Célébration eucharistique du sixième dimanche de Pâques en l’église Notre-Dame d’Espérance, lieu idéal pour témoigner de notre espérance sur le chemin de Pentecôte.
Accueil
Bien aimés, je parle comme l’Apôtre Pierre dans ses lettres, bienvenue à vous tous, les nouveaux et les anciens dans cette célébration. Les textes du jour nous parlent de l’Espérance. Nous sommes en marche vers la Pentecôte. Nous sommes invités à « rendre raison de l’espérance qui est en nous… avec douceur et respect ». Avec douceur et respect ne signifie pas avec mièvrerie et lâcheté. Nous allons aussi réfléchir sur ce que signifie pour nous « veiller » sur les commandements de Jésus. Pour beaucoup de nos amis, l’actualité est toujours désespérante. La dernière lettre de Ziad Medoukh dans « Gaza la dévastée » est accablante : pas d’eau, pas d’électricité, pas de médicaments, pas de légumes et Netanyahou qui viole le cessez-le-feu et bombarde. Néanmoins, Ziad continue de pousser ses étudiants à aller faire jouer les enfants pour qu’ils aient le sourire, et termine sa longue lettre sur leurs terribles épreuves par ces mots : » on ne peut jamais enfermer ni effacer l’espoir ». Nos amis de Bucarest eux vivent l’espérance en actes : les humbles bénévoles de l’ADEFRO, année après année, arrivent à monter le camp- théâtre au profit de jeunes défavorisés à qui ils redonnent vie et espoir. Face au courage de tous nos amis entrons dans la célébration en chantant l’espérance au nom du Père et du Fils et de l’Esprit.
Danielle
Lecture des Actes des Apôtres (8, 5-8.14-17)
En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie. Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.
Chant : Seigneur garde nous en attente

(Cabantous/Boldrini)
Seigneur, garde-nous en attente
pour nous ouvrir aux signes de demain,
pour une vraie présence au monde,
ce monde que par nous tu fais tien.
En longue attente de ta paix
qui courbera enfin l’épée,
l’histoire apprend aux impatients
le temps qu’il faut pour advenir.
En longue attente du Royaume,
déjà surgi de l’aujourd’hui,
semblable au grain de sénevé
qui croît, fécond, dans le silence.
Lecture de la première lettre de Pierre (3, 15-18)
Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l’Esprit.
Alléluia (Boldrini)
Alléluia, Alléluia, Alléluia (bis)
Ta parole nous invite vers des rivages nouveaux
Source murmurant la vie, au-delà de tous les mots.
Lecture de l’Évangile de Jean (14, 15-21)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Résonance
« Si vous m’aimez, vous veillerez sur mes commandements ». Cette traduction du texte évangélique proposée par Frédéric Boyer nous a saisis, lundi dernier, lorsque nous avons préparé cette célébration.
Cette invitation à « veiller sur » nous responsabilise d’emblée. Il nous faut prendre soin des commandements, prendre soin de cette parole vivifiante qui rend aux femmes et aux hommes, aux jeunes et aux aînés, leur dignité et leur liberté en les invitant à la fraternité et à l’attention au plus petit. Aussi, prendre soin ici n’est pas mettre sous le boisseau, couvrir d’un tissu sophistiqué, enrober d’un métal précieux, ni cacher au fond d’une crypte, derrière des grilles. Au contraire, pour la garantir et la défendre, cette parole vivifiante, pour lui faire honneur, il faut ouvrir les portes, accueillir, laisser entendre, clamer.
Mais « avec douceur et respect » comme le recommande Pierre, sans contraindre, sans brailler, sans s’ériger comme sachant mieux que l’autre. Ce qui n’affadit en rien l’exigence et le tranchant des commandements.
