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Dimanche 13 février 2022. « Choisis la vie »

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« Yaka, faukon ». Je ne sais pas vous, mais ces injonctions, lancées comme depuis des tours de contrôle, ou ces magazines, promettant les clés d’un bonheur vendu comme une obligation, font souvent « flop » chez moi. Alors aujourd’hui, comment allons-nous entendre les béatitudes et les soi-disant malédictions de l’Évangile du jour ? Comme des imprécations ? Nous en avons la liberté, mais est-ce l’esprit de la Bonne-Nouvelle ?
Pour ma part, je les entends comme un cri du cœur, comme un élan de la vie qui éclate et n’aspire qu’à croître, qu’à nous appeler, qu’à m’appeler à choisir comment j’oriente mon attention.
Et dans cet élan, en lien avec ceux qui ont préparé cette célébration et son fil rouge « choisis la vie », je voudrais vous dire : merci d’être là !
Merci de choisir la vie à votre façon en venant ensemble la célébrer comme un heureux don.
Des générations et des générations sont venues à l’église sous la pression du regard social sur fond de dolorisme. Vous témoignez d’une toute autre approche. Vous semblez joyeux d’être là,
venus pour poser un acte libre. Que c’est bon : une vraie bénédiction qui encourage !
Alors pour nous relier avec tous ceux qui – de par le monde, aujourd’hui – font chacun à leur manière ce choix de la vie ; pour porter aussi dans notre prière ceux qui peinent à le faire, nous vous proposons de tracer sur nous le signe de l’arbre de la vie qui nous relie aux autres et à la Source de Vie.
Et puis, en gardant notre masque pour prendre soin de cette vie précieuse – même si ce sera plus dur de nous entendre – nous pourrons saluer nos plus proches voisins pour leur dire à quel point nous sommes heureux qu’ils aient choisi de venir ce soir.
Amis de Notre-Dame d’Espérance nous vous redisons notre merci de nous accompagner sur ce chemin.
Amis de Saint-Bernard de Montparnasse merci d’être venus ce soir.
Amis en visio, nous sommes en communion. Nous prions les uns avec les autres.

Alexandra N.

Oser la vie 

écouter le chant (paroles et musique : T. Mertens )

Oser la vie, venir au jour,
Oser encore vivre d’amour,
S’ouvrir aux mots que l’on entend
Et croire aux sources du printemps

Ouvrir la porte de son cœur
À la Parole que Tu nous donnes
Choisir la confiance et la foi.
Chercher la vie et le bonheur
Comme l’arbre vert puise à la source
Donner du fruit et de la joie.

Oser parler du Dieu d’amour
Sauveur des hommes et de la terre,
Puiser sa force dans la foi.
Suivre les pas de Jésus-Christ
Offrant sa vie pour tous ses frères,
Proclamer d’une seule voix.

Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 17, 5-8)

Ainsi parle le Seigneur : 
Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel,
qui s’appuie sur un être de chair,
tandis que son cœur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable.
Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur,
dont le Seigneur est la confiance.
Il sera comme un arbre, planté près des eaux,
qui pousse, vers le courant, ses racines.
Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert.
L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude :
il ne manque pas de porter du fruit.

Heureux celle ou celui dont le Seigneur est la confiance !

Le cœur qui se détourne de Dieu aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre inhabitable. N’est-ce pas ce qui attend les générations futures si nous continuons à choisir la production accélérée des richesses pour une petite part de l’humanité, en épuisant la terre et en polluant les mers, sans lutter contre le réchauffement.
Choisir la vie pour ceux qui viennent après nous, c’est œuvrer à rendre la terre plus vivable pour tous les vivants, les humains, les animaux, les arbres et toutes les plantes. Faire confiance à Dieu, ce n’est pas attendre un miracle, c’est se mettre au travail et agir dans la force de l’Esprit.

