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Dimanche 11 avril 2021. « Les Apôtres rendaient témoignage de la Résurrection »

Entrée en prière

Nous sommes en Zoom et dans l’église Saint-Merry – dans les murs ou hors les murs de Saint-Merry. Séparés dans l’espace, mais unis dans le temps et surtout dans notre volonté de ne faire qu’un seul corps, continuons à entrer dans l’évènement de Pâques. Il est ressuscité : on se le dit, on se le répète, et depuis vingt siècles c’est dans la bouche de ceux qui suivent Jésus et se réfèrent à lui. 
Pas si simple pourtant ! Ressuscité, qu’est-ce que cela veut dire pour Jésus ? Comment un humain peut-il ressusciter ? Qu’est-ce que veulent traduire les évangiles ? Quelle a été l’expérience des disciples ? Quel cheminement pour découvrir cette nouvelle qui bouleverse des vies et amène à prendre des chemins insoupçonnés ?
C’est sur ce chemin d’interrogations et de découverte que nous vous invitons à nous rencontrer ce matin. Notre foi, c’est que, lorsque nous sommes deux ou trois réunis en son nom, Il est là et nous éclaire. Pour signifier cette présence, nous nous rappelons que nous sommes là au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit.

Jean-Luc

Psaume 117

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La bonté de Dieu

Le texte en hébreu du psaume emploie le mot “hessed” qui signifie bonté et non pas celui de ahavah qui lui signifie “amour”. Il me semble important de les distinguer. On devrait donc dire « car éternelle est Ta bonté ». La bonté de Dieu est comparable à celle du soleil qui se lève sur les bons comme sur les méchants, qui donne gratuitement sa lumière, sa chaleur source de vie, de croissance et de réconfort. C’est un flux continu et ininterrompu de vie, donné gratuitement pour toute la création. Ce don ne dépend aucunement de l’attitude de la créature qui en bénéficie et n’est assujettie à aucune condition, même pas à celle d’un quelconque élan de reconnaissance. Une bonté impossible à comprendre et à atteindre mais que nous pouvons imiter par la pratique de la Tsedaqa “charité”.
En effet, dans la pratique de la charité, il n’est pas question de juger si celui que nous aidons est méritant ou non, ni de mettre un frein à notre don. Plus, depuis l’incarnation du Verbe qui a pris le visage de notre humanité souffrante, chacun de nos actes de charité est habité et transfiguré par l’amour que nous avons pour notre Sauveur. C’est peut-être une des raisons pour laquelle Saint Paul la place au-dessus de toutes les autres vertus.
L’amour est à mon sens plus exigeant. Il met l’objet de son amour à l’épreuve, il requiert l’adhésion totale de tout l’être. 

Elisabeth

Évangile selon saint Jean (Jn 20, 19-31)

📖 C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit :  La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.  

Le Caravage, Thomas l’incrédule, 1601-02, Bildergalerie, Potsdam

En relisant ce passage de l’évangile de Jean, je me sens bien proche de Thomas. Il a cru quand il a vu. Mais je n’ai pas vu ! Alors que croire ? Qu’est-ce que cela signifie que le Christ est ressuscité ? Les apôtres tellement désemparés par la mort de Jésus n’ont-ils pas imaginé qu’il était encore vivant ? Pourtant « Il était là au milieu d’eux » nous rapporte le texte. Je n’ai pas vu mais je peux entendre tous les témoignages que nous ont rapportés les compagnons de route de Jésus. Je veux leur faire confiance et croire que le Christ est vivant ici et maintenant, pour toujours dans ma vie et pour tous les hommes.

