Entre Ascension et Pentecôte, l’Evangile de Jean nous introduit dans la prière du Fils adressée au Père, dans laquelle nous autres humains avons toute notre place.
♫ Entrée en prière en musique
Haendel, Le Messie, And the Glory of the Lord from Messiah
Accueil
Bienvenue à toutes et à tous pour ce temps de prière partagé, comme les femmes et les disciples du texte des Actes que nous allons découvrir ; et comme eux, nous nous situons dans cet entre-deux de l’Ascension et de la Pentecôte. Ces gens réunis figurent une communauté naissante, le début de notre Église.
Dans l’Évangile, pas facile d’accès, peut être plus compréhensible si vous avez un brin de mysticisme, Jésus nous demande d’être « un » comme Lui et le Père sont un.
Communauté virtuelle certes, entrons réellement dans la célébration, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.
Claire
📖 Livre des Actes des Apôtres (1, 12-14)
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Résonance
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »
Voilà les premiers, les fidèles de Jésus, tous secoués par son assassinat, l’anéantissement de celui qui les a mis en chemin. On leur a dit, certains l’ont même expérimenté : ce n’est pas fini, Jésus semble bien vivant, la mort ne l’a pas tué ! Alors ça les a regroupés, ils sont dans l’expectative. Ils se retrouvent habituellement, se souviennent, prient ensemble, parlent, mangent et boivent, se rappellent, s’interrogent..
C’est un groupe de femmes et d’hommes, même si, nommément, comme femme on ne parle que de Marie, la maman si atteinte.
Avec les femmes il y a les hommes. Aux yeux du rédacteur, eux méritent d’être nommés un par un. Pourquoi eux, et pas les autres femmes ? Une volonté de Jésus ? Un simple fait de société ? Ou, dès le départ, une prise en main des hommes ? C’est en tout cas comme cela que va se construire l’histoire.
Et pourtant, depuis les débuts de Jésus et tout au long de l’aventure, les femmes sont là, en particulier sur la route du calvaire, au calvaire, au tombeau vide, et maintenant ici, dans ce temps d’après, juste avant l’expérience de l’Esprit pour toutes et tous.
Et moi ? Et nous ? Quelle place donnons-nous à chacune et chacun ?
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus,et avec ses frères. »
Jean-Luc
📖 Évangile de Jésus-Christ selon Jean (Jn 17, 1b-11a)
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

Résonances
A l’écoute comme à la lecture, ce chapitre 17 de l’Evangile de Jean parait bien complexe, avec toutes ses répétitions ponctuées de minuscules changements à peine audibles dans les termes, comme une musique de Philippe Glass. Le tout dans une tonalité mystique qui n’est pas forcément notre mode de pensée quotidien, en tout cas pas le mien. On se sent un peu comme un intrus indiscret en écoutant cette prière du Fils adressée au Père.
Mais ce qui en ressort, pour moi, est une circulation d’amour, de dons, de gloire et de parole entre trois pôles, comme dans la Trinité, – pensons à l’icône de Roublev -, sauf que cette fois le troisième participant à ce grand mouvement de réciprocité entre le Père et le Fils, ce sont les humains. L’Esprit, en quelque sorte, c’est nous. Ce qui est finalement assez logique, puisque dans le Credo le chapitre Esprit parle principalement de son rôle dans la vie du monde.
Il nous reste donc à assumer notre participation dans ce mouvement trinitaire : comme le dit Jean, nous avons cru que le Fils était envoyé par le Père, nous avons reçu la Parole, et nous sommes dans le monde pour la faire vivre.
Blandine
Si le mot «gloire » revient six fois dans la traduction de ce passage de Jean 17, « don » revient dix fois, et douze fois dans la traduction de Frédéric Boyer , comme un refrain, une basse continue. Écoutons-le : « tu lui as donné» « il donnera » « tu lui as donnés » « tu m’avais donnée » « me les donnera» « tu me les as donnés » « tu m’as donné » « je leur ai donné » « tu m’avais données » « tu m’as donnés » !
Pour le mot « gloire » on doit faire appel à l’étymologie. Son usage est rare et solennel : « gloire et honneur », « gloire et louange », « gloire immortelle de nos aïeux »…
L’usage du mot « don » est apparemment plus quotidien, dans le champ de l’érotisme : « se donner à quelqu’un », comme dans celui d‘un amour « oblatif » : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », Mais « quand il est question de l’amour », disait Blandine, « c’est compliqué de mettre les mots là-dessus ».
Jean

