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Ces catholiques qui sauvent l’honneur

Alors que la Conférence des évêques de France refuse toujours de dialoguer avec les Juifs de paix, des cardinaux, évêques et prêtres du monde entier, fidèles aux principes énoncés par les papes François puis Léon, s’élèvent contre le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie.

Plusieurs responsables catholiques ont exprimé publiquement leur horreur face au génocide en cours à Gaza et au nettoyage ethnique en Cisjordanie : citons entre autres le cardinal Ambo David, président de la conférence des évêques des Philippines ; le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; le cardinal-archevêque de Bologne Matteo Zuppi, président de la conférence épiscopale italienne ; le cardinal-archevêque de Naples Domenico Battaglia ; le cardinal-archevêque de Rabat Cristóbal López Romero ; le père David Neuhaus, ancien supérieur des jésuites en Terre sainte ; etc. Derniers engagements marquants, dans le sillage du réseau « Preti contro il genocidio » (Prêtres contre le génocide) : le cardinal-archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco et plusieurs responsables catholiques africains.

Cardinal JP Vesco

Dans une interview du 25 août 2026 à Ad Vaticanum – site indépendant spécialisé dans l’actualité vaticane et la gouvernance de l’Église catholique –, Jean-Paul Vesco, cardinal-archevêque d’Alger, accuse Israël de poursuivre une « logique génocidaire » visant à « faire disparaître le peuple palestinien en tant que réalité politique et territoriale ».

Le cardinal Vesco rappelle que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’oppose à la solution à deux États depuis plus de vingt ans et que l’expansion des colonies israéliennes a progressivement sapé la possibilité d’un État palestinien.

Il révèle que lors du récent Consistoire, le pape Léon XIV a exhorté les cardinaux à soutenir ses efforts pour s’opposer à la guerre : « Soutenez-moi, soyez avec moi dans cette bataille contre la guerre ». Selon le cardinal Vesco, l’appel du pape est dirigé, au-delà de l’activité diplomatique du Saint-Siège, vers l’Église catholique au sens large : « Il ne s’agit pas seulement de savoir ce que le Saint-Siège peut faire diplomatiquement, dit-il. Imaginez un milliard et demi de fidèles qui diraient tous ensemble ”Assez !” ».

Le cardinal-archevêque d’Alger se dit préoccupé par le fait que la communauté internationale traite de plus en plus la puissance militaire comme la principale mesure de la force nationale. Il déplore la croissance des dépenses en armements et le développement de l’intelligence artificielle aux côtés de la course aux armements. « Les plus forts sont ceux qui possèdent les plus grandes armées. Aujourd’hui, la puissance militaire devient le facteur déterminant. » Il avertit : « La course aux armements, combinée à l’intelligence artificielle, nous mène peut-être vers la fin du monde. »

Concernant Gaza, Jean-Paul Vesco s’appuie sur sa propre expérience du conflit israélo-palestinien, ayant vécu à Jérusalem pendant deux ans et visité Gaza à plusieurs reprises pendant l’Intifada. Il rappelle avoir connu des points de contrôle et avoir été témoin de l’humiliation qu’ils représentaient. « Aujourd’hui, c’est bien pire », constate-t-il.

Le cardinal fait valoir que les obstacles à l’État palestinien sont antérieurs aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Il souligne que sa critique vise la direction politique de l’État d’Israël et non les Juifs en général. « La solution à deux États, Netanyahou n’en veut pas depuis plus de vingt ans. »

Il attribue l’érosion des perspectives d’un État palestinien à une stratégie poursuivie au fil des décennies par l’expansion des colonies israéliennes (« Des colonies, des colonies, encore des colonies »). « Le résultat, c’est que vous n’avez plus d’État, vous avez un archipel. »

Il décrit néanmoins les attaques du Hamas du 7 octobre comme un acte de terrorisme : « Il ne peut y avoir d’ambiguïté à ce sujet ». Dans le même temps, il déclare que la réponse israélienne est disproportionnée, et que l’affaiblissement du Fatah, membre de l’Organisation de Libération de la Palestine, et d’autres groupes qui ont recherché la paix, a aussi contribué à la situation actuelle.

