Aimer, priorité absolue, seule ligne de conduite sans dérogation ! Aimer : un appel positif et dynamique à vivre sans compter, seul avenir possible et respectable des personnes humaines ! Voici l’essentiel de la Parole de ce dimanche
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Bonjour à toutes et à tous, soyez les bienvenus à cette célébration ! Que vous soyez de Saint-Merry Hors-les-Murs ou d’ailleurs, chez vous, seul, en famille, ou en groupe, nous sommes très heureux d’être rassemblés aujourd’hui par le biais de cette vidéo et de la foi qui nous anime.
Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à aller à l’essentiel : Le Livre de l’Exode, nous montre un Dieu qui prend soin des plus fragiles. Il nous montre que l’amour et la justice ne sont pas de grands concepts, mais des gestes très concrets de tous les jours.
Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus répond aux pharisiens en résumant toute la Loi et les Prophètes :« aimer Dieu de tout son cœur, et aimer son prochain comme soi-même ».
En ces jours tourmentés : aimer son prochain ? Quelle question ! Celui qui a vandalisé la pharmacie du coin de la rue ? Qui a brûlé la brasserie du quartier ?
Même nos évêques sont montés au créneau cette semaine.
« Le défi de l’Église est de faire communion en son sein, mais aussi de l’élargir au reste de la société. Au niveau politique, il faut un langage différent, qui appelle à la réconciliation, même si ce discours semble inaudible aujourd’hui. » dit Mgr Guérin évêque de Limoges, après avoir pris part à la marche des élus place de la République, au lendemain de l’incendie de la mairie de sa ville.
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, « condamne avec fermeté les exactions commises à travers la France », mais ne veut pas oublier « les inquiétudes des jeunes face à un avenir incertain ». Le jeudi 15 octobre, il avait rencontré 35 lycéens du service public.
Enfin, Mgr Laurent Ulrich a peine à croire que « la même ville qui a accueilli dans la joie et la concorde le Pape Léon XIV, a pu devenir le théâtre de telles violences ».
« Aimer son prochain comme soi-même », quel défi !
Demandons à l’Esprit de nous éclairer, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit
Claire B
📖 Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu (22, 34-40)
En ce temps-là, les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »
♫ Méditation musicale
Amour pour amour (instrumental Robert Lebel)

Résonance
Arrêtons-nous sur cette phrase si connue, un pilier fondateur du christianisme : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Depuis la nuit des temps, les êtres humains ont des sentiments les uns pour les autres, pour préserver le groupe et vivre ensemble dans les meilleures conditions, on est plus heureux quand on aime !
Notion qui s’est approfondie, comme nous l’entendrons dans le passage de l’Exode : que les besoins élémentaires de chacun soient assurés. Jésus insistera : « comme toi-même ». Nous sommes tous différents, et selon les circonstances, il y a une infinité de façons de l’entendre. Dès le moyen âge, les chrétiens ont ouvert des hospices et des universités, les moines offraient vivres et couvert aux itinérants, Vincent de Paul crée l’accueil anonyme des bébés abandonnés, etc. En même temps, par amour, ont été pratiqués quantités d’actes aujourd’hui difficiles à admettre, tels le bûcher ou la correction des enfants…
Pour moi, aimer l’autre comme moi-même, c’est essayer de l’écouter avec empathie, ne pas le juger ni penser pour lui, respecter avec bienveillance celui que je ne comprends pas…
Aujourd’hui, des études mettent en évidence les dégâts engendrés, non seulement par la maltraitance, mais aussi par les empêchements à être soi, au mieux, soucis qui n’existaient pas hier, mais qui sont sans doute à l’origine de bien des difficultés des adultes : avoir été mal aimés, non respectés.
Et quand, aujourd’hui, l’anxiété, le mal-être sont omniprésents dans le monde, comment ne pas penser, que l’efficacité de la technologie a tellement grisé les générations depuis « les trente glorieuses » (l’expression est parlante), que l’on n’avait, que l’on n’a plus le temps d’essayer de bien aimer, notamment les jeunes qui réagissent en ce moment. Ne partageons-nous pas, collectivement, une certaine responsabilité d’abandon ?
Je suis sensible à la théorie de l’enfantisme, au souci du bien être de l’enfant, au respect de ses goûts, de sa personnalité propre. C’est un avenir prometteur de savoir que – si nous le voulons – de nouvelles études permettrons d’améliorer l’amour qui sera proposé.
Et pour nous, comment entendons-nous : « Aime ton prochain comme toi-même ! »
Marie-José D.
Partage
Comment j’entends cette Parole : Aime ton prochain comme toi-même ?

