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Brassée de liens tissés avec Gérard Wybo



Que ce soit par ses commentaires d’Évangile, par son imagination et ses talents artistiques, par son sens de la fraternité, du partage, sa proximité à chacun, sa façon de croquer à pleines dents dans la “bonne vie”, ses coups de gueule, son tempérament rebelle, tous nous avons été marqués par le témoignage de vie de Gérard Wybo. De partout, affluent les témoignages que nous vous partageons ici.

Cher Gérard,

Meilleurs vœux à notre Preux Chevalier !

Tu as commencé par combattre – en pleine guerre – une terrible gastro-entérite, avant de pouvoir monter sur des skis et épater la galerie en te retrouvant suspendu, la tête en bas, au-dessus du ruisseau.

Rentré au séminaire, tu sauves de la noyade – au Pouldu – un jeune de Quimperlé ; puis tu te rends en Afrique Équatoriale Française pour participer à un chantier œcuménique.

Fidèle jusqu’au bout à ta vocation, tu es ordonné prêtre alors que c’est la débandade générale.

Installé à Saint Paul-Saint Louis, tu affrontes « les tigresses » du lycée et, même, tu célèbres le mariage de ta sœur « alsacienne ».

Puis vient la période artistique, qui te voit produire de superbes tapisseries réalisées par les Mémés (sympas et performantes malgré leur grand âge) à Saint-Marcel.

Arrivé à Saint-Merry, tu te fais le défenseur des homos et des clodos, à tes risques et périls (Cécile en a été le témoin !).

Pour finir en beauté, « tu fais la fête » au cirque (où tu célèbres Noël sur la piste) et avec les Forains, que tu emmènes voir le Pape.
Que d’aventures jusqu’ici : bravo !
A l’occasion de tes 80 printemps, nous te souhaitons de poursuivre ton combat avec vaillance.

Très affectueusement,

Odile, sœur de Gérard, et Alain, son beau-frère.

En l’honneur des 80 ans de Gérard

MERCI Gérard.

Je ne peux pas laisser partir Gérard sans lui écrire un hommage, un merci pour tout ce qu’il m’a apporté dans ma vie et tout ce qui a été et reste important pour moi.
Quand je suis revenue à Paris pour enseigner, mon amie Anne m’a dit que son frère Gérard, prêtre à la paroisse Saint Marcel était morose de n’avoir que des enterrements à célébrer, car son église se trouvait en face de l’Hôpital La Pitié Salpêtrière.
Je suis donc venue avec ma guitare animer quelques messes, ravie d’être utile dans ce milieu catho que j’avais l’habitude de côtoyer depuis mon enfance.

J’ai découvert un prêtre vraiment différent de ceux que j’avais l’habitude de croiser. Il était drôle, direct, se moquant gentiment du clergé mais très profond et ayant un besoin vital de créativité et d’authenticité aussi bien dans sa façon de vivre sa Foi que dans le domaine artistique !

C’est exactement ce que je cherchais : oser des défis nouveaux dans l’Église, bouger, créer, inventer, partager, chanter, danser… Vivre sa Foi, quoi !

Gérard nous a fait tirer l’aiguille sur une énorme tapisserie représentant le Christ Ressuscité mais dessiné par un enfant. C’était un rassembleur. Il avait compris que la foi se vit avec les autres, par les autres !

Chaque Noël, il nous mettait en route pour créer la nouvelle crèche de Saint Marcel, avec toutes sortes de matériaux mais chacun pouvait participer à sa façon : un petit mot écrit, une attention : « autour de l’Enfant Jésus, chacun finissait par trouver sa place ».

Avec lui, chacun se sentait important et aimé. Il savait parler et porter de l’attention à tous y compris aux clochards qui campaient devant l’église. Ce qui lui créait parfois du souci.

Il savait trouver les artistes (ou qu’ils se découvrent eux-mêmes sans le savoir).
Tous numéro un !! Ces petites mamies qui ont cousu toutes ces merveilleuses Vierge Marie en patchwork et cette magnifique Cène dont il faisait des cartes postales qu’il distribuait sans compter. C’était la fête des couleurs !

