<

Dimanche 16 août 2026. « Ma maison s’appellera Maison de prière pour tous les peuples »

Au coeur de notre été caniculaire, le cri de la Cananéenne résonne. Il a ébranlé Jésus. Comment nous bouscule-t-il ce matin ?

Entrée en prière : Bach, Suite en Ré M

Accueil

Bon dimanche ! Et que le Seigneur, au cœur de l’été, nous prenne en grâce, toutes et tous, tous différents tous invités, venus des quatre coins de l’horizon, de l’Île-de-France, de la montagne et de la mer, de la Corse, du Morvan et de la Bourgogne, et même de l’Inde !
Que les peuples te rendent grâce tous ensemble Seigneur, comme nous y invite le psaume d’entrée de ce jour. Que ton visage s’illumine pour nous, qu’il nous éclaire sur le chemin de ta parole pour que notre partage porte ses fruits.
Nous venons de fêter Marie. Elles sont nombreuses dans notre communauté les Marie, les Myriam, les Maria, les Marie-Madeleine, les Marie-José, les Marie-Claude, les Marie-Hélène, les Marie- France et les Marie-Antoinette et les Marie-Odile, les Marie-Pascale et les Marie-Noëlle. En aurais-je oublié ? Notre prénom, bien que nous ne l’ayons pas choisi, devient part de notre identité.
Mais Mathieu ne dit pas, dans son évangile, comment s’appelle la femme qui est la vedette de ce dimanche. C’est une « Cananéenne ». Marc la désigne comme Syro-Phénicienne de la région de Tyr et Sidon, (Saïda dans l’actuel Liban). Appelons-la « l’Étrangère », ou la païenne. C’est elle qui, avec force et finesse, impose sa volonté au fils de David, et le conduit, selon le vœu d’Isaïe, à ouvrir la Maison de prière à tous les peuples.
Ouvrons, nous aussi, notre prière à tous les peuples de la terre, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Jean

Introduction au texte d’Isaïe

Ce texte a été écrit au retour de 200 ans de déportation lorsque le roi des Perses a permis que les Hébreux retournent chez eux. Or, ils revenaient accompagnés de Perses parfois déjà intégrés à leur famille ou retrouvaient chez eux des occupants perses qui voulaient se convertir officiellement. Discussion épineuse : le peuple élu et ses 12 tribus devaient-ils rester tout à fait fidèles à certaines des traditions particularistes et rejeter les étrangers, même convertis au Dieu unique, ou pouvait-on les intégrer dans le peuple des fils d’Adam ? Dilemme…

Isaïe va prendre parti et faire parler Yahvé : 

📖  Lecture du livre d’Isaïe (56, 1.6-7)

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler.
Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance, je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples. »

Résonance

Lorsque j’entends ce texte, je suis joyeuse pour les étrangers et tous les peuples (dont je suis !), mais au fait, au nom de quoi Isaïe a-t-il pu faire évoluer des traditions identitaires ?
Selon Isaïe, Dieu leur a demandé quelque chose. Pas la circoncision ni une généalogie, ni un don au clergé. Il les accueille car ils « se sont attachés au Seigneur ». Ils l’ont honoré spontanément, aiment son nom et sont devenus ses serviteurs.
Ils ont fait le pari de choisir Yahvé en scellant en confiance une alliance intérieure personnelle.
C’est pourquoi Yahvé les accepte…
Il y a plus.
La phrase suivante généralise : Dieu accueillera « ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance ».
Tous, il les conduira à sa montagne sainte. 
« Observez le droit, pratiquez la justice » : ce sont quasiment des conditions pour être de son peuple, ou … pour continuer à y rester.
Dieu ne fixe pas d’autre offrande pour tous ceux qui veulent l’adopter comme Dieu et Père.
Et moi alors, m’accepterait-il ?
Alors, il les comblera de joie.
C’est la joie de l’amour, de l’accueil, de l’intégration fraternelle… 
Oui, le salut est ouvert à tous !
Une coïncidence qui ajoute encore à ma joie : ce salut se dit en hébreu «Yeshua » c’est-à-dire exactement le nom (assez banal à l’époque) qui est finalement donné à Jésus !
La maison de Dieu n’est même pas un temple avec des murs : c’est en fait le cœur de tous ces gens qui vivent ainsi.
C’est la relation entre eux et Dieu qui constitue cette montagne intérieure où Dieu se laisse trouver.
Cette expression est précisée triomphalement à la fin : « ma maison s’appellera Maison de prière pour tous les peuples », dans le texte pour tous les gens.
C’est une « maison de prière ». On y priera en esprit et en vérité. Elle est ouverte à tous. Étrangers et accueillants.
À ceux qui vivent librement son alliance, à leur manière parfois étrangère, parfois étrange et toujours personnelle.

