements de dents… ) par une communauté d’Antioche en bute à des brouilles internes…? Le sens de la phrase de Jésus –n’en déplaise aux accrocs d’un malentendu d’interprétation multi-séculaire– doit être retourné du tout au tout.
L’entier passage nous montre que pour Jésus, ce qui est fondamental dans la nouvelle manière de chercher la présence de Dieu qu’il inaugure (le Royaume), c’est en commençant par les RELATIONS interpersonnelles. C’est le seul « lieu » où le Dieu de Jésus se laisse trouver et adorer. La « pointe » finale de ce récit évangélique, situé en dernière ligne, nous confirme que cette PRÉSENCE divine de Jésus ressuscité lui-même est garantie au cœur des relations humaines, (« Esprit et Vérité », non pas un Ciel lointain, la Puissance ou un culte sacrificiel célébré dans un Temple… ) ; même si elles se limitent à « 2 ou 3 personnes » seulement…
« Avec votre frère en difficulté, même obstiné…, vous devez vous comporter comme Moi-même je me suis comporté avec publicains et pécheurs, mes meilleurs amis, parce que les plus nécessiteux de mon aide. … »
Tout faire pour rectifier, entretenir et surtout restaurer chez l’Homme la « relation » blessée, verticale et horizontale : visée unique de la permanence terrestre du Fils de l’Homme…
Domenico
Le prophète Ézéchiel comme Matthieu interpellent les membres de leur communauté, au nom de Dieu ou en reprenant les paroles de Jésus, pour qu’ils prennent soin de leurs contemporains dans « leur conduite mauvaise », une implication exigeante pour vivre leur relation avec Dieu.
Ézéchiel est particulièrement véhément au point qu’il fait dire à Dieu : « Si je dis au méchant : Tu vas mourir, et si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderais compte de son sang. »
Revenons à Matthieu « Si ton frère a péché (traduction de sœur Jeanne d’Arc), cherche à te faire entendre, en vis-à-vis ou s’il refuse en faisant appel à 2 ou 3 autres témoins, et au final à l’Église. Et Jésus de poursuivre « tout ce que vous délirez sur la terre, sera délié dans le ciel ».
Une responsabilité d’importance nous est confiée ; elle l’est au nom de Dieu, qui fait confiance aussi bien à chacune et chacun, qu’à la communauté.
Que faisons-nous, que fais-je aujourd’hui de ces paroles ?
La situation a certes changé. Chez Ézéchiel comme chez Matthieu, il s’agissait d’agir dans leur communauté religieuse d’appartenance, ce qui n’est plus guère le cas dans notre situation actuelle de croyants ; nous sommes minoritaires au sein de notre société, alors que nous sommes membres de différentes communautés, où nous sommes impliqués.
Nous sommes personnellement attristés, impuissants et je le suis devant nombre de comportements de nos contemporains, que nous pensons inappropriés au regard du message des évangiles. Nous souffrons aussi des interdits affichés par nos églises.
Pourtant à titre personnel, je m’efforce et nous nous efforçons d’écouter, d’interroger, de comprendre, de suggérer des comportements qui soient justes. Le faisons-nous assez ?
Qu’en est-il de l’action de notre communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs, dont la responsabilité est rappelée par Matthieu en direction de sa communauté d’Antioche ? Au-delà des prises de parole que l’on pourrait dire officielle de nos églises en tant qu’institution, de quel message et action de déliement notre communauté pourrait témoigner et envers qui ?
Voilà qui conduit à la question de notre partage : qu’est-ce que c’est pour moi lier ou délier ? Et j’ajoute, tant en ce qui concerne chacun de nous, qu’en ce qui concerne notre communauté.
André

Partage : Qu’est-ce que c’est pour moi lier ou délier ?
♫ Méditation en musique : Carl Czerny- L’art de Délier Les Doigts: Etude Op.740 No.14
Quelques échos du partage :
- c’est libérer ou enfermer
- redonner confiance
- lier peut-être positif, comme créer des liens d’amitié
- les réseaux sociaux et l’internet me semblent pouvoir être en rapport avec « lier et délier »
- c’est une responsabilité et non un pouvoir
- quelque soit l’épaisseur du lien, il faut être guetteur au quotidien pour s’approcher de l’Amour de Dieu
- être dans l’écoute pour aider à se délier
- créer des espaces de vérité pour délier la parole qui ainsi devient collective et constructive
- etc

📖 Lecture de la lettre de Paul aux Romains (13, 8-10)
Frères, n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas. Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour
.
Prière Universelle
Élargissons notre prière pour que par nos voix, elle se fasse universelle
Seigneur, fais de nous, des ouvriers de paix
Seigneur, fais de nous, des bâtisseurs d’amour
Nous prions
- pour Charles dont les obsèques ont eu lieu ce vendredi et Claire, sa femme qu’il a rejoint
- en communion avec nos frères juifs qui commémorent les morts de la Shoah et nos frères protestants réunis pour leur Assemblée du Désert
- pour les associations qui témoignent toujours d’une belle vitalité et dont la journée avait lieu hier
- pour les guetteurs d’amour
- pour notre rencontre de ce matin qu’elle me donne la force d’intervenir quand c’est indispensable
- pour que cette prière commune nous délie et nous lie
- pour notre communauté qu’elle agisse en responsabilité
- pour remercier les intermittents qui interviennent de différentes façons et créent des liens entre les familles et la cité, entre les parents et les enfants
- pour mes amis en détresse de par le monde
- pour la lutte contre la sérophobie et ses partisans reçus par Aurore Bergé. Pour que nous continuions à soigner les malades du Sida où qu’ils soient
Et pour toutes les autres intentions, exprimées ou tues.
Notre Père
♫ Chant d’envoi :
Laissez-vous mener par l’Esprit, le vent de Dieu K524
Ensemble vocal l’Alliance, Compositeur : Jean-Jo Roux

Laissez-vous mener par l’Esprit
sur les chemins de la justice.
Le vent de Dieu qui vous a pris
fera de vous des hommes libres.
Brisez le fer des vieilles lois
Sur les chemins de l’esclavage.
L’amour est votre unique loi,
Prenez sans crainte ses passages.
Fini le temps des pas comptés,
Finies les peurs qui défigurent !
L’amour se donne sans compter,
Il est pour vous la vraie mesure.
Vous n’êtes plus des apprentis
Suivant les règles de vos pères.
L’amour invente votre vie,
Improvisez à sa lumière !
Souvenez-vous qu’au dernier soir
Dieu jugera sur le partage.
L’amour a-t-il ouvert vos bras ?
Vous recevrez son héritage.
Bénédiction
Annonces
Lundi 7 septembre 19 h (en visio) – Préparation de la célébration eucharistique qui aura lieu le dimanche 13 à Notre Dame d’Espérance
Mercredi 9 septembre 20 h 30 (en visio) – Atelier 50 ans, Paysages religieux
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