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Dimanche 18 avril 2021. « C’est bien moi. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire »

Accueil : rendre le Christ présent

Ce matin, encore, à toutes celles et tous ceux qui sont présents devant nos écrans ou dans « nos » murs : « La paix soit avec vous ». Alors, où que nous soyons, ici, là-bas, ailleurs, malgré nos souffrances, nos dispersions, nos attentes, nos espoirs, nos joies, nous croyons que la Résurrection est toujours à l’œuvre. Elle qui nous est offerte de mille manières, probablement plus en questionnements qu’en certitudes, à l’image de l’évangile de ce dimanche, sorte de reprise plus statique, plus hésitante de l’épisode d’Emmaüs

Vitrail de la résurrection, église Notre-Dame de Confort-Meilars

Si les oscillations structurelles du texte soulignent la difficulté de dire l’indicible, de transformer l’expérience personnelle du Vivant en acte de foi collectif, si elle traduit bien le trouble de ceux qui voient Jésus demander à manger, pareillement, ces versets nous invitent aussi à rendre le Christ présent, visible, à en témoigner et à être assurés qu’il est avec et parmi nous dès, qu’à deux ou trois, nous parlons de lui.
Alors qu’ici même, par une décision de basse police cléricale, nous sommes privés de la fraction et du partage du Pain, que nos prières, nos silences, nos chants, nos échanges, bref notre communion l’accueillent maintenant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Alain C

Psaume 4 : Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice !
Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière !
Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !
Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.

Pierre va s’en prendre aux juifs du temps de Jésus…
mais pourquoi pas aujourd’hui à nous qui nous disons chrétiens ?
Et si c’était moi, si c’était nous qu’il mettait ainsi en cause ?

Photo by Joe Hedges on Unsplash

Livre des Actes des Apôtres (Ac 3, 13-19)

📖   En ces jours-là, devant le peuple, Pierre prit la parole :
« Hommes d’Israël, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l’aviez livré, vous l’aviez renié en présence de Pilate qui était décidé à le relâcher.
Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins.
D’ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu
pour que vos péchés soient effacés. »

Retournement

Est-ce que dans ma façon d’agir, de vivre, moi aussi je ne renie pas le message de Jésus ? Les valeurs qu’il propose ? « Vous avez demandé la grâce d’un meurtrier, vous avez tué le Prince de la vie », proclame Pierre. Est-ce vraiment la personne humaine, l’homme, que nous mettons au centre, qui reste toujours ma priorité ?
Mais je n’entends pas qu’une mise en cause, j’entends au moins le bénéfice du doute… puisque « nous avons agi dans l’ignorance » et j’entends surtout qu’à tout instant, même au dernier, je peux me tourner vers Dieu et recevoir sa grâce qui fera infléchir mon chemin. Car Jésus est aussi venu apporter la Bonne Nouvelle du Pardon et de l’amour infini du Père. 
Dans nos priorités, savons-nous faire ce retournement ? Envers nos frères ? Envers nous-mêmes ? 

Bernadette C et Jean-Luc LD

Méditation musicale : Un camino de Santiago

Duccio di Buoninsegna, Apparition du Christ aux apôtres, 1308-1311, Sienne

Évangile selon saint Luc (Lc 24, 35-48)

📖 En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres
et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement.
Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

