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Dimanche 21 juin 2026. « Je suis un étranger pour mes frères »

Le 20 juin, veille de ce dimanche, est la Journée mondiale des réfugiés, dont nous avons avons trouvé des échos troublants dans les textes proposés ce jour. L’Evangile nous le redit : chaque être humain est infiniment précieux.

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Habitués de nos zooms ou nouveaux venus, soyez bienvenus pour notre célébration d’aujourd’hui, (saluons tous les papas cachés derrière leurs écrans en ce jour de la fête des pères). Même séparés par nos écrans, nous restons pleinement connectés par notre foi. En ce dimanche, au lendemain de la Journée mondiale des réfugiés, notre communauté se sent particulièrement concernée. En effet nombre d’entre vous sont engagés dans diverses associations venant en aide à ces personnes. Cette journée qui nous appelle à la solidarité, résonne certes avec une certaine gravité. Comment ne pas ressentir de la tristesse, voire de la colère, face aux politiques migratoires actuelles de l’Union européenne ? Des choix souvent décevants, qui semblent privilégier le repli et les frontières plutôt que l’accueil digne de l’être humain et la protection des plus faibles.
Les textes du jour que nous allons entendre résonnent avec une force incroyable face à cette actualité. Le prophète Jérémie nous fait partager son cri de détresse. Il parle de dénonciations, de terreur, de la sensation d’être traqué. N’est-ce pas le quotidien de ces milliers de personnes exilées ? Mais Jérémie annonce aussi que « le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. »
Matthieu nous répète à plusieurs reprises : « Ne craignez pas ». Jésus nous invite à parler au grand jour et à ne pas avoir peur de prendre parti pour la justice et la vérité et je pense à tous ces gens qui manifestent depuis une semaine devant les tribunaux après l’assassinat de la jeune Lyhanna.
Que cette célébration nous permette de déposer nos déceptions, mais surtout de reprendre courage et de poursuivre nos engagements. Au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Claire

📖 Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 20, 10-13)

Moi Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! » Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs rébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.
Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants.

Résonance

« Fuir ou rester, le dilemme des habitants du Sud Liban », titrait Le Monde en première page, il y a quelques jours. C’est la situation tragique ou se trouve Jérémie, au 6ème siècle avant Jésus-Christ, quand le royaume de Juda, avec  sa capitale Jérusalem, est pris en tenaille entre Nabuchodonosor, roi de Babylone au Nord,  et l’Égypte au Sud. Jérusalem est assiégée, bientôt détruite.
Né dans une famille sacerdotale Jérémie avait répondu tout jeune à l’appel du Seigneur. Prophète il prêchait la paix, l’accueil du réfugié, la protection de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin, et dénonçait la séduction du pouvoir qui conduit aux lâchetés du roi et de ses ministres. Mais il n’avait pas été entendu. Ses écrits, consignés par son secrétaire Baruch, avaient été brûlés par le roi, ses appels à la négociation dénoncés comme trahison, passage à l’ennemi. On l’avait même jeté dans une citerne boueuse d’où il avait été tiré in extremis, et cela par un étranger. Jusqu’à la fin du siège, il survivra couché dans la cour de garde, au pain sec et à l’eau. Quand Nabuchodonosor entre à Jérusalem, Jérémie ne sera pas exilé à Babylone comme ses compatriotes mais il finira quelque part  vers le sud, sur la route de l’Égypte.

Tout cela n’est pas de l’histoire ancienne. Et ses cris ne sont pas des lamentations mais cris de révolte contre le Seigneur de justice. « Hommes, femmes, enfants, en colonnes serrées quittent Jérusalem conduits par des soldats armés. Avaient-ils tous enfreint tes lois , Seigneur mon Dieu ? ». Le psaume 69 prolonge ce cri :  « L’amour de ta maison m’a perdu, on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi. »
Je pense à ceux et celles qui ont répondu à un appel, fidèles jusqu’au jour où la porte s’est brusquement refermée sur eux. Je pense aux souffrances d’amis prêtres-ouvriers au moment de leur condamnation en mars 1954. Aujourd’hui le projet de traité entre les hommes d’affaires des États-Unis et de l’Iran ferme la porte aux espoirs du mouvement Femme Vie Liberté. Mais notre ami Ziad Medoukh, après la mort dans les bombardements sur Gaza de son frère, de sa belle-soeur  et de leurs cinq enfants, continue à mener sa résistance non-violente. « Obscure est ma confiance et ma foi insensée » écrit Jérémie.

