Ce livre d’Odile Ponton offre une vue d’ensemble, conduite avec une rigueur professorale. Il stimule le lecteur, qui parfaitement éclairé, peut se situer personnellement devant ce qui est au cœur du message chrétien : la Résurrection

Livre panoramique que l’ouvrage d’Odile Ponton [1]Odile Ponton, agrégée, a eu une carrière de professeure de Lettres classiques et, pendant vingt ans, a animé des Rencontres bibliques.Elle fait partie des Réseaux du Parvis et de l’équipe … Continue reading, Enquête sur les représentations de la Résurrection. Un message pour notre temps, Clairement charpenté, il présente, en quatre parties, les diverses approches de la mort, de l’au-delà, de la résurrection, telles que les civilisations, les cultures, les travaux exégétiques, les penseurs contemporains ont pu les présenter.
Les traditions anciennes
Dans une première partie, Odile Ponton survole rapidement les traditions anciennes des Babyloniens, des Égyptiens, des Romains, puis plus précisément celles des Juifs. Le projet est bien d’abord de voir comment les civilisations ont essayé de rendre supportable l’inéluctable réalité de la mort en élaborant des mythes : sombre vision des Mésopotamiens et des disciples d’Épicure, dans laquelle tout disparaît dans le néant, traditions de l’orphisme, de l’immortalité de l’âme chez les platoniciens. Ces quelques pages d’ouverture se terminent par l’étude de la longue marche interprétative, tâtonnante du judaïsme où l’idée d’immortalité, d’espérance dans une vie après la mort n’apparaît que vers 150 av. J.C., ouvrant la voie aux perspectives du monde chrétien.
La résurrection de Jésus
La deuxième partie du livre, la résurrection de Jésus et la nôtre dans le Nouveau Testament déploie une étude rigoureuse de l’événement tel qu’il se livre dans les lettres de Paul, puis dans les évangiles : exploration minutieuse des textes, des formulations, des traditions, celle du tombeau vide par exemple, confrontation des récits d’apparition selon les quatre évangiles : débarrassée de l’opinion des sceptiques qui ne verraient dans ces visions qu’un phénomène d’hallucination collective, la lecture historico-critique nous aide à décrypter les récits. Mais, même si elle est très utile pour nous libérer de la lecture littérale, pour nous conduire aux portes du mystère, elle se révèle impuissante à nous faire entrer au cœur de celui-ci, foyer incandescent où est née la foi chrétienne. Nous sommes devant un événement inatteignable.
Les textes
Après ce travail exégétique méthodique très précis, devant ce constat d’impuissance, que reste-t-il si ce n’est mettre en évidence les représentations que notre imaginaire a fécondées à travers les seize évocations que des chercheurs contemporains établissent dans cette troisième partie ? L’intention d’Odile Ponton est alors de proposer l’ensemble des textes de la façon la plus neutre pour laisser une totale liberté d’interprétation : lectures plurielles de la Résurrection précédées de l’enseignement de l’Église tel que le catéchisme de l’Église catholique le présente dans une interprétation littérale des textes concernant le tombeau vide et les apparitions pascales. La Résurrection y est établie comme un événement physique, historique et transcendant et le tombeau vide comme un premier pas vers la reconnaissance de la Résurrection. Chacun à sa mort reçoit sa rétribution éternelle.
Contributions de deux théologiens jésuites
Apparaissent ensuite les contributions de deux théologiens jésuites : Bernard Sesboué nous invite à dépasser nos représentations temporelles de l’éternité tandis que Joseph Moingt replace le caractère événementiel de la Résurrection dans l’expérience sensible des apôtres. Suivent les apports de l’évêque épiscopalien John Shelby Spong qui remet en question la rétribution par récompense ou châtiment, puis celle de l’historien et bibliste Daniel Marguerat qui détruit la compatibilité entre réincarnation et résurrection et installe l’existence de chacun dans la mémoire de Dieu. D’autres concours viennent ponctuer cette lecture plurielle : la théologie du Process établit la Résurrection comme l’action du dynamisme créateur de Dieu dans nos vies que célèbre aussi l’écrivain François Cheng ; quant à la profondeur spirituelle de la pensée de Marcel Légaut, elle met en valeur la percussion spirituelle produite par la vie de Jésus, ce qui atteste d’une forme d’historicité.
Une participation originale à ce livre permet de découvrir comment les cultures latino-américaines reconfigurent les croyances en la Résurrection, que ce soit par la théologie de la libération dont nous parle le prêtre Fidei Donum Bertrand Jégouzo ou que ce soit à partir des croyances populaires et les interprétations de la mort dont nous informe l’historien Maurice Bedoin. Préludant à la dernière partie du livre, les compléments se référant à Bruno Mori, Yves Prigent et à Jacques Musset insistent sur la Résurrection vécue dans le présent de l’amour.

Approche de l’auteure en conclusion
Dans la dernière partie du livre, l’auteure offre une approche plus personnelle de sa propre lecture de la Résurrection et discerne comment elle est un message pour notre temps en dépit du discrédit qui l’affecte aujourd’hui.
Mêlant le regard de plusieurs penseurs et des témoignages, elle souligne combien la Résurrection se manifeste en puissance de vie, de relèvement au milieu des pires atrocités par la bonté et l’humanisme qu’elle engendre.
Par l’évocation de l’au-delà dans les cultures anciennes, par l’analyse exégétique, par l’observation des représentations de la résurrection, par les témoignages, Odile Ponton nous invite à discerner et à prolonger la réflexion toujours actuelle sur la façon dont la Résurrection donne sens à nos vies.
Gérard Tracol (mars 2026)
Notes
| ↑1 | Odile Ponton, agrégée, a eu une carrière de professeure de Lettres classiques et, pendant vingt ans, a animé des Rencontres bibliques. Elle fait partie des Réseaux du Parvis et de l’équipe Pour un christianisme d’avenir. |
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