La résurrection de Jésus, une drôle d’histoire

Je peux vous dire qu’on s’est creusé la tête dans tous les sens lors de la préparation. Jésus, qui est un type qui ne manque pas d’humour, s’étonne de ce que les apôtres soient incrédules – mais enfin, il y a de quoi, quand même !
Pour se faire reconnaître, il revient à la Parole, pour leur expliquer les textes. L’évènement de la résurrection ne se suffit pas à lui-même, il doit être dit, expliqué, pour être (peut-être…) compris.
Il y a donc en permanence à refaire une exégèse de la parole, d’abord parce qu’à tout moment on n’y comprend rien (nous aujourd’hui, eux hier), et parce que la seule façon de la comprendre, c’est de la contextualiser, dans ce qui se passe là maintenant. C’est peut-être pour cela aussi qu’il y joint le geste. Avec ceux d’Emmaüs, c’était le partage du pain, ici, c’est demander à manger. Les mots, le corps, c’est aussi ce que nous faisons… 
Mais alors, qu’est-ce qu’ils ont vu, les Apôtres ? Est-ce qu’ils ont vu un vrai faux Jésus ?
Une apparition paranormale ? Est-ce que cette vision c’est du concret dans le monde physique ou du concret dans la tête des apôtres ?
Est-ce que ce qu’ils ont vu, c’est l’autre côté de la route de la vie, un petit bout de chemin du côté de la mort et de la résurrection, en cheminant avec lui ?
Est-ce que, dans cette histoire qui est quand même racontée 50 ans après, Luc a hyper scénarisé l’histoire pour que le message porte mieux ?
Est-ce qu’il s’est passé cet instant de vérité comme il se passe dans des moments de cœur à cœur,
où on sent bien que quelque chose (quelqu’un ?) existe ?
Est-ce qu’ils étaient tellement bouleversés par ce qui venait de se passer (on le voit bien, leurs récits sont bancals, ils ont la trouille, ils ne savent pas bien), est-ce qu’ils en parlaient tellement entre eux qu’à force ça faisait une présence réelle au milieu d’eux ?
On ne sait pas. On sait juste que ces apôtres-là, nos frères, nos contemporains en méconnaissance et incompréhension, ont vécu un truc extraordinaire qui a bouleversé leur vie. Et ce qu’ils ont vu a fondé ce en quoi nous croyons encore aujourd’hui. Donc pour résumer :

Jésus dit : c’est bien moi
Les apôtres disent : c’est bien lui
Et vous : quand voyez-vous que c’est lui ?

Valérie

Conclusion : malgré nos visions et nos approches différentes, tout ceci crée une unité, oui c’est bien lui…

Rembrandt, Le Christ à Emmaüs, 1654, BNF

Chant : Tes mots sont familiers (paroles : H. Perrin – musique : L. Boldrini)

Fra Angelico, Les saintes femmes au tombeau, 1437, San Marco, Florence

Ton corps n’est plus au tombeau
Vertige de l’absence
Comment croire à ce qu’on dit
« Tu es vivant »
Tes mots sont familiers
Étrange est ton visage 
Marie t’a reconnu 
Quand tu as dit son nom

Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia

Sur le lac, ils sont partis habités de tristesse
Comment croire à ce qu’on dit
« Tu es vivant »
Tes mots sont familiers
Étrange est ton visage
Tu vas vers tes amis 
Et leurs filets sont pleins

Sur le chemin nous marchons dans la nuit et le doute
Comment croire à ce qu’on dit « Tu es vivant »
Tes mots sont familiers, étrange est ton visage
Tu partages le Pain et nous donnes Ta vie

Intentions de prière

Charles Coypel, Les disciples d’Emmaüs, 1749,
église Saint-Merry

♫ Vers toi, Dieu fidèle et plein d’amour,
nous levons le regard de notre cœur
Sème en nous la confiance, garde-nous dans la paix !


Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.


écouter un peu de musique :
Haendel

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  1. henri Juilliard says:

    A propos de notre célébration du 18 Avril 2021
    Merci encore pour cette célébration de la parole, et à ceux qui l’ont préparée.
    Le texte de présentation de l’Evangile a tellement trouvé de résonance en moi…
    Et d’autre part, ce que j’ai sans doute mal dit:
    Comment mettre en face l’un de l’autre, d’une part, l’harmonie et l’unité manifestée au moins dans nos célébrations par Internet, et d’autre part notre incapacité à rester en lien avec l’Eglise institutionnelle.
    Comment n’avons nous pas su l’anticiper et le gérer?
    Et, c’est vrai, remerciements à notre archevêque pour nous avoir conduit vers cette invention d’un mode nouveau et tellement participatif de célébration de la parole.
    Rendons nous compte: On y passe déja plus d’une heure, et cela même sans partage Eucharistique!
    Là aussi on peut y voir, Mort et Résurrection; Et comme l’a dit l’un d’entre nous, à la question: Quand voyez vous que c’est Lui? “Pour moi, c’est quand je vous vois tous là, (sur nos écrans) et tous ensemble.”
    Henri Juilliard

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