Il a lancé l’Ecole de l’Image qui était un vrai enseignement du regard artistique. Cela m’a permis de mieux utiliser l’audio-visuel de l’époque dans ma classe, au caté et à l’aumônerie. Et les diapos projetées au mur donnaient une toute autre importance au travail des jeunes. C’était un catéchisme qui nous souriait, nous concernait, nous ressemblait et nous faisait réfléchir ! C’était une autre époque bien sûr, avant les écrans numériques !

Je voudrais dire aussi qu’il savait donner de l’importance aux petites choses, aux petits gestes d’Amitié, loin de l’or et des vieux principes de l’Eglise.  Sa fête des enfants à Saint Marcel était complètement gratuite pour tous.

Voilà, MERCI pour tout cela, GERARD ! Chapeau aussi pour ces dernières années où tu t’es battu avec ce cancer ! Tu as eu un sacré cran pour réussir à remarcher et puis le Seigneur t’a emporté pour ne pas t’obliger à rester immobile trop longtemps. Ce n’était pas toi, l’immobilité !

Tu vas manquer à P’tit Bouchon, mais on se reverra dans cette éternité pleine de couleurs que tu nous as promis.
A Dieu Gérard ! 

 Anne-Marie, P’tit bouchon.

Set réalisé par Anne-Marie pour les 50 ans de sacerdoce de Gérard

Gérard, mon ami, mon frère

Oui, nous sommes tous frères, mais je disais que nous l’étions doublement puisque nous venons tous les deux d’une famille de 11 enfants.
Nous nous connaissons depuis si longtemps. Je me souviens de toi, jeune vicaire à St-Paul, à l’époque où on te confondait souvent avec ton frère jumeau.
C’était la grande époque de lutte contre les expulsions sauvages, lors de la rénovation du Marais. Dans le cadre de de Justice et Paix, tu militais avec ton grand ami, Yves Buannic, lutteur infatigable contre toutes les injustices qui lui aussi, avait faim et soif de justice.

Puis nous nous sommes retrouvés à St-Merry.

Les souvenirs sont si nombreux

Le catéchisme, rencontres avec les enfants, plein de surprises et découvertes, joyeux repas avec les parents et ces célébrations de fête et d’amitié.

C’est grâce à toi que j’ai découvert le monde des forains, lors de ces belles célébrations à la Foire du Trône.

Nous parlions beaucoup de ce quartier que tu connaissais si bien, je me rappelle nos discussions politiques et même nos paris sur les élections, quand nous échangions nos procurations. Je te disais d’ailleurs qu’on s’ennuierait au ciel si on n’y accueillait que des gens de même opinion !

Et tant de repas en famille ou avec des amis du quartier, avec toi qui aimais tant faire la fête.

Et puis tu es tombé malade, tu as gardé courage dans cette dépendance qui t’arrivait, avec ta volonté de vouloir remarcher en acceptant les traitements pénibles et malgré les retours en arrière et les nouvelles difficultés.

Avec le confinement, – tu disais d’ailleurs que tu étais déjà confiné depuis 2 ans -, les liens se sont renforcés dans la simplicité, il y a eu beaucoup de rencontres et d’échanges dans ce premier étage, devenu un désert.

Quel réconfort de savoir qu’on pouvait parler de tout !

Tu allais avoir 80 ans et nous aurions pu fêter ça tous ensemble.

Mais voilà que tu es parti pour le grand passage, tu m’avais téléphoné quelques jours avant et j’avais été si heureuse de te retrouver comme avant, toujours attentif aux autres et surtout à ceux qui étaient isolés. Je t’avais dit que je ne pouvais pas prier pour les morts, si on croit à l’amour de Dieu, ça n’a pas de sens, sinon, que deviendraient ceux pour qui personne ne prie?

Tu me disais qu’on peut prier avec eux, alors je crois que tu as été accueilli par un père aimant.

