Jacques Debouverie et Guy Aurenche nous font part de leurs réflexions sur la démarche synodale et proposent une méthode à la communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs. Une démarche qui nous concerne tous si nous voulons changer la pratique pyramidale de l’Église et la rupture entre clercs et laïcs… Comment vivre cette synodalité ?

Pour certains, le terme synodalité relèverait de la « cuisine » interne d’une institution Église en mal d’adaptation ou de réparation. Au contraire, il s’agit de ne pas s’enfermer dans une affaire de boutique mais bien de savoir comment, ensemble, nous souhaitons nous organiser pour vivre l’Évangile et le partager avec la société. Pour Nathalie Becquart, la sous-secrétaire du synode des évêques, « l’Église doit changer pour aller vers, c’est maintenant très clair, cette vision d’une Église synodale, peuple de Dieu, où tous sont acteurs protagonistes, appelés à être disciples missionnaires ». Nous ne voulons plus de l’image d’une Église divisée, pyramidale, polarisée entre clercs et laïcs. Nous ne voulons plus d’une autorité personnelle et individuelle. Nous voulons une autorité partagée et circulaire, faite de va-et-vient permanents, d’une gouvernance systématiquement collégiale et, à la fin, de décisions délibérées en commun. C’est pourquoi la démarche synodale nous concerne et s’avère lucidement une chance dont il faut se saisir. Nous souhaitons qu’en particulier les « chrétiens du seuil » puissent être entendues et que les réalisations inventives en ce domaine soient prises en compte. 

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Cela ne peut se faire n’importe comment. Vivre la synodalité, dans la communauté, en Église et avec la société, demande de se laisser inspirer par des convictions fortes. Nous proposons d’en retenir trois (il y en a d’autres), à propos desquelles des groupes de la communauté, groupes prévus pour l’Avent 2021, sous-groupes « ecclésiologie » et autres groupes qui pourraient se constituer, ayant vocation à s’adjoindre des personnes intéressées venant d’ailleurs, échangeront (de novembre 2021 à janvier 2022) sur un approfondissement de la conviction choisie et formuleront quelques propositions concrètes fortes (février 2022). Ces réflexions en groupes pourront ainsi aboutir (en mars 2022) à une prise de position de la communauté et à une manifestation publique commune à plusieurs groupes, communautés ou associations. Une fiche argumentaire sera proposée sur chacune de ces convictions. Et le projet sera partagé dès le départ avec d’autres associations ou réseaux.

1/ Développer et vivre vraiment une Église participative et coresponsable, dans notre communauté, dans le diocèse, et au-delà. Comment exercer l’autorité et la gouvernance au sein de notre Église locale ? Comment reconsidérer les instances de gouvernement et d’animation pastorale pour les rendre plus « synodales » ? Selon quelles procédures allons-nous discerner ensemble et prendre des décisions ? Sur quelles bases évangéliques devrait reposer ce principe ? Quelles modalités exige-t-il ?

2/ Créativité et participation active dans la liturgie et la célébration. Comment faire pour que tous participent davantage à la liturgie, permettre une plus grande prise de responsabilité des laïcs, mieux partager la fonction de sanctification entre prêtres et fidèles ?  

3/ Accueil inconditionnel par notre communauté et par l’Église. Avec quelles « marges » de la société voulons-nous cheminer ? Comment notre Église locale doit-elle changer pour accueillir et servir le monde qui nous entoure ? Qu’est-ce que cela implique dans nos manières d’être en communauté ? 

Chaque groupe indépendant rédigera des éléments de convictions et de propositions pour février 2022 sous forme synthétique. Il s’agit d’aboutir par exemple à trois propositions de changements très concrets dans les convictions et les habitudes de notre communauté et dans l’Église.

Saint-Merry Hors-les-Murs proposera à d’autres associations ou réseaux de compléter ces propositions pour parvenir à un accord (en avril 2022). Ensemble ils imagineront une « manifestation » publique commune dont les formes devront être déterminées le moment venu. 

Jacques Debouverie et Guy Aurenche

CategoriesSynode
Jacques Debouverie

Ingénieur-urbaniste de métier, conseil auprès des collectivités locales et formateur. Responsable associatif dans le domaine du droit au logement des jeunes. Participant de la communauté de Saint Merry depuis les années 80, en équipe à la Mission de France. Père de famille et diacre.
Parmi ses publications "Dieu vu du bas - lettres à des amis de tous bords", Editions Futurbain, 2020.

  1. Gilles Carbonell says:

    Si je peux me permettre : sur le point 1/ le modèle protestant de l’association cultuelle, modèle issu de la Loi de 1905, me semble répondre à toutes ces préoccupations. Il instaure une association “locale” indépendante, avec son assemblée générale, son conseil presbytéral élu, ses statuts, son règlement intérieur, son budget…
    Mais bien sûr, je rêve !
    Amitiés à tous et courage.
    Gilles

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