Marguerite

Méditation en musique : Bach, BWV 995 Sarabande

Sebastian Herrmann – Unsplash

📖  Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 15, 21-28)

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Résonance

Jésus est à l’Étranger, en pays cananéen.
Les Cananéens, un peuple réputé pour ses idoles nombreuses et cruelles à commencer par son dieu suprême, le sanglant Baal. Et les Cananéens n’ont jamais accepté de partager leur pays, Canaan, avec ces nouveaux venus qui le baptisaient “terre promise“. Ils n’ont jamais laissé le peuple juif y prendre racine. C’est dire si Juifs et Cananéens sont des ennemis mortels. Pour les Juifs, les Cananéens sont l’adversaire à abattre, ce sont des chiens, l’injure habituelle.
Ce jour-là, une femme qui représente toute cette histoire, surgit devant Jésus. Une mère qui a dû entendre dire que Jésus était capable de guérir les malades comme sa fille, l’apostrophe.
Et le premier réflexe de Jésus ne semble pas loin du mépris : elle ne fait pas partie de ceux auxquels il est envoyé. Il n’est pas là pour s’occuper d’elle, elle n’est pas dans ses priorités.
Alors cette femme se jette à ses pieds comme un chien se couche aux pieds de son maître, prête à tout pour sauver son enfant. A-t-elle un regard de chien battu pour que Jésus lui assène : « laisse les enfants (c’est-à-dire les enfants de Dieu, les Juifs) se rassasier. On ne prend pas le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens » ?
Mais Jésus est tombé sur un os.
Au lieu de geindre et de filer la queue basse, au lieu de lui aboyer dessus, la Cananéenne brosse Jésus dans le sens du poil en entrant dans son jeu : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table. » Elle ne revendique pas une place à la table, elle ne demande qu’à bénéficier des miettes.
Elle a trouvé la faille, elle ouvre une brèche.
Poussé dans ses retranchements, Jésus est piégé. Il ne trouve rien à ajouter. Il acquiesce à sa demande : « que tout se passe comme tu le veux ».
Ce jour-là, une cananéenne païenne a montré sa confiance en Jésus et sa faim d’un dieu qui nous libère de nos démons.
Du coup, tout se passe comme si elle avait obligé Jésus à réviser son programme, à l’élargir à tous les humains, à s’aventurer au-delà des frontières de son peuple comme il avait passé la frontière de son pays.
Cette femme a changé Jésus et pas seulement lui. Ce que Jésus a confié de Dieu est à partager avec tout le monde. Ce que Jésus révèle de Dieu, tous ont à le faire connaître et pas seulement en distribuant des miettes.

Joëlle

Résonance

La rencontre avec l’étrangère fabrique un nouveau Jésus, davantage destiné à tous.
Répondre à l’étrangère va faire exploser ses cadres et ses certitudes… Peut-être même le pressent-il et ça lui fait peur, ça le rend agressif, ça le durcit.
Jésus se barde dans ce qu’il croit être le sens de sa vie… Je suis là seulement pour les brebis perdues d’Israël…
Alors faut-il faire taire cette femme, proposent ses compagnons, (sous-entendu cela nous arrangerait tous) … ? Ce cri venu d’un univers différent du sien bouscule Jésus et l’ouvre à plus large que son monde habituel…
Certitudes et barrières craquent… Jésus avec sa bonne nouvelle guérissante se découvre fait pour tous !
Et nous ? Faut-il faire taire les demandes et cris de nos contemporains ? ou bien sommes-nous prêts à quitter nos certitudes pour les accueillir et tenter d’y répondre ?
Voici la question que nous vous proposons pour notre partage.
Qui sont les Cananéens d’aujourd’hui qui m’invitent à ouvrir mon univers de foi ?

Jean-Luc

Foule observant le ciel lors de l’éclipse du 12 août 2026 – Wikipedia

Partage

Qui sont les Cananéens d’aujourd’hui qui m’invitent à ouvrir mon univers de foi ?

Quelques échos du partage :

