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Dimanche 15 août 2021. « Magnificat »

Entrée en prière : J.S. Bach, Magnificat in D Major, BWV 243 – Chorus: “Magnificat”

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Rogier Van der Weyden, La Visitation, ca 1445, Leipzig, Museum der Bildenden Künste

Bonjour à tous, vacanciers et ceux qui ont repris le travail. Malgré la transhumance de début août nous étions une quinzaine à la préparation de ce partage. A la première lecture des textes, j’étais peu inspiré et refroidi par celui de l’Apocalypse. Pourtant les échanges ont été fructueux. De fil en aiguille nous avons construit cette rencontre. Nous avons fait le choix de ne garder que deux textes, celui de l’Apocalypse et celui de l’évangile de Luc. Pour certains le premier est un beau récit qui illustre bien le combat du bien et du mal et digne d’une bande dessinée qui plairait à nos jeunes.
Aux yeux de l’évangéliste, que la rencontre entre Marie et Elisabeth, toutes les deux enceintes, est réjouissante et pleine d’espérance ! Marie, cette femme, peu présente dans les récits de la vie de Jésus, est un passage entre Dieu et nous, une personne qui fait confiance, restant jusqu’à la fin près de son fils. Heureuse celle qui a cru !
En communion avec tous les membres dispersés de notre communauté Saint-Merry Hors les Murs, entrons dans ce partage, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Bernard R.

La liturgie propose ce matin un extrait de l’Apocalypse, texte étrange et surprenant. Un grand spectacle qui a inspiré les artistes, avec une femme, un dragon.

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire. Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place. Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! »

Résonances

J’aime beaucoup ce texte et je me réjouis de l’entendre dans la liturgie du 15 août. Le lien avec Marie n’est pas évident. La femme dont il est question représente le peuple de Dieu, peuple d’Israël peut-être, écrasé par l’empire romain, mais plus sûrement l’Église naissante à l’époque de Jean, avec toutes les attaques, les difficultés du moment (le dragon).
Peuple de Dieu qui engendre un enfant, le Messie, et tout commencement se fait dans la douleur. La femme s’enfuit au désert, lieu aride, lieu de souffrance, de privations. Mais Dieu lui a préparé une place, car le désert, c’est aussi le lieu du refuge, de la rencontre, dans l’Ancien Testament.
Le peuple de Dieu des premiers temps, c’est encore nous aujourd’hui, peuple de Dieu du XXIe siècle qui essayons d’être le peuple qui annonce la présence du Christ. Et nous espérons être enlevé avec Lui jusqu’auprès de Dieu.

Hélène P.

Douleurs de l’enfantement. Cris. Dangers de l’accouchement  et de toute naissance dans les camps de réfugiés et les pays de la faim. Le Dragon de la pauvreté dévorera-t-il l’enfant dès sa naissance ?
Douleurs de l’enfantement des printemps arabes. Tortures en Syrie, en Biélorussie, en Birmanie, en Chine et ailleurs. Le Dragon de l’appétit de pouvoir dévorera-t-il les espoirs  des jeunes démocrates ?
Catastrophes des dérèglements climatiques. Un tiers des étoiles du ciel sont précipitées sur la terre. Le Dragon du profit aveugle dévorera-t-il les efforts des militants pour un développement durable ?
Un monde meurt, un monde nouveau naît quelque part. Je veux le croire, je veux le voir. Que s’ouvre le ciel, qu’apparaisse la Femme et  l’Arche d’Alliance et que naisse le berger de toutes les nations !

Jean V.

L’Apocalypse d’Angers (tapisserie), XIVe s., « Une Femme, ayant le soleil pour manteau… »

