« Qu’entendre et que faire des cris autour de nous ? » MPM du samedi 24 octobre 2026

Il pleuvait et faisait froid en ce jour de nouvel appel à manifestation à Paris, tout juste une semaine après le 17 octobre si troublé et troublant. De nombreuses stations de métro dont celles du centre de Paris étaient fermées. Nous nous attendions à nous retrouver à moins d’une dizaine de participants pour cette première Messe en Plein Monde l’année. Nous étions pourtant vingt-quatre, sans doute stimulés par l’actualité brulante et l’envie de ressourcement, prise de recul que cette célébration cherche à offrir.
En amont, le partage de la Parole commune pour les deux célébrations (dont celle en visio) nous avait permis de repérer le mot « cri » trois fois dans les lectures de ce jour, faisant fortement unanimement écho à la situation de notre pays. Quand nous nous sommes retrouvés en sous-groupe pour réfléchir à quelle question de société nous aimerions pouvoir porter pendant la célébration, elle a aisément surgi : « Qu’entendre et que faire des cris autour de nous ? » Voici donc comme un écho de cette Messe en Plein Monde, comme une modeste présence de notre communauté à la vie de notre temps.

Accueil

En cette journée de manifestation et de mobilisation sociale, en cette période de violences en tous genres des cris sont exprimés : le cri est « une voix poussée avec effort, de manière à être entendu de loin ». « S’il crie vers moi je l’écouterai dit Dieu car moi Dieu je suis compatissant », je « souffre avec » …
Qu’entendre (au sens de comprendre) et que faire, que faisons-nous des cris autour de nous ? « Les ténèbres ne peuvent chasser les ténèbres. La haine ne peut chasser la haine. Seul l’amour peut le faire » disait Martin Luther King. L’amour n’est pas qu’un sentiment livré aux variations saisonnières de l’affectivité. L’amour a une consistance, il engage, c’est une « promesse », une parole qui nous donne la force de l’accomplir et pas seulement une injonction. Dieu parle avec ses entrailles, Dieu « prend parti » du plus fragile, Dieu écoute, Dieu compatit : il n’est pas insensible et lointain, il est un Dieu qui ressent de la « tendresse, de la colère et qui s’enflamme ».
Alors écoute, quelqu’un parle hors de toi, qui n’est pas toi. Attendras-tu longtemps encore pour l’accueillir et l’aimer ? Resteras-tu encore sans geste et sans réponse ? Nous nous situons dans le « contre-jour » de l’autre et du « Tout-Autre » …

Frédéric

Bonjour à toutes et tous. Dimanche 4 octobre, il y a vingt jours seulement, nous fêtions dans cette chapelle, puis au Forum 104, par une belle journée ensoleillée, la Création et des actions engagées pour la préserver. Temps de contemplation, d’émerveillement, de louange, juste après le voyage  de Léon XIV en France, parfois qualifié de parenthèse enchantée. Vivons-nous ces derniers jours des lendemains qui déchantent ? Cette Messe en Plein Monde, qui réunit les communautés de Notre-Dame des Anges et de Saint-Merry Hors-les-Murs, propose un temps d’écoute de nos différents regards, lors d’un micro libre en début de célébration.
Entrons maintenant dans la prière par ce beau signe qui relie ciel et terre et embrasse toute l’humanité. Au nom du Père, du Fils et de l’Esprit qui les unit et nous unit.

Eliane

Lecture du livre de l’Exode (Ex 22, 20-26)

Ainsi parle le Seigneur : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins. Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

Photo Mart Production Sur Pexels Scaled
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Micro libre

« Qu’entendre et que faire des cris autour de nous ? »

Quelques échos du partage :

