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Retour ? Certes, mais autrement !

Maguy S. nous partage son long cheminement du rejet de l’institution Église à l’accueil de sa diversité et d’une vérité qui n’appartient à personne. Chemin d’humilité et d’accueil de tous, y compris d’elle-même dans sa singularité.

Je les ai fréquentés avec bonheur et assiduité, tous ces révolutionnaires de la foi en l’Évangile ces destructeurs d’une Église marâtre, bien plus prête à condamner qu’à prêcher l’amour infini de son maître et Seigneur, profitant de sa puissance dominatrice pour permettre à certains – bien trop nombreux – de ses clercs de détruire des petits qui leur étaient confiés.

Alors avec eux, mes nouveaux amis, pendant des années, j’ai rejeté cette institution Église, si peu en phase avec l’Évangile.

Et puis, un jour, j’ai pris conscience qu’en restant avec eux, mes amis pourtant chers, je m’installais, toujours avec eux, dans une entreprise systématique de démolition, qui, peu à peu remplaçait ou s’éloignait – je le vivais profondément – d’une essentielle construction spirituelle.

Dénoncer des manques et de graves abus devenait plus important qu’une recherche d’approfondissement de la foi commune reçue à notre baptême. Alors, dans une sorte de difficile tentative de reconstruction, qui nécessitait un éloignement d’amis pourtant chers à mon cœur, j’ai pris pleine conscience de mon incapacité à fonctionner en solo. J’ai donc traversé une difficile période de perte d’équilibre, comparable à ce que ressent le vieillard qui passe une partie de son temps à redouter une chute destructrice.

Mains reliées
Photo Wylly Suhendra sur Unsplash

Peu à peu, j’ai compris que ce qui me manquait le plus était une forme d’humilité que j’avais hélas, oubliée, envahie par l’assurance que nous et nous seuls devenaient porteurs de Vérité : j’avais oublié, dans cette rage destructrice qui nous habitait, remplie d’une sorte de suffisance, tous ceux qui avant nous, et depuis plus de deux mille ans, avaient et continuaient humblement à donner leur vie pour leur foi.

Alors, rejetant les « redécouvertes » de Jeshouah le nazaréen en lieu et place du Christ, des chrétiens, remplaçant, dans une recherche purement intellectuelle, les simples chrétiens que nous étions, je suis revenue vers mon Église, vers ses célébrations, certes obsolètes, mais qui nous permettait de prier tous ensemble avec un dénominateur commun : prier différemment, mais tous ensemble, un Dieu en trois personnes. J’ai cessé de penser que mon approche du Divin était supérieure à celle des autres, en participant au repas du Seigneur que beaucoup cependant préféreraient tellement plus proche de la Cène.

Petite église dans la campagne
Chapelle, photo AC Carraz

À presque 94 ans, en fin de parcours, ce n’est sûrement pas la peur qui me fait continuer à fréquenter l’institution Église… Plutôt, le souvenir de ce joli conte : Dieu tenant dans ses mains La Vérité, l’a laissé tomber. Elle s’est brisée en des millions de morceaux. Chacun de nous, en en ramassant un débris, aurait tort de supposer qu’il tient dans ses mains, LA VÉRITÉ dans son entier.

Maguy S. , entre Pâques et Ascension 2026

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