Nous avons ainsi repensé aux paroles si courageuses de Mariann Budde, évêque épiscopalienne de Washington, qui a osé dire en début d’année 2025 devant les visages fermés et condescendants d’hommes politiques surpuissants et si sûrs d’eux : « Comme vous l’avez dit hier à la nation, vous avez senti la main providentielle d’un Dieu aimant. Au nom de notre Dieu, je vous demande de faire preuve de miséricorde envers les personnes de notre pays qui ont peur aujourd’hui. (…) Faites preuve de miséricorde, Monsieur le Président, envers ceux de nos communautés dont les enfants craignent que leurs parents ne leur soient enlevés. Aidez ceux qui fuient les zones de guerre et les persécutions dans leurs propres pays à trouver ici compassion et accueil. Notre Dieu nous enseigne que nous devons être miséricordieux envers l’étranger, car nous avons nous-mêmes été autrefois étrangers en cette terre. Que Dieu nous accorde à tous la force et le courage d’honorer la dignité de chaque être humain, de dire la vérité dans l’amour, et de marcher humblement les uns avec les autres et avec notre Dieu, pour le bien de tous les habitants de cette nation et du monde. »

Les hommes politiques surpuissants et si sûrs d’eux ont ensuite osé demander à celle qu’ils ont qualifiée de « soi-disant évêque » des excuses publiques.
Et cette année, ces mêmes hommes politiques surpuissants et si sûrs d’eux ont critiqué la parole du pape Léon XIV, dont ils disent qu’ils n’en sont pas « grand fan », lui recommandant de « s’en tenir aux questions morales » (car tout le monde sait qu’une guerre n’engage aucune question morale…) et de « faire attention quand il parle de sujets de théologie »…
Or, condamnant « l’idolâtrie de soi-même et de l’argent » et « la démonstration de force », Léon XIV entendait juste ne rien lâcher de sa mission de « répandre le message de l’Évangile ».
Lui et Mariann Budde ont ainsi ardemment veillé sur les commandements ; les dix catholiques français qui, ces derniers jours, ont répondu dans les pages de La Croix aux hommes politiques surpuissants et si sûrs d’eux ont eux aussi veillé sur les commandements ; tant de femmes et d’hommes, de jeunes et moins jeunes, à leur humble niveau, sans doute avec moins d’audience, mais également portés par l’espérance sur le chemin de Pentecôte, cherchent également à veiller sur les commandements.
Jésus le dit avec force, « je ne vous abandonnerai pas orphelins. Je viens avec vous ». Nous le croyons. Malgré le silence, malgré l’absence, nous le croyons. Car Jésus dit aussi : « vous me verrez car moi je vis et vous aussi vivrez ».
C’est quand Mariann Budde et Léon XIV et tant d’autres dans le monde se lèvent et nagent à contre-courant, seulement portés vers la direction proposée par le souffle de l’évangile, que je me peux me dire, chose étrange, que je vois Jésus, que le feu brille encore dans la nuit et qu’à cet appel doit répondre la confiance, pas la résignation.
Car tout cela est dit, agi « avec douceur et respect », avec fermeté et bienveillance, ne condamnant que les idées, jamais les hommes, même lorsque ces derniers s’égarent gravement à soutenir, au nom de Dieu, des politiques autoritaires, discriminatoires et répressives ; car non, deux fois non, il n’y a rien dans l’Évangile qui justifie de dominer et d’être un prédateur pour son prochain, rien.
Benoît
Question du partage
« Veillez sur mes commandements »
Comment entendons-nous cette parole aujourd’hui ?

Credo de Joseph Pierron
Je crois, tourné vers toi
Père
sans savoir
ce que ce mot peut dire
ce que ce mot veut dire
Visage d’absent
Lente passion
Créant le vide.
Dieu nié
Dieu adoré
Serpent brûlant
Cavalier noir
Silence vigilant
Berger d’homme
Pâtre du monde
Je crois en toi Père
Je crois, tourné vers toi Le Fils
Le Seul Engendré
Une âme indestructible
Un cœur brûlant de vie
La source l’origine
L’homme de contradiction
L’homme de compassion
L’homme de l’amitié
Celui qui révèle
l’ampleur de l’amour
La longueur de son projet
La hauteur de son élan
La profondeur de son abîme.
