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Dimanche 13 mars 2022. « Tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés »

De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
écoutez-le ! »

Mt 17, 5

Chant : Ta gloire, c’est l’Homme vivant A227

Saint Irénée de Lyon

Ta gloire Seigneur, c’est l’Homme vivant
C’est l’Homme debout qui est ta louange
Ta gloire Seigneur, c’est l’Homme vivant
C’est l’Homme debout qui te rend honneur

La paix sur tous les hommes, c’est ta louange
La paix sur toute la terre, c’est ta louange
La paix au fond des coeurs, c’est ta louange
La paix au plus haut des cieux, c’est ta louange

La vie qui donne la vie, c’est ta louange
La vie qui chasse la mort, c’est ta louange
La vie qui dit toujours oui, c’est ta louange
La vie qui jaillit en croix, c’est ta louange

Psaume 26

Le Seigneur est ma lumière et mon salut
De qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie
Devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! 
Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » 
C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. 
N’écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. 
J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. 
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »

Évangile selon saint Luc 9, 28b-36

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu. 

Transfiguration

Au terme de cette scène d’éblouissements et de bavardages célestes auxquels, comme les disciples, je ne comprends pas grand-chose, que reste-t-il en fait ? Rien. Rien sauf « Jésus seul ». Matthieu et Marc sont même plus précis que Luc dans l’expression de cette radicalité en évoquant la participation passive mais essentielle des témoins :
« ils ne virent plus que Jésus seul » écrit Matthieu. 
« Seul avec eux » ajoute Marc.
Et c’est bien cela que je retiens pour tenter de donner ce soir un sens à ma foi à travers ce texte :
Jésus seul mais conforté dans le sens et l’accomplissement de sa mission avant de redescendre
de la montagne.

Jésus seul, et désormais sans ajouts pieux, sans intercesseur, sans apparitions mariales douteuses et, pour nous, l’Église, sans intermédiaire sacralisé.

Jésus seul, dans son entière humanité, en ces jours de deuil, de guerre, de déchirements, d’impuissance puisque Dieu semble absent, même sourd comme impuissant lui aussi. 

Jésus seul, parce que c’est Lui qui, pour nous chrétiens, demeure la voie que nous suivons et la voix que nous écoutons afin que nous puissions commencer à entrevoir quelque chose du dessein de Dieu.

Jésus seul sans qui rien n’est vraiment possible mais qui pourtant, et heureusement, n’efface pas l’agnosticisme chrétien pour reprendre la belle expression de Jean Delumeau, signe d’une autre liberté offerte.

Jésus seul mais pas dans un face à face avec moi seul. Non Jésus seul mais avec eux, avec les trois, Pierre, Jacques et Jean, image de notre diversité et de notre solidarité humaines sans lesquelles rien n’est possible non plus puisqu’elles nourrissent ces indispensables liens de fraternité.

Jésus seul pour chacune et chacun d’entre nous, donc pour notre communion partagée et témoignée. Donc pour tous.

Alain C.

Chant : Tu nous révèles à ton mystère L13-10

Il faut atteindre la colline
Pour approcher l’amour de Dieu
Nous murmurant avec la brise
Il est mon Fils, écoutez-le !

Tu nous révèles à ton mystère
En chaque vie transfigurée
Dans ces rencontres éphémères
Que nul ne peut emprisonner

Le serviteur en plénitude
Offert aux yeux de Pierre et Jean
Porte déjà la déchirure :
Douleur du serviteur souffrant.

En quittant les hauteurs de l’aube
Nous ne comprenons pas encore
Les mots confiés qui se dérobent :
Ressuscité d’entre les morts.

Photo Pexels-Pixabay

Préface et prière eucharistique

Vraiment il est bon pour nous tous de t’offrir Dieu éternel, en ce jour, notre action de grâce par le Christ notre Seigneur. Nous sommes heureux de nous retrouver, nous avons répondu à ton invitation et avons quitté nos activités (le mauvais temps ne nous a pas dissuadés de venir) ce soir ici en cette église pour partager la Parole et le pain, pour mettre nos pas en ce temps de marche vers Pâques dans les pas de Jésus ton bien-aimé. 
Nous contemplons ce soir une scène étonnante sur la montagne, quel beau tableau ! La lumière envahit tout, nous découvrons Jésus rayonnant et près de lui les ancêtres qui ont fait notre histoire biblique. Moïse que tu as appelé pour nous conduire à la liberté. Elie, ton ami qui ouvre une longue tradition de poètes, de prophètes, des hommes, de femmes qui en tout temps nous rappellent que tu es un Dieu proche qui veut le bonheur de tous. 
C’est trop beau ! Bien loin de ce que nous vivons, de la situation de notre monde qui aujourd’hui encore se débat dans la folie… Certains parmi nous ne peuvent pas se réjouir de ce tableau, d’autres trouvent en lui du réconfort et retrouvent dans notre temps, dans leur vie, des expériences lumineuses. 
Quelle que soit notre approche nous ressemblons bien tous à Pierre, Jacques et Jean, nous ne comprenons pas grand-chose à cette scène nous avons simplement envie de faire durer les moments de joie, nous voulons garder enfermer la lumière, dans nos tentes où dans nos maisons bien installées. 

