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Synode… en avant !

Comme un surgeon de printemps ayant survécu à la taille autoritaire et brutale d’un jardinier peu fraternel, le Centre pastoral Saint-Merry se tourne vers l’avenir. C’est l’annonce de l’Évangile qui l’y pousse ainsi que la communion avec l’Église. 

Le moment n’est pas seulement à l’examen du passé mais à la construction de l’avenir. Les milliers de soutiens exprimés à la communauté, ainsi que l’appel du pape François, nous y invitent. 

En effet, fin janvier, le pape recommandait à l’église italienne de « commencer un processus de synode national, communauté par communauté, diocèse par diocèse ». L’église allemande est au travail depuis plus d’un an. Son « chemin synodal » rassemble laïcs et clercs. Il touche toutes les forces vives de l’église. En octobre 2019, une assemblée synodale réunissait à Rome les évêques de l’Amazonie, entourés d’experts et de fidèles. François en a traité quelques aspects dans un document stimulant : Chère Amazonie (éd. Bayard).

En France la Conférence catholique des baptisé.e. s francophones (CCBF) nourrit l’Église de ses interpellations et propositions pour contribuer à son renouvellement. Plus récemment, quarante mouvements, services, communautés, se retrouvent dans « Promesses d’Église », accompagnés par deux évêques. Ils prennent au sérieux l’appel que lançait le pape dans sa « Lettre au peuple de Dieu » (2018), et réfléchissent à l’avenir de l’Église, tout spécialement à sa synodalité, entre « gens qui se connaissent mal et expriment des opinions très différentes ». En 2015 notre centre pastoral avait contribué à la préparation du synode mondial sur la famille.

Un nouveau rendez-vous nous est proposé : le synode des évêques sur la synodalité se tiendra en octobre 2022.

Comme pour tout synode, le moment de la préparation est fondamental. Les évêques italiens l’ont bien compris et appellent à commencer un « processus de bas vers le haut et du haut vers le bas, avec la participation de tout le peuple de Dieu ».

Notre centre pastoral incarne depuis près de 50 ans un lieu « d’expérimentation pour témoigner de l’Évangile et inventer de nouveaux modes  pour l’Église de demain ».

Saurons-nous nourrir la réflexion de l’Église tout entière concernant une pratique très ancienne, revitalisée en 1965 par le concile Vatican II et le pape Paul VI ?

Pour 2022 trois mots sont proposés afin d’organiser la réflexion : communion–participation–mission. Un tel programme invite d’abord à écouter le monde et l’Église de ce temps sans prétendre imposer des recettes et en ajustant les convictions qui nourrissent notre espérance.

Communion : quel sens donnons-nous à cet appel, vieux de plus de 2000 ans qu’il convient d’adapter aux circonstances contemporaines ? La communion est blessée lorsque les divers membres n’ont pas pris le temps de préciser la richesse des rôles confiés à chacun et lorsque les moyens ne sont pas pris pour qu’un vrai dialogue permette, non d’ignorer les divergences, mais de les surmonter. 

Participation : en mars 2020 l’équipe pastorale de saint Merry exprimait les cinq perspectives qui nous animent. Comment, dans les mois qui viennent et autour du Comité de pilotage, les enrichirons-nous en écoutant d’autres propositions ? Ne perdons pas de temps et apportons notre contribution au travail de préparation du synode par l’Église de France, en transmettant nos suggestions au président de la Conférence des évêques de France. 

Mission : avec quelle joie et quelle inventivité, répondrons-nous à cet appel ? Saurons nous sortir de nos habitudes pour partager la Bonne nouvelle de Jésus à ceux–celles dont nous saurons nous faire proches ? En effet nous croyons que l’Évangile est attendu par notre société bien au-delà des cadres ecclésiaux classiques qui ne devraient pas être opposés à des groupes prenant le risque d’aller aux périphéries, comme il y a plus de 2000 ans. La mission consiste non seulement à aller vers l’autre mais aussi à inviter l’autre à nous partager sa parole. Comment laisser l’autre « se dire et nous dire ». La mission nous apprend à répondre : « Donne-moi à boire ».

