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Jean-Claude Thomas nous alerte sur quelques « bonnes nouvelles » passées peut-être inaperçues ces derniers temps et prend un certain recul sur l’enthousiasme populaire entourant la venue du pape Léon. Une invitation à discerner l’essentiel et l’universel.

par Anfas Press,
Wikimedia Commons
Dans le brouhaha médiatique qui, ces derniers temps, accapare les esprits, avons-nous remarqué qu’une femme, Fatima Ezzahra El-Mansouri, est devenue, et c’est une date notable dans l’histoire, première ministre du Maroc ?
Avons-nous déjà oublié qu’une mère de famille, Sarah Mullally, est, depuis janvier 2026, archevêque de Cantorbéry ?

Comme l’exprime clairement la Tribune des Chrétiens d’ouverture parue dans Le Monde, ne nous trouvons-nous pas, de plus en plus, dans une situation anachronique qui menace gravement l’avenir de nos communautés ? Est-ce faire de la résistance, défendre la tradition ? N’est-ce pas plutôt bloquer la porte, empêcher cet aggiornamento que souhaitait déjà Jean XXIII, il y a 65 ans ?

Lors de la visite en France du Pape Léon, au-delà des moments forts qui ont capté l’attention (Stade de France, messe de la Concorde), avons-nous noté deux autres moments trop vite oubliés ou ignorés, son discours à l’Unesco et sa rencontre, à Metz, dans le centre Robert Schumann, avec les responsables des divers cultes qui ont lancé un appel commun au dialogue pour construire la paix ?
Dans les deux cas, il s’agit d’une parole à résonance universelle, une parole qui s’adresse réellement à tous. Les représentants des cent quatre-vingt quatorze pays qui l’écoutaient ne se sont pas trompés en lui faisant une longue ovation, inhabituelle dans ce lieu.
Beaucoup de catholiques se sont rassurés en voyant 80.000 jeunes au Stade de France, 800.000 participants sur les Champs-Élysées, ou en évoquant les milliers de catéchumènes et de néophytes. Mais lorsque l’Esprit souffle au cœur de l’histoire, est-ce pour nous rassurer ou pour nous appeler à faire résonner la dimension universelle de l’Évangile, celle qui peut toucher le cœur de tout homme, de toute femme en l’invitant à faire du neuf ?

Un autre signe que je ne peux oublier : lors de l’incendie de Notre Dame, beaucoup dans le monde ont ressenti cette perte comme un drame intime, comme si Notre Dame faisait, mystérieusement, partie d’eux-mêmes. Lors de sa réouverture après sa restauration, on pourrait presque dire sa reconstruction, la tentation était grande de remettre la main dessus. Y a-t-on complètement échappé ? N’a-t-on pas pris le risque d’éteindre en partie cette résonance universelle ?
Au risque de heurter un peu l’enthousiasme de certains, dont le refrain « Merci Léon » se diffuse sur les réseaux, je me pose ces questions.




