En ce mois de septembre 2026, alors que les signes du dérèglement climatique se multiplient à travers le monde, une question résonne avec ironie et amertume : « Qui aurait pu prévoir cela ? »
La Terre, que Dieu nous a confiée, souffre. Les canicules à répétition, les inondations dévastatrices, la montée des eaux, la disparition d’espèces entières… autant de signes qui nous rappellent que l’humanité a trop longtemps fermé les yeux sur les conséquences de ses actes. Le 26 septembre prochain, le pape Léon XIV sera à Paris, et nous espérons qu’il abordera lui aussi les conséquences catastrophiques du réchauffement climatique que nous avons vécues cet été. Ce même jour, des manifestations sont organisées dans toute la France, par le Collectif « Marchons pour le climat » qui regroupe 350 Associations dont Greenpeace, Chrétiens Unis pour la Terre, Les Amis de la Terre, Pollinis,… pour exiger des actions concrètes et immédiates contre le réchauffement climatique. Alors, à nouveau, AGISSONS et MARCHONS POUR LE CLIMAT !

Notre communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs ne peut rester indifférente
à cet appel à manifester. C’est un devoir moral et spirituel.

La création, un don sacré

Dans le livre de la Genèse, Dieu nous confie la Terre comme un jardin à cultiver et à préserver (Genèse 2:15). Cette mission n’est pas seulement un devoir écologique, mais avant tout un devoir spirituel. Saint François d’Assise, patron des écologistes, nous rappelait déjà au XIIIe siècle que chaque créature est une louange à Dieu. Prendre soin de la création, c’est donc honorer le Créateur.
Pourtant, depuis la révolution industrielle, l’humanité a exploité les ressources de la planète sans mesure, comme si elles étaient inépuisables. Les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation massive, la pollution des océans… autant de péchés contre la création qui crient vers le Ciel. Le pape François, dans son encyclique Laudato Si’ (2015), a été clair : « La Terre, notre maison commune, commence à ressembler de plus en plus à un immense dépotoir. » Nous ne pouvons plus rester inactifs face à cet appel à la conversion écologique.


L’injustice climatique, un scandale contre les plus pauvres

Les plus pauvres d’ailleurs, et maintenant, d’ici. On l’a déjà dit : Le réchauffement climatique ne frappe pas de manière égale. Les plus pauvres, ceux qui ont le moins contribué à la crise, en sont les premières victimes. Les pays en développement subissent déjà des sécheresses extrêmes, des famines et des déplacements de populations.
Nous pouvions bien nous réfugier égoïstement dans l’inaction, en nous disant que c’était loin. Cet été, c’est devenu tout près, chez nous. Et c’est un miracle qu’il y ait eu aussi peu de victimes. Mais on ne parle pas des dégâts matériels immenses, ainsi que des traumatismes endurés par tant de personnes déplacées ou anéanties par la perte de tous leurs biens ou de leur outil de travail.
En tant que chrétiens, nous sommes appelés à défendre les plus vulnérables, lointains ou proches, comme nous le rappelait Jésus : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25, 40).

Participer aux manifestations du 26 septembre, c’est donc aussi un acte de solidarité
avec ceux qui souffrent déjà des conséquences de notre inaction.

« Marchons pour la Terre » et Greenpeace, aux côtés de nombreuses autres organisations, appellent à des rassemblements dans toute la France pour exiger des mesures fortes et immédiates. Ces manifestations s’inscrivent dans un mouvement mondial qui ne cesse de grandir, porté par une jeunesse déterminée à ne plus laisser les générations futures payer le prix de notre indifférence.

Importance des manifestations et pétitions : Martine Braud témoigne

Récemment, dans une interview accordée au Monde, et l’an dernier lors d’une conférence au Forum104 à laquelle certains d’entre nous ont assisté, Martine Braud, ancienne collaboratrice d’Élisabeth Borne au ministère de l’Écologie, a souligné le poids et l’importance que les manifestations et les pétitions revêtent pour les ministres et les ministères. Elle a rappelé que « les mouvements citoyens ont toujours été un moteur du changement politique ». En effet, l’histoire nous le prouve : sans la pression populaire, les grandes avancées sociales et environnementales n’auraient jamais vu le jour.


Nos voix comptent. Chaque signature, chaque pas dans la rue, chaque pancarte brandie est une pierre ajoutée à l’édifice d’un avenir plus juste et plus durable. C’est aussi une façon de faire évoluer la conscience de nos concitoyens. Martine Braud a aussi insisté sur le fait que « les gouvernements ne peuvent plus ignorer la volonté du peuple. » C’est donc à nous, citoyens et croyants, de faire entendre cette volonté.

S’engager concrètement

Notre communauté a souvent été à l’avant-garde de nombreux combats pour la justice et la paix. Le 26 septembre, soyons aussi à l’avant-garde du combat pour le climat.

  • 1) Rejoignons la manifestation la plus proche de chez nous. Greenpeace et les autres organisateurs ont prévu des rassemblements dans toutes les grandes villes de France. À Paris, le départ est prévu à 14h depuis la place de la République. Allons-y ensemble, avec nos amis. Plus nous serons nombreux, plus notre message sera fort. Et espérons : Peut-être le pape Léon XIV évoquera t il lui aussi l’urgence climatique voire notre manifestation ? (Des précisions opérationnelles seront données dans le Flash)
  • 2) Signons et faisons signer des pétitions. De nombreuses pétitions circulent pour exiger des lois plus strictes contre la pollution, pour l’arrêt des subventions aux énergies fossiles, aux engrais, et pour la protection des forêts… Chaque signature est une voix de plus.
  • 3) Prions pour la création. Pourquoi ne pas organiser des temps de prière et de réflexion pour méditer sur notre responsabilité envers la Terre ? Ainsi, une célébration commune avec Notre Dame des Anges est planifiée pour le 4 Octobre 2026 à 10 h 30 au terme du mois de la Création proposée par le Vatican. La prière est une force qui nous unit et nous donne la force d’agir.
  • 4) Continuons d’adopter des gestes concrets au quotidien : réduire nos déchets, limiter notre consommation de viande, privilégier les transports en commun ou le vélo, économiser l’énergie… Chaque petit geste compte.

Toutes ces actions sont réfléchies et actualisées en continu au sein du groupe Écologie de Saint-Merry Hors-les-Murs.

Un message d’espoir

Il est facile de sombrer dans le découragement face à l’ampleur de la crise climatique. Pourtant, l’espérance est au cœur de notre foi. Jésus nous a appris que même les plus petits gestes, faits avec amour, peuvent changer le monde. « Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de moutarde qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, c’est la plus grande de toutes les plantes et elle devient un arbre. » (Mt 13, 31-32).
Notre mobilisation du 26 septembre est ce grain de moutarde. Ensemble, semons l’espoir d’un monde où l’humanité vit en harmonie avec la création.

Henri Juilliard – Groupe écologie

Pour Paris : RdV Place de la République, samedi 26 septembre à 14 h

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