Je crois en toi, Le Fils
Je crois, tourné vers toi L’Esprit
répandu comme le souffle,
l’eau et le sang
Tu es l’appel qui met debout
Tu es la parole qui tient
La parole qui maintient
La parole qui entretient
Le maintenant du Dieu avec nous
ouvert sur l’inouï de la
Résurrection
de toute l’humanité
et de tous les hommes
en Jésus le Fils
pour la gloire de l’Esprit.
Je crois en toi l’Esprit
Refrain de la Prière Universelle
Vers toi, Dieu fidèle et plein d’amour,
Nous levons le regard de notre cœur,
Sème en nous la confiance, garde-nous dans ta paix.
Prière eucharistique
Le Seigneur soit avec vous.
Élevons notre cœur.
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.
Seigneur, ce jour où l’église de Dieu qui est à Paris fête les 160 ans de l’Œuvre d’Orient, nous te rendons grâce, toi qui, en regard de la situation de notre monde, de nos différents milieux de vie, nous invite, à la suite de l’apôtre Pierre, à rendre raison de l’espérance qui est en nous, avec douceur et respect. L’apôtre nous remet ainsi sur la voix de la béatitude. Comment, face à la grandeur infinie de Dieu, servir la cause de tous, nous qui n’avons pas tout réussi pour atteindre la vérité ? Oui Père, les temps sont ouverts à la désespérance. Les bien-pensants édictent leurs codes. Sans oublier ceux à l’injure et la critique faciles. Avec eux, nombreux aussi prennent le devant, quand bien des défis des générations à venir sont mis à rude épreuve, dans ce climat de terreur et la logique d’affrontement que l’on s’impose. Toi, Père, tu nous rappelles qu’il n’est pas bon de nous taire. Devant cette illusion de la toute-puissance, devant cette idolâtrie de soi, tu nous invites au respect des différences, au respect de l’autre. Tu nous dis même plus : la correction fraternelle est une valeur. Elle est une nécessité, une exigence du vivre-ensemble. Tu nous invites à veiller avec douceur et respect sur tes commandements. Et dans l’humilité même de Philippe, avec le secours du Défenseur que tu nous promets, nous trouvons le courage de rendre raison de l’espérance en nous, et avec foi, Seigneur, nous t’acclamons :
Saint le Seigneur est saint. Il est le Dieu de l’univers.
Sanctus
Saint le Seigneur est saint. Éternel est son Amour.
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna ! Hosanna ! Hosanna ! au plus haut des cieux.

Père de toute bonté, Christ nous a promis de ne pas nous laisser orphelins, qu’il nous enverrait un Défenseur. À présent Père, nous te supplions, envoie ton Esprit Saint, qu’il sanctifie nos offrandes : que ce pain et ce vin deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Peu avant sa passion, au cours qu’un repas qu’en toute liberté il prend avec ses disciples, il prit le pain, te dit l’action de grâce, le rompit et le leur donna en disant : “ Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ”. II fit de même à la fin du repas : il prit la coupe, te rendit de nouveau grâce et leur donna d’y boire en disant : “ Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi .”

Des hommes l’ont écouté,
Anamnèse
L’histoire l’a crucifié,
L’amour nous l’a rendu :
Tu es vivant Seigneur Jésus,
Tu es vivant !
Seigneur, ton fils Jésus essaie de maintenir en nous cette joie profonde. Nous rappelons ce qu’il a fait pour notre liberté, lui qui vit aujourd’hui près de toi. Dans l’attente de son retour en gloire, nous allons recevoir son corps et son sang. Nous te prions, Père, que cette communion nous ouvre à la divinité, entièrement accordés à toi et à nos frères en humanité.