Je veux le croire, mais j’ai beaucoup de peine.

Anne L.

Gérard nous a mariés en 2010. Il nous a aidés à préparer notre mariage, dans la décontraction et la joie. Mon mari, qui est étranger, et moi gardons en particulier un souvenir attachant de ce déjeuner ensoleillé que nous avons eu avec lui, où il avait été si compréhensif, ouvert et gentil.
La cérémonie du mariage fut une réussite, et des années après mes amis me reparlaient encore de ce prêtre tellement souriant, heureux d’être parmi nous, avec ses mots simples et vrais sur Dieu… et qui avait même proposé de bénir nos portables !

Claire M.

Gérard nous a mariés à Saint-Merry en 1982. Curé des forains, il nous entraînait presque chaque année à la messe des forains et, le jour de l’Ascension, à monter avec lui en haut de la grande roue. Symbolique, cette montée était notre ascension. Il faisait stopper la roue quand nous étions au sommet pour une courte prière et bénédiction ! Ces temps si simples étaient très forts et nous redescendions au beau milieu de la Foire du trône, avec ses espoirs et toutes ses douleurs confiées à Gérard, attentif à chacun. Merci Gérard pour cette montée aux cieux anticipée !

Marie-Lys et Jean-Marc B.

10 novembre 2021 à Saint-Merry

Ami Gérard,
Tu viens de partir, sans avoir eu le temps de recevoir la carte postale que je venais de t’acheter. Cette fois-ci, elle n’était pas en noir et blanc, mais je crois que tu l’aurais cependant appréciée. C’est la barque d’où Jésus invite ses amis à se dégager de leur peur. De ce qui fait obstacle à la vie. C’est la même barque, autour de laquelle nous avions travaillé avec toi et d’autres amis du CPHB, et qui avait fini par être exposée dans notre chère église.

Tu savais qu’il fallait quitter le vieux monde avec ses vieilles idées pour monter dans cette barque précaire mais qui nous mènerait vers un monde nouveau, moins frileux, plus juste, plus fraternel. Cette compréhension des Évangiles, tu la vivais avec nous comme tu le faisais en œuvrant à rendre lumineuses les Écritures aux enfants.

Tu as souffert, cher Gérard. Souffert dans ton esprit et dans ta chair, quand l’Eglise qui s’était entrouverte après le dernier concile, le temps d’un pontificat, a commencé à refermer ses portes. Toi -et bien d’autres- avez payé le prix fort. Nous sommes à Saint-Merry les témoins impuissants de la cécité persistante de l’Institution qui a notamment conduit  l’Archevêque de Paris récemment, à bouter hors Saint Merry, notre communauté. Entretemps, ton autre communauté, celle des Forains t’a mis un peu de baume sur le cœur. Tu les as bien  aimés, ils te l’ont bien rendu !

Cher Gérard, il est temps de se dire A Dieu. Tu es, à nouveau, monté dans la barque, cette fois pour passer sur l’autre rive où tu vas nous attendre. Sûrement avec une brassée de fleurs, toi qui de ton vivant les aimais tant.
Nous avons eu parfois des désaccords. Que nous avons réglés comme nous avons pu. Mais pour reprendre une des phrases que tu prononçais souvent lors d’obsèques : “ce n’est plus le moment des regrets”. Cette phrase je la cite souvent, comme étant tienne naturellement. Et ne suis pas prête de l’oublier !

Bon voyage Ami Gérard, bon voyage mon frère ! À-Dieu.

Martine R.R.

la-barque-des-migrants-10
Barque des migrants – Saint-Merry

Gérard !
Oui Gérard, mon ami ! Nous étions des frères ! Doublement frères, fils d’un même Père, celui du Notre Père, et fils spirituels de Joseph, Joseph Pierron.
Quarante années de présence à Saint-Merry, de vraie présence puisque tu étais souvent le seul à habiter ce lieu, Tu vivais là-haut, tu habitais Saint-Merry et tu étais habité par Saint-Merry. De ton logement, tu admirais les arcs boutants, les vitraux. Un vrai quasimodo, mais pas moche, un beau Quasimodo !