♫ Méditation en musique
Quelques échos du partage
- Aimer son prochain, ce n’est pas la casse, ni le feu aux poubelles ; aimer son prochain, dans ce que j’ai vu, c’est la solidarité, lycéens, étudiants, professeurs et parents pour protéger les jeunes,
- Ce qui m’interpelle, ce qui est fort, c’est le « comme soi-même » car peut-on aimer l’autre si l’on ne s’aime pas soi-même ? S’aimer soi-même donne une certaine sérénité et permet de s’ouvrir aux autres alors que, si l’on est mal avec soi-même, c’est très difficile,
- Pour moi, aimer l’autre comme moi-même, c’est comment moi-même j’aimerais être aimé, accueilli, compris,
- Pour moi, ce n’est pas vouloir faire des clones, c’est accepter l’autre comme il est, avec ses différences et essayer de se comprendre, d’aller au-delà des a-priori,
- Aimer, c’est un verbe actif qui demande de l’audace ; oser aller vers l’autre même s’il ne me reconnaît pas et si je suis si différent, et oser voir dans l’autre quelqu’un qui me ressemble ; c’est une question de regard et de faire le premier pas, qui est toujours assez compliqué (nos blocages, nos peurs, nos propres frontières…)
- Comment nous nous aimons nous-mêmes ? avec sévérité ? avec jugement sur ce que nous faisons ? un manque de tendresse ? Ne pas accepter que nous soyons faible et que nous fassions des erreurs ? Comment nous aimerons-nous nous-mêmes ?
- Il faut parfois aller chercher assez loin la puissance de l’amour lorsqu’on a été « victime » de violence. L’amour du prochain n’est alors pas si évident à retrouver et je pense qu’il faut lier les deux commandements
- Pour moi, cette phrase apporte une nuance entre aimer et se savoir aimer, aimer l’autre pour qu’il se sente aimé ; c’est plus fin que de « donner de l’amour », cela nous met aussi du côté de comment je reçois et comment l’autre reçoit cet amour ; ce n’est pas un paquet qu’on donne l’amour c’est une question de donner / recevoir
- Pour moi, ça commence par cette règle d’or – bien que négative – ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ! Or le propre de Jésus c’est unir Dieu (Dt) et l’homme (Lévitique), le prochain qui est visage de Dieu et frère,
- J’ai n’ai jamais été très à l’aise ni avec le premier, ni avec le second commandement : « aimer son prochain comme soi-même », c’est un peu un paradoxe car aimer ça suppose de se décentrer et « comme soi-même », ça me renvoie à moi-même ; ce qui m’inspire beaucoup plus c’est : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », parce que c’est toute la vie relationnelle de Jésus, c’est aller vers, ce sont des rencontres, des dialogues et ça, ça me parle de Dieu et de mon prochain,
- Le prochain c’est l’étranger, c’est l’immigré, c’est le samaritain et pas le notable ; l’irruption de la violence à laquelle on assiste, ce n’est pas nouveau et c’est peut-être aussi que nous n’avons pas assez aimé ce prochain ? Que nous n’avons pas voulu le voir avant ? Aimer son prochain comme soi-même, en tous cas, ce n’est pas exclure une partie pour en embrasser une autre,
- En vous entendant tous, je me dis qu’aimer son prochain comme soi-même, c’est un acte politique et je suis heureuse qu’hier à Trappes, il y ait eu un rassemblement autour des familles et des élus et que de nombreuses personnes soient venues
- Aimer son prochain comme soi-même, c’est se donner un avenir et donner un avenir à l’autre quel qu’il soit ! Si on range un individu dans une catégorie, cela l’enferme. Dans le contexte dans lequel je suis, en Inde, un ministre a traité les étudiants de cafards et les étudiants ont créé le mouvement des cafards avec résistance et humour, je trouve cela très beau, mais l’enjeu est toujours le même, ne pas fermer les choses s’offrir un avenir
- Aimer son prochain, c’est d’abord reconnaître, comme cela a été dit, que l’autre est un frère ou une sœur dans le Christ. Sans théorie ou politique, qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Quand l’autre est relativement disposé pour l’échange ou plus ou moins indifférent, c’est assez facile de le reconnaître comme frère ou sœur dans le Christ. La difficulté, que je vis au quotidien, c’est lorsque je suis face à des gens qui rejettent, qui sont hostiles ou qui sont violents ; ce n’est pas devant la télévision ou devant des casseurs ; c’est là que la question se pose, chaque jour, pour pouvoir les reconnaître comme frère ou sœur dans le Christ et ce n’est pas facile.
♫ Chant : Laisserons-nous à notre table D577
1-Laisserons-nous à notre table un peu de place à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra un peu de pain et d’amitié ?
R/ Ne laissons pas mourir la terre,
ne laissons pas mourir le feu
Tendons nos mains vers la lumière,
Pour accueillir le don de Dieu (BIS)
2 – Laisserons-nous à nos paroles un peu de temps à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra un coeur ouvert pour l’écouter ?
3 – Laisserons- nous à notre fête un pas de danse à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra des mains tendues pour l’inviter ?
4- Laisserons-nous à nos fontaines un peu d’eau vive à l’étranger ?
Trouvera -t-il quand il viendra des hommes libres et assoiffés ?
Introduction à la lecture de l’Exode
Aimer, priorité absolue, seule ligne de conduite sans dérogation : Jésus l’affirme sans précautions de langage et sans bémols !
Aimer : un appel positif et dynamique à vivre sans compter, seul avenir possible et respectable des personnes humaines !
Mais aimer, ce n’est pas nouveau, c’est déjà ce que « hurle » le Dieu du livre de l’Exode que nous allons écouter maintenant.
Ses paroles vont tenter de faire saisir l’amour que Dieu attend vis-à-vis de chaque personne. L’auteur va le suggérer en évoquant ce que c’est que ne pas aimer quelqu’un. Ce n’est peut-être pas très positif mais cela nous révèle déjà des lignes rouges en deçà desquelles il n’y a pas amour.
Si donc aimer, ce projet de vie proposé par Jésus, nous séduit et nous guide, les exemples évoqués dans ce texte de l’Exode trouveront peut-être un écho en nous.
Ouvrons nos oreilles, notre cœur et notre réflexion !
Jean-Luc L.

