Le Groupe Chant cherche faire entendre à travers textes et mélodies ce que l’on veut célébrer chaque dimanche et la manière de le vivre – des décisions mûries collectivement. Par le choix des chants, la place qui leur est donnée, le moment où ils interviennent, la façon de les introduire, l’attitude des animateurs, ce groupe exprime, dans le cadre des célébrations, ce qui lui paraît essentiel dans le message de Jésus pour le monde d’aujourd’hui.
Au sein de notre communauté, le chant liturgique porte le désir de transformer « l’écriture d’hier en récit d’aujourd’hui », de rendre intelligible la Parole aux femmes et aux hommes de notre temps, afin qu’elle rejoigne des voix, des sensibilités, des parcours différents. Les textes dont beaucoup ont été écrits par des membres de la communauté ouvrent à une autre écoute, plus intérieure, moins discursive. Ils donnent accès à une compréhension qui passe par le souffle, le rythme, la résonance commune.
Entendre autrement se nourrit aussi de la rencontre. À chaque fois que des animateurs, des communautés, des sensibilités différentes se croisent – et le groupe chant en a fait maintes fois l’expérience – quelque chose se déplace. On se risque hors de ses habitudes, on découvre d’autres manières de porter un texte, d’autres façons d’entrer en prière : le chant ne se décrète pas, il se reçoit et se construit dans une relation vivante. Il devient chemin d’accès à la liturgie dès lors qu’il rassemble. D’une pluralité de voix, il cherche une harmonie, parfois fragile, toujours en devenir. Chanter ensemble, parfois en polyphonie, c’est expérimenter une forme d’unité où les différences ne s’effacent pas, mais s’accordent. Le chant ouvre un espace où chacun peut trouver sa place, porté par les autres.
Le rôle de l’animateur/trice est alors délicat et décisif. Il ne s’impose pas, il insuffle. Par sa posture, son regard, ses gestes, sa voix, il se tient à la fois au milieu et en retrait, au service de l’assemblée. Sa tâche est de faire chanter le peuple de Dieu. Dans cette dynamique, une véritable symbiose peut naître entre l’animateur, l’organiste et l’assemblée : un dialogue s’installe, fait d’écoute et de réponse, de propositions et d’adhésion.
L’introduction de nouveaux chants participe de cet élan. Elle porte en elle un désir de renouveau, une manière de dire que la foi est vivante, qu’elle continue de chercher ses mots et ses formes. Cela suppose d’accepter de se déprendre de certaines solennités ou de certains rituels trop installés, pour favoriser une rencontre plus intime, plus directe.
Ainsi, le chant liturgique apparaît comme un lieu de passage : du personnel au collectif (« Emmène nous au cœur de ta parole »), de l’écoute à la participation (« Écoute la voix du Seigneur/…/réponds en fidèle ouvrier »), du texte à l’expérience. Il ne se contente pas d’accompagner la prière : il la fait naître, il la façonne, il la partage. Dans ce mouvement, c’est toute une communauté qui apprend, peu à peu, à devenir voix et à découvrir par ce biais et selon chaque sensibilité ce qui se révèle essentiel dans le message de Jésus et son partage.
Groupe Chant de Saint-Merry Hors-les-Murs
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L’atelier « Paysage religieux » a choisi de centrer sa réflexion sur ce qui, au-delà de la diversité des sensibilités et des parcours de foi, peut rassembler les croyants aujourd’hui. Dans le cadre de l’année du Cinquantenaire de Saint-Merry, une question a été adressée à tous : « Dans le monde d’aujourd’hui, quel est, pour vous, l’essentiel du message de Jésus ? »