  • Retirer ses bouchons d’oreille et se taire pour écouter les cris
  • Pouvoir prendre du recul et ne pas tout mélanger : le cri réel appel sincère ; le cri prise de pouvoir pour passer en force.
  • Le cri, c’est aussi le signe de la venue au monde d’un enfant, de la vie.
  • Le cri s’est souvent informe, brut. L’écoute, le dialogue peut lui permettre de se transformer, de devenir demande.
  • Ce mouvement étudiant rappelle 68. Et la question qui se posait : comment donner du sens à sa vie ?
  • Les jeunes cherchent une place de citoyens et de militants.
  • Ils prennent le relais de l’histoire.
  • Témoignage JOC par Frédéric Lanthonie, Délégué national Mission Ouvrière et Populaire. Conférence des évêques de France (CEF) : la JOC aura 100 ans, fête le 3 juillet à Créteil ; quelques échos de jocistes : un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde en tant que fils de Dieu. (Pour consulter les témoignages dont Frédéric s’est fait l’écho, voir ICI sur le site de la JOC)
  • Il est primordial que les jeunes soient entendus.
  • C’est un problème systémique. Les élus qui décident.
  • Chercher une place active dans la société et dans l’Eglise.
  • Lutte pour que l’humain ait toute sa place
  • Plus seulement rêver, mais créer un monde pour demain.
  • Beaucoup de cris partout, en France, dans le monde : seront-ils, entendus ?
  • Ne pas me dire trop vite que « j’ai compris », comme de Gaulle, pour récupérer la parole des autres. Réellement chercher à entendre.
  • Chercher à écouter, entendre… et aussi se demander : qu’est-ce que je peux faire ?
  • L’angoisse devant cette injustice.
  • Le cri de ceux qui saccagent, ces cris me font peur.
  • Y a-t-il de la violence pure ?
  • Entendre les casseurs aussi, qui n’ont peut-être jamais été entendus ?
  • Entendre aussi le cri des commerçants touchés.
  • Comment refuser la violence et à la fois entendre ce qu’il y a derrière ?
  • Crier c’est parfois pour passer en force et s’imposer.
  • C’est un vrai travail de compréhension à faire.
  • Chez Bayard, on travaille sur le sujet depuis 30 ans.
  • Tant qu’il y a des cris, il y a de la vie, que suggérons-nous ? Questions à se poser sans cesse.
  • Beaucoup de jeunes criaient pacifiquement, ne pas tout confondre.
  • Il y a aussi des cris de joie. D’ailleurs la plupart des lycéens manifestent paisiblement.
Edward Munch, 1893, The Scream, oil tempera and pastel, National Gallery of Norway
Edward Munch, 1893, The Scream, oil tempera and pastel, National Gallery of Norway

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 1, 5c-10)

Frères, vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves, avec la joie de l’Esprit Saint. Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de Grèce. Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler. En effet, les gens racontent, à notre sujet, l’accueil que nous avons reçu chez vous ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

Alleluia

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 22, 34-40)

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Chant : Partage

1. Seigneur, quand je rencontre mon frère,
Que je croise son regard,
Pour que mon jugement reste dans ta Lumière,
Oh ! Donne-moi tes yeux, ô Jésus !
Oh ! Donne-moi tes yeux.
Oh ! Donne-moi tes yeux,
Oh ! Donne-moi,
Donne-moi tes yeux (ter).

2. Seigneur, quand je rencontre mon frère,
Et qu’il porte son chagrin.
Pour que mon amitié console sa misère,
Oh ! Donne-moi tes mains, ô Jésus !
Oh ! Donne-moi tes mains.
Oh ! Donne-moi tes mains,
Oh ! Donne-moi,
Donne-moi tes mains (ter).

3. Seigneur, quand je rencontre la haine,
Qui me barre le chemin,
Pour que mon cœur humain soit plus fort que ma peine,
Oh ! Donne-moi ton Cœur, ô Jésus !
Oh ! Donne-moi ton Cœur.
Oh ! Donne-moi ton Cœur,
Oh ! Donne-moi,
Donne-moi ton Cœur (ter).

4. Seigneur, quand je suis seul sur la terre,
Isolé parmi les miens,
Pour que demeure en moi ta Paisible Lumière,
Donne-moi ton Amour, ô Jésus !
Donne-moi ton Amour.
Oh ! Donne-moi ton Amour,
Oh ! Donne-moi,
Donne-moi ton Amour (ter).

Proclamation du Pardon de Dieu

Seigneur quand nous risquons une parole, que nous puisions à ta source !
Quand nous risquons une parole, qu’elle nous relie à l’unité de ceux qui te prient !
Quand nous risquons une parole, qu’elle s’élève en louange comme un souffle d’espérance !
Quand nous risquons une parole, qu’elle soit parole de vie…
Christ notre Paix et notre Espérance, Présence et Souffle de vie en nos vies, merci pour le chemin que tu ouvres en chacun de nous et au cœur même de nos fermetures et de nos impasses…
Pour nos manques d’amour, de bienveillance, de courage, nos compromissions, nos regards détournés et nos surdités aux cris de nos sœurs et frères.
Ouvre-nous à Ton pardon, signe de ton amour sans frontières et sans limites…
Que Dieu dont la toute puissance est l’amour nous fasse miséricorde ;
Qu’Il nous pardonne nos péchés et nous conduis en vie éternelle. Amen.

Echange par petits groupes autour des textes

Offertoire et prière universelle

Nous venons à toi Seigneur dans une prière commune.
Seigneur merci pour ce pain et ce vin qui nourrissent notre quête de plénitude…
Avec ce pain, avec ce vin, nous te présentons aussi les fruits de nos échanges
comme nos intentions de prière aux dimensions du monde que tu aimes …

Refrain
Entends la voix de ma prière quand je crie vers toi,
quand je lève les mains, quand j’implore ta présence.

(Intentions libres à partir des échanges ; une bougie est allumée à chaque cri/prière.)