Méditation : Apocalypse (thème de fin) – Kenji Kawa

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Résonance

Depuis le néolithique, la vie sédentaire a engendré le patriarcat sur la totalité du globe, malgré quelques exceptions marginales.
Les religions ont toutes soutenu cette construction de société. l’Église, quant à elle, tout en maintenant cet état d’esprit, a fabriqué de toutes pièces , un idéal féminin qu’elle a justifié de façon géniale en prétendant que c’était la description de Marie, pour moi, supercherie bien tenace jusqu’à nos jours.
Mais, le Royaume de Dieu en construction est en marche…
En effet ce mythe de la femme idéale a été ébranlé à maintes reprises : la Réforme, les Lumières, les “suffragettes” du monde anglo-saxon, un peu partout dans le monde occidental quoique chrétien, depuis la première guerre mondiale. Et ce, malgré l’acharnement – c’est ma lecture – notamment des religieuses et des confesseurs, pour formater des générations de filles destinées à être de merveilleuses épouses et des mères castratrices envers les ados cherchant à s’émanciper….
Heureusement, le patriarcat s’est progressivement assoupli, malgré les réticences appuyées des gouvernants, des lois finissent par être votées…
Par contre l’Église est confrontée à l’impuissance : Pour aller vite, elle ne peut arrêter les hémorragies, suite à Humanae Vitae, aux générations dites de “68”, à l’explosion des scandales concernant des puissants respectables.
Où que ce soit sur la planète, rien ne peut plus arrêter le monde nouveau en construction !
Qu’essaie de nous faire comprendre Luc, quand Il met dans la bouche de Marie, cette prière de la Bible – interdite sous une dictature en Amérique du sud – : “Il disperse les superbes, renverse les puissants, élève les humbles, comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides” ?
Mes sœurs en humanité et vous hommes de bonne volonté, osons faire tomber l’injustice, un monde nouveau se construit où hommes et femmes, insignifiants et puissants seront sur un pied d’égalité. Nous venons de l’entendre, c’est une promesse que nous pouvons accomplir, ne sommes-nous pas les mains de Dieu ?
Comment résonne en nous la confiance et l’émerveillement de Marie ?

Marie-José L.D.

Méditation en musique 

Doina lui Petru Unc – improvisation pour flûte de pan et orgue, Gheorghe Zamfir et Marcel Cellier (26’40 – 30’8).

Partage

Comment résonnent en nous la confiance
et l’émerveillement de Marie ?

Fra Angelico, La Vierge en gloire (détail)
Fra Angelico, La Vierge en gloire, tempera sur bois, 1434-1435 env., Galeries des Offices, Florence (détail).

Chant 

Rien ne changera T111

Rien ne changera sur la terre des hommes
S
i la justice meurt entre nos mains.
I
l nous sera vain de parler du Royaume
S
i la richesse encombre nos chemins.

Tu parles de l’affamé, là-bas,
Que défigure la misère ;
Mais à ta porte, n’oublie pas
Celui qui meurt de faim !

Tu parles de l’immigré, là-bas,
Qui doit quitter son coin de terre ;
Mais à ta porte, n’oublie pas
Celui qui n’a plus rien !

Tu parles du condamné, là-bas,
Que les tyrans font disparaître ;
Mais à ta porte, n’oublie pas
Celui qui ne dit rien !

Tu parles de l’opprimé, là-bas,
Qui doit se soumettre et se taire ;
Mais à ta porte, n’oublie pas
Celui qui n’est plus rien !

Tu parles du prisonnier, là-bas,
Qui ne peut plus voir la lumière ;
Mais à ta porte, n’oublie pas
Ton Dieu qui tend la main !

Quelles intentions de prière
avez-vous le désir de confier ?

Que ta volonté soit faite, Seigneur des temps nouveaux
Et que ton Royaume vienne au milieu de nous

refrain

Léonard de Vinci, Tête de la Vierge, dessin (craie noire, charbon de bois et craie rouge), 1510-1513, The Metropolitan Museum, New York

Notre Père

Chant

Je m’appelle Marie (Mannick)

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  1. plazanet says:

    je ne veux pas aujourd’hui commenter les textes du 15 aout dont j’ai bien apprécié l’analyse.
    Ne trouvant pas d’autre moyen de vous laisser un message, je voulais une fois de plus dire ma déception en lisant l’interview de Mgr Aupetit à Lourdes où il déclare confier St-Merri à Sant Egidio. Je n’ai rien contre l’activité sociale de cette organisation si proche du Vatican , mais il me semble que la hierarchie catho s’acharne sur le centre pastoral et j’en suis très touché.
    Bon courage à tous.
    Ps : je suis retiré en Dordogne , mais j’ai fréquenté St-Merri de 1986 à 2000.
    Jacques PLAZANET

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