  • « Je suis un peu gêné par la question, parce qu’elle me positionne tout de suite comme ayant mon univers de foi, et jamais comme Cananéen. J’ai l’impression que je suis autant Cananéen que dedans. »
  • « Les Cananéens d’aujourd’hui, ce sont les gens qui m’entourent, qui ne sont pas forcément chrétiens. Il suffit de les découvrir profondément, et cela suppose de les écouter. »
  • « Un ami fréquente une maison qui reçoit des personnes sans domicile. Chaque semaine, il va chercher des denrées offertes depuis plusieurs années par un commerçant musulman. Dans l’ombre, cet homme rend un service régulier pour faire manger les personnes accueillies. Cela donne vraiment à réfléchir, parce que je ne connais pas beaucoup de chrétiens qui fassent la même chose. »
  • « Mes enfants et mes petits-enfants sont mes Cananéens et mes Cananéennes. Je ne comprends pas toujours ce qu’ils font ni leurs choix. Leur univers m’est à la fois très proche et très étranger, mais quand j’essaie d’y entrer, j’ai l’impression d’ouvrir ma foi. »
  • « Nos Cananéens sont souvent beaucoup plus proches qu’il n’y paraît. Je pense à des catholiques profondément sincères, mais traditionnels, qui me semblent parfois plus lointains que des personnes musulmanes ou appartenant à des religions très différentes de la mienne. »
  • « À la messe, au milieu de familles très bien-pensantes, gentilles, généreuses et respectueuses, je me sentais totalement étrangère du point de vue de la sensibilité de foi. J’ai pourtant essayé de mieux comprendre et d’en faire partie. »
  • « Au pèlerinage islamo-chrétien, nous étions peut-être les Cananéens les uns des autres, mais musulmans et chrétiens, nous étions exactement à la même table. Nous avons écouté ensemble un prêche sur l’amour des autres. Il n’y avait pas de miettes pour les uns ou pour les autres : nous avions tous la même nourriture. »
  • « J’ai interrogé une jeune femme baptisée mais non pratiquante sur la manière dont sa génération témoigne de la Bonne Nouvelle. Les 25-35 ans sont engagés dans le monde, trouvent un sens à leur vie dans l’engagement pour les autres, vivent avec sobriété et rejettent une société de consommation qui éloigne des réalités essentielles. Pour moi, ce sont les Cananéens qui sont à l’œuvre aujourd’hui. »
  • « Pour moi, le Cananéen, c’est un ami syrien que je croyais mort, en prison ou à l’hôpital, et qui m’a rappelé cinq ans après. Il est le symbole de tous les réfugiés, de tous ceux qui sont encore en errance aux frontières de l’Europe. Ces personnes me demandent : qu’est-ce que tu fais de ton banquet ? La demande de miettes circule à nos frontières et aux frontières de nos propres existences. Est-ce que je me cache ? Est-ce que je ne réponds plus ? Ou est-ce que je continue à me laisser toucher et altérer par ces réalités très précises ? »
  • « Avoir un cœur de Cananéenne, c’est avoir le cœur de cette femme qui n’a peur de rien, qui a été méprisée, qui comptait pour rien, mais qui insiste avec toute sa faiblesse. Avoir un cœur de Cananéenne, c’est être courageux, savoir se dire et nous dire entre nous ce qu’il y a de bien, mais aussi ce dont nous avons besoin. Ce n’est pas si mal d’avoir un cœur de Cananéenne. »
  • « Cette Cananéenne me fait penser à Marie, quand elle demande à son fils d’accomplir son premier signe pour donner de la joie à la noce. Je pense aussi aux femmes iraniennes et à tous ceux qui se battent pour nous faire avancer. »
  • « La Cananéenne me fait penser à Etty Hillesum, dans son côté acharné à vouloir faire exister Dieu au cœur même de Westerbork. C’est ce côté insistant et acharné qui fait sortir Jésus de lui-même et l’amène à s’offrir vraiment. »
  • « La Cananéenne est une folle, une folle d’amour. Par amour pour sa fille, elle risque une démarche complètement extérieure à ses habitudes, à sa culture et à son peuple. Cette folie d’amour lui fait faire des choses invraisemblables. Elle interroge un maître qui n’est pas de sa famille et elle lui fait même la leçon. Cette démarche de l’étrangère va changer et ouvrir l’esprit même de Jésus, au-delà des cadres qu’il s’était fixés ou que d’autres lui avaient fixés. Je rends grâce pour la folie d’amour de la Cananéenne. »
  • « La persistance de la Cananéenne, comme celle d’Etty Hillesum, est une folie d’amour face à la folie et à l’absurdité du nazisme. C’est la folie de la croix qui se dessine. »
  • « Je suis frappé par la limite de Jésus. Jésus est dilaté. Il n’est pas fixe : il est en devenir. Sa dimension christique est en devenir, comme la nôtre. »
  • « Dans mon travail auprès des étrangers, j’ai rencontré des femmes et des hommes qui voulaient arriver au bout de leurs démarches, même si cela pouvait durer très longtemps. Cette volonté d’y arriver pour leur famille et leurs proches était extraordinaire. Une jeune femme marocaine est arrivée dans une très belle tenue le jour où l’on avait enfin dit oui. Elle s’était habillée ainsi pour signifier qu’elle avait gagné, que son mari et elle étaient saufs et qu’ils pouvaient construire leur famille. »
  • « Cet Évangile nous révèle un Jésus surprenant, et même choquant, dans l’indifférence qu’il montre d’abord. Je me suis demandé s’il n’y avait pas aussi un peu d’humour dans sa réponse. »
  • « L’Évangile n’est pas un exposé magistral fait par un envoyé de Dieu du haut d’une chaire. C’est une succession de rencontres, et chacune des rencontres de Jésus avec un homme ou une femme contribue à façonner le message évangélique. »
  • « Cette femme a un rôle étonnant : elle a transformé l’opinion de Jésus. C’est probablement le cas de beaucoup d’autres rencontres. Il est important d’en être conscient, sinon on fait de la “jésulogie”, alors que nous sommes appelés à faire de la christologie. Jésus devient Christ, béni de Dieu et béni des hommes. »