Tu étais proche des plus pauvres, les « gens de la rue », tu étais près d’eux. Une année où il fallait enjamber les corps pour pénétrer par la rue de la Verrerie, il y avait un échafaudage et certains n’hésitaient pas à vouloir te visiter là haut !

Tu étais franc, direct, tu aimais ou tu n’aimais pas. Ce côté brut m’a toujours plu.

Nous nous sommes vraiment rencontrés pour l’élaboration des « expositions » dans la chapelle de Communion. Nous les préparions pendant une année de réflexions, sous la houlette de Joseph. Fin juin, il fallait achever. Plus de réflexions, mais le marteau et la clé à molette. Tu aimais le travail manuel. Les expositions n’étaient pas des œuvres d’art, c’était le résultat d’une réflexion sur un verset de l’évangile, elles étaient simplement destinées à la réflexion. À l’accueil, j’ai même vu des visiteurs pleurer, l’exposition leur parlait.

Avec Rosa Bouglione au Cirque d’hiver 2017

Tu as été envoyé vers les « Gens du Voyage » et c’était vraiment ta place.
Je me souviens de t’avoir rencontré à l’Observatoire de Meudon, pour la Pentecôte ; tu étais entouré de forains.
Tu trouvais là une chaleur que tu donnais et qui t’était donnée.
Gérard, tout homme est indispensable.
Pour toi, c’est une évidence.
Ton absence me pèse, je ne pourrai jamais plus te taper dans le dos !
Tu restes bien vivant dans nos cœurs.

Ton ami Gérard de Meudon

Mon cher Gérard,
Tu vas beaucoup nous manquer
Un véritable ami, tout en étant prêtre.
Ouvert à tous !… prêt à nous faire rire !
Et tellement humain avec chacun et chacune
MERCI Gérard ! Un prêtre unique en ton genre
Je ne t’oublierai jamais !
Ton don pour aller vers les autres m’a soutenue
…et quand tu me proposais d’aller à confesse !
Ceci reste ancré dans ma mémoire.

Hélène D.

« Si tous les curés étaient comme lui, on irait à l’église, c’est sûr ! ». L’exclamation de nos neveux à la sortie de l’enterrement de leur grand-mère traduisait tout ce que la célébration de Gérard leur avait apporté : une présence chaleureuse, une foi ancrée dans la vie, un rayonnement qui laissait percevoir une réalité invisible mais bien réelle. En quelques mots, il soudait tous les présents en une communauté qui partageait le Pain de Vie. Chacun avait été percuté par le témoignage de Gérard qui donnait envie de se mettre en chemin…

Mais un souvenir me revient à l’esprit chaque fois que j’entends le poème de Jean Debruynne :

Il faut partir, gens du peuple de Dieu…
Vous prétendiez vous établir dans la maison
de Dieu, mais Dieu n’a pas de maison.

Jean DEBRUYNNE

Gérard l’avait bien compris en rejoignant les forains et leurs chapiteaux : ainsi, Gérard nous avait invités un matin de Noël au cirque à une Porte de Paris. Autant dire qu’il n’y avait pas grand monde dans les gradins, après une nuit de réveillon, mais la fanfare le faisait oublier !… et  quelle messe ! Des clowns en tenue autour de l’autel, des trapézistes qui montaient et descendaient du ciel en s’enroulant les jambes et le corps de foulards vaporeux pendant les lectures… mais la plus grande surprise fut de découvrir dans la crèche du Nouveau-Né : un bébé lion qui était né quelques heures avant. Qui peut prétendre avoir eu un Noël plus original et surtout plus mémorable !

Marie-Odile B-B.

La crèche de Saint-Merry en 2016
La crèche de Saint-Merry en 2016

A mon ami Gérard,
L’avion atterrit à Paris à dix heures ce matin, venant du Chili. Il fait froid en sortant de l’aéroport, les odeurs s’accrochent à mes narines et peut être à mon âme aussi.

