« 535 mots pour 535 morts ». Hommage aux morts de la rue, le 30 mars

Pendant que nous combattons pour que vive Saint-Merry Hors-les-Murs, le message tombe : le Collectif Les Morts de la rue sort un faire-part sans concession. 535 morts de la rue recensés en 2020, à 49 ans en moyenne (chiffre très en-deçà de la réalité selon le collectif). Dans les trois derniers mois avant leur décès, chacune de ces personnes a vécu dans des lieux non faits pour l’habitation (parking, cage d’escalier, voie publique, cabane de chantier, métro…). Causes du décès : overdose, mort par asphyxie, chute depuis un train, passage à tabac, suicide, longue maladie, usé par la vie, écrasé par des palettes dans un camion… Ils ont un visage, un nom et ce sont des personnes comme nous. Leur prénom ? Début de la liste de juillet : Dédé 57 ans, un homme 33 ans, Grégory 45 ans, Pascal 54 ans… Il y a un enfant de moins de 5 ans et quatre de moins de 19 ans. 

Pour nous, qui sont-ils ? Des frères et des sœurs ?  Des oubliés, des abandonnés sur le bord de la route, des accidentés de la vie, des gens rencontrés en bas de notre immeuble… Qu’avez-vous fait de moi !

Le collectif leur rend hommage le 30 mars (Hommage numérique en raison du Covid : http://www.mortsdelarue.org). Il rappelle à l’occasion de cet hommage que la rue tue ! Le collectif nous alerte : « Chaque homme est grand. En interpellant la société, en honorant ces morts, nous agissons pour les vivants ». Ne les oublions pas et rappelons-nous qu’ils ont chacun un prénom et que ce sont des personnes avec un visage et une histoire.

Je suis dans le collectif pour l’accompagnement des personnes isolées décédées (pas forcément dans la rue) et tous les mois j’accompagne avec un autre volontaire des personnes au cimetière de Thiais ; nous déposons une fleur sur leur tombe, nous faisons leur éloge et nous les évoquons par un poème (a priori non religieux). Par ce geste, nous les honorons pour le compte de la société. Ils quittent l’anonymat et la solitude pour retrouver un nom et un visage. J’ai le sentiment de contribuer à rendre à ces personnes un peu de considération. Ils ne sont plus un mort de plus mais Jean, Catherine ou Pierre… J’ai aussi un petit contentieux avec la mort de certains de mes proches et cet engagement me permet de le dépasser.

Jean-Louis L.

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