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Dimanche 8 février 2026. « Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche »

Célébration à Notre-Dame d’Espérance

Accueil

Bonjour et bienvenue à chacune et chacun de vous dans cette célébration.
Lundi, le groupe Écologie de Saint-Merry Hors-les-Murs était présent à la préparation de cette célébration pour partager ses questionnements et ses engagements. Les textes insistent pour donner priorité aux pauvres et à nos semblables… car alors « devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche » nous dit Isaïe. Se donner comme sel de la terre, porter la lumière et non tout garder pour soi : ce n’est pas selon la sagesse humaine, qui veut stocker et amasser, mais selon l’Esprit et la puissance de Dieu, comme nous le dit Paul. Laudato si’ est de la même veine avec l’idée force d’écologie intégrale qui propose de se préoccuper de notre prochain en commençant par le plus fragile et de respecter la nature et ses ressources comme notre bien commun. Sinon, le sel est affadi, et nous sommes piétinés par la vie que nous produisons : asservissements, famines provoquées, drogues et guerres.
Le groupe Écologie vous propose, et vous avez pu le lire dans le flash de vendredi dernier, à l’occasion des élections, de réfléchir sur ce qui motive nos choix pour agir dans ce sens.
Entre la sagesse des hommes et la puissance de Dieu, dont nous parle saint Paul, quel est notre chemin ?

Michel

Livre du prophète Isaïe (58, 7-10)
Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici ». Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Partage

Dans nos vies aujourd’hui, quelles sont les lumières que nous voyons briller ? 
Quelle est la justice que nous mettons en avant de nous, sans nous dérober ?
Que voyons-nous autour de nous qui contribue à un monde plus juste ?

Lecture de la Première lettre de Paul aux Corinthiens (2, 1-5)
Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Alléluia (Schütz)

Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu (5, 13-16)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Chant : Tu nous as demandé

Photo Kampus Production sur Pexels

Paroles : A. Cabantous – Musique : L Boldrini

Tu nous as demandé pour les siècles des siècles
De porter la lumière pour éclairer les nuits
Tu nous as demandé pour les siècles des siècles
D’être sel de la terre pour relever la vie.


Notre flamme s’éteint si nous vivons cachés
Et devient cette cendre où rien ne peut germer.

Le goût du sel se perd à l’eau de nos chagrins
Alors que le vieux monde nous espère levain.

Notre flamme s’éteint et meurt sous le boisseau
Quand nos lèvres muettes ne forment plus les mots

Le goût du sel se perd dans les peurs de ce temps
Qui masquent ton royaume aux yeux des innocents.

Résonance

Il est difficile de partager la richesse de l’échange que nous avons eu lundi dernier lors de la préparation de cette célébration. Il a fallu choisir.

Le passage de l’évangile de Matthieu lu aujourd’hui est la suite directe du texte des Béatitudes de dimanche dernier. Ils se lisent ensemble. Les deux autres textes du jour, d’Isaïe et de Paul, viennent en appui de cette double lecture en continuité, d’un dimanche à l’autre.

Je voudrais mettre en avant la dimension vraiment politique, au sens le plus noble du terme, de cet enchaînement. En politique il faut un programme – c’est le texte des Béatitudes ; ensuite il faut le mettre en œuvre, entendre l’appel à se mettre en marche pour l’appliquer. C’est l’évangile de ce jour. Les deux autres lectures nous font comprendre ce qui fonde ce programme, ce qui permet et nourrit la mise en mouvement.

Comme le dit Paul, il ne s’agit pas de chercher le prestige du langage ou de la sagesse, l’arrogance. Il s’agit d’être une humble lumière pour les autres, en lien avec la promesse d’inclusion et de partage des Béatitudes.

Et qui est reprise par le prophète Isaïe qui nous invite à aller au bout du dérangement de nos habitudes et de nos dépendances, invitation à devenir sel de ce monde, qui donne du goût et qui conserve : « si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres ». Est-ce que ce ne sont pas, précisément, nos désirs qui sont les moteurs du modèle économique de nos sociétés dites « avancées » ? Désir de consommation, désir de possession, désir du progrès comme une fuite en avant d’innovation technologique et extractiviste, dans un mode de vie incompatible avec les limites de notre maison commune. J’ai en tête une interview de Bernard Arnault, un parmi les plus riches des plus riches, qui expliquait que le moteur de la croissance de son groupe, c’était le désir qui nourrit l’appétit apparemment insatiable pour les produits de luxe.

S’il n’y a pas ce dérangement et cette mise en marche, alors le sel devient fade. À quoi servent les Béatitudes, si les chrétiens ne s’en saisissent pas ? Être le sel de la terre c’est s’engager à porter cet évangile, le mettre en avant. Le sel nous est donné en abondance mais il faut un dur labeur pour le récolter dans les marais salants ou pour le chercher dans les mines. C’est bien pourquoi on ne peut pas le laisser s’affadir ou le perdre.

