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Sortez, gens du peuple de Dieu !

Vous pensiez vous installer ici, à Saint-Merry ? Mais c’était le campement d’un instant, le lieu où Dieu et l’être humain s’arrêtent avant de reprendre la route. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Votre terre n’est pas ici. Vous êtes le peuple en mouvement, sortez ! Allez prier plus loin. La tendresse sera votre cantique, Jésus sera votre parole, la vie sera votre célébration. On vous attend dehors, gens du peuple de Dieu ! Et Dieu sort avec vous. 

Il y a des textes qui donnent des coups au cœur, il y ​a des prières que l’on peut répéter, mâcher, sans en épuiser le suc, il y a des appels qui nous font nous lever longtemps après qu’ils ont été lancés. En  voici un que nous avons déjà proclamé entre les murs de Saint-Merry à la fin de plusieurs  célébrations. Nous l’avions choisi pour la Rencontre œcuménique des Semaines sociales en novembre 2010 et il a inspiré l’un de nos chants : « Il faut partir, le temps nous presse ». Ainsi, des mots, des phrases veillent dans nos mémoires et nous réveillent  quand un événement les en fait soudain jaillir. On nous fait sortir ? On nous met à la porte ? On prétend effacer des années de partages fraternels ? Alors les mots de Jean Debruynne (1925-2006), poète, prêtre de la Mission de France, ami de Gérard Wybo, de Gabriel Ringlet et de bien d’autres,  viennent à notre rencontre : 

Il faut partir, gens du peuple de Dieu ! Vous pensiez vous installer ici, dans la serre chaude de cette rencontre ? Vous prétendiez vous établir dans la maison de Dieu ? Mais Dieu n’a pas de maison ! On n’assigne pas Dieu à demeure. Il est toujours en déplacement, sans domicile, sans fauteuil. Ici, c’est le campement d’un instant, le lieu de transit, où Dieu et l’être humain s’arrêtent avant de reprendre la route. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Vous êtes le peuple en partance, votre terre n’est pas ici. Vous êtes le peuple en mouvement, étrangers jamais fixés, gens de passage vers la demeure d’ailleurs. Sortez, gens du peuple de Dieu ! Allez prier plus loin. La tendresse sera votre cantique, Jésus sera votre parole, la vie sera votre célébration. Allez, vous êtes la maison de Dieu, les pierres taillées à la dimension de son amour. On vous attend dehors, gens du peuple de Dieu ! Et je vous dis : Dieu sort avec vous.

Jean DebruyNne
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Jean Verrier

Universitaire à la retraite (Paris 8, département de littérature, de 1970 à 2000). Membre du CPHB, devenu le Centre pastoral Saint-Merry, depuis 1981. Sept petits-enfants.

  1. Jacqueline Casaubon says:

    Merveilleux, c’est vraiment merveilleux. Merci Jean, pour cet envoi qui éclate de vitalité et de confiance. On est bien dans la spiritualié de Pape François.
    Jacqueline

  2. Metzger says:

    Merci Jean de remettre ce texte en rapport avec notre situation actuelle. On ne devrait jamais l’oublier. La vie ne va jamais avec le fait de se fixer, de se figer.

  3. Jean-luc LECAT-DESCHAMPS says:

    Merci Jean ! C’est tellement plein de vie et de poésie ! Oui osons sortir de nos chemins tout faits et de nos habitudes.

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