Raphaël Buyse, vicaire épiscopal pendant quinze ans au diocèse de Lille, a connu l’obscurité de la foi, le silence de Dieu.  Il s’est retiré au couvent bénédictin de Clerlande, et au terme d’un an de méditation s’est ouvert devant lui un chemin inattendu. Il nous livre son témoignage dans un petit livre, « Autrement, Dieu », qui commence très fort : « Dieu n’est plus ma pre­mière pensée, oserais-je dire qu’il ne m’intéresse plus. »

Dans la méditation de l’Évangile, Raphaël est touché par l’humanité de Jésus et ceci transfigure sa foi. « Je ne cherche plus Dieu en lui-même, mais j’ai l’impression qu’on peut entr’apercevoir quelque chose de Lui dans les hommes, dans la profondeur d’une relation avec d’autres (…) Dans la fragi­lité et la grandeur du quotidien se cache une profondeur d’éternité. Une Vie se révèle dans l’ordinaire des jours. » Son témoignage est très inspiré de la pensée de Madeleine Delbrêl, grande mystique des années 1950. Dans son rôle d’assistante sociale en milieu très populaire de la région parisienne, très proche des prêtres ouvriers engagés dans son secteur, elle aussi a su exprimer sa foi « dans l’ordinaire des jours. »

Raphaël Buyse, libéré de tout dogmatisme, est touché par le mystère de Jésus. Il est sa lumière et il en vit. Ce vécu est passionnant, car beaucoup de prêtres ou de communautés qui ont exprimé des réserves quant au dogmatisme ou même à la discipline de notre Église l’ont quittée ou en ont été écartés.   Raphaël, malgré son « Autrement, Dieu », est resté prêtre. Il s’est vu renouveler par son évêque la mission auprès des Communautés du Parvis dont il était à l’origine. L’esprit d’ouverture d’un évêque, le courage et la foi de Raphaël Buyse, manifestent qu’il est possible de vivre sa foi autrement en Église.

Michel Tamalet

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