Conforte notre communauté dans sa mission. Fais qu’elle soit une assemblée d’Église, lieu de la rencontre et de la vie, du don, du pardon et de l’abnégation, cadre par excellence de l’amour fraternel. Le cri qui monte des entrailles de la terre nous met en demeure pour la mission. Il en souligne l’urgence. Oui, Père, tu nous appelles chacun et chacune, dans ses forces et ses faiblesses, et tu nous veux témoins de ton œuvre d’amour. Avec douceur et respect, Seigneur, nous répondons à ton appel. Et ce avec raison, car si, nous et nombreux, n’avons pas vu le Christ vivant, au témoignage de notre vie, de notre engagement à la cause de l’évangile, tu nous donnes mission de le rendre vivant aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui en quête de sens à leur vie, de paix et de liberté. Devant le dévoiement de la parole évangélique, tu nous en veux les défenseurs. Avec l’apôtre Philippe, nous avançons vers nos différentes Samarie, afin que le dernier mot revienne à l’amour, pour que le monde vive la paix, pour que l’humanité consacre la dignité humaine. T’aimant, nous veillerons, Père, sur tes commandements. Et dans l’imprévu même de ce que tu es, tu nous laisses comme un testament de tout ce que les proches du Christ ont vécu : le partage de sa parole et de la vie qui en découle, les guérisons, et tous les dons possibles, où sonne une réelle maturation en esprit, nécessaire pour nous, pour notre mission, à travers les événements de notre quotidien, à travers nos rencontres et nos partages.
Cet élan Père, nous le portons en communion avec le pape Léon, notre archevêque Laurent et tous les témoins et pèlerins de l’évangile de la vie.
Bien des nôtres nous ont précédés sur cette route d’éternité qui nous est commune. Accueille-les dans la félicité céleste. Nous te prions aussi pour les malades de notre communauté, et pour tous les malades. Nous te prions enfin pour tous les affligés, du fait des guerres, de la pauvreté, de la séparation, du divorce, de la désespérance et aussi pour ceux qui te disent leur bonheur pour tout événement heureux : naissance, mariage, promotion, projet, et ceux qui te rendent grâce ce jour pour le don de la vie, dont votre humble serviteur.
Et, Seigneur, accorde-nous de vivre un jour auprès de toi, avec Marie, mère de Jésus et notre mère, avec les élus du ciel, témoins anonymes d’une vie donnée pour le service du monde, tous ensemble, dans le Christ.
Par lui, avec lui et en lui,
à toi, Dieu le Père tout-puissant,
tout honneur et toute gloire,
pour les siècles des siècles.
Amen.
José Egilde Mandiangu
Ensemble, recevons ce que nous sommes, Corps du Christ.
Ensemble, devenons ce que nous recevons, Corps du Christ.
Alléluia, Amen !
Notre Père
Chant de communion : Voyageurs de l’Espérance

Voyageurs de l’espérance,
Marqués du Souffle de l’Esprit,
Chantons un Dieu qui fait alliance :
Christ est Celui qui nous l’a dit.
Gloire à Dieu, gloire à Dieu qui nous aime !
Sur sa terre il nous appelle.
Gloire à Dieu, gloire à Dieu qui nous aime !
Gloire à Dieu notre joie !
Voyageurs de l’espérance,
Nourris du Pain multiplié,
Vivons debout dans la confiance :
Christ est pour nous le vrai Berger.
Voyageurs de l’espérance,
Porteurs d’un feu que nul n’éteint,
Croyons Jésus qui nous devance :
Christ est la Vie et le Chemin.
Prière finale
Père de toute éternité, la résurrection du Christ nous recrée à l’éternité. Qu’abondent en nous les fruits du repas pascal qui nous donnent la force de rendre raison de l’espérance qui est en nous, avec respect et douceur.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Annonces
- Lundi 11 mai à 19 h- Préparation de la Rencontre autour de la Parole du 17 mai
- Jeudi 14 mai à 11 h – Ascension -en visio- Partage autour des textes du jour




