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Combien de catholiques en France ?

Si Noël est le cadre du premier recensement, le cinquantième anniversaire du CPHB est l’occasion de poser des questions de dénombrement. Comme le sujet est très complexe, ChatGPT a été invité à donner un avis.  Une série d’articles de Michel Micheau, membre de l’Équipe pastorale.

Poser la question

Concomitance intéressante de la réflexion de Saint-Merry Hors-les-Murs sur le paysage religieux en France :

  • Un des cinq ateliers organisés pour le cinquantième anniversaire du CPHB porte ce titre et a débuté ses travaux.
  • Le 16 novembre à Saint-Gabriel, René Poujol, ancien rédacteur en chef du Pèlerin, ouvrira l’assemblée communautaire par une conférence sur ce thème
  • Isabelle de Gaulmyn a réalisé une série remarquable : « Catholiques de France, la tentation radicale », sur France Culture (https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-catholiques-de-france-la-tentation-radicale ). Elle a cherché à comprendre les ressorts psychologiques et politiques de la crise de conscience qui traverse aujourd’hui le catholicisme.
    Or, le dénombrement des catholiques de France, composant la première religion du pays, n’y a pas été abordé, sauf au travers d’une courte allusion (6%).

Le catholicisme en France, combien de divisions ?

  • Dans le premier sens du terme, la série mentionnée a évoqué les divisions et fractures, les tendances et a présenté les groupes ou les « chapelles », mais sans jamais les chiffrer.
  • Dans le second sens, celui de se compter en général, cela relève d’études. Si vous consultez le site de la conférence des évêques, vous ne trouverez que la référence d’un article de 2016 relatif à un livre « Le catholicisme minoritaire », dont la conclusion est étonnante car elle évacue toute question[1].

La discrétion sur ce dénombrement est-elle fondée ou celui-ci relève-t-il du secret[2] ?

Compter est une question difficile. La rubrique religieuse incluse dans un recensement a été supprimée pour cause de laïcité ; c’était en 1872, plus de 98% des Français se considéraient comme catholiques[3] ! Au XXe siècle, le dénombrement a été à la base d’une sociologie religieuse classique qui distinguait 3 cercles[4]. Un quatrième cercle est apparu dans les années 1960 : celui des Français d’ascendance catholique, correspondant à près de la moitié de la population. Des études sont lancées à une fréquence irrégulière et leur synthèse doit être refaite chaque fois. Pourquoi ne pas utiliser l’IA pour apprécier les évolutions (cet instrument est l’objet d’un des autres ateliers de StMHlM « Art, culture, langage et IA »…) ?

Compter est une question sensible, voire politique : lire un article sur ce site  » Comptons-les, comptons-nous ! », un dialogue entre un sociologue des religions et l’auteur du présent article.

Children of the Light. Nuit Blanche 2017 à Saint-Merry © J2M


La réponse de l’IA

Dans une telle démarche, il est nécessaire de mentionner la question posée, de vérifier les réponses et, ici surtout, de donner la date des études, car la place du catholicisme dans la société évolue très vite. La croissance récente du nombre de baptêmes et le maintien à un haut niveau des obsèques religieuses (de l’ordre de 40%) sont des indicateurs à prendre avec beaucoup de précautions.

Question à ChatGPT : Peut-on estimer le nombre de catholiques pratiquants en France et son évolution ?
Réponse (en 27 secondes, ce qui est très long et traduit la complexité de la question)

ChatGPT a dit :
Oui — on peut estimer (avec des marges d’incertitude importantes selon la définition de la « pratique »). Voici une synthèse chiffrée, sourcée, et les grandes tendances.

Définitions importantes (pour lire les chiffres)

  • « Se déclarer catholique » = appartenance / identité (auto-déclaration).
  • « Catholique pratiquant » = formule de sondage où la personne dit être pratiquante (définition variable selon l’enquête).
  • « Fréquentation régulière » = indicateur comportemental plus strict (ex. messe au moins une fois par mois / par semaine) — producteur d’estimations plus basses.

