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Dimanche 18 octobre 2026. « Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre »

Un seul Dieu. Mais qui est-il ? En tout cas, ni les empereurs romains, ni les tyrans contemporains de tout poil ne relèvent en rien du divin…

♫ Entrée en prière en musique

 J.S. Bach, Cantate « Gelobet sei der Herr, mein Gott » (BWV 129)

Accueil

Bonjour à chacune et chacun de vous.
Les évènements d’hier nous laissent un peu abasourdis ce matin… Nous arrivons forcément lourds, désorientés, en question, révoltés, écrasés, chacun avec nos réponses passionnées et sans recul. Que ce temps de rencontre ne soit pourtant ni fuite, ni ersatz. Qu’il nous recentre seulement un moment sur notre essentiel et l’esprit qui nous habite.

Nous qui étions là lundi dernier pour préparer  notre rencontre d’aujourd’hui, nous avons très fort pensé  à vous qui avez voulu venir ce matin et nous avons eu envie de commencer ce partage en vous adressant, à chacun, des paroles que Paul, avec Sylvain et Timothée ont écrites aux chrétiens de Thessalonique.
Écoutez, c’est pour vous ! C’est pour moi, c’est pour nous tous.

À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. (1 Th 1, 1-5b)

Alors mettons-nous à l’écoute et partageons, ainsi appelés et ́rassemblés au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Jean-Luc

♫ Méditation en musique

Pedrini, Troisième divertissement chinois: n°2, Liéou yé kin

Michel-Ange, (1550), La création d’Adam, Plafond de la Chapelle Sixtine, Rome

📖 Livre du prophète Isaïe (Is 45, 1.4-6)

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : « À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. »

Résonances

Un seul et même Dieu, c’est l’affirmation très forte du peuple juif à l’origine du monothéisme, c’est la découverte très absolue. Mais n’est-ce pas celui que sous entendent et traduisent à leur façon toutes les démarches religieuses, toutes les quêtes de l’Esprit de par le monde au travers des siècles et encore aujourd’hui  ?

Jean-Luc

Dieu s’est appuyé sur Cyrus, roi perse, pour battre Babylone et mettre fin à l’exil du peuple élu. Mais au moment même où ce roi pourrait être grisé par sa victoire et sa puissance, Dieu lui rappelle qu’il n’est rien sans lui et que c’est de Dieu qu’il a reçu son pouvoir, dans un seul but : que le monde entier sache que Dieu est le Seigneur et qu’il n’y en a pas d’autre. À l’heure où tant de tyrans, de Trump à Poutine, cherchent à dominer le monde, j’aime l’image d’un Dieu qui remet les rois à leur place. Dieu aime les puissants qui désarment les rois et ouvrent les portes, et non les rois qui excluent ou qui enferment.
Dans l’Évangile, Jésus remet aussi César à sa place. Les pièces sont à son effigie, donc on lui paye l’impôt, mais c’est à Dieu seul qu’il faut rendre un culte, et non à l’empereur. César est peut-être puissant mais il ne sera jamais Dieu. À l’image de Jésus qui dit devant Pilate « ma royauté n’est pas de ce monde », nous sommes nous aussi appelés à vivre cette royauté, en exerçant avec humilité les pouvoirs qui peuvent nous être confiés. Paul nous montre la voie : c’est dans le service, la foi, l’espérance et la charité que nous sommes vraiment rois et que nous aurons la seule puissance qui vaille ; celle de l’annonce de l’Évangile dans l’Esprit.

Vincent

Image Vitaly Gariev sur pexels-silverkblack

♫ Chant : Quel est ton nom ?

Paroles : A. Cabantous / Musique : L.Boldrini

1/ Quel est ton nom ?
Toi l’inconnu, Toi le tout Autre
Qui te dévoiles lentement
Pour chaque homme et pour chaque temps.

Je n’osais pas dire ton nom
Dans le secret de ma priere
Mais en m’appelant le premier
Tu m’as permis de te nommer
Père du ciel et de la terre.

2/ Quel est ton nom ?
Quels sont ta voix et ton visage
Je voudrais bien te modeler
A ma guise et à mon image.

3/ Quel est ton nom ?
Se connaît-il à ces promesses
Qui accompagnent mes chemins
Tissés de risques et de sagesse.