Oui, synode… en avant !


Photo de couverture : La Basilique Saint-Pierre (Rome), Photo by Irene Carpaccio on Unsplash

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Guy Aurenche

Avocat honoraire, membre de la Commission Droits de l’homme de Pax Christi, ancien président de l’ACAT et du CCFD-Terre solidaire. À lire de Guy Aurenche : « Droits humains, n’oublions pas notre idéal commun ! », éd. Temps présent, 2018.

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    levy guy cohen says:

    st merry renait de ses cendres .. amen bonjour guy j ai été membre de l a c a t et frequentais la fille du pasteur et beaucoup d amis amies mais a 73 ans maintenant .. bon courage a toutes et,tous freres et soeurs guy

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    levy guy cohen says:

    st merry renait de ses cendres merci michel aupetit de nous faire revivre autrement je vais sur le diocese de paris et je mets les infos sur saint-merry….com est ce qu ils vont pas l enlever les moderateurs ?? bonne semaine guy

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      Jacqueline Boyer Stanic says:

      Merci beaucoup à vous ! Daniel Duigou avait un jour osé parler de « nouveaux apôtres » pour la communauté de Saint-Merry. Aujourd’hui par ce message nous savons qu’un mouvement irréversible anime de très nombreux chrétiens d’Europe. Espoir et confiance partagés en ces temps où la solidarité est fondamentale pour guérir une société en souffrance.

  3. Jacqueline Casaubon
    Jacqueline Casaubon says:

    Bonjour Guy, J’ai lu ton edito, une belle invitation à aller de l’avant, pleine d’une espérance, déjà en marche.
    Merci beaucoup. La fin en particulier ne me laisse pas indifférente. « Prendre le risque d’aller aux périphéries. Inviter l’autre à nous partager sa parole ».
    Aussitôt, cela m’a rappelé une rencontre, là-bas à la prison de Fleury, avec quelques détenus qui, un jour, « m’ont donné à boire une parole ». Elle a traversé les barrières, toutes y compris les nôtres, venue de là-haut, de très haut. Parole d’Espérance qui habite désormais le creux de moi-même. Quelle reconnaissance ! « Donne moi à boire »

    Jacqueline Casaubon
    9 mars 2021

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    Poujol René says:

    Guy, merci pour cette invitation. Dans le texte d’une conférence donnée par Mgr Migliore, Nonce apostolique à Paris, aux prêtres du diocèse de Rennes ( à paraître en avril dans la Nouvelle Revue de Théologie de Bruxelles), je lis ceci que je partage avec toi et les lecteurs de ces pages :

    « L’actualisation de la synodalité requiert un apport précis des laïcs. Il convient de noter que le fidèle laïc peut arrêter les décisions à prendre dans une association de fidèles ou dans un institut de vie consacrée ou dans une société de vie apostolique, s’il en est membre, alors que dans le diocèse ou dans la paroisse, où se déroule sa vie ecclésiale, il ne dispose d’aucun lieu où, par son vote, il puisse effectivement arrêter, même dans les matières qui ne relèvent pas directement du charisme du ministère ordonné, les décisions concernant la vie ordinaire de la communauté. Cette modalité de participation synodale n’est pas encore prévue par le Code de droit canonique et je crois que ce sera un point important du prochain Synode des évêques : la réforme des normes du Code de droit canonique sur les organes synodaux prévus. En fait, si le discernement communautaire doit conduire à des décisions qui reflètent des positions unitaires, les normes canoniques doivent établir les procédures pour ce processus. »

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    Alphonse says:

    Merci Guy pour ce défi.
    Reprenant des mots déjà entendus je dis « Fiat » et « comment cela va t-il se faire » concrètement.

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