Saint-Merry 22 septembre 2021 © J2M

Chiffres clés (estimations actuelles)

  1. Population de la France (référence récente) : ≈ 68,6 millions au 1ᵉʳ janvier 2025. Insee
  2. Part de la population qui se déclare catholique : ~29 % (données INSEE 2019–2020 / synthèses récentes).
    29 % × 68,6 M ≈ 19,9 millions de personnes se déclarant catholiques. Insee+1
  3. Part de la population qui se dit « catholique pratiquante » (sondages IFOP, définition « se déclare pratiquant ») : ≈ 6,6 % (enquête IFOP 2021).
    6,6 % × 68,6 M ≈ 4,5 millions de personnes (c’est la valeur souvent citée dans la presse/études). Attention : c’est le chiffre « se déclarant pratiquants » (auto-déclaration). Centre d’observation de la société+1
  4. Mesure plus stricte — fréquentation régulière des lieux de culte : INSEE / enquêtes montrent ≈ 8 % des catholiques fréquentent régulièrement (donnée 2019–2020).
    → 8 % des catholiques (29 % de la population) = ≈ 2,3 % de la population, soit ≈ 1,6 million de personnes qui fréquenteraient régulièrement un lieu de culte catholique (selon cette méthode). Insee+1
Saint-Merry Hors-les-Murs, 8 octobre 2023 @ J2M

En résumé (ordre de grandeur selon définition) selon ChatGPT :

  • identité catholique : ~20 millions de personnes ;
  • se déclarant « catholiques pratiquants » (IFOP) : ~4,5 millions ;
  • fréquentation régulière (mesure comportementale stricte) : ~1,6 million.

Évolution / tendance selon ChatGPT

  • Depuis les années 1960–1970 la pratique catholique a beaucoup reculé : la part allant à la messe chaque dimanche ou pratiquant régulièrement était bien plus élevée (des dizaines de pour cent) et a chuté fortement — aujourd’hui, les indicateurs comportementaux donnent des valeurs très basses (quelques % pour la messe dominicale régulière). Ce recul est documenté par de nombreuses études historiques et sociologiques. Cairn.info+1
  • Parallèlement, la part des personnes sans religion augmente (et la part des catholiques parmi les jeunes est nettement plus faible que parmi les générations âgées). L’INSEE observe un vieillissement relatif des pratiquants. Insee
  • Notez aussi des variations ponctuelles : par exemple, la hausse des baptêmes d’adultes observée récemment dans certains comptes rendus (phénomène localisé qui ne compense pas le recul général de la pratique régulière). Le Monde.fr

Pourquoi les estimations varient-elles tant ? (selon ChatGPT)

  • Méthode : sondage d’auto-déclaration (IFOP) et mesures de comportement (fréquentation) donnent des ordres de grandeur différents.
  • Formulation des questions (pratiquant = « allez-vous à la messe ? », « vous considérez-vous pratiquant ? », fréquence requise) modifie fortement le résultat.
  • Échantillonnage / année de l’enquête : les chiffres bougent au fil des années et selon l’institut (IFOP, INSEE, Pew, etc.). Centre d’observation de la société+1

Conclusion courte de ChatGPT

Oui, on peut estimer le nombre de catholiques : selon la définition retenue on obtient un intervalle d’ordre de grandeur ≈ 1,6 million (fréquentation régulière) à ≈ 4,5 millions (se déclarant pratiquants), dans un pays où ~20 millions se déclarent catholiques au total. La tendance générale depuis les années 1960 est une forte baisse de la pratique régulière, accompagnée d’un recul de l’appartenance chez les jeunes. Cairn.info+4Insee+4Insee+4

Quelques interprétations

Marguerite Rousselot de StMHlM a abordé ces questions en 2022 :

On peut avancer quelques explications sur le déclin du catholicisme[5] en France et sur la situation actuelle :

  • La décroissance est un processus de longue durée, ni linéaire dans le temps ni homogène dans l’espace, mais il s’est accéléré dans les années 60, un véritable krach lié à la sociabilité des baby-boomers. Le concile et les positions de l’Église sur la vie morale et l’intime ne l’ont pas créé, mais l’ont accéléré.
  • Le vieillissement de la génération d’après-guerre et la profonde transformation culturelle ont provoqué l’effondrement de la participation aux rites religieux. Avant, les enfants étaient nombreux ; la modification de la pyramide des âges s’est accompagnée de la diminution de la participation aux rites de passage[6], les obsèques religieuses étant encore souvent demandées, mais elles sont concurrencées par les rites civils, et notamment par la crémation.
  • Le fossé des années 60 s’est élargi avec la transmission de cette rupture aux générations suivantes.
  • Plus récemment, la crise du COVID et les vives réactions aux abus, à leur ampleur et aux attitudes de l’Église ont pesé dans le non-retour dans les églises.
  • Les milieux ruraux ont été atteints les premiers (cf. le nombre d’églises vides et la montée de la sensibilisation à ce petit patrimoine). Les milieux urbains, du fait de la densité de population et en dépit de la déchristianisation plus forte, ont fait de la résistance.  Aussi, en 1992, les évêques ont-ils utilisé un terme très pudique, « réaménagement pastoral », pour enclencher une réorganisation drastique[7]. Il a fallu attendre 2025, pour que le diocèse de Paris y soit obligé.
Célébration d’adieu à Gérard Wybo, 10 novembre 2021 © J2M