4/ Quel est ton nom ?
Nous le saurons dans ton royaume…
Déjà nos bonheurs et nos cris
Comme en prélude nous l’ont dit.

📖 Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu (Mt 22, 15-21) 

En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Denier de César Auguste (source Wiki)

Résonance

Pour répondre aux questions pièges que lui posent ses adversaires, Jésus s’appuie souvent sur une évidence en forme de question. À la fin de la parabole des vignerons homicides, il y a deux dimanches, Jésus demandait ce que ferait le maître de la vigne aux vignerons qui ont tué son fils. On lui répond aussitôt : « Il fera mourir ces misérables. » Ici la question porte sur une pièce de monnaie et ce n’est peut-être pas sans signification. Chacun peut en effet y voir l’effigie de l’empereur, doublée de son nom : « Caesar. Im », César empereur. Jésus fait reconnaître à ses interlocuteurs cette évidence, qu’approuveront volontiers les « collabos » que sont les partisans d’Hérode, à savoir que César c’est le pouvoir, le pouvoir de l’argent, et qu’on doit lui être soumis. Il ne serait donc pas Dieu, contrairement à ses prétentions ? Hypothèse qui n’est pas très politiquement correcte.
Et Dieu ? Au moins est-il alors affirmé, de façon tranchée, qu’il n’est pas du côté de l’argent et du pouvoir. Mais où se situe-t-il ? On n’ose pas trop poser la question : « qui est-il ? » « Dieu est Dieu nom de Dieu ! » s’écrie l’écrivain et journaliste Maurice Clavel en titre d’un de ses livres, comme une mise en garde véhémente contre toutes les récupérations idéologiques.  Comment donc entendre la conclusion de cet évangile, comment rendre à Dieu la monnaie de sa pièce ? Comment « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » ?

Jean

Un dollar américain, « in God we trust » (source Wiki)

Partage

Comment « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » ?

Quelques échos du partage :

  • Les biens matériels ne sont pas la priorité, mais c’est le partage, l’attention aux autres qui est à privilégier.
  • Sahons reconnaitre ce qui nous est donné, rendre grâce.
  • Ce n’est pas le recto ou le verso de la pièce qui compte, mais sa tranche, son unité ; l’unité en tension entre Dieu et César, être au coeur du monde mais en liberté profonde. Servir seulement l’un ou l’autre revient à servir la mort.
  • Jésus fait un acte de résistance : César n’est pas Dieu. Il nous faut rechercher et reconnaitre Dieu amour autour de nous et faire que cela soit.
  • Mélangeons Dieu partout à notre vie quotidienne, car les choses ne sont pas séparées.
  • Dieu demande la gratuité, qui est à partager avec tous.
  • Essayons de ne pas « récupérer » sa Parole. Soyons dans la reconnaissance plutôt que dans le dû.
  • Il s’agit de rendre l’humain à lui-même, hors des algorythmes et des destructions des guerres.
  • Sachons discerner entre Dieu et le pouvoir et l’argent de César ou de toute société. Qui est Dieu ? Il m’accompagne à travers les paroles de l’Evangile.
  • Pour moi la question n’est pas comment rendre à Dieu, mais plutôt que rendre, selon la symbolique de l’offrande à laquelle m’a fait penser l’exposition du Panthéon sur les vies minuscules.
  • Sachons rendre grâce pour l’amour donné et reçu.
  • La loi est un cadre de vie attendu, alors que vivre dans l’espace de Dieu, c’est l’inattendu.
  • (Cette phrase d’Evangile est à la source de la laïcité.) Nous allons rendre à Dieu la vie qu’il nous a donnée, avec le chemin que nous aurons fait sur Terre pour l’enrichir.
  • Je préfère « être » que « rendre ».
  • Je n’ai pas de réponse à la question. J’ai participé hier à une manifestation paisible qui dénonçait un César injuste en chantant, avec malgré tout de l’espérance, en étant ensemble solidaires.
  • J’aime la prière de Saint Ignace, qui donne/rend à Dieu tout ce qu’il a/a reçu (sa mémoire, son intelligence…)

♫ Chant : Ils deviennent chemin

Auteurs : Sophie Gall, Jean Yves Gall

Pour un seul et même Dieu
Ils deviennent chemin
Et portent la lumière
Pour un seul et même Dieu
Ils deviennent chemin
Et partagent le pain.

