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Rencontres avec la communauté Saint-Luc autour de la famille ignatienne

Depuis de nombreuses années la communauté Saint-Luc à Marseille vit la coresponsabilité et offre une présence de plain-pied sur la rue, une tonalité de liberté de ton et de pratiques aux très fortes résonances avec les intuitions de Saint-Merry Hors-les-Murs.

Grâce à l’un d’entre nous, Gérard de M., dont le frère Vincent est jésuite, prêtre accompagnateur de cette communauté partenaire, Jean-Philippe B. et moi-même avons été invités à présenter le livre Et vous m’avez accueilli et à tenir un stand lors du grand rassemblement de la famille ignacienne du 31 octobre au 2 novembre dans la cité phocéenne. Des milliers de participants ont arpenté la ville sous les trombes d’eau de la Toussaint à la découverte des multiples facettes de l’Église locale. C’est ainsi que la communauté Saint-Luc nous a ouvert ses portes nous donnant d’accueillir ensemble et de témoigner auprès de deux groupes venus de toute la France et de Belgique. L’hospitalité à ce point d’une petite communauté, fragile, inquiète pour son avenir en raison du manque de renouvellement et du petit nombre de ses membres nous donne à penser. Accueillir tellement que les accueillis sont eux-mêmes invités à accueillir : quel beau signe ! 

Cette communauté, propriétaire de son local, association publique de fidèles, officiellement accompagnée par un religieux garant d’un rattachement ecclésial, est pourtant en difficulté. Mais elle nous a envoyé un signal extrêmement fort et une invitation à continuer de tisser des liens. Et c’est ce que nous avons pu poursuivre le lendemain.

Dans le grand Parc des expositions nous avons tenu un stand avec les amis de Saint-Luc. J’ai pu saluer et remercier Francois Euvé pour sa contribution au livre. Inviter Isabelle de Gaulmyn à prendre au mot son précédent article : Saint-Merry et après ? L’invitant à venir voir comment nous vivions cet après. J’ai même été interviewée par… KTO ! Bon je n’ai rien vu ensuite sur les écrans mais au moins notre nom aura résonné aux oreilles du directeur de la rédaction. 

Parmi nos visiteurs, de nombreux membres de CVX – Communauté Vie Chrétienne – auprès de qui Guy Aurenche avait témoigné. J’ai été très impressionnée de voir combien nous étions connus, soutenus, combien nous suscitions intérêt et questions par ces personnes de CVX. Évidement la Ciase et ses préconisations ont mis au premier plan cette coresponsabilité si discutée à Saint-Merry. Mais un autre point – en plus de l’accueil inconditionnel et la recherche de paroles/actes pour notre temps – est venu s’inviter dans nos échanges : la place des femmes. Moi qui suis loin d’être une féministe, j’ai été interpellée par les questions posées à ce sujet dans les visites à notre stand.

D’autant plus que le lendemain, des milliers de participants du MEJ, de CVX, du MCC, de religieux, d’équipes éducatives… – douchés par une météo décidément peu clémente – ont pu vivre en direct, avec retransmission de la célébration dominicale sur KTO, un moment fort : l’archevêque de Marseille passant le relais à Christine Danel, supérieure des Xavières, à prendre la parole dans le prolongement de son homélie. Il fallait entendre la force et la douceur de ce changement de ton officiellement promu et le tonnerre d’applaudissements qui a suivi pour comprendre qu’il s’est passé quelque chose de nouveau ce jour-là. 

Ce qui nous paraît normal à Saint-Merry avait un goût d’« extra-ordinaire » parce que réalisé en direct, devant des milliers de participants et de téléspectateurs à la demande d’un archevêque en pleine eucharistie. Ce petit geste a été commenté dans des médias chrétiens. Pourra-t-il contribuer à un effet boule de neige pour de plus profonds changements ? Au moins aura-t-il un peu réchauffé le cœur des participants transis et pour beaucoup secoués par l’ampleur des chiffres d’agression sexuelles dans l’Église, communiqués par la commission Sauvé.

J’espère que nous, qui sommes si souvent perçus comme négativement critiques, saurons relayer et remercier pour ce geste. Si d’autres veulent se joindre à moi pour envoyer un mot à l’archevêque, au supérieur des jésuites qui semble avoir suggéré ce geste et à KTO, je veux bien !

Enfin, j’ai aimé partager des moments hors cadre avec Jean-Philippe avec qui j’ai été au « Copil ». Finalement l’année bousculée par les aspects opérationnels et le Covid nous avait privés de temps plus gratuits pour mieux nous connaître. J’espère profondément que la prochaine équipe saura s’organiser et saisir/lancer des invitations pour vivre et favoriser de telles bouffées d’air !

Merci de grand cœur, amis de Saint-Luc, qui nous avez fait expérimenter combien des liens en Église pouvaient être aussi fraternels que vitaux !

Alexandra N.

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  1. Jean Verrier says:

    Un grand merci à toi Alexandra pour ce compte rendu euphorisant même si l’on apprend que la Communauté Saint-Luc s’inquiète comme nous de son avenir. La découverte de ces nombreuses petites communautés d’église donne du courage pour l’affronter. L’Esprit souffle.

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