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Dimanche de Pâques 4 avril 2021. « Il est ressuscité »

« Ne me touche pas, ne me retiens pas. »

Accueil

Merci Antoine, du fond du cœur. L’équipe d’animation pastorale de Notre-Dame d’Espérance, nous as-tu dit, n’a pas seulement été unanime pour nous accueillir : elle est heureuse de le faire. Merci pour cette joie. Depuis un mois nous vivions comme un long Samedi-Saint. Et voici ce signe de joie qui n’est pas un coup de gomme, un lot de consolation encore moins un prix de bonne conduite. Joie de votre hospitalité qui nous ouvre les bras comme une Pâque en actes. Car voici le comble de l’hospitalité : je suis encore émue de l’accueil reçu et me voilà en train d’accueillir ici à mon tour. L’hospitalité qui va jusqu’à relancer la capacité d’accueillir. C’est impressionnant !

Alors, oui, même si je ne suis pas chez moi, j’aimerais à mon tour souhaiter la bienvenue à chacun d’entre vous. Ici ou derrière votre écran chez vous, à l’hôpital, en maison de retraite, en prison, à l’étranger… sans oublier ceux qui prieront ce soir, ceux qui ont prié jeudi, vendredi et ce matin, comme en relais. Par cet accueil, je rêve que tout de vous, amis, se sache accueilli, où que vous en soyez par rapport à ce qui nous arrive. La joie du feu pascal, sans consumer les larmes et les colères ne nous donne-t-elle pas de les assumer, de les traverser ?
Je crois qu’elle est d’autant plus solide qu’elle prend sans tricher, condamnation, croix et mort pour les soulever à bras le corps, plus fort encore qu’aujourd’hui nous aspirons aux embrassades interdites. Car Pâque n’est-ce pas la joie sans fard ni masque de savoir qu’en Christ tout est accueilli, qu’en Lui rien de vivant n’est retenu, aliéné au tombeau ?
Oui la Covid et la décision qui nous frappe pourraient nous empêtrer dans le regret du monde d’avant. Mais non, telle n’est pas la joie de Pâques. La Résurrection n’est pas la réanimation d’un corps comme avant. Pâque, n’est-ce pas l’ouverture d’un avenir ? La sortie des horizons barrés d’une croix ? Voici chacun de nous res- suscité dans sa singularité par un amour qui l’envisage et l’appelle à la réciprocité. Nous voici poussés à sortir du tombeau par le haut pour vivre à tombeau ouvert. Et au cours de la célébration vous pourrez entendre comment cela résonne pour quelques-uns parmi nous.
Antoine, merci encore à toi et à toute la communauté de Notre-Dame placée sous le beau vocable de l’Espérance. Si vous le voulez bien, le panneau du lutrin calligraphié par Mireille « Il est ressuscité ! » restera pour vous après notre passage comme un signe de ce que nous recevons de vous.
Amis, merci à vous d’avoir répondu présents ici, ou derrière la caméra. Il n’y a ni jauge ni murs ni horaire ni autorisation pour contenir la résurrection en actes hospitaliers pour tous. Là où 2 ou 3, ou 80 ou 300 ou 12 000 (je pense à tous nos soutiens de 54 pays) ou 8 milliards sont réunis, Christ ressuscité, maître de l’accueil est au milieu de nous.
Traçons sur nous le signe qui à la fois nous rassemble et nous ouvre aux quatre horizons du monde pour être signes de Son Corps blessé mais d’autant plus vivant, d’autant plus aimant et bénissant pour tous. 
Puis, comme dans l’Évangile passons le relais, prenons un temps pour nous souhaiter la bienvenue les uns les autres. Nous vous saluons aussi amis en visio. Christ est ressuscité, Christ nous espère, nous res-suscite. 

Alexandra N.

Psaume 117

Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (Jn 20, 1-9)

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Acclamation de l’évangile

Témoignages

Avec ou sans Pierre, le disciple que Jésus aimait et aime, c’est-à-dire vous et moi, court en ces jours de deuil, court après la vie, court vers la vie.
Alors je cours, à mon rythme, vers le tombeau vide et j’ai besoin de saisir ce vide et de voir ces linges pliés qui ne serviront plus. J’en ai besoin non pour remplir cette vacuité, sinon de mes questionnements, mais parce elle me souffle que Dieu n’est jamais où je l’attends. Elle me murmure que le Christ mort et ressuscité est ailleurs, qu’Il est devant moi, qu’Il est aujourd’hui parmi nous. Ne serait-ce que ce matin, ici même où, rassemblés, nous célébrons en eucharistie.
Lui le Chemin est sur nos chemins incertains où nous entraîne dans l’espérance « la faiblesse de croire » (M. de Certeau).
C’est parce que le corps supplicié du Seigneur n’est plus là que je crois. Un peu à l’image de ce couple de l’auberge d’Emmaüs qui le reconnut alors qu’il s’effaçait de leur regard.