♫ Respiration musicale : Edward Elgar : Nimrod – Lux aeterna
Le mot gloire ou le verbe glorifier reviennent six fois dans cet évangile et il faut dire que ce sont des mots qui nous désarçonnent un peu car ils ne font pas partie de notre vocabulaire quotidien. Lundi, lors de la préparation, certains ont qualifié le texte de « mystique ».
Pourtant la gloire, par son étymologie hébraïque, c’est ce qui pèse, ce qui est lourd, ce qui compte. Ainsi, Jésus a glorifié le Père – c’est-à-dire qu’il a manifesté son Père ou l’a rendu présent – en accomplissant ses œuvres, en répandant sa Parole d’amour, une Parole qui remet debout, une Parole qui compte pour tous ceux qu’Il a rencontrés au cours de sa vie, puisqu’elle les a radicalement changés.
Qu’est-ce qui donne du poids à nos vies ? Ce que nous disons aux autres, des paroles du quotidien peut-être, mais qui ont pu compter pour ceux ou celles à qui nous les avons dites ? Ou ce que nous accomplissons au cours de nos existences, même si ce sont de petites choses, mais qui donnent du sens, du poids à nos jours ? Bref, ce qui nous rend vivant et nous met en relation avec les autres et le monde.
Saint Irénée ne dit-il pas : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ! Et la vie de l’homme c’est de contempler Dieu », d’en manifester, d’en refléter l’amour autour de nous, de vivre en plénitude et en vérité.
Et moi, et nous, comment ou en quoi participons-nous de (à) la gloire de Dieu ? Qu’est-ce qui donne du poids à nos vies ?
Bernadette
Partage
♫ Méditation en musique : Gloria de John Rutter : 1er mvt Allegro vivace

« Et moi, en quoi je participe de (à) la Gloire de Dieu ?
Qu’est-ce qui donne du poids à ma vie ? »
Quelques échos du partage :
- C’est aujourd’hui la journée internationale contre l’homophobie. Bienheureux ceux qui n’en peuvent plus ! J’essaie de mettre en pratique la Parole d’accueil inconditionnel de Jésus.
- L’important, c’est ce que je dis aux autres au quotidien. Les paroles pèsent.
- Vos paroles donnent du poids à ma vie ce matin.
- Il faut aussi des actes d’amour, pas seulement des paroles, et pas seulement pour les gens qu’on aime bien.
- Ce qui est important pour moi, c’est la recherche personnelle et collective de qui est Dieu, de façon diverse, non figée.
- Je m’implique dans le cercle de silence de défense des étrangers, – et hier, cela m’a donné l’occasion d’en parler avec une petite passante de six ans.
- Pour moi qui ai accumulé les régimes minceur, l’important est de ne pas maitriser le poids de nos vies ; mettre en lien, donner du poids à toute vie, mais sans rien maitriser.
- Essentiel pour moi, l’accompagnement de personnes sur leur chemin de foi.
Et penser à dire merci ! - Qu’est-ce que ma chambre haute ? Comment en parler avec les autres ?
- L’écoute de l’autre, l’inattendu de lourdes confidences parfois.
- Les relations humaines, la vérité dans ces relations, en particulier celle avec mon mari actuellement en soins palliatifs. Importance du ressourcement grâce aux autres, à l’art, à la littérature.
- L’heure, (Jn 12). On est confronté à l’épreuve, à la perte, à la maladie. Sommes-nous capables de demeurer dans la foi à cette heure-là ? Maintenant, l’heure est venue…
- Je participe à la gloire de Dieu en prenant soin des hommes que je rencontre, en participant à la Création, en essayant d’être plus attentif aux personnes que je rencontre pour leur permettre de s’épanouir.
- Aimer les êtres vivants, même ceux qui n’ont pas le langage ; aimer la vie. Nous sommes les instruments de Dieu, nous portons ses mots.
♬ Chant : Ta gloire, c’est l’homme vivant
Ta Gloire Seigneur, c’est l’homme vivant
C’est l’homme libre qui marche en chantant
C’est l’homme debout, c’est l’homme qui vit
de ta parole, de ton Esprit
Voici nos mains levées vers Toi
Dans la louange et dans la joie
Nos mains qui chantent l’amitié
Et le bonheur de partager. /R
Voici nos routes et nos pas
Nos vies qui s’avancent vers Toi
Et cet amour qui fait aller
Vers ceux que la vie a blessés
Voici notre regard, Seigneur,
C’est la fenêtre de nos cœurs.
Garde nos yeux toujours ouverts
À ta beauté, à ta lumière. /R

Prière universelle
Refrain
Entends la voix de ma prière quand je crie vers Toi,
Quand je lève les mains, quand j’implore ta présence
Quelques-unes des intentions partagées :
- Pour différents amis qui « se cherchent », avec difficulté.
- Pour un couple qui se sépare, – petite fille de six mois, mari violent…
- Pour les équipes de soins palliatifs et les malades accompagnés.
- Pour les « sans gloire » de notre société.
- Pour les chercheurs de Dieu dans toutes les cultures, que le souffle de Dieu les accompagne.
- Pour les nominés pour l’équipe pastorale de notre communauté, qu’ils acceptent d’entrer dans le dialogue pré-électoral.
- Pour le groupe de commerçants musulmans du XVème arrondissement, qui participe au soutien financier de la communauté locale de Mère Teresa.
- Pour tous ceux qui sont dans l’action et font avancer le monde, au-delà des paroles.
- Pour tous ceux qui sont anéantis par l’excès des activités de profit, qui sont devenus des marchandises.
- Pour tous ceux qui ont perdu les mots.
Notre Père
♬ Psaume 26
Le Seigneur est ma lumière et mon salut :
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.
Habiter ta maison Seigneur,
Pour t’admirer en ta beauté
Et m’attacher à ton Église
M’attacher à ton Église Seigneur.
J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
Espère, sois fort et prends courage ;
Espère, espère le Seigneur.