Éléments de prospective

Le rassemblement des données fourni par ChatGPT s’achève avec deux graphiques très éloquents, le premier sur l’évolution du catholicisme en France entre 1960 et 2025, et le second sur les projections.

ChatGPT conclut par une question cachant un humour involontaire : « Souhaiteriez-vous que j’ajoute un scénario alternatif (par exemple : stabilisation à partir de 2035 ou léger rebond démographique lié à l’immigration et aux conversions) pour comparaison. »

Suite dans de prochains articles

Cette invitation de l’IA est fort sympathique, mais des articles sur le site dans les prochaines semaines déplaceront la thématique en prenant une douzaine de grandes questions de prospective intéressant directement la communauté de Sant-Merry Hors-les-Murs. Les réflexions sur le cinquantième anniversaire pourraient peut-être s’enrichir en prenant d’autres chemins.

À suivre disaient les feuilletons ou maintenant les séries.

Michel Micheau

NDLR : En attendant la suite dans d’autres articles, nous diffusons un commentaire de Jean-François Barbier-Bouvet, suivi de la réaction de Michel Micheau, que vous pouvez lire ci-dessous ou en cliquant ICI


Morag Myerscough. A NEW NOW, Le Socle et Saint-Merry, 21 juillet 2020 © J2M

[1] « Au bout du compte, être majoritaire ou pas n’a d’importance que relative et passagère. Il s’agit bien plutôt de se découvrir non pas minoritaires mais mineurs, en tant qu’enfants du Père des cieux. Et ce n’est pas l’élite d’une petite confrérie cooptée qu’il œuvre sans cesse à rassembler, mais une fraternité à sa mesure infinie » p. 126. Cité par Mgr Pascal Wintzer, Archevêque de Poitiers

[2] Cependant, les évêques ne se désintéressent pas de ces questions comme l’atteste une étude sur la pratique des jeunes en 2020.

[3] En Allemagne, les autorités religieuses tiennent une comptabilité précise car l’affectation d’un impôt obligatoire est un grand enjeu.

[4] Les chercheurs Gabriel Lebras et Fernand Boulard raisonnaient en termes de cercles concentriques de fidèles par ordre de motivation décroissante : les fervents ou pratiquants réguliers, les occasionnels de type 1 (allant à la messe de temps en temps ou pour les grandes fêtes) et de type 2 (lorsque les cloches sonnent pour eux : baptêmes, mariages et bien sûr obsèques pratiquées à 70% en 2013, donc beaucoup moins désormais).

[5] Guillaume Cuchet. Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ? Essais. Le Point. 2023

[6] Dans les années 60, 94% de la population était baptisée dans les trois mois contre moins de 30% dans les sept ans aujourd’hui.

[7] Marguerite Rousselot mentionne un graphique éloquent sur la chute spectaculaire du nombre de prêtres.

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  1. Nous relayons ici la réaction de Jean-François Barbier-Bouvet à cet article :
    « 29 % de catholiques… ? »
    À propos d’un article de Saint Merry hors les murs du 12 novembre 2025

    Le fait de soumettre à Chat Gpt une question d’ordre sociologique complexe me pose problème.
    La sociologie religieuse est suffisamment développée en France pour qu’on puisse s’appuyer sur ses travaux et ses hypothèses, et pas seulement sur une lecture positiviste de statistiques d’origine variable.

