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Témoignages. Résistance

Tout de même, comme il est ironique de voir un Archevêque ainsi balancer à la flotte une communauté, quelques jours après que François ait eu l’audace et la force de faire entrer une femme au synode des évêques ! 

Martin Basdevant

L’archevêque de Paris ne semble pas avoir compris que le cléricalisme c’était fini, que les baptisés se sont libérés de cette soumission, déférence, obéissance dans laquelle ils ont été sociabilisé. Résistance est le seul mot qui convienne. Résistance au conservatisme qui veut une Église et des fidèles conformes au modèle que l’épiscopat français projette, résistance au retour en arrière qui ne veut en rien tenir compte de l’expérience, des cheminements, des attentes des laïcs ne rentrant pas dans les “cases” définis du “bon catholique”. Je me suis souvent trouvé à Saint-Merry, trouvé, retrouvé et je rends grâce à cette Église-là et veux qu’elle poursuive.

Patrice Dunois-Canette

OUI, Saint-Merry est sur « un chemin de vérité, de vie » (il y en a d’autres fort heureusement !!) dans l’esprit de Vatican II et de François. Tous les reportages que j’ai réalisés avec Jacques et Daniel principalement (À l’ombre du ciel, Nuits blanches, Nuits sacrées, Une semaine à voir…) montrent cette créativité et l’accueil de l’Autre dans sa diversité et dans une périphérie en grande attente de ce « style pastoral » qui émane de la Bonne Nouvelle. Voyez ces visages et ces étonnements qui ouvrent au désir de connaître, de partager, tous étonnés et reconnaissants de pouvoir vivre un moment prophétique : « être, ici et maintenant » !

Clément Gourand

Encore un exemple de cléricalisme :
au lieu de discuter, l’autorité décide et sanctionne…
Les paroles de Matthieu 10, 14 me reviennent : “Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds.” Quittons la nef catholique pour embarquer sur d’autres voiliers poussés par le vent de l’Esprit !

Jean-François Peyraud

Ceci est le commentaire d’un prêtre orthodoxe marié de 82 ans, ordonné il y a 55 ans. Quand nous voyons les hiérarchies de nos deux Églises creuser la fosse où ils essaient de l’enterrer par leur idéologie réactionnaire, il est indispensable de se souvenir que le Saint-Esprit est présent partout. Un Dieu contrôlé par le clergé est moins que nous, donc une idole. Ayons foi dans le vrai Dieu. Restons polis avec la hiérarchie, suivons notre conscience, refusons les attitudes totalitaires !

Yves Dubois

Il y a une part qui s’arrête et cette expérience partagée de l’évangile portera des fruits inimaginables.

Lucie Bertier
Nuit des veilleurs 2020

Je viens à Saint-Merry parce que j’en ai besoin pour nourrir ma vie, ma foi, ma présence au monde, mes engagements.

Jean-Luc

Dois-je être réduit à la famine ?
(Le moi est haïssable bien sûr et pourtant je vais dire « je », laissant à ceux qui le veulent la possibilité de dire leur propre « je ».)
L’archevêque met fin à la mission du Centre Pastoral Saint-Merry, soit ! cela ne correspond pas à sa façon de voir, à ses urgences. Mais je ne viens pas Saint-Merry pour accomplir une mission, je viens à Saint-Merry parce que j’en ai besoin pour nourrir ma vie, ma foi, ma présence au monde, mes engagements.
L’archevêque met fin à la célébration eucharistique du dimanche à 11h15 parce que les prêtres ne s’y sentent pas en communion avec nous. Mais je ne viens pas à Saint-Merry pour faire plaisir aux prêtres ou qu’ils se sentent bien avec moi, je viens à Saint-Merry parce que j’ai faim d’une parole actuelle, vivante, questionnante : j’ai besoin de Jésus-Christ sorti des rites, des interdits, en prise sur la vie d’aujourd’hui. Je ne comprends pas en quoi cela peut vraiment mettre mal à l’aise les prêtres ? Je ne viens pas à Saint-Merry pour avoir une messe. Des messes je peux en trouver tout près de chez moi, à 30 km de Saint-Merry… et, à Paris, le dimanche, je n’ai que l’embarras du choix ! Il n’est donc pas question pour moi de vouloir rejoindre la messe de 10h de Saint-Merry. Si je fais tous ces kilomètres, presque tous les dimanches, et ce depuis trente-neuf ans, ce n’est pas pour m’accrocher à une tradition, c’est pour être nourri, pour rencontrer des amis et d’autres personnes qui, comme moi, cherchent une parole vivante, nourrissante et pouvant les animer pour vivre en ce temps.