Patricia

C’est fini. Jésus est mort. Beaucoup ont quitté Jérusalem. Quelques femmes racontent l’avoir vu mais… Certains sont là, plutôt apeurés. Les portes sont closes, verrouillées et soudain il est présent. Lui-même mais différent. Reconnaissable mais pas immédiatement, souvenez-vous d’Emmaüs. N’oublions pas que les disciples n’ont pas vu se produire la Résurrection. Il n’y a aucun témoin de l’événement lui-même. Ce que l’on en sait, c’est que dans les jours qui suivent, les disciples puis plus tard Paul voient Jésus. Cette vision les bouleverse littéralement, profondément. C’est cela que les évangélistes nous racontent avec une grande maladresse. Mais comment écrire l’indicible ? De la Résurrection, je retiens ce tombeau vide qui déjà la semaine passée m’invitait à partir chercher le Ressuscité là où il nous précède, ailleurs. Mais davantage encore, cette tentative des disciples de me faire partager l’expérience radicale qu’ils ont vécue et qui a tout changé. Jésus est vivant, il est le Christ ressuscité. Alléluia !

Jean-Marie

♫ chant : Car depuis qu’il est venu

Paroles et musique : Robert Lebel

Quand tu n’acceptes plus la route de la mort, le cœur déçu et sans courage
Rappelle-toi Jésus, rappelle-toi son corps rempli d’une clarté sans âge

Giotto, La Résurrection, 1304-06, Padoue

Car depuis qu’il est venu en nous tout a changé
Un monde est disparu, un autre monde est né
Depuis qu’il est venu

Quand tu ne trouves plus sur l’arbre de ta vie,
ces fruits qui pourtant devaient naître
Rappelle-toi Jésus qui vient par son Esprit
t’offrir la chance de renaître

Et quand tu n’oses plus rentrer à la maison
gêné de tes jours de faiblesse,
Rappelle-toi Jésus qui veut dans son pardon
ouvrir ton cœur à sa tendresse

Quand tu n’arrives plus à croire en l’avenir
devant tes luttes infécondes
Rappelle-toi Jésus et son règne à venir
germé déjà au cœur du monde

Lecture de la lettre de saint Jean (1 Jn 5, 1-6)

La lettre de Jean nous a semblé difficile. Mais nous avons été touchés par le début du texte que nous vous partageons comme une double invitation : recevoir du Christ la révélation de notre filiation et nous laisser engendrer à une nouvelle naissance.

📖 Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui.
Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. 
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

Lecture des Actes des Apôtres (Ac 4, 32-35)

📖 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

Le dimanche de Pâques, le texte tiré des actes des Apôtres montrait Pierre proclamer : « Jésus Dieu l’a ressuscité et il lui a donné de se manifester à des témoins ». Aujourd’hui nous lisons dans les Actes des Apôtres : « C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la Résurrection du Seigneur Jésus. » Nous pouvons nous interroger sur cette force qui pousse à témoigner. Quels témoins rencontrons-nous, qui est témoin ? La parole de Jean « Celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit » peut-elle nous guider ?

Anne

Dans les Actes, nous découvrons la communauté de Jérusalem. Le texte nous montre une communauté idyllique « un seul cœur et une seule âme ». Je n’en crois rien. Dans toute communauté il y a des tensions, surtout comme dans la nôtre qui doit inventer comment se reconstruire Hors-les-Murs. Les avis sont partagés et c’est normal. « Tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient ». C’est bien facile quand on croit que la fin des temps est pour après-demain. Ce qui m’intéresse pour nous, c’est que personne n’était laissé dans l’indigence et qu’on distribuait en fonction des besoins. J’ai tout de suite pensé au revenu universel, au partage équitable des vaccins, un travail intéressant pour les enfants de Dieu que nous sommes, qui ne seront jamais en panne d’actions, même s’ils sont expulsés de leur église, précisément parce qu’ils étaient chargés d’« inventer des chemins nouveaux pour l’Église de demain ».

Danielle

Rassemblés ce matin, nous avons lu que les Apôtres rendaient témoignage de la Résurrection du Seigneur.
Mais moi, qu’est-ce que j’ai comme expérience de Jésus ressuscité ?

Prière universelle :
qu’avez-vous envie de confier à Dieu et à la communauté ce matin ?

Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix, Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d’amour.

« Lorsque vous priez ne rabâchez pas comme les païens mais priez ainsi » :

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Chant : mon Seigneur et mon Dieu

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