📖 Lecture du livre de l’Exode (22, 20-26)
Ainsi parle le Seigneur :
« Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte.
Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi,
j’écouterai leur cri […].
Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts.
Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

Prière universelle
Prions pour la famille de Pengo Bossio Wangi, assassiné à Trappes cette semaine, en nous associant, en pensées, à la marche blanche qui a lieu cet après-midi.
Nous te prions pour les commerçants pillés la semaine dernière comme pour les blessés des manifestations et aussi pour tous ceux qui ont défilé dans le calme.
Seigneur donne-nous la paix.
Anne T.

de l’Architecture et du Design, Oslo
À notre tour, faisons monter vers Dieu nos cris pour le monde et la terre :
♫ Refrain : Entends la voix de ma prière quand je crie vers Toi
Quand je lève les mains, quand j’implore ta présence
- Nous avons été horrifiés par le massacre raciste hier à Trappes et La Verrière. Pour que les représentants des institutions, les personnes des associations qui entourent les familles soient de plus en plus nombreux pour nouer avec elles des liens de fraternité,
- Je voudrais vous confier les jeunes mobilisés qui ont vécu intensément un sentiment de solidarité, un réveil collectif politique assez extraordinaire et se sont retrouvés devant une hostilité nationale terrible et qui prennent conscience que c’est parfois douloureux de grandir. Demandons au Seigneur la grâce de la lucidité, de l’enthousiasme et de l’apaisement,
- Pour tous ceux qui doivent entendre les cris de ces jeunes et trouver des solution de justice et d’apaisement
- Prions pour tous les représentants politiques et pour nous tous qui les avons élus,
- Seigneur aide-nous à trouver les chemins de l’amour et à trouver d’autres moyens que la violence pour lutter contre la violence, car la violence justifie la violence,
- Seigneur, je te rends grâce pour tous nos concitoyens qui sont sortis hier manifester car ils étaient écœurés des innombrables interdictions à manifester ; cela donne de l’espoir de voir nos concitoyens réagir ainsi pour nos libertés
- Le pape François souhaitait une Église aux périphéries ! Nous assistons à un soulèvement des périphéries. L’Église de France n’a pas encore pris conscience de ce qui se passe aux périphéries. Je prie pour que cette Église vive aussi sa conversion,
- Je te prie Seigneur pour que l’on puisse voir qu’à travers ces violences, ce sont des gens malheureux ou mal aimés et qu’ils ne sont pas aussi mauvais qu’ils n’y paraissent. Je crois que c’est par le coeur qu’on arrivera à quelque chose
- Seigneur, entends notre désarroi mais aussi notre espérance autour de tous ces mouvements sociaux. Que nous puissions dans notre communauté réexaminer les objets de notre mission, peut-être plus politiques.
- Je voudrais prier pour nous tous. Pour que nous sachions, chacun, reconnaître notre part de violence avant de pouvoir dénoncer la violence des autres

Notre Père
Quand on n’a que l’amour
Quand on a que l′amour
À s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu′est notre grand amour
Quand on a que l’amour
Mon amour toi et moi
Pour qu’éclate de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on a que l′amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d′y croire toujours
Quand on a que l’amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs
Quand on a que l′amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours.
Quand on a que l’amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours
Quand on a que l′amour
À offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on a que l’amour
À offrir à ceux-là
Dont l′unique combat
Est de chercher le jour
Quand on a que l’amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
À chaque carrefour
Quand on a que l’amour
Pour parler aux canons
Et rien qu′une chanson
Pour convaincre un tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d′aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis, le monde entier

Bénédiction et Envoi
Bon dimanche et bonne semaine.
Nous nous retrouvons lundi à 19 h par Zoom (lien sur l’agenda du site) pour préparer la Rencontre autour de la Parole de dimanche prochain 1er novembre jour de la Toussaint




