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Fais pour toi une « téva »

Des mots pour nous sauver des eaux, de situations compliquées… les mots de l’étude et de la prière… des nouvelles stimulantes du groupe Psaumes

Téva, traduit dans les textes officiels par « arche », avec toute l’ambiance animalière qui l’entoure, nous a particulièrement interrogés dans nos rencontres du groupe Psaumes et nous invite, une fois encore, à passer vers un autre niveau de lecture, s’appliquant à scruter dans tous les sens, la lettre, le mot, le verset pour en extraire une interprétation qui parle pour nous, aujourd’hui, en bref, faire du « midrash ». Sur ce passage du Déluge nous découvrons, par sa structure et sa symbolique, un modèle puissant à adopter pour une communication équilibrée, inclusive et résiliente.

Travail personnel – Clément Gourand

Nous nous arrêtons, comme à chaque fois qu’une indication numérique se présente sur sa signification en utilisant un des outils de l’exégète hébraïque, la gématrie. Dans ce passage du Déluge, il est assez étonnant que des mesures nous soient autant précisées pour ce mot, Arche, avec ces indications, pour son extérieur en 3D, comme pour son aménagement intérieur sur 3 niveaux (Gn6 v15). Tout est signifiant dans le texte hébraïque ! [1]Tout élément du texte est signe du Projet d’Alliance : la lettre, le mot, le verset…
sont à envisager, à fréquenter, à « épouser »
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Il y aurait encore beaucoup à dire sur les symboliques de cet aménagement. Or le mot téva, arche, contenant sémantique [2]La convergence sémantique entre les deux sens (contenant physique / contenant de sens = mot) est exploitée massivement dans la littérature hassidique, notamment dans la lignée du Baal Shem Tov, … Continue readingmais aussi boite, caisse, coffre-, signifie également : mot[3]Le sens « mot » n’est pas attesté dans la Bible hébraïque elle-même (tanakh). C’est un sens de l’hébreu mishnaïque et rabbinique (post-biblique), où תיבה désigne … Continue reading. Traduction possible : « Fais pour toi un mot » …

Poursuivons la recherche. Il est indiqué que ce mot à construire pour échapper à une situation fort compliquée est un volume : de 300 coudées pour la longueur, 50 pour la largeur et 30 pour la hauteur. Ce qui correspond par l’addition du poids de chaque lettre qui compose le mot, au poids sémantique total du mot « langage », précisément lashon (gématrie : 380), signifiant « la langue », à la fois l’organe physique mais aussi la langue d’un pays.

Voilà bien une demande de la part de notre Créateur à considérer de très près pour ce qui concerne notre relation communautaire dans le domaine de la communication, le choix de nos mots au regard de notre langage… et nous invite aussi « à ne pas nous laisser mener en bateau » comme peuvent le faire certains discours ou traductions !

L’arche, c’est le mot, et ses dimensions, le langage. Dans « un commencement » de la première création, (Gn1 v1), est le verbe (l’alphabet du ciel et l’alphabet de la terre). Que faisons-nous du langage, de notre parole ? Est-elle toujours ajustée à la métrique indiquée par notre Créateur afin d’être « juste et créatrice » à son tour dans notre dialogue avec le monde et nous sortir de l’abomination (Hamas) où la parole est absente, truquée, vrillée, la violence reprenant le dessus.

Ainsi, l’architecture de l’Arche nous enseigne sur ce que peut être une « langue salvatrice » et son élément, le « mot », afin de se situer dans une « parole parlante » (Merleau-Ponty) juste et dénuée de nébulosités, afin de se sortir d’une perversion/corruption du langage ayant perdu la dimension créatrice plurielle dont il est porteur.

Pour produire une nouvelle lecture de la demande qui nous est faite, et pour sortir d’une situation compliquée, ayons en mémoire cette instruction, embarquons sur cette « Caisse » et pénétrons dans ce « Mot » afin d’en renouveler, dans toutes ses proportions, la saveur de son inouï.

« Fais pour toi Saint-Merry Hors-les-murs, dans cet entre-deux où tu n’as pas de lieu pour reposer la tête, fais pour toi une Arche, dans la confiance que je t’ai accordée, le Relèvement est avec toi ! »

Choisir ses mots – Photo Aedrian Salazar sur Pexels

Notes

Notes
1 Tout élément du texte est signe du Projet d’Alliance : la lettre, le mot, le verset…
sont à envisager, à fréquenter, à « épouser »
2 La convergence sémantique entre les deux sens (contenant physique / contenant de sens = mot) est exploitée
massivement dans la littérature hassidique, notamment dans la lignée du Baal Shem Tov, et dans la kabbale lourianique,
mais cette extension, pour « mot », est herméneutique, non étymologique
3 Le sens « mot » n’est pas attesté dans la Bible hébraïque elle-même (tanakh). C’est un sens de l’hébreu mishnaïque
et rabbinique (post-biblique), où תיבה désigne effectivement un mot ou une syllabe.
Le dictionnaire de Marcus Jastrow (Dictionary of the Targumim, Talmud and Midrashic Literature, 1903)
est la référence académique pour ce sens

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