Deux discours s’opposent : celui des Béatitudes que complète et réalise l’évangile de ce jour ; mais aussi le discours des plus forts, caché dans l’ombre, qui n’est pas dans les textes du jour, sinon par son absence. Face au cri de la terre, c’est le discours de la force, du pouvoir.
Face à cela, dans l’encyclique Laudato si’ le pape François appelle à une écologie intégrale : écologie environnementale, économique et sociale ; écologie culturelle ; écologie de la vie quotidienne. L’écologie étant, étymologiquement, logos, une étude, un discours, et oikos, l’habitat, c’est-à-dire une étude, un discours sur l’habitat, sur le milieu qui nous porte, nous fait vivre. Certains l’appelle Gaia. Discours qui ne saurait se limiter à un discours sur l’environnement ou la nature même s’il l’englobe. Écologie intégrale que François disait inséparable du bien commun dont la réalisation effective, je cite, « exige de considérer avant tout l’immense dignité du pauvre à la lumière des convictions de foi les plus profondes », entendant à la fois le cri de la Terre et celui des plus démunis.

C’est pourquoi les textes de ce jour sont profondément écologiques.

J’en viens alors au sens de la messe que nous célébrons ensemble : comme Paul nous sommes humbles, (notons que ce mot a la même racine que humus, le sol dont nous sommes tirés), nous sommes « dans la faiblesse, craintifs et tout tremblants ». Et finalement nous sommes envoyés en mission à l’issue de la messe où tout s’accomplit. L’Esprit se manifeste, le Seigneur ferme la marche, pour nous pousser, nous accompagner. Notre justice doit marcher devant. Elle vient de nos actions, des pas que nous faisons. À notre célébration, nous apportons le monde, et nous repartons avec la possibilité d’un monde divinisé, dont il ne tient qu’à nous qu’il prenne chair dans la réalité.

C’est notre responsabilité. Et je conclurai en reprenant les premiers mots du livre de la Sagesse : « Aimez la justice, vous qui gouvernez sur la terre ! » et le psaume de ce jour : « L’homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture. »

Jean-Baptiste

Prière Universelle

Refrain : Laudato si

(Lectures des réponses au Partage sur les lumières que nous voyons briller et qui contribuent à un monde plus juste)

  • Les lumières de justice autour de nous
  • L’évolution de l’association Habitat et Humanisme vers toujours plus d’humanisme, présentée lors du débat Les mille chemins de l’engagement
  • Le succès du film Le chant des forêts
  • Les choix professionnels engagés des jeunes
  • La préparation au mariage civil par une association présente dans certaines mairies
  • Une amie dont la porte et la table sont toujours ouvertes
  • Les mouvements de protestation des Américains de Minneapolis ou des Iraniens
  • L’engagement d’Amnesty international dans l’écologie et l’environnement (notamment contre les torchères en Colombie)
  • De très jeunes filles (14 et 18 ans, )en Équateur, luttent ensemble pour stopper la pollution sur leurs terres par les entreprises pétrolières avec les torchères : gaz toxiques dans l’atmosphère, eau contaminée provoquant de nombreux décès dans leurs familles.
  • Les associations de Seine-Saint-Denis qui soutiennent le vivre ensemble intergénérationnel   
  • Une rencontre sur l’écologie dans le groupe d’alphabétisation, avec des regards très différents du nôtre
  • La lutte contre les néonicotinoïdes, soutenue par la presse, contre une loi scélérate

Prière eucharistique

Sanctus (C 178)

♫ Anamnèse (C 72)

Aujourd’hui nous célébrons Jésus Christ
venu en notre chair. Amen.
Mort sur le bois de la croix. Amen.
Ressuscité d’entre les morts. Amen.
Et nous l’annonçons, nous l’annonçons,
jusqu’à ce qu’il revienne. Amen.

Notre Père

♫ Agnus (G. Jacob)
Ensemble, recevons ce que nous sommes, Corps du Christ
Ensemble, devenons ce que nous recevons, Corps du Christ, Alléluia, Amen

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Photo de Ben O Bro sur Unsplash

Chant : Vivons en enfants de lumière

Vivons en enfants de lumière 
sur les chemins où l’esprit nous conduits :
que vive en nous le nom du Père !


L’heure est venue d’affermir votre cœur !
Voici le temps d’espérer le Seigneur !
Il est tout près, il vous appelle.
Il vous promet la vie nouvelle.

L’heure est venue de courir vers la vie !
Voici le temps de trouver Jésus Christ !
Il est présent parmi les pauvres.
Il vous précède en son Royaume.

Prière et bénédiction finale

Annonces

Lundi 9 février à 19 h : préparation du partage de la Parole du dimanche 15 février

Prochaines célébrations :
Samedi 21 février à 18 h, Messe en Plein Monde, chapelle Notre-Dame des Anges
Dimanche 8 mars à 18 h, église Notre-Dame d’Espérance

  1. Monika Sander says:

    Merci, j’apprécie mais je suis triste car je ne peux pas me déplacer. Il y a très peu de célébrations en visio???
    Fraternellement Monika

Répondre à Blandine AyoubAnnuler la réponse.

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