    Trois remarques
    1. Quantitative : Si la tendance générale (baisse de l’appartenance catholique, de la croyance en Dieu et de la pratique religieuse) est juste, les chiffres et donc la taille des populations concernées sont inexacts.
    On dispose d’une série d’enquêtes répétées dans le temps, et de sources diverses – sondages privés, sondages publics (par exemple des baromètres européens), recherches universitaires – qui sans toujours aboutir aux mêmes chiffres renvoient toujours aux mêmes ordres de grandeur : aujourd’hui entre 42 et 46 % des français selon les sources, soit un peu moins d’un sur deux, se déclarent catholiques. Et non 29% (chiffre qui, après vérification, est obtenu à partir d’une enquête portant sur les seuls 18-59 ans, qui exclut les 60 ans et plus, dont on sait qu’ils sont beaucoup plus nombreux à être catholiques). Erreur redoublée par l’extrapolation qui est faite à l’ensemble de la population française – 68 millions, nourrissons compris…- et non à la seule population adulte sur laquelle portent toutes les enquêtes.
    2. Qualitative : la pratique de la messe est un indicateur intéressant, mais limité. Surtout si on en reste aux chiffres.
    La notion de régularité est réductive. Ce qui émerge aujourd’hui avec la modernité est un autre rapport au temps dans la relation aux institutions, qu’il s’agisse de la sphère religieuse, syndicale, associative etc. On constate un mouvement de dilution des cycles réguliers et de la ritualisation sociale, au profit d’une logique du sur-mesure : quand j’en ai envie, ou quand l’occasion se présente, ou quand un temps fort advient (personnel dans sa vie, ou collectif dans la société, manif ou JMJ…).
    On aurait tort de penser que parce que la pratique religieuse est irrégulière et moins fréquente elle est désinvestie et reflète une prise de distance ou une relative désaffection. C’est même souvent le contraire car elle est alors choisie et non imposée. Cette religiosité intermittente correspond souvent à un temps investi. On a parlé longtemps des croyants avec leurs périodes de doute ; on pourrait parler aujourd’hui des doutants avec leurs périodes de foi…
    3. Sociétale : la sphère d’influence du catholicisme aujourd’hui, voire son adhésion à ce qu’il représente, ne se réduit pas à l’appartenance de ses fidèles. Plusieurs indicateurs en témoignent.
    . Le contact direct : 59 % des français disent avoir dans leur entourage familial ou amical des « chrétiens pratiquants ou impliqués dans la vie de l’Église ».
    . L’image : 69 % disent avoir une bonne opinion (11% très bonne, 58% assez bonne) des catholiques. En revanche l’opinion sur l’Église catholique elle-même, en tant qu’institution, est sensiblement plus basse.
    . L’action : 56 % pensent que l’Église peut jouer un rôle positif dans la société française dans le domaine de la solidarité.

    1. Thierry d'Auzon says:

      N’oublions pas que les requêtes par l’IA consomment environ 5 fois plus de Co2 que les autres requêtes sur internet.
      Il y a déjà trop de victimes du climat.

  2. Et nous relayons également la réponse de Michel Micheau, auteur de l’article, au commentaire de Jean-François Barbier-Bouvet :
    Au-delà d’une querelle de chiffres.
    L’article initial « Combien de catholiques en France ? » https://saintmerry-hors-les-murs.com/2025/11/12/combien-de-catholiques-en-france/ part d’un contexte et de trois interrogations :

    Un contexte :
    L’IA est une révolution ambivalente à laquelle la communauté de StMHlM prête trop peu d’attention. Le cinquantenaire ne serait-il pas un temps où l’on peut se poser des questions d’avenir ?
    Trois questions :
    • Pourquoi l’excellente série d’Isabelle de Gaulmyn sur France culture (https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-catholiques-de-france-la-tentation-radicale) omet-elle toujours d’aborder les aspects quantitatifs du monde catholique en France, sauf au travers d’un 6 % lâché subrepticement ?
    • Où aller chercher cette information ?
    • Quelles sont les institutions qui comptent les catholiques et comment procèdent-elles ?

    Faut-il être sociologue des religions pour accéder à cette information que l’on imagine facilement accessible dans un monde où Internet est un outil de travail ouvert à tous ? Pourquoi les institutions catholiques n’assurent-elles pas ce service, pas plus que la presse spécialisée ?

    Alors, pourquoi ne pas interroger ChatGPT en faisant extrêmement attention.
    • Toute réponse obtenue dépend de l’énoncé de la question et du nombre de caractères demandés en réponse. Il est fort possible qu’en reformulant autrement la question on obtienne une réponse différente, a fortiori avec une autre IA…
    • La deuxième condition était d’exiger de nommer les sources utilisées permettant d’aboutir aux conclusions de la réponse ; ChatGPT l’a fait.
    • Le troisième élément de réflexion résidait dans le repérage des « raisonnements » de l’IA.

    Je ne me permettrai pas de critiquer la réponse de JBB, mais je souhaite formuler quelques remarques.
    1) Tout échange est construit sur un système de confiance et, quand on aborde des aspects quantitatifs, sur les données utilisées. Quand l’INSEE affirme noir sur blanc qu’il y a 29% de catholiques. Je pense que ce chiffre est fondé sur des méthodes. Je fais confiance à cet organisme.
    Quand JBB dit qu’il y en a 42 à 46%, je ne sais pas quoi dire, hormis lui accorder ma confiance dans son raisonnement. Mais l’écart étant si grand entre les deux résultats, je m’interroge fortement sur les méthodes utilisées et surtout sur l’absence de débats autour de cet écart. Dates des études (comme tout s’accélère, des études de 2025 ne donnent pas les résultats obtenus en 2012), population étudiée (effectivement, ne pas tenir compte des plus de 60 ans pose problème dans une étude de l’INSEE pourtant rédigée par 3 chercheurs), aspects sociaux ou territoriaux, etc. « À qui profite le crime ? » Le site de la conférence des évêques et les sites des diocèses ou des paroisses accordent plus d’importance publique à la collecte du denier du culte (probablement en utilisant la mémoire positive pour le catholicisme avant Noël ) qu’au nombre de messalisants. Ces chiffres existent bien par paroisse et sont à la base du regroupement généralisé de ces dernières. Mais ils sont précieusement gardés par l’institution.
    2) Qualitatif : Je ne peux qu’être d’accord avec JBB sur la question des indicateurs de la pratique. Mais le raisonnement de ChatGPT pour classer les cathos (sans oublier la note en bas de page sur les « ancêtres de la sociologie religieuse) m’a semblé clair et surtout quantifié, les écarts des ordres de grandeur étant intéressants. J’aimerais savoir comment quantifier la diversité des groupes de cathos mentionnée par JBB. D’ailleurs, Isabelle de Gaudemyn ne s’y est pas engagée dans ses quatre émissions.
    3) Le sociétal. Ce n’était pas le sujet de l’article initial, mais la dernière partie de la réponse de JBB me semble intéressante. Sur un sujet aussi sensible, la date des enquêtes et le suivi des résultats me semblent importants et doivent être rapprochés d’autres indicateurs. La France est encore liée au catholicisme, d’une manière ou d’une autre, et les « enterrements à l’église » se portent bien. Il faut toutefois interpréter la hausse du nombre de baptêmes avec prudence, étant donné qu’on sait que les personnes baptisées ou les familles s’éloignent rapidement ou pratiquent de manière aléatoire. La disparition de la population des Trente glorieuses ne signerait-elle pas la fin d’un certain catholicisme « de masse », facile à évaluer ? Par ailleurs, de quoi la courbe des ordinations est-elle porteuse ? Le « festival des poussières » sortira-t-il de dessous le tapis ?
    L’image positive du monde catholique mentionnée par JBB est-elle le terreau d’une pastorale féconde ? On peut en effet s’interroger sur les différents segments de ce catholicisme.

    Ainsi, plus fondamentalement, ce catholicisme d’aujourd’hui doit être mis en rapport avec les évolutions politiques et idéologiques. Faute d’avoir gagné « la manif pour tous », des groupes économiques et idéologiques de droite engagent un combat culturel par les médias et par de nouvelles initiatives sociales. Ainsi en va-t-il de la dernière initiative des mouvements conservateurs, l’Observatoire français du catholicisme. Sa transparence, l’appel à des chercheurs et sa scientificité méritent d’être questionnés. Se décompter devient un acte politique et s’intègre dans une visée bien plus large.
    Il faudra suivre aussi attentivement les sondages et les résultats des prochaines élections
    Le futur du catholicisme aura un tout autre aspect que celui que les Saintmerryens ont contribué à construire et aimeraient préserver.

    Les données sur les effectifs de StMHlM, qui ont été divulguées dans un autre article (https://saintmerry-hors-les-murs.com/2025/11/21/questions-de-prospective-notre-age-un-exercice-de-lucidite/), sont brutales et vont plus loin que les statistiques nationales. Il faut les considérer comme un terrain intéressant pour bâtir, sous certaines conditions, une pastorale qui sera nécessairement éloignée de la précédente, rien que par les chiffres.
    Il faut remercier le site de StM HlM d’avoir ouvert un « dialogue statistique » !

    Michel Micheau

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