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Nos 7 péchés capitaux…

Drôle de titre, toute la subtilité résidant dans le « nos » introductif. Le sous-titre est plus parlant : la fraternité, seule politique possible. Benoist de Sinety y égraine en sept chapitres les maux contemporains qui nous clivent, de l’individualisme de base aux mensonges du monde politique et aux fourvoiements de l’Église dans un repli identitaire, en passant par le dévoiement de la laïcité ou le mauvais usage de la Création. Ces thèmes sont abordés en croisant références et personnages bibliques (Jonas, Caïn, la Samaritaine et d’autres), et témoignages de rencontres marquantes de sa vie d’aumônier d’étudiants ou de prêtre en paroisse.

Parmi ses constats : il ne saurait y avoir de société véritable sans rencontre fraternelle, « la rencontre nous crée », et il n’y a pas de fraternité possible sans transcendance ; le dialogue, clé de voute de l’évangélisation, établit l’autre en frère – le pape François parlant du « bon combat de la rencontre »- ; « c’est l’atonie spirituelle qui fait le lit de la peur face au religieux et pousse à la violence ». Les pauvres de notre monde sont les premiers touchés suite aux abus de l’occident prédateur ; il nous faut prendre inlassablement la défense des petits, et ne pas nous compromettre dans les injustices qui les frappent.  Benoist de Sinety en arrive à une évocation de l’Église de France, parangon de la bourgeoisie et du conservatisme social, se repliant sur elle-même par peur de l’autre et dans sa nostalgie du passé par peur du changement, se vidant de tous ceux qui s’y sentent plus souvent jugés qu’accueillis.

Mais l’auteur proclame aussi la vitalité de l’espérance – si nous acceptons de ne pas être parfait, et en constatant que l’humanité a déjà prouvé ses capacités à changer et à sauver la fraternité. Comme le dit notre ami Guy Aurenche : « Tous, mis face à nos péchés capitaux grâce à la lecture de ce livre, nous voici promus au rôle de bâtisseurs confiants d’un monde fraternel ».

J’ajouterais : et tous, nous sommes conviés au débat du mercredi 25 mai à 20h30, via le zoom de Saint-Merry Hors-les-Murs, pour prolonger cette lecture en compagnie de Benoist de Sinety.

Blandine Ayoub

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Blandine Ayoub

Née au moment du Concile Vatican II, elle est impliquée depuis près de 40 ans dans la communauté de Saint-Merry, tout en cultivant un tropisme bénédictin, grâce à son père moine de la Pierre-Qui-Vire. Par son mariage avec un Alepin, elle a également adopté la Syrie comme deuxième patrie. Elle est responsable d’un centre de ressources documentaires dans un centre de formation professionnelle de la filière éducative et sociale.

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