La multitude des langues me fait tourner la tête et l’architecture, écarquiller les yeux. On n’avait qu’une adresse à Paris, Saint-Merry, on y est partis directement, le cœur battant à cent à l’heure. L’accueil chaleureux de tous, au CPHB, et le père Gérard m’ont fait oublier qu’on était en hiver. On a accroché immédiatement tous les deux : je ne parlais que quelques mots de français, mais on se comprenait très bien. Les premiers repas, les premières bières au bar du coin, les premiers pas dans la langue française, les premiers cafés chez toi : je n’ai jamais bu un café aussi dégueulasse ! Les expos à Saint-Merry et ailleurs ; les premières grossièretés, c’est grâce à toi aussi : tu me disais toujours « ne pas confondre cul et cou ». Trente et un ans après, ce qu’on a partagé restera pour toujours dans mon cœur. Je voudrais te remercier pour tout ce que tu as fais pour moi, pour me faire participer à ton monde.

De tous ces travaux magnifiques qu’on a fait avec les expos à Saint Merry, les crèches avec ces nuits entières de travail, les chars allégoriques pour les fêtes des forains, les projets de photo, le livre et autre projet en sérigraphie, l’accueil musical et ses concerts avec la clocharde qui voulait chanter plus fort que l’artiste, aussi la tristesse des toxicomanes dans la cour et sous le porche de l’église.

Ton voyage au Chili et la rencontre avec ma famille qui t’a adopté immédiatement, les images de toi avec ta pipe dans les moments de détente au Sud du Chili, et les nuits à Valparaiso. Ces grandes discussions sur pourquoi le monde ne tourne pas comme on veut, et ton appartement : un univers enchanté. Tous tes amis sont présents dans tes murs, mais je n’oublie pas tes colères et ton mal-être non plus. Tu ne serais pas TOI sinon.
Mais bon, après tout ça, je dois dire que tu as une dette envers moi, on s’était promis d’aller au Cap Horn un jour, mais tu as décidé de partir seul ; je ne t’en veux pas et je te souhaite un bon voyage mon ami, et j’espère qu’on se retrouvera un jour.

Ramiro L

Dès que je suis arrivée à Saint-Merry en 87 ou 88, j’ai tout de suite vu que je pourrais m’entendre avec Monsieur Gérard !… Quand il partait en voyage, il m’envoyait des cartes postales et j’ai toujours un petit aimant qu’il m’a offert où je fixe tous mes rendez-vous. Il prenait des nouvelles de ma fille…Il aimait beaucoup les plats antillais, le colombo mais… il n’aimait pas le riz !… On disait qu’on allait aller le manger « à côté de la mer » car c’est un plat qu’on mange sur la plage !…

Je l’ai invité à la maison avec Marie-Céleste, qui était femme de ménage, et je suis allée aussi chez lui : il m’avait présenté sa maman. Quand j’ai eu de gros ennuis avec mon neveu qui était violent, c’est chez lui que j’ai mis en sécurité mon coffret à bijoux… Quand je faisais la lessive, je commençais toujours par le linge de Monsieur Gérard, c’était mon favori ! Un jour, il avait apporté une bouteille de champagne pour son anniversaire, mais il n’avait pas voulu nous dire son âge ! Hier, comme Marie-Céleste n’a pas pu venir à l’enterrement, j’ai allumé une bougie de sa part. Voilà, je n’ai que de bons, bons, bons souvenirs.

Laurène

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Je me souviens de Gérard chaleureux, curieux des hommes. Il nous avait impressionnés, mon mari et moi, en nous parlant du monde des forains qu’il aimait et fréquentait.
Je me souviens que, traversant des circonstances difficiles, j’eus la surprise de recevoir un coup de téléphone de Gérard, soucieux de me témoigner son amitié. 
Je me souviens de la joie de Gérard, en rémission, de commenter l’Évangile avec force et passion, dans la communauté de Saint-Merry qu’il retrouvