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Dimanche 19 septembre 2021. « De quoi discutiez-vous en chemin ? »

Dans les textes de ce dimanche, bien des phrases nous déconcertent, avec leur logique renversée: le Messie tant attendu sera livré, tué et ressuscitera, le premier sera le dernier et le serviteur de tous, se faire proche des petits, c’est accueillir le Père. Mais nous réalisons aussi que, ce qui nous empêche de prendre le chemin du service et de l’accueil de l’autre résulte souvent de combats intérieurs entre des désirs contraires: convoitise et jalousie s’opposent à justice et amour. Ouvrons nos cœurs à sa Parole et au Père qui nous donne la vie.


Pour vous connecter au Zoom de la rencontre autour de la parole à 11h, suivez ce lien (ID de réunion : 945 4788 1001 Code secret : 210404)

Entrée en prière avec Dvorak, Quatuor in F Major, Op.99: Molto vivace

Accueil et introduction à la rencontre

Bienvenue à vous tous, rassemblés ce dimanche pour notre rencontre autour de la Parole.
Soyez chacune et chacun accueillis, avec les joies et les préoccupations que vous portez.

Le débat fut très animé lors de la préparation lundi soir ;
Et finalement, le cheminement de notre rencontre ira de ce qui vient d’en bas, à ce qui est d’en haut, du livre de la Sagesse qui évoque le comportement cynique de celui qui veut tendre un piège à l’autre ou encore de la lettre de Jacques qui nous parle de rivalités et de convoitises qui mènent aux conflits du fait de nos combats intérieurs qui ne se résolvent pas dans la paix et le dialogue jusqu’à l’Evangile qui nous demande de prendre le chemin du service et de savoir accueillir.
Tous les textes évoquent, le calcul, la comparaison: petit, enfant, grand, premier, dernier…
Ne sommes-nous pas dans un monde régi par les chiffres et le quantitatif ? De quoi discutons-nous généralement ? Des coûts des choses, des performances et compétitions en tout genre, discussions entre nous pour savoir qui est le plus grand, le meilleur ou désigner le plus minable, celui qui est en tête ou « le dernier qui court dans la poussière », (étymologie probable de « diaconos », l’humble serviteur, nous rappelle notre helléniste…). On compare, on évalue, on trie et catalogue à foison. On s’enlise dans le quantitatif. On condamne. On exclut. Alors la jalousie s’instaure et personne n’arrive à ses fins, le conflit et la guerre s’installent.

Ce qui vient d’en bas
Cet état d’esprit et le comportement qu’il implique, le livre de la sagesse, qui ne date pas d’hier, nous le décrit presque cyniquement – comme une manière de coincer l’autre- :

« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises »

Sg 2, 18

ou encore « Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira ! ». On va même jusqu’à faire un chantage, pour voir si Dieu viendra à son aide : « Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience ».

Ce qui est d’en haut
C’est une proposition de vie possible dans un autre registre ! Jacques, nous dit que le processus conflictuel vient souvent et d’abord de nous-mêmes, alors que:

“c’est dans la paix qu’est semée la justice qui donne son fruit aux artisans de la paix”.

Lettre Jc 3

Notre demande sera vaine si notre questionnement est mauvais.
Dans notre « tohu-bohu » intérieur, extérieur, quotidien, Jésus nous propose une attitude, un autre comportement comme antidote à nos tourments, la même attitude, dit-il, que celui dont il se réclame, la Filiation Originelle de l’accueil et du service de l’autre, attitudes qui ouvrent à la Vie en abondance, pour soi et pour l’autre !

Regardons la scène proposée par Marc, contemplons ce cercle communautaire St Merry en chemin que nous formons ce dimanche, dans lequel Jésus accueille un enfant, le place au milieux de nous, l’embrasse…

Comment t’appelles-tu ?
Paix… Tendresse… Confiance… Faiblesse… Douceur … Espérance… Mystère…

Alors, …premier, dernier, grand, petit, laid, beau, gros, maigre… est-ce la bonne discussion ?

Bernadette C. et Clément G.

Méditation en musique

Vivaldi: Nisi Dominus, RV 608 “Cum dederit”.

Vol de grues cendrées
Photo J. Idoux

📖  Lettre de Jacques (Jc 3, 16 – 4, 3)

de bons fruits
Photo J. Idoux

Bien-aimés, la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.


Méditation en musique Purcell: Dido & Aeneas, Act I “The triumphing dance”


Résonance : “C’est d’abord en nous-mêmes que se situe le combat entre nos désirs contraires”

La première partie du texte proposé contient un éloge de la sagesse qui a les accents de Paul dans son hymne à la charité. La sagesse est décrite comme l’amour, elle est bienveillante, conciliante; elle est pleine de miséricorde, elle est féconde en bons fruits.
Elle vient d’en haut, comment comprendre cette formule?  L’être humain est créé à l’image de Dieu. Qu’il soit croyant ou non, il porte en lui cette marque de l’Amour, au plus haut, aussi bien au plus profond de son cœur. Ce désir de paix qui seul produit la justice. C’est dans la paix qu’est semée la justice, écrit Jacques. Justice et paix s’embrassent, chante le psaume.

La deuxième partie de la lettre expose tout ce que produit l’esprit du mal: convoitise, jalousie, rivalité, hypocrisie.
Saint Augustin décrit bien dans ses Confessions, comment, tout petit, il a eu un regard de jalousie et de haine (invidia) pour le bébé plus jeune appendu au sein de Monique, sa mère.
C’est d’abord en nous-mêmes, comme le dit cette lettre de Jacques, que se situe le combat entre nos désirs contraires, celui de l’amour accueillant et celui de la destruction de l’autre.
Ce combat interne se projette et se nourrit à l’extérieur dans la vie en société. Cela engendre les luttes pour le pouvoir et pour les richesses, et finalement les guerres. L’hégémonie et le pétrole, causes de tant de guerres…
La volonté de dominer, la recherche du pouvoir ne se retrouvent- elles pas dans toutes les sociétés, y compris dans l’église? Peut-être même dans notre communauté? 

Seule la charité, la sagesse de l’amour, c’est à dire l’esprit de Jésus, peut nous entrainer sur le chemin du service, hors de tout calcul.
Heureusement, ici près de nous et là-bas dans le monde entier, beaucoup de femmes et d’hommes vivent et agissent selon cet Esprit, qu’ils invoquent, ou pas, le nom de Dieu.

Geneviève P.M.

Chant de méditation :

Qui vous accueille, m’accueille
Et qui m’accueille, reçoit le Père.

📖  Évangile de Jésus-Christ selon Marc 9, 30-37 : choisir le chemin du service et de l’accueil

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » 

Résonance et introduction au partage

Dans l’ Évangile, les apôtres ne comprennent toujours pas les paroles de Jésus ; la mort et la résurrection du Christ sont incompréhensibles et font même peur ! Que deviendront-ils alors, qui dirigera leur petite communauté ? « De quoi discutiez-vous en chemin  ? » leur demande Jésus. Ils sont gênés, eux qui déjà voulaient savoir qui prendra la place, qui sera le premier; à cela Jésus répond « qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ».
En réalité, c’est quoi « être le premier » ? C’est celui qui écarte, écrase tout autour de lui pour être reconnu, avoir les honneurs, l’argent ? Ou au contraire, comme le premier de cordée en montagne, qui ouvre la voie, avance, soutenu par ses compagnons ? Il est au service des autres, tout en sachant qu’il prend des risques, mais jamais seul.
Nous pouvons nous poser la question :

comment vivons-nous la place de serviteur ?

Bernard et Danièle R.

Le Christ lavant les pieds des apôtres
par Meister des Hausbuches, 1475
Gemäldegalerie , Berlin

Chant : Pour que l’homme soit un Fils à son image G 297-1

à écouter ici

Pour que l’homme soit un fils à son Image,
Dieu l’a travaillé au Souffle de l’Esprit :
Lorsque nous n’avions ni forme ni visage,
Son Amour nous voyait libres comme Lui. (bis)

Nous tenions de Dieu la Grâce de la vie,
Nous l’avons tenue captive du péché :
Haine et mort se sont liguées pour l’injustice
Et la loi de tout amour fut délaissée. (bis)

Qui prendra la route vers ces grands espaces ?
Qui prendra Jésus pour Maître et pour Ami ?
L’humble serviteur a la plus belle place !
Servir Dieu rend l’homme libre comme Lui. (bis)

Intentions de prière à confier à la communauté

Refrain
En toi, Seigneur, j’ai placé toute ma confiance
Accueille ma prière.

Nous faisons communauté en disant Notre Père;
Nourris par ce partage, nous prenons le chemin de l’accueil et du service.

Accueil et service – Photo by Tim Mossholder on Unsplash

Et vous, qu’en pensez vous ? Lien vers le billet de la semaine.

CategoriesLiturgie

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