Alain Cabantous


Jésus n’est plus là. Le récit du tombeau vide n’est peut-être qu’une manière de signifier l’absence. Il n’est plus là, que le cadavre soit ou non dans le tombeau. Où est-il passé lui ? Où sont nos morts ?
Pour Marie-Madeleine, pour tous ceux qui ont perdu un être cher, ce qui est tellement douloureux, c’est l’absence, le manque de cette présence-là. Quand elle le verra dans le jardin sans le reconnaître, c’est la voix de Jésus l’appelant par son nom, Marie, qui ouvrira ses yeux et son cœur. Mais aussitôt reconnu, Il disparaît. « Ne me touche pas, ne me retiens pas. » Et pourtant elle sait maintenant : l’homme qu’elle a suivi, partageant son intimité, est vivant. Son aimé était mort, aujourd’hui il est vivant ! Elle va le clamer à tous les frères et sœurs.
Moi je n’ai jamais vu Jésus ressuscité, alors je crois au témoignage transmis de ceux qui l’ont vu, qui ont fait l’expérience de sa présence vivante. Cette croyance n’est pas un refus de la mort. Bien réelle cette mort si nous l’entendons comme une disparition complète, corps et âme indissociables. Et libre à Dieu de nous recréer, de nous redonner vie. Voilà ce que je crois. La résurrection n’est pas la réanimation d’un cadavre, comme celle de Lazare, mais le passage à une autre forme de vie dont nous n’avons aucune représentation.
L’expérience de la résurrection de Jésus, je la fais à travers ces femmes et ces hommes, ces héros et ces humbles qui, en une seule fois ou peu à peu, donnent leur vie pour sauver les autres. N’est-ce pas Jésus vivant en eux ? Nous-mêmes, à notre mesure et avec Jésus, nous essayons d’œuvrer pour les plus démunis, les plus délaissés. Le sachant ou non, selon que l’on se dit chrétien ou non, ne sommes-nous pas chacun un peu Jésus vivant, si nous vivons de Lui.
Alors devenons pleinement ce que nous sommes, le corps de Jésus ressuscité.

Geneviève PM


Deux éléments me frappent dans les textes du jour.
D’abord le mouvement : dans l’évangile de Jean, ça court et ça bouge dans tous les sens. Quel contraste avec la Passion où tout semble figé ! À Gethsémani, les disciples ne parviennent pas à veiller et s’endorment ; dans la cour du palais, Pierre se réchauffe près du feu, prostré au point de renier son maître ; devant la croix, les apôtres sont comme tétanisés. Mais au moment de la résurrection, au contraire, il n’est question que de course et d’action. Même effrayées, les femmes ne restent pas sur place, elles savent ce qu’elles ont à faire et vont trouver les disciples ; Pierre et Jean eux-mêmes courent jusqu’au tombeau. La résurrection est donc avant tout un mouvement, un mouvement vers la vie.
Ensuite, l’annonce. Dans les Actes des apôtres, ce qui compte le plus, c’est moins le récit de l’événement lui-même ou l’expérience que les disciples ont pu en faire personnellement que l’annonce à tout le peuple, qui est faite avec assurance. La résurrection n’est donc pas un moment de l’histoire, mais c’est avant tout une parole ou une nouvelle qui se proclame en tout temps et en tout lieu.
Mouvement, annonce, voilà pour moi ce qu’est la résurrection.

Vincent Moreau


Alléluia, alléluia, Jésus est vivant !

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43) : notre CREDO

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine,
il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs,
depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.
Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable,
car Dieu était avec lui.
Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem.
Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage :
Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Jésus, toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient, voici l’offrande de nos vies

Chant : Il nous précède en Galilée I 26-38

Il nous précède en Galilée, Christ au milieu du monde !
Il nous précède en Galilée, Christ ressuscité !


Dans la Galilée des pauvres et des petits nous irons porter des mots qui donnent vie :
« Au nom de Jésus Christ, lève-toi et marche ! »
Marche, marche, marche avec ton Dieu, sa parole est forte à jamais !

Dans la Galilée des peuples sans espoir nous ferons jaillir des sources pour la soif.
« Au nom de Jésus Christ, lève toi et marche ! »
Marche, marche, marche avec ton Dieu, Il est ton Rocher à jamais !

Dans la Galilée des terres dévastées, nous irons planter les vignes et l’olivier.
« Au nom de Jésus Christ, lève toi et marche ! »
Marche, marche, marche avec ton Dieu, grande est sa récolte à jamais !

Dans la Galilée des villes au cœur désert nous allumerons des flammes pour l’hiver.
« Au nom de Jésus Christ, lève toi et marche ! »
Marche, marche, marche avec ton Dieu, Il est ta lumière à jamais !

Bénédiction finale

Par la grâce des paroles et des actes du Christ, nous tâtonnons vers un avenir confiant : 
que son esprit trace en nous un chemin de vérité. 
Amen.
Par l’espérance qui prend corps devant le tombeau vide, renaître un peu chaque jour.
Que cette espérance nous guide sur son chemin de joie. 
Amen.
Ils sont finis les jours de violences injustes et de morts inutiles, nous n’en voulons plus : 
osons suivre les pas du ressuscité sur son chemin de liberté. 
Amen.
Et que Dieu tout-puissant nous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 

Jacques Debouverie

Voilà la première annonce de Pâques que je voudrais vous livrer :
il est possible de toujours recommencer,
parce qu’il y a une vie nouvelle que Dieu est capable de faire repartir en nous
au-delà de tous nos échecs.

Pape François

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