1/ Ton peuple a pris naissance
Quand une étoile s’est levée
Naissance de Dieu au coeur de l’homme
Naissance de l’homme au coeur de Dieu
Ton peuple a pris naissance

2/ Ton peuple a pris la route,
Au désert, ils t’ont tant cherché ;
La route de Dieu au cœur de l’homme,
La route de l’homme au cœur de Dieu,
Ton peuple a pris la route.

3/ Ton peuple a pris souffrance,
Sur une croix comme un paria ;
Souffrance de Dieu au cœur de l’homme,
Souffrance de l’homme au cœur de Dieu,
Ton peuple a pris souffrance.

4/ Ton peuple a pris lumière,
Sa nuit ne sera plus sans fin ;
Lumière de Dieu au cœur de l’homme,
Lumière de l’homme au cœur de Dieu,
Ton peuple a pris lumière.

5/ Ton peuple a pris son souffle,
Comme folie de trop d’amour ;
Le souffle de Dieu au cœur de l’homme,
Le souffle de l’homme au cœur de Dieu,
Ton peuple a pris son souffle.

Prière universelle

Prière d’introduction
« Je suis le seigneur, il n’en est pas d’autre ». Pour moi, cela exprime que personne ne te connaît complètement, mais que depuis le fond des âges et partout dans le monde des êtres humains te reconnaissent et te prient selon leur tradition. Le mythe de la tour de Babel nous l’a fait comprendre, la diversité est notre richesse, nous sommes tous différents, tous de la même valeur, c’est comme si chaque communauté avait un morceau du puzzle qui te compose.
Or, aujourd’hui un vent néfaste souffle sur une grande partie de la planète, beaucoup voudraient que leurs usages, leurs façons de te prier soient les seules valables, et même souhaiteraient l’imposer à tous. Quelle tristesse ! Peu importe le nom que l’on te donne, les traditions et les usages que nous avons, nous sommes tous frères et soeurs en recherche de vérité !
Nous t’implorons pour que ton esprit inonde le coeur de chacun afin que nous puissions tous vivre en liberté, que cessent les empêchements d’approfondir et de creuser notre recherche intérieure, que disparaissent les guerres et les violences de toutes sortes.

Marie-José

♫ Refrain :
Viennent les cieux nouveaux et la nouvelle terre
que ta bonté nous donnera !
Viennent les cieux nouveaux et la nouvelle terre
où la justice habitera !

Photo J. Idoux, coll. priv.

Quelques échos des intentions partagées :

  • C’était hier la Journée du refus de la misère ; scandale des 600 millions de personnes souffrant de la faim, et que nous portons dans notre prière.
  • La manifestation des Cafards prend de l’ampleur en Inde, pour défendre la dignité et la démocratie.
    Mais c’est également actuellement une grande fête de deux jours, durant laquelle les familles font le tri dans leurs maisons pour s’alléger et jettent des objets pour ne garder que ce qui est utile à la vie, dans la poursuite du bonheur et d’une vie meilleure. Prions en union avec eux.
  • Prions avec Jean-Paul Ier, un prophète dont il ne faut pas oublier le message, qui voulait une Eglise des pauvres.
  • C’est l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty, prions pour tous les enseignants et en particulier ceux qui accompagnent les lycéens.
  • Pour les jeunes inquiets de leur avenir, qu’ils sachent trouver avec nous des chemins nouveaux.
  • Portons dans notre prière les manifestants algériens assassinés à Paris le 17 octobre 1961.

Notre Père

Bénédiction

Nous avons prié et partagé ensemble, en proposant de :

  • privilégier l’attention aux autres
  • reconnaître ce qui nous est donné
  • être au coeur du monde mais en liberté profonde
  • rechercher et reconnaitre Dieu amour autour de nous et faire que cela soit
  • mélanger Dieu partout à notre vie quotidienne
  • partager avec tous la gratuité que Dieu demande
  • être dans la reconnaissance plutôt que dans le dû
  • rendre l’humain à lui-même
  • rendre grâce pour l’amour donné et reçu
  • vivre l’inattendu de Dieu
  • rendre à Dieu la vie qu’il nous a donnée
  • plutôt « être » que « rendre »

Rendons grâce pour la richesse de ce partage, et recevons la bénédiction de Dieu, Père, Fils et Esprit.

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