Interrogé sur la question de savoir si la situation à Gaza peut être qualifiée de génocide, le cardinal Vesco répond « oui ». Pour lui, la question implique à la fois le déni de la possibilité que le peuple palestinien existe en tant qu’entité politique et territoriale, et la destruction physique à grande échelle des Palestiniens. Il tient à distinguer le terme de génocide de celui d’Holocauste, qu’il décrit comme un événement historique unique. « Le fait que les deux choses soient incompatibles ne signifie pas que nous ne pouvons pas parler de génocide », ajoute-t-il. « Chaque processus colonial contient une composante potentiellement génocidaire, et il est clair que la Cisjordanie fait partie du projet du Grand Israël. »

Le cardinal Vesco déclare que les autorités israéliennes ont été empêchées d’entreprendre certaines actions grâce à la surveillance internationale, mais qu’aujourd’hui elles ont l’impression de « bénéficier d’une sorte de couverture ». Il indique qu’une opposition « d’Israéliens indignés » existe en Israël même, qui s’opposent au cours actuel mais dont les voix ne sont pas suffisamment entendues. « Ce sont eux qui sauvent l’âme d’Israël. » Sur ce point, il se réfère au théologien allemand Dietrich Bonhoeffer et à d’autres Allemands qui ont résisté à Hitler – tout en rejetant la comparaison entre Hitler et Netanyahou (la comparaison concerne ceux qui résistent aux actes répréhensibles de ceux qui sont au pouvoir et non les dirigeants eux-mêmes). Lire :
https://advaticanum.com/article/cardinal-vesco-accuses-israeli-leadership-of-pursuing-genocidal-logic-in-gaza/

Pax Christi – ONG autonome consultante auprès de l’ONU, de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe, reconnue par l’Église catholique pour accomplir sa mission de paix – rapporte que des cardinaux et des prêtres africains exigent la fin des violences en Terre sainte et dénoncent le génocide à Gaza.

Stephen Brislin, par Agenzia Fides – Africa/Sudafrica
CC BY SA 4.0

Dans une déclaration commune du 8 août 2026, des membres du clergé catholique d’Afrique du Sud, du Nigéria, du Zimbabwe, du Cameroun, du Sénégal, du Mali et de l’Ouganda – dont le cardinal sud-africain Stephen Brislin – affirment que les politiques et les actions du gouvernement israélien à Gaza constituent un génocide et appellent à une mobilisation internationale d’urgence. Ils invitent les responsables religieux à rejoindre le réseau mondial « Priests Against Genocide » (Prêtres contre le génocide) dont sa branche africaine ‘Priests Against Genocide – Africa’ (PAGA).

S’appuyant sur l’expérience africaine en matière de guerre, de déplacements de populations et d’apartheid, les signataires affirment que leur histoire les conduit à reconnaître les mêmes schémas en Palestine. Ils citent notamment la déclaration de Nelson Mandela en 1997, selon laquelle la liberté de l’Afrique du Sud est incomplète sans celle de la Palestine, ainsi que les conclusions de la Cour internationale de Justice (CIJ) et d’organisations de défense des droits humains qualifiant les politiques israéliennes d’apartheid.

L’appel se fonde sur les Écritures et la doctrine sociale de l’Église catholique ; il précise que la condamnation vise le gouvernement israélien et ses politiques – et non les Juifs ou le judaïsme – et condamne « sans réserve » le meurtre de civils et la prise d’otages perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023.

Les signataires réclament : la fin immédiate du génocide à Gaza et des violences en Cisjordanie, avec un accès humanitaire total ; l’arrêt des déplacements forcés en Terre sainte ; la coopération avec les mécanismes judiciaires internationaux ; la suspension des transferts d’armes et de technologies de surveillance susceptibles d’être détournés de leur usage ; un examen éthique des investissements connexes ; l’obligation de rendre des comptes et des réparations pour les personnes affectées ; un avenir politique fondé sur l’autodétermination palestinienne et sur l’égalité, la sécurité et la dignité tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens. Ils adressent le même appel aux gouvernements africains, insistant sur le fait que le droit international doit s’appliquer de manière égale aux conflits au Soudan, au Soudan du Sud, dans l’est de la République démocratique du Congo et dans la province de Cabo Delgado.

Signataires au nom de Prêtres Contre le Génocide – Afrique (PAGA) :

Cardinal Stephen Brislin (Afrique du Sud)- Père Kufre Afangide, SPS (Nigeria)- Père Matthew Charlesworth, SJ (Zimbabwe)- Père Hans-Joachim Lohre, MAfr (France/Mali)- Père Bonaventure Mashata, MAfr (Afrique du Sud)- Père Mokesh Morar (Afrique du Sud)- Abbott Magloire Nkounga Tagne (Cameroun)- Père Peter-John Pearson (Afrique du Sud)- Père Joseph Sene OMI (Sénégal)- P. John Wababa (Ouganda).

On peut lire aussi :
https://forms.gle/WH66Tzqa6KgKzyra8

https://www.indcatholicnews.com/news/55707

Texte intégral (anglais ou français) sur demande à : baudoin-laurent@wanadoo.fr

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