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Lettre de Saint-Merry Hors-les-Murs aux évêques de France

Pendant plus de quarante-cinq ans, nos initiatives rejoignaient les orientations proposées par le concile Vatican II et l’invitation répétée du pape François au peuple de Dieu d’aller aux périphéries du monde, d’innover dans notre langage et nos modes d’annonce de l’Évangile à une société en quête de sens. Y a-t-il aujourd’hui en France encore la place pour une expérience comme la nôtre ?
La communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs écrit aux évêques.

Souscrite par le Comité de pilotage de Saint-Merry Hors-les-Murs, la lettre a été signée matériellement par le premier de ses membres par ordre alphabétique.

Photo by Dag Heinrichowski on Unsplash

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort
Président
Conférence des Évêques de France
58 avenue de Breteuil
75007 PARIS

Paris, le 14 mai 2021

Au Président de la Conférence des Évêques de France
et pour communication aux membres de la Conférence des Évêques de France

Cher Frère évêque,
Vous avez eu connaissance de la tourmente dans laquelle se trouve notre communauté du Centre Pastoral Saint-Merry, depuis la lettre (par mail) du 7 février 2021 de Mgr Aupetit qui, brutalement, nous informe mettre fin à la mission confiée par le cardinal Marty. Ses derniers propos sur Radio Notre Dame, disant « qu’à Saint-Merry il se passait des choses indignes de l’évangile », nous ont décidé à vous écrire pour vous dire combien nous sommes choqués de l’attitude de notre pasteur.

La célébration dominicale du Centre pastoral est interdite, le site internet a été coupé sans préalable, nous sommes invités à « cesser toutes activités pastorales dans ce cadre ». Comme nous l’a rappelé le Père Aubanelle, administrateur, les membres du Centre pastoral n’ont plus le droit d’organiser « quoi que ce soit dans l’église Saint-Merry », qui devient une coquille vide puisque la paroisse géographique, très réduite en nombre, bénéficiait de l’appui de notre centre pour beaucoup d’activités conjointes qui n’existent plus aujourd’hui. Vous devinez l’émotion et la souffrance des membres de la communauté, stupéfaite par la brutalité de la décision et sa motivation. Nous ne comprenons pas cette sanction radicale imposée à tous, éloignant cinq cent fidèles d’une rencontre avec l’Évangile et l’Église. Un appel a recueilli 12 155 signatures et quatre cents témoignages venus de toute la France et de l’étranger (cinquante-sept pays). Divers organes de presse français et étrangers se sont faits l’écho de cette « crise ». 

Pendant plus de quarante-cinq ans, et sans rencontrer de problème particulier, nos initiatives rejoignaient les orientations proposées par le concile Vatican II et l’invitation répétée du pape François au peuple de Dieu d’aller aux périphéries du monde, d’innover dans notre langage et nos modes d’annonce de l’Évangile à une société en quête de sens. Bien conscients de nos limites, nous pensons avoir contribué à l’expérimentation de l’exigence de synodalité sur laquelle le pape invite l’Église à réfléchir et à innover.

Dans sa lettre, Mgr Aupetit fait allusion au comportement agressif et dépourvu de charité d’un « petit nombre », ayant abouti à la démission du Père Alexandre Denis, notre curé d’alors. Des rencontres entre l’équipe pastorale et Mgr de Sinety, vicaire général, n’ont pas permis de changer la situation, malgré la qualité de son écoute et semble-t-il une bonne compréhension des enjeux, puisque la décision de l’archevêque est tombée sans attendre le déroulement du processus de rencontre. Benoist de Sinety a d’ailleurs démissionné depuis.

Depuis cette annonce, notre communauté a entrepris un travail sur les attitudes reprochées et les dysfonctionnements ayant pu se produire. Des groupes, accompagnés par des personnes compétentes, se sont aussi formés pour approfondir les enjeux ecclésiologiques et évangéliques afin de contribuer à la préparation du synode prévu pour octobre 2022. 

Nous nous interrogeons sur le souci d’une nécessaire diversité pastorale dans l’Église de Paris. Nous souhaitons trouver les voies d’un véritable dialogue avec notre diocèse, et espérons que la recherche de l’unité dans la charité finira par l’emporter sur les légitimes diversités d’actions pastorales.

Aussi, en l’absence de réponse à ce jour à notre lettre du 13 avril adressée à Mgr Aupetit lui demandant une rencontre, nous sollicitons ardemment vos prières et votre soutien pour notre communauté blessée mais confiante. 

Nous vous prions de croire, Monseigneur, en l’expression de notre respectueuse reconnaissance.

Le Comité provisoire de pilotage

Guy AURENCHE, Sylvie de BENGY, Jean-Philippe BROWAEYS, Bernadette CAPIT, Jacqueline CASAUBON,
Jacques DEBOUVERIE, Marianne GRILHÉ, Danielle MÉRIAN, Vincent MOREAU,
Alexandra NÈGRE, Sylvie PARIS, Didier PÉNY, Philippe PÉPIN, Pietro PISARRA,
Anne RENÉ-BAZIN, Marguerite ROUSSELOT, Pierre SESMAT, Nathalie THILLAY

  1. Lecomte says:

    J’ai 89 ans et pourtant mon coeur , que Vatican 2 avait converti, au Christ et à l’èglise ,s’ est à nouveau éloigné de l’église et de Dieu depuis 4 ou 5 ans. J’ai été “militante” (je n’aime pas ce mot) enthousiaste pendant une cinquantaine d’années, et puis j’ai recommencé à douter , le Christ restant pour moi mon modèle, mon maître à penser. Je connais St Merry par Jean-Claude et Xavier de Chalendar .que j’ai connu aux Deux Moulins. Bref je suis une doutante et malheureuse de l’être. Trop âgée pour faire quoique ce soit, ne parvenant plus à prier Je souhaite me joindre à votre communauté, au moins par la pensée.

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