Photo Midhun Bs sur Pexels

Celle ou celui dont le Seigneur est la confiance « sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur, son feuillage reste vert, il ne manque pas de porter du fruit. »
Et le psaume que nous lirons avec les enfants va encore plus loin ; il est dit de l’arbre planté près d’un ruisseau : « jamais son feuillage ne meurt ». J’y entends la métaphore d’une vie sans fin, espérance de la résurrection, d’une vie transfigurée. Cette résurrection, Paul en a la certitude, puisque Jésus est vivant avec nous.
Plantons nos racines dans cette eau vive dont Jésus parle à la Samaritaine, l’eau de la vie éternelle. Poussons nos racines vers le courant et notre feuillage restera vert. Et nous porterons, dans notre vie terrestre,
des fleurs et des fruits. Marchons ensemble, courons, avec Jésus, vers ceux qui nous appellent,
et nous verrons venir le bonheur.

Geneviève PM.

Réjouissez-vous, tressaillez de joie,
dit le Seigneur,
car votre récompense est grande dans le ciel.

Lc 6, 23

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 17.20-26)

En ce temps-là, Jésus descendit de la montagne avec les Douze et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent,
quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ;
c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

Commentaire

C’est par où le chemin du bonheur ?
” Je mets devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur. Oui, j’en prends à témoin aujourd’hui le ciel et la terre : c’est la vie et la mort que j’ai mises devant vous, c’est la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, et en t’attachant à lui “.
Mais c’est la Torah d’Israël ! Tout le monde connaît cela, Jésus aussi, et nous, de même !
Oui, mais c’est par où le chemin de la vie et du bonheur ?
Heureux, c’est ” en marche “. Le bonheur est peut être une sensation, un moment, un état, c’est surtout un chemin et une espérance. Choisis la vie : toute une histoire, tout un programme. En marche, cela tombe bien pour un synode. En marche, en marche, vous dis -je !
Alors c’est par où ? Nous venons de l’entendre :
Mettre sa foi dans le Seigneur et faire confiance aux autres,
Avoir un cœur de pauvre qui reconnaît dans chaque être humain un frère ou une sœur et cherche à vire une amitié sociale,
Chercher des processus sociaux de fraternité et de justice pour tous,
Éprouver la compassion dont nous avons déjà bien besoin nous -même et aussi pour les autres vulnérables comme nous,
Alors là oui, on peut y aller, les feux sont au vert. C’est sur ce chemin que voulons marcher et vivre, comme les quelque 800 personnes, chrétiens et musulmans, rassemblées dimanche passé à l’invitation de l’association Ensemble avec Marie à saint Sulpice sur le thème : Au début de tout, il y a la confiance.
Mais il y a aussi les feux rouges ou clignotants, les mises en garde :
Le chemin de la vie n’est pas dans la méfiance vis-à-vis des autres, elle n’est pas dans l’exclusion
Le chemin de la vie n’est pas dans la richesse sourde à la faim des autres et au partage,
Le chemin de la vie n’est pas dans la réputation, fut elle celle que fabriquent les sondages,
Le chemin de la vie n’est pas dans l’indifférence, le manque de compassion, la maltraitance, l’abstention. Là il n’y a ni vie, ni bonheur.
Aucun de nous n’est totalement juste, ni totalement méchant. Le Seigneur connaît bien le chemin des hommes, il l’a parcouru lui-même, et il sait que le nôtre est semé d’embûches. Ce qu’il veut, pour nous et pour tous, c’est la communion, la réconciliation et la paix. A nous d’en être les témoins, dans la joie !
Heureux les hommes au cœur de chair…

Nicolas Guérin

Heureux les hommes au cœur de chair W100

Heureux les hommes au cœur de chair,
Ils deviendront printemps du monde.
L’amour fait fondre nos hivers
Il est soleil où Dieu s’annonce !

Dans nos déserts de pauvreté,
nous n’avons pas toujours trouvé
un ciel ouvert à ton Royaume.
Nous avons faim de cet Esprit
par qui tes lèvres nous ont dit :
Heureux les hommes au cœur de pauvre.

Le juste mort et l’affamé,
quand seront-ils des rassasiés
dans un royaume de justice ?
Nous avons faim de cet Esprit
par qui renaît dès aujourd’hui
le chant nouveau des terres libres.

Les innombrables affligés
pourront-ils être consolés
s’ils ne voient pas que tu les aimes ?
Nous avons faim de cet Esprit,
Toi qui pleuras sur ton ami,
pour mieux crier : « je te relève ».

Introduction au Psaume 1

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Voilà une bien vaste question !
On peut commencer à y réfléchir dès son plus jeune âge.
Ce que nous avons fait avec les enfants.
Être avec des personnes qu’on aime, les rendre heureuses, réussir un projet…
Le bonheur auquel nous pensons en général est fait d’abondance de biens,
de réussite, de puissance.
Celui que propose l’Évangile est très différent : c’est en accueillant les autres,
en étant tournés vers les autres, que nous serons vraiment heureux.
Avec les enfants, nous avons cherché à exprimer ce que nous imaginions être Dieu :
” il s’est révélé proche de nous, à l’écoute, tendre, accordant son pardon…
Sa présence est en nous, presqu’un peu magique.
Et nous attendons de lui qu’il nous aide à être heureux ou à rendre heureux.”
Les enfants lui adresseront leurs prières.

Aurélien C.

Psaume 1

REF : L’arbre de vie, au pays de Dieu, donnera son fruit

Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants. 
Mais ils sont comme la paille balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra. 

Prière universelle

Dieu de tendresse, regarde ton peuple, écoute-nous, exauce-nous !

Préface

Sois béni Dieu notre Père et Seigneur de tendresse, toi qui as tout fait avec sagesse et par amour. Toute notre vie, tous les jours de notre vie, nous voulons te bénir, te louer, te glorifier.
Nos pères ont proclamé tes bienfaits, de génération en génération ils ont chanté tes œuvres. Tu es grand et miséricordieux, tu es le Dieu fidèle et tu es bon pour tous.
Tu es juste dans toutes tes voies, tu es proche de tous ceux qui t’invoquent en vérité. C’est toi la source de la vie.
Tu es l’appui de ceux qui tombent, tu encourages ceux qui fléchissent, tu donnes la nourriture au temps voulu. Tu ouvres la main pour rassasier tous les vivants que tu aimes.
Quand tu parles à ton peuple, c’est pour l’entraîner sur les chemins de la vie, toujours  tu places devant lui le bonheur et le malheur, la mort ou la vie. A lui de choisir. Toi tu es le Vivant et tu es pour la vie, tu lui dis : à toi de choisir.

Sois béni pour ton fils  Jésus le bien aimé. Il est ta parole vivante au milieu de nous. Il est le chemin qui nous conduit vers toi. Il est la vérité qui nous rend libres. Il est la vie qui nous remplit de joie. Il n’a pas dit : voici les bons, voici les méchants. Il a dit : si quelqu’un m’aime, qu’il me suive et là où je suis, là seront mes disciples. Demeurez dans mon amour et vous porterez beaucoup de fruits. Il invite à la confiance.
Il a lui-même choisi la vie, il a lui-même fait confiance à son Père, et à l’Esprit qui reposait sur lui. Il a dérangé par sa parole et par ses actes. Il a déplacé les foules, mais ce qui l’intéressait c’est de retourner les cœurs et d’annoncer ton Royaume. Il a épousé le destin de son peuple, un peuple qui fait mémoire pour mieux marcher dans l’espérance. Dérangé et dérangeant, déplacé et déplaçant : c’est sa vocation et c’est aussi la nôtre.

Sois béni pour ton Esprit Seigneur. Il est l’Esprit du ressuscité. Tu nous le donnes aujourd’hui, et nous sommes ressuscités ici et maintenant. Ressuscités – vivants quand nous ouvrons les portes de notre communauté et de nos cœurs, ressuscités – vivants quand nous actons la solidarité et la fraternité avec tous ceux qui cherchent à vivre, qui te cherchent certains sans le savoir, d’autres pour te rendre témoignage. Nous aimons te louer Seigneur puisque nous y croyons. Dans le même Esprit Seigneur nous nous remettons à toi, et nous chantons l’hymne de ta gloire…

Sanctus

A écouter ici – musique : L. Boldrini

Anamnèse

Paroles : Jean Kita – Musique : Léandre Boldrini

À Toi qui es mort pour nous,
À Toi qui es vivant,
À Toi qui reviendras,
Honneur, louange et gloire !

Au moment de faire mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, Seigneur, nous le croyons, nous sommes déjà ressuscités en lui, c’est la grâce de notre baptême, c’est le don de ton Esprit.
Et nous venons te prier, Seigneur, donne-nous ton Esprit, l’Esprit de ton fils, l’Esprit d’amour et de vérité. Nous te prions pour nous-mêmes, pour notre communauté du Centre Pastoral, pour ce monde que tu aimes.
Le monde est dur Seigneur, tu le sais bien. Il est dur pour ceux qui sont en guerre au Moyen-Orient et en Afrique, ceux qui agitent leurs bottes aux frontières de l’Europe. Il est dur aussi pour ceux qui cherchent à faire la paix. Il est dur pour ceux qui ont des dettes et ceux qui inventent ou cherchent des chemins de partage, de justice et de solidarité. Il est dur pour tous ceux que touche le malheur, aussi pour ceux qui cherchent à les consoler, à protéger les faibles, à mettre l’homme debout.
Aide-nous à nous sentir démunis, car c’est déjà bon signe. À entrer dans l’humilité et l’écoute, quand nous visitons une personne malade, que nous ignorons sa maladie, qu’elle ne peut plus communiquer. Cela n’empêche pas une forme de communion.
Aide-nous à offrir notre présence quand nous sommes avec des personnes précaires, vulnérables fragiles. Donne-nous d’entrer en relation, de vivre la compassion sans condescendance, de pointer toujours vers la vie et l’espérance.
Aide-nous à mobiliser et à donner à ceux que nous approchons de bonnes raisons d’aller voter.
Aide-nous à préparer et à porter des plaidoyers pour les élections pour rendre effectif l’accès au travail ou à un revenu décent, pour donner un accès digne à l’alimentation durable et de qualité pour tous, pour accompagner toutes les personnes sans abri de la rue au logement, pour mener une transition écologique juste et solidaire, pour traiter la situation des personnes migrantes dans e respect de leur dignité.
Seigneur, avec toi nous choisissons la vie, nous prenons ta bénédiction, nous croyons en toi, ne doute pas de nous. Déjà ressuscités nous sommes dans l’espérance, nous sommes inachevés, et nous marchons ensemble sur le chemin d’accomplissement de toute l’humanité.
Éloigne de nous les sirènes du malheur ordinaire, ne nous laisse pas tomber dans l’indifférence, donne nous d’écouter ta parole et de la faire retentir par nos actes et nos propres mots, même s’ils sont pauvres pour dire l’infini de ton amour.
Donne nous de mettre notre confiance en toi, et aussi dans l’homme. Tu es tellement plus grand que notre cœur. Donne- nous de boire à la source de la vie, les paroles de ton Christ qui nous livre l’Esprit.
Par lui, avec lui et en lui…

Notre Père

Agnus 

Paroles et musique: G. Jacob
Ensemble recevons, ce que nous sommes, Corps du Christ
Ensemble devenons ce que nous recevons, Corps du Christ
Alléluia, Amen !

Heureux serons-nous Y67

Paroles : A. Cabantous – Musique : L. Boldrini

Photo Sharefaith sur Pexels

Heureux serons-nous au Royaume
Heureux sommes-nous, aujourd’hui, 
Si un seul mot du Fils de l’Homme
Par nos gestes, change la vie
.

Le peuple de Dieu est immense :
Ceux qui travaillent pour la paix,
Font reculer la violence
Dans ce monde nourri d’excès.

Le peuple de Dieu est immense :
Ceux que l’on persécute en vain
Disent pourtant leur espérance
En un monde au regard humain.

Le peuple de Dieu est immense :
Ceux qui livrent jusqu’à leur cœur,
Sans demander la récompense
Dans un monde bradant son bonheur.

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