Ce n’est pas le rite de la célébration de 11h15 que je cherche ! Ce dont j’ai vraiment besoin, c’est de ce temps de rencontre préparé et porté par quelques volontaires depuis le début de la semaine précédant le dimanche. Je viens « au puits », comme la Samaritaine, auprès de Jésus-Christ et de sa parole, entouré, questionné par des femmes et des hommes qui, comme moi, cherchent un sens, un guide, une nourriture pour leur vie de chaque jour. 
Je viens à Saint-Merry parce que j’ai faim, parce que j’ai soif, parce que j’ai besoin des autres. Et quand deux ou trois sont réunis en son nom, je sais et je crois qu’Il est là. Et, à plus forte raison, plus de 11.500 signataires, en quinze jours, viennent d’exprimer leur faim… Cette faim, ce besoin, sont tellement importants que même la grande presse française s’en empare ! Que doivent donc être ces quelques soi-disant « méchants » capables de faire fermer ce lieu ? Il me vient à l’esprit le marchandage d’Abraham avec Dieu à propos de Sodome et la réponse de Dieu : « … même s’il n’y a que dix justes je ne détruirai pas Sodome ».
Y aura-t-il possibilité de laisser le lieu ouvert, le dimanche à 11h15, sans mission spécifique, pour permettre de se rencontrer, de partager la parole – renonçons à l’eucharistie – simplement pour que nous puissions continuer de vivre cette recherche ? J’ai faim, j’ai soif, j’ai envie de vivre ! Près de 12.000 personnes expriment le même besoin… N’est-ce pas le signe, l’expression d’une famine silencieuse insoupçonnée ?

Jean-Luc Lecat

Xavier de Chalendar, c’était l’homme de l’Évangile.
Ses commentaires, au plus près du texte, faisaient de chacun de nous
un contemporain de ce Jésus tellement aimable,
par-delà toutes les vieilleries de l’institution Église.

Pierre Gidon
Nuit pascale

Ce lieu a été, ou est, pour beaucoup d’entre nous un lieu de ressourcement spirituel important et peut-être fondamental dans notre vie. Ma foi a pu continuer à y grandir, s’ouvrir à d’autres horizons. Je pourrais citer des rencontres, des partages pour préparer les messes ou pour les temps de carême, des expositions, les Nuits blanches, les débuts des Restos du cœur, … et ces nombreux échanges, dont ceux avec Xavier de Chalendar, Jean Courtès et Joseph Pierron. Tout cela m’a fait découvrir un autre visage du Christ, mais je ne suis certainement pas le seul, et je m’en réjouis. Je désire, au milieu de ma tristesse, louer le Seigneur pour tout cela, le remercier pour tout ce pan de ma vie qui me constitue et où j’ai en partie enraciné ma foi actuelle. Je le remercie aussi pour tout ce que j’ai vu grandir en chacun. Et j’étais heureux que des personnes en marge de l’Église y trouvent leur place et se sentent accueillies.

Patrick Blanchard

Saint-Merry a représenté pour nous un moment de vie unique et exceptionnel tant pour notre vie spirituelle et notre engagement chrétien que par toutes les rencontres que nous avons faites, les liens puissants qui nous unissent à celles et ceux qui ont partagé cette expérience et les amis que nous nous y sommes faits pour la vie. L’écoute, le dialogue, le respect, l’attention à chacun, l’enrichissement mutuel dû à nos expériences de vie et à nos engagements différents, prêtres et laïcs, sont au cœur de ce que nous avons vécu à l’équipe pastorale.
L’Église doit plus que jamais s’enrichir de ses différences, s’ouvrir à des manifestations variées de la foi ou répondre à des quêtes nouvelles de sens, et non se barricader derrière des actes d’autorité sans dialogue. Le monde en a besoin !

Sylvie Marcé

Nous habitons Versailles, mais depuis fort longtemps nous allons à la messe le dimanche à Saint-Merry car nous « y sommes bien ». C’est une Église comme on aime. Nos ados n’ont jamais rechigné à nous accompagner, ce qui constitue un choix de matinée le dimanche : aller à Saint-Merry – participer à la cérémonie et revenir à Versailles. Comme nous, ils apprécient :

  • Le rôle des laïcs (hommes et femmes sans distinction, actifs dans la préparation de la messe, par leur témoignage/homélie bref mais ancré dans la vie).
  • L’accueil naturel et le sourire de ceux que nous rencontrons sans les connaître.
  • Pas de cérémonie standardisée, avec trois lectures et un sermon qui souvent n’y fait pas référence. À Saint-Merry, les variantes apportées nous permettent de rester attentifs.
  • Pas de spectacle ni de décorum d’un autre temps mais la simplicité et le dépouillement, qui devraient régner dans toutes cérémonies.
  • Un déplacement de la foule, de la nef au cœur pour l’offertoire. Le chœur n’est pas réservé aux hommes et aux clercs.
  • Accueil de chacun avec ses différences de valeurs : Saint-Merry accueille chacun sans distinction ni jugement.
  • Des soirées de prières ou assis par terre et serrés nous partageons, parfois nous prions et chantons avec des étrangers chrétiens ou non mais qui sont comme nous citoyens du monde.
  • Le coin d’accueil permanent et chaleureux pour parler en face à face ou boire un café.
Olivier Manchon

J’ai l’impression de me retrouver comme les disciples au pied de la croix,
abattu par la nouvelle et dans l’incapacité de croire à la Résurrection.

Vincent Moreau

Pour nous le prêtre n’est pas un être supérieur mais un frère en Christ, un ministre ordonné
au service de la communauté avec lequel nous menons des projets en communion.

Gerardo Ramos

Dans l’Église, il ne faut pas s’obstiner à frapper à des portes fermées. Quand il s’agit sim- plement de vivre de l’Esprit, il convient d’aller respirer spirituellement là où il a de l’air.

Jean-Philippe B.
Anniversaire 40 ans du CPHB
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