Lors de la soirée palestinienne au café Dorothy, qui a réuni une
centaine de personnes le 13 mars dernier, nous avons pu être en visio, avec Ziad Medoukh… Un moment incroyable de réalité, de paix et d’espérance !

Depuis la guerre contre l’Iran, Ziad nous dit que les Palestiniens et Gaza sont à nouveau les oubliés des médias. S’ensuit une dégradation des conditions de vie : ainsi, au lieu des quatre cent cinquante camions censés entrer chaque jour dans la bande de Gaza, il n’en passe que cinquante.
Beaucoup de choses n’arrivent plus : les denrées alimentaires sont très insuffisantes importantes et les matériaux de construction n’arrivent pas, donc les habitants ne peuvent pas reconstruire quoi que ce soit.
Les conditions de vie sont toujours très difficiles avec les bombardements intensifs et cette aide humanitaire qui n’arrive pas, l’eau potable qu’il faut trouver et l’électricité toujours limitée.

En ce qui concerne les enfants, 25% souffrent de malnutrition et 75% sont dans une situation médiocre.
Pourtant, Ziad reste toujours positif, actif et debout. Il souligne trois points positifs :
- Une priorité à l’éducation qui demeure, malgré l’absence de fournitures
- Certains magasins qui ré-ouvrent
- La vie qui reprend peu à peu pour les enfants, les jeunes, les familles et les gens qui redécouvrent les visites familiales.
La solidarité internationale est toujours aussi précieuse pour les Palestiniens de Gaza, qu’il y ait deux ou dix mille personnes avec un drapeau palestinien à l’autre bout du monde pour les soutenir.
Israël occupant plus du tiers de la bande de Gaza, le petit groupe d’élèves francophones, souvent dispersés entre le nord, le centre et le sud de la bande de Gaza ne peut pas vraiment se retrouver, sauf virtuellement de temps en temps, encore faut-il qu’il y ait de l’électricité et internet !

Les enfants passent souvent trois à quatre heures par jour, pour aider leurs familles avec les servitudes quotidiennes : eau, téléphone portable à charger, nourriture à transporter, …L’après-midi, ils peuvent avoir quelques activités éducatives et un soutien psychologique pendant quelques heures, grâce à Ziad et quelques diplômés de français proches et sur place qui ont mis sur pied un centre d’activités éducatives et de soutien psychologique car 80% des enfants sont traumatisés par la situation qu’ils vivent. Depuis que ces activités ont partiellement repris, on observe moins de violence chez les enfants.

Je suis toujours scotchée par l’énergie de Ziad, sa capacité à faire en sorte que, malgré une situation dramatique et anormale, la vie « normale » reprenne le plus vite possible… une façon de faire vivre l’espérance.
Plus tard, dans la soirée, nous avons aussi écouté Eslam Idhair, ancien élève de Ziad, journaliste gazaoui ayant fui Gaza avec sa femme Heba après la mort de leurs quatre enfants dans le bombardement de leur maison. Ils sont arrivés en France, à Clermont-Ferrand, où Eslam a trouvé du travail dans une une radio
locale et où tous deux tentent de se reconstruire entourés d’un cercle d’ami.e.s. Là aussi, un discours de paix, aucune haine présente et une phrase forte en forme d’acte de foi : « Heba et moi, nous sommes pour la force de l’amour et non l’amour de la force ».
La soirée s’est poursuivie avec la présentation de l’album-photos mémoriel publié par
Laurent Baudoin, « Gaza la vie. La leçon d’humanité des jeunes Palestiniens francophones » : 350 photos sur douze années de coopération entre la communauté de Saint-Merry et les élèves de Ziad (information et commandes : baudoin-laurent@wanadoo.fr).
Étaient également en vente les deux derniers recueils de poésies de Ziad.



Un superbe buffet préparé par Aïda, traiteuse palestinienne, a terminé cette soirée mémorable, qui a témoigné de la vitalité des valeurs humanistes fondatrices de notre communauté.
Bernadette C.