Jean

📖 Psaume 68

C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.
Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

♫ Méditation en musique Barney Wilen, Témoin dans la ville

Photo Hani Ryad sur Unsplash

📖 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 26-33)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Résonance

« Vous valez plus qu’une multitude de moineaux ! »
Jésus vient dire une très bonne nouvelle à ses auditeurs. Il vient mettre du baume au cœur de chacun, quel qu’il soit, nous y compris ! Rendez-vous compte, à chacun de nous il dit : « Regarde ces petits moineaux-là, autour de toi, ils ne valent quasiment rien, et bien, ils vivent et ils arrivent à se nourrir chaque jour, et il pépient sans souci du lendemain ! Et  bien toi qui es là à écouter,  ne crains rien, ta personne, est mille fois plus précieuse qu’une multitude de ces petits moineaux ! N’aie pas peur ! On a souci de toi ! Dieu veille sur toi ! »
Mais au fait, qui sont les mains de Dieu, le regard de Dieu sur chacun, sinon les nôtres ? Oui, comment  moi,  dans mon quotidien, je vais pouvoir exprimer la même bonne nouvelle à chacun de ceux que je rencontre ? Comment vais-je pouvoir faire entrevoir à chacun :  Tu es infiniment précieux ! Tu vaux infiniment ! Ne crains rien !

Voici donc notre proposition de partage aujourd’hui :
L’affirmation de Jésus : « Soyez sans crainte ! Vous valez beaucoup plus qu’une multitude de moineaux »
La question  : Comment cela résonne-t-il .dans mon quotidien ?

Jean-Luc

Olivier Messiaen, Catalogue des oiseaux

Vol d’oiseaux à Istambul, photo de B. Reis (coll. priv.)

Partage

« Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux »
Comment cela résonne-t-il dans mon quotidien ?

Quelques échos du partage :

  • J’ai le sentiment que nous allons dans le mur, avec le réchauffement climatique !
  • « Les gens rencontrés dans le quotidien quand je sors » est mon association… Dieu les met sur mon chemin.
  • Ces paroles sont difficiles à entendre, quand on voit ce qui se passe dans le monde : Gaza, le Liban, le Soudan… Comment admettre que Dieu prend soin ?
  • « Tu vaux plus qu’une multitude » : un regard sur notre personnalité unique, nous sommes responsables face à la multitude, soyons nous-mêmes.
  • Dieu ne va pas me sauver magiquement, ce qui compte est le lien avec lui, qui donne sens à ma vie.
  • Dieu est dans nos mains, c’est à nous de prendre soin du monde et des autres.
  • Beaucoup d’associations font un travail d’humanité pour faire vivre les réfugiés, contrairement à l’image présentée par les chaines d’info en continu.
  • Je suis entourée de personnes qui font attention aux autres, mais on n’en parle pas forcément dans la Presse. Mon quotidien : ouvrir les yeux !
  • A l’EPHAD, la question des résidents est : à quoi je sers ? Avec un grand sentiment d’inutilité. Importance du regard qu’on porte sur l’autre pour lui restituer dignité, utilité qui n’est pas de l’ordre de l’utile, une place. C’est un chantier, un défi d’humanité.
  • Il y a les misères du monde, mais aussi des forces de vie qui comptent. Durant la manif devant le Palais de Justice, contre les violences sexuelles faites aux enfants, nous avons crié « la police, avec nous ! »
  • Pensons aux malades en hôpital psychiatrique.

Elle est à toi cette chanson
Toi l’Auvergnat qui, sans façon
M’as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m’as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M’avaient fermé la porte au nez
Ce n’était rien qu’un feu de bois
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme, il brûle encore
À la manière d’un feu de joie
Toi, l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croc-mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l’hôtesse qui, sans façon
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S’amusaient à me voir jeuner

Ce n’était rien qu’un peu de pain
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme, il brûle encore
À la manière d’un grand festin
Toi, l’hôtesse quand tu mourras
Quand le croc-mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l’étranger qui, sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmené
Ce n’était rien qu’un peu de miel
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme, il brûle encore
À la manière d’un grand soleil
Toi, l’Étranger quand tu mourras
Quand le croc-mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Photo Tim marshall sur Unsplash

Prière universelle

♫ Refrain
Invente avec ton Dieu l’avenir qu’il te donne
Invente avec ton Dieu tout un monde nouveau

Notre Père

♫ Chant : Voyageurs de l’espérance

Gloire à Dieu, gloire à Dieu qui nous aime
Son étoile nous précède
Gloire à Dieu, gloire à Dieu qui nous aime
Gloire à Dieu notre joie

Voyageurs de l’espérance
Marqués du souffle de l’Esprit
Chantons un Dieu qui fait alliance
Christ est celui qui nous l’a dit

Voyageurs de l’espérance
Au sein du monde à réveiller
Soyons témoins des délivrances
Christ est venu nous délivrer

Bénédiction et Envoi

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