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Dimanche 28 mars 2021. « Il éveille mon oreille »

Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

Voici la feuille de chants que vous pouvez imprimer :

Entrée en célébration : sous le signe de l’écoute

Bonjour à tous, et bienvenue en ce dimanche des Rameaux. Alors je ne sais pas ce que ça vous rappelle, ce dimanche-là, mais moi du côté de l’enfance, rien que des souvenirs d’ennui terrible. Une messe interminable, un évangile qui n’en finit pas, sans parler du fait que, comme pour la Toussaint, il fallait aller à cette célébration dans l’église du village de mes grands-parents, plus cimetière dans la foulée, bref que du bonheur… Une messe que j’ai du coup soigneusement évitée depuis des années. Mais à circonstances exceptionnelles, dimanche des Rameaux revisité. Une célébration de la parole qu’on voudrait sous le signe de l’écoute, comme l’ont été ces moments très spéciaux que nous traversons depuis plusieurs semaines, et d’ailleurs notre phrase du lutrin virtuel est : « chaque matin, il éveille mon oreille ». Pour entrer dans cette célébration, nous redire que, « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, dit Jésus, je suis au milieu de vous ». Et je vous propose le signe de la croix : au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.

Valérie

Entrée de Jésus à Jérusalem

Évangile selon Saint Jean (Jn 12, 12-16)

📖 En ce temps-là, quelques jours avant la Pâque, la grande foule venue pour la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem. Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël ! » Jésus, trouvant un petit âne, s’assit dessus, comme il est écrit : Ne crains pas, fille de Sion. Voici ton roi qui vient, assis sur le petit d’une ânesse. Cela, ses disciples ne le comprirent pas sur le moment ; mais, quand Jésus fut glorifié, ils se rappelèrent que l’Écriture disait cela de lui : c’était bien ce qu’on lui avait fait.
Acclamons la Parole de Dieu.  

Hosanna, hosanna, béni soit celui qui vient nous sauver. 
Hosanna, hosanna, béni soit ton Nom, ô Roi des nations.

Élevez-vous, portes éternelles,
Levez vos frontons, portes du ciel.
C’est le Seigneur, le Fort, le Vaillant,
Qu’il entre aujourd’hui le Roi de Gloire !

C’est le Seigneur, Dieu de l’univers !
Voici le Seigneur, Maître de tout.
Élevez-vous, portes éternelles,
Qu’il entre aujourd’hui le Roi de Gloire ! 

Résonance : vivre au rythme du cycle de la terre

Le Seigneur mon Dieu éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. (Isaïe 50)

Lors de la préparation de cette quatrième rencontre autour de la parole, plutôt que de commencer par la lecture des textes, nous avons préféré partager ce qu’évoquent dans nos mémoires les célébrations des Rameaux et de la Passion. Valérie nous a parlé de souvenirs d’ennui terrible, elle n’était pas la seule. Pour ma part j’aime beaucoup cette célébration avec ses deux temps, le temps des Rameaux et le temps de la Passion.
Les Rameaux, j’imagine une belle fête, sous un soleil lumineux, le début du printemps avec les arbres en fleurs, où Jésus est entouré de ses amis, où il entre dans cette belle ville de Jérusalem reçu comme un roi bien que se déplaçant sur un petit ânon, où Jésus est « reconnu » et aimé.
Après, il y a la longue lecture de la Passion qui nous permet d’une traite de vivre, de préparer toute cette semaine qui nous mène à Pâques :  l’évangile du lundi saint, du mardi saint, du mercredi saint, du jeudi saint, du vendredi saint, chaque jour de cette semaine une redécouverte.
Cette année est la deuxième où nous ne pouvons pas vivre cette célébration des Rameaux et de la Passion ensemble avec le partage des lectures et de l’eucharistie dans l’église de Saint-Merry.
Cette année est pour moi la première après la mort d’Isabelle mon épouse, et avec elle je suis en union avec tous ceux qui ont perdu un enfant, leur époux, leur épouse, leur ami très proche, une sœur, un frère, une mère, un père … et qui vivent cette célébration avec « l’autre » absent et si présent. Cette année est aussi la naissance ces dernières semaines de Gabrielle, Eole et Nathan et à travers eux je suis en union avec les parents et grands-parents qui viennent de recevoir un enfant ou un petit-enfant.  
Cette célébration je la vis comme une belle image de la vie et de la mort, de la mort et de la vie.
Et je reprends les mots d’Eléna qui disait l’année dernière que « les Rameaux invitent à vivre la semaine sainte au rythme du cycle de la terre. Ce dimanche des Rameaux nous introduit dans ce cycle où la mort et la vie se génèrent l’une à partir de l’autre plutôt que l’une contre l’autre, comme ce Jésus que nous voyons ce dimanche, au début acclamé comme un roi, et à la fin, crucifié comme un délinquant ».  
Après quelques minutes de silence, nous vous proposons de méditer un passage du texte de la Passion et de dire en quelques mots comment il vous inspire.