Là où nous sommes tentés de nous replier sur nous-mêmes, et parfois sur notre amertume, ouvre nous Seigneur à la tendresse qui est en toi… Là où nous crispons lorsque nous avons peur de manquer, emmène-nous vers la générosité qui porte à la liberté et à la joie. Préserve nous de toute suffisance et donne-nous plutôt de témoigner de la largesse du regard que tu poses sur chaque être humain.
Donne-nous Seigneur ton Esprit de force et de vie ; transfigure ce pain en nourriture éternelle, transfigure ce vin en source de vie intarissable de vie, par Jésus le Christ, « le Plus que Vivant ». Amen

Vitrail - Photo de Lina sur Pixabay
vitrail, photo Lina sur Pixabay

Préface

Accueille notre vie, celle de tous les humains Dieu de fidélité et nourris-nous de Ta Parole qui nous engage.
Nous accueillons ton regard d’espérance porté sur chacune de nos vies.
Merci pour ta Parole et ton Pain, nourritures de vie …
Merci pour notre communion fraternelle rassemblée en Ton Nom qui chante et témoigne de ton Amour.
Merci d’ouvrir nos yeux à ton « Monde Nouveau », Ton Royaume de justice, de paix et d’amour présent et à venir…
Garde nous vivants en ton souffle, pour que nous annoncions en actes et vérité des « jours nouveaux » ici et maintenant …
C’est pourquoi nous te chantons à Toi le « Plus que Vivant » ….

Prière eucharistique

Dieu notre Père, nous avons apporté ce pain et ce vin fruit de la terre et du travail des hommes et femmes d’aujourd’hui et nous te disons ensemble notre reconnaissance pour ta présence, pour ton amour et ton regard d’amour et de paix que tu poses sur nos vies.
Envoie ton Esprit, Souffle de renouveau sur ce pain et ce vin ; Pain reçu, donné et partagé… Pain de vie, table dressée sur nos chemins…

Jésus tu as pris le pain :
Ceci est mon Corps donné pour vous et pour tous !
Puis Jésus tu as pris une coupe de vin :
Ceci est mon Sang versé pour vous et pour tous pour le pardon et notre libération…

Anamnèse
Tu as connu la mort, tu es ressuscité, et tu reviens encore pour nous sauver.

Dieu Père plein de tendresse donne-nous l’Esprit d’amour, l’Esprit de ton Fils ! Ouvre nos yeux à toutes détresses, donne-nous le courage de l’attention et du geste fraternel qui sait encourager avec bienveillance…
Fais de nos communautés chrétiennes des lieux de vérité et de liberté, de justice et de paix !
Nous sommes en communion avec Léon et avec Laurent notre évêque, avec toutes celles et ceux qui luttent pour un monde plus juste, équitable, digne où l’humain garde la première place.
Nous faisons mémoire de celles et ceux qui sont défunts et sont entrés dans une communion nouvelle avec nous.

(Chacun est invité à citer un nom)

A l’exemple de Marie, femme de l’espérance, accorde-nous d’être de celles et ceux qui font la paix et construisent le bonheur autour d’eux au quotidien.
Ensemble nous redisons : Par Lui, avec Lui et en Lui, A Toi Père dans l’unité de l’Esprit Saint, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Frédéric

(Les bougies sont posées sur l’autel. Nous disons ensemble la prière pour la paix de la liturgie eucharistique.)

La paix, elle aura ton visage,
La paix, elle aura tous les âges.
La paix sera toi, sera moi, sera nous,
Et la paix sera chacun de nous.

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde,
Prends pitié de nous.
Donne-nous la paix.

Communion tous ensemble : « Devenons, ce que nous recevons, le Corps du Christ. »

Psaume 17

Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
Lui m’a dégagé, mis au large,
il m’a libéré, car il m’aime.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire !
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie.

Bénédiction

Chant : Pour accomplir les oeuvres du Père

1. Pour accomplir les œuvres du Père
En croyant à celui qui a sauvé le monde ;
Pour témoigner que Dieu est tendresse
Et qu’il aime la vie et qu’il nous fait confiance ;
Pour exposer ce temps à la grâce
Et tenir l’univers dans la clarté pascale…

Refrain
L’Esprit nous appelle à vivre aujourd’hui,
Vivre de la vie de Dieu ;
L’Esprit nous appelle à croire aujourd’hui,
Croire au bel amour de Dieu !

2. Pour découvrir les forces nouvelles
Que l’Esprit fait lever en travaillant cet âge ;
Pour nous ouvrir à toute rencontre
Et trouver Jésus-Christ en accueillant ses frères ;
Pour être enfin le sel, la lumière
Dans la joie de servir le Serviteur de l’homme…

3. Pour inventer la terre promise
Où le pain se partage, où la parole est libre ;
Pour que s’engendre un peuple sans haine
Où la force et l’argent ne seront plus les maîtres ;
Pour annoncer le Jour du Royaume
Sa justice et sa paix qui briseront les guerres…

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