Et du sud et du nord
Tant de frères en partance
Étranges étrangers en quête d’avenir
Et nous, peuples migrants
Aux chemins incertains
Vivons le don d’accueil
En fils d’un dieu nomade.

1/ Si l’inconnu vient te surprendre
Invite-le à s’arrêter
Ouvre la table, offre ton eau
Pour le Seigneur et sa Promesse.

2/ Il n’y a plus ni Juifs ni Grecs
Par l’habit neuf du seul Baptême
Vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ
Peuple héritier de la Promesse

3/ Dès aujourd’hui tu nous rassembles,
Seigneur Jésus ressuscité
Tous différents, tous invités
Pour le banquet de la Promesse !

Élargissons notre prière pour que par nos voix, elle se fasse universelle

Vent de l’Esprit, habite nos cœurs

Quelques unes des intentions partagées :

Nous prions :

  • Pour tous ceux qui nous harcèlent parce qu’ils ont besoin d’argent ou parce qu’ils ont un parcours de vie insupportable. Ils ne nous lâchent pas tant qu’ils n’ont pas obtenu gain de cause, mais ils nous font bouger dans nos propres certitudes.
  • Pour toutes les victimes des addictions : la drogue, l’alcool ou le sexe.
  • Pour tous ces petits qui arrivent, que l’on ne comprend déjà pas et qui vont nous expliquer comment il faudra lire demain le message de Jésus, avec leur langage à eux.
  • Pour tous les migrants qui essaient d’obtenir justice, en particulier cet homme chrétien, présent ici depuis quatorze ans, devenu de plus en plus aveugle, et pour lequel nous tentons à nouveau d’obtenir des papiers.
  • Pour tous ces acharnés, pour que la justice arrive vraiment. Seigneur, fais que des bonnes volontés se lèvent.
  • Pour une petite fille de dix ans lourdement handicapée et qui vient de faire sa première communion. Pappelons-nous ce que les tout-petits et les enfants en difficulté pouvent nous apprendre. Prions pour elle dont l’espérance de vie est très réduite, pour ses parents, rayonnants d’amour, pour tous ceux qui accompagnent des personnes très lourdement handicapées.
  • Pour tous ceux qui sont tourmentés par un démon, pour que nous sachions nous ouvrir à ce que nous considérons comme le démon qui tourmente les autres. Quels sont nos propres démons ?
  • Pour toutes les femmes cananéennes d’aujourd’hui, dont je fais partie.

Et nous rendons grâce pour :

  • Pour la bonne entente en Sierra Leone entre les communautés chrétiennes et musulmanes, au point que, dans certaines familles, il y ait à la fois des musulmans et des chrétiens. »
  • pour cet ami gazaoui et sa femme qui viennent d’avoir un petit garçon. Leurs quatre premiers enfants sont morts dans le bombardement de leur maison à Gaza. Leur fils s’appelle Almas, “diamant” en arabe : dur comme un Palestinien et brillant comme un Français. Je trouve belle cette volonté de l’inscrire aussi dans un avenir en France. »

Et toutes les autres intentions, exprimées ou tues.

Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Amen.

♫ Chanson : Les gens qui doutent

J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
J’aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer
J’aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger
J’aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

Alexa Mansvetov-Unsplash

J’aime ceux qui paniquent, ceux qui sont pas logiques, enfin, pas « comme il faut »
Ceux qui, avec leurs chaînes pour pas que ça nous gêne font un bruit de grelot
Ceux qui n’auront pas honte de n’être au bout du compte que des ratés du cœur
Pour n’avoir pas su dire « délivrez-nous du pire et gardez le meilleur »

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent s’approprier les choses, encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n’être, qu’une simple fenêtre pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme et daltoniens de l’âme ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires pour que jamais l’histoire leur rende les honneurs

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent mais voudraient qu’on leur foute la paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène jamais quand ils promènent leurs automnes au printemps
Qu’on leur dise que l’âme fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie qu’on leur dise, on leur crie « merci d’avoir vécu ! »

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu

Anne Sylvestre

Bénédiction (psaume 66)

La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

J. Idoux-coll. privée

Laisser un commentaire (il apparaitra ici après modération)

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.