Mais toi Seigneur notre Dieu, tu es le Dieu de la marche, tu restes en chemin.
Tu sais que pour nous la route est longue, parfois difficile, les chemins se perdent… 
Tu restes avec nous présent et en silence.
Tu nous laisses simplement contempler Jésus, seul.
Nous savons tout ce qu’il a dit et fait en ton nom. Nous te rendons grâce pour nous avoir fait connaître Jésus ton envoyé. Il est là seul proche de nous, en lui tu es présent.
Sa présence nous encourage, nous avons envie de le suivre pour faire vivre au cœur du monde ta parole de paix. Avec la multitude des saints nous avons envie d’entonner des chants pour célébrer ton amour : 

Saint le Très-Haut, Saint le Vivant 
Saint le Seigneur de l’univers (bis)
Gloire à toi, dans le ciel et sur la terre
Gloire à toi, Hosanna notre Dieu !

Tu es vraiment Saint Dieu de l’univers, tu as créé l’homme à ton image, tu lui confies l’univers pour qu’il le rende toujours plus beau. Comme nous avons du mal à poursuivre ton chemin créateur ! Les situations de conflit se multiplient, tant de peuples que tu souhaites voir s’épanouir souffrent et meurent… Tu ne nous abandonnes pas pour autant. Des signes d’amitié se multiplient, partout en Europe des femmes des hommes se mobilisent pour accueillir ceux qui fuient les combats en Ukraine, partout des femmes de hommes, se lèvent, font monter leur prière pour appeler la paix.
En cela nous nous souvenons de ton alliance. Par-delà les trahisons des hommes tu as sans cesse suscité des prophètes au sein de ton Peuple pour montrer le chemin de la Vie. Tu appelles sans cesse à agir pour ouvrir des voies nouvelles là où tout semblait perdu. Tu es le Dieu des possibles. À ces appels nous avons souvent envie de décliner tes invitations qui sont folies pour l’homme. Comme Moïse nous avons envie de te dire ce n’est pas pour moi, je ne sais pas parler, comme Elie nous nous sentons seuls face à tous les prophètes du malheur.  
Tu entends notre peine et tu nous encourages. Tu as tellement aimé le monde que tu nous as donné ton Fils Jésus, pour partager avec nous ta force. Il a connu la fatigue des longues journées sur les chemins de Palestine, il a connu la peine face à l’incompréhension des hommes, il a connu la souffrance et le rejet jusqu’à la mort en croix. Avec lui nous connaissons des moments de joie, des moments où tout est lumineux, nous goûtons la Vie, nous souhaitons que ces temps durent. Tu nous appelles à ne pas nous endormir, à participer à la marche de Jésus vers la Pâque, nous gardons confiance car dans ce passage de la mort à la vie ton Fils Jésus le Christ nous a ouvert la voie de l’Esprit qui continue son œuvre dans le monde à travers nous…
Que ce même Esprit Saint nous t’en prions Seigneur sanctifie les offrandes que nous avons apportées, qu’elles deviennent ainsi le corps et le sang de notre Seigneur Jésus, le Christ. 

Source de vie, Père très bon,
Vienne ton souffle sur nos dons ! (bis)
Gloire à toi pour l’Esprit qui nous anime,
Gloire à toi pour ce pain et ce vin !

Au cœur de la fête de la Pâque rappelant que tu avais conduit ton peuple à travers le désert de l’oppression à la liberté, lors du repas avec ses amis il prit le pain sur la table et après avoir prononcé des mots de bénédiction il le rompit et le leur donna en disant : « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous » De même il prit la coupe remplie de vin il rendit grâce pour tous tes bienfaits et la donna à ses amis en disant : « Prenez et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. » Il les encouragea à vivre ce partage en mémoire de lui.

Christ et sauveur, mort sur la croix, 
Dieu plus puissant que nos tombeaux (bis)
Gloire à toi, le soleil du jour de Pâques,
Fils de Dieu, tu viendras dans la gloire !

Notre-Dame d’Espérance

Seigneur notre Dieu nous célébrons aujourd’hui encore ce mémorial qui nous rappelle que nous sommes toutes et tous appelés à la Vie. Nous t’offrons Seigneur notre Dieu ce pain et ce vin corps et sang de ton fils pour le salut du monde. 
Nous te demandons de nous accepter tous dans ton mouvement d’amour que nous sachions vivre le chemin qui nous reste à accomplir en compagnes et compagnons de Jésus le Christ. Nous le savons proche de nous, seul à côté de chacun d’entre nous, il nous engage à être au service les uns des autres. Nous nous engageons en partageant ce pain aujourd’hui à mettre concrètement en œuvre l’évangile dans le quotidien de nos vies. Pour que nous puissions vivre la joie de l’évangile nous te demandons d’envoyer sur nous tous ton Esprit, celui que Jésus nous a remis au cœur de sa Pâque.

Source de vie, Père très bon,
Vienne ton souffle sur ton peuple ! (bis)
Gloire à toi pour l’Esprit qui nous rassemble,
Fais de nous un seul corps dans le Christ !

Fais de nous Père un seul corps dans le Christ. Que notre communauté de Saint-Merry Hors-les-Murs, que ton, Église toute entière soit signe de ta présence sur tous les chemins du monde. Conduis-la dans la fidélité à l’évangile entraînée par notre pape François, par Georges qui assure une responsabilité transitoire sur notre Église de Paris. 
Souviens-toi particulièrement de toutes nos sœurs et nos frères qui nous ont quittés, de tous les prophètes qui en tout temps ont cherché la paix et se sont battus souvent contre les puissances religieuses, politiques qui asservissaient l’homme. 
Nous te prions pour notre monde : pour le conflit qui s’étend en Europe de l’Est, pour ceux qui meurent, ceux qui souffrent, ceux qui résistent, ceux qui tentent de porter la paix. Nous te prions pour toutes les églises orientales secouées et divisées. Aide-les, au-delà de leurs conflits, à puiser dans le message de l’évangile la force capable de construire la paix que ton Fils Jésus a partagé au péril de sa vie. 
Accorde nous Père très bon de suivre ton chemin vers Pâques pour avoir part à la Vie éternelle. Nous le suivons avec tous les saints, avec Marie et Joseph, avec Moïse et Elie avec Pierre, Jacques et Jean et tous les apôtres, avec les saints patrons de l’Europe qui ont parcouru nos chemins d’Est en Ouest, du Sud au Nord : Benoît, Cyrille, Méthode, Brigitte de Suède, Catherine de Sienne, Edith Stein… Nous pourrons alors avec la création toute entière libérée de tout mal te glorifier par le Christ notre Seigneur par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien. 

Jean-Louis W.

Notre Père en slavon

Écouter le Notre Père (Otche Nash d’Arkadi Dubenski)

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 3, 17 – 4, 1)

Frères, nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux,
d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux,
avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.

Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection,

vous, ma joie et ma couronne,

tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés. 

Chant : Vivons en enfants de lumière

Vivons en enfants de lumière sur les chemins où l’Esprit nous conduits :
Que vive  en nous le nom du Père !

L’heure est venue de l’exode nouveau !
Voici le temps de renaître d’en-haut.
Quarante jours avant la Pâque,
Vous commencez l’ultime étape.

L’heure est venue de sortir du sommeil !
Voici le temps de l’appel au désert.
Allez où va le Fils de l’homme. 
La joie de Dieu sur lui repose. 

L’heure est venue d’affermir votre cœur !
Voici le temps d’espérer le Seigneur.
Il est tout près, il vous appelle.
Il vous promet la vie nouvelle.

L’heure est venue de courir vers la vie !
Voici le temps de trouver Jésus Christ.
Il est présent parmi les pauvres.
Il vous précède en son Royaume.


CategoriesCélébration
  1. Bernard Fays says:

    Bonjour,
    Je veux ici dire un cordial merci à la personne ou au groupe qui a préparé la liturgie de ce dimanche. Même au fin fond de la province, dans des communautés vieillissantes et peu instruites en matières religieuses, le langage utilisé avait du sens contrairement aux prières officielles, ” passe-partout ” qui ne passent plus nulle part, (sinon dans les séminaires, monastères et autres couvents). Merci.
    Bernard Fays

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