Philippe Pépin

Bless the Lord my soul 
And bless God’s holy name
Bless the Lord, my soul
Who leads me into life

Bénis le Seigneur, ô mon âme
Et bénis le saint nom de Dieu
Bénis le Seigneur, ô mon âme
Il me conduit à la vie

> Le reniement de Pierre (Bernard et Danièle)

Pour ce choix du reniement de Pierre, deux raisons :
– La première est musicale. Nous avons chanté un oratorio de Marc-Antoine Charpentier « Le reniement de Saint Pierre » et dans le chœur final Pierre pleure amèrement sa trahison. Moment musical de toute beauté.
– La deuxième, c’est que nous sommes tous des « Pierre » avec nos contradictions, nos reculades, nos renoncements nos abandons. Sans faire de mauvais jeu de mots, ne lui jetons pas la pierre.

> Le reniement de Pierre (Jean-Luc)

« Je ne connais pas cet homme  » dit Pierre à la servante… J’exprime de belles paroles sur Jésus et prétends le suivre : mais, nombre de fois, quand je croise celui qui me tend la main, je n’ose pas rencontrer son regard et encore moins lui adresser la parole…

> Manipulation des foules (Marie-José)

Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Quelques jours plus tard, les grands prêtres soulevèrent la foule et elle criait « crucifie-le ». Cet épisode illustre une question qui m’est chère : comment comprendre ce volte-face ? Peut-être la conséquence de l’éducation reçue qui exigeait obéissance totale et bannissement de tout esprit critique. Aujourd’hui, souvent nous sommes invités à obéir, à croire l’opinion majoritaire ou celle des réseaux sociaux, pour faciliter la gouvernance, ne pas contrarier le commerce, maintenir les jeunes dans ce que nous croyons le bon chemin, car oser être en contradiction avec sachants et puissants, c’est se désolidariser du groupe, risquer d’être rejeté, c’est difficile, c’est ingrat et parfois au-dessus de nos forces. Je rêve, pour construire demain, en vérité, que l’on partage son ressenti sans essayer de convaincre, permettre à l’autre d’exprimer son jugement personnel, comprendre pourquoi on obéit, aller à contre-courant, accepter d’être fidèle, malgré les conséquences, à cet éclat de Dieu en nous – notre conscience.

> Les hommes se défilent, pas les femmes (Bertrand)

Tout d’abord, une femme parfume Jésus. Elle lui fait du bien quand il en a tellement besoin. Et pour finir, Marie et Marie-Madeleine, qui observent sans jamais fuir. Entre les deux, des disciples qui s’endorment ! Judas qui trahit ! Pierre qui renie ! Pierre ! Cette pierre sur laquelle est bâtie notre Église ! Cette pierre heureusement posée sur des fondations solides. Des rocs ! Si imposants, si importants qu’on ne les remarque qu’à peine. Mais toujours là. Toujours.

> Pilate et l’exercice du pouvoir (Bénédicte)

Que l’exercice du pouvoir semble ardu à Pilate, aux prises avec une foule déchaînée mais à contenter, les grands prêtres confirmés dans leur savoir et leurs certitudes par les scribes, les anciens et le Conseil suprême et puis cet homme, Jésus, face à lui, qui n’en finit pas de l’étonner. Même si tout est écrit, on attend, on espère chaque année que Pilate saura faire preuve de discernement, que la curiosité et l’intelligence l’emporteront cette fois sur la facilité et la lâcheté. Cette année encore, il n’en est rien. Il me faut trouver d’autres raisons d’espérer.

> Pierre (Anne)

Lorsque Jésus est arrêté, tous les disciples s’enfuient. Pierre a suivi Jésus à distance. Il est dans un état de grande peur qui lui fait remettre en question toute sa vie récente sans pouvoir se remémorer une scène ou une parole qui pourraient le réconforter. Tout bascule quand il est interrogé par la servante. La peur l’emporte et il tient à se démarquer du condamné. C’est à ce moment-là que lui reviennent les paroles de Jésus : « Avant que le coq chante deux fois tu m’auras renié trois fois » L’amour et les pleurs peuvent-ils égaler la trahison ? Nous connaissons la suite de l’engagement de Pierre mais cette expérience d’abandon, de trou noir peut nous parler. Pierre le fougueux, le passionné peut comme nous tous connaître des périodes arides.

> La femme parfumée (Jean-Marie)

Entre les grands prêtres et les scribes qui fomentent l’arrestation de Jésus par la ruse et l’agacement de « quelques-uns », un moment de grâce nous surprend dans cet évangile où la violence côtoie la bêtise. On l’avait presque oublié. Une femme venue de nulle part, un parfum capiteux et la gratuité en abondance. Il ne la regarde pas, il ne lui parle pas mais tout est là.

> Gethsémani (Maria-Cécilia)

À Gethsémani Christ était triste à en mourir. La tristesse et la douleur qu’il a ressenties ne sont-elles pas les mêmes que celles, qui, tout au long de l’histoire humaine, transpercent son cœur quand des hommes sont torturés, blessés, humiliés ? Et nous, serons-nous capables de veiller avec lui ou nous endormirons-nous comme les disciples ?

Vous n’aurez pas compris lorsque viendra mon heure
Vous n’aurez pas compris grand-chose à ma chanson
Vous n’aurez pas compris mais il faut que je meure
Pour qu’à votre folie soit donné le pardon.

Vous n’aurez pas compris vous fermerez vos portes
Vous fermerez vos cœurs au soleil de l’amour
Et vous vous en irez lamentable cohorte
Vers d’autres horizons qui reculent toujours.

Oh ! Gethsémani ! la lune danse dans les arbres
Oh ! Gethsémani ! le vieux pressoir est plein de fruits.

Vous n’avez pas compris la beauté du message
Que je vous apportais en frémissant de joie
Vous n’aurez pas compris, vous croirez être sages
En clouant la Sagesse au gibet de la croix.

Et vous profanerez toute la paix du monde
En faisant retentir les cris de votre orgueil
Et vous vous en irez pour conquérir le monde
Mais vous n’y sèmerez que la ruine et le deuil.

Oh ! Gethsémani ! la lune danse dans les arbres
Oh ! Gethsémani ! le vieux pressoir est plein de fruits.

 « Qu’avez-vous envie
de confier à Dieu et à la communauté ce matin » ? 

♫  Entends nos prières, entends nos voix, entends nos prières monter vers toi !

« Lorsque vous priez ne rabâchez pas comme les païens mais priez ainsi » :

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Le dimanche 28 mars Chrétiens unis pour la terre,
avec qui Saint-Merry a beaucoup agi, convoque à une marche pour le climat
et propose une prière pour les célébrations.

Seigneur, nous te présentons le monde, qui crie vers toi : cris des pauvres, cris de la création.
Comme les enfants d’Israël quand ils célèbrent la fête des récoltes en rejoignant le temple avec des branches d’arbre, nous nous rappelons que tu nous offres ton assistance dans l’exode.
Exode qui éloigne l’humain de la nature jusqu’à la considérer comme une matière inerte dont il croit pouvoir faire ce qu’il veut, exode qui éloigne les humains des humains, quand les sédentaires sont indifférents aux souffrances des migrants, les libres ignorent les prisonniers, les bien-portants oublient les malades, les riches ne se soucient pas des pauvres.
Tu viens et tu nous réconcilies pour faire de nous un seul monde vivant marchant vers l’entrée dans ton Royaume d’amour, de paix et de justice.
Oui, le temps de la récolte est venu. Comme le peuple de Jérusalem qui accueille Jésus en posant à ses pieds des Rameaux, nous croyons que tu as envoyé vers nous un Messie qui dans la résurrection nous a donné la victoire sur toutes les forces mortifères.
Oui, nous le croyons, tu donnes la victoire à tous les humains qui marchent, se mobilisent, agissent concrètement pour sauver le climat, sauvegarder la biodiversité, aujourd’hui dans toute la France lors de marches pour le climat, venir au secours des étudiants et des pauvres dont la précarité s’accroît avec la crise du Covid, ouvrir un chemin aux peuples du sud en lutte pour le bien-vivre et la démocratie.
Ta venue nous a offert la possibilité d’une conversion. Ta présence nous donne la force de la vivre.
Nous te présentons Seigneur toutes celles et tous ceux en marche vers et dans cette conversion.
Leurs efforts chantent :
« Hosanna, au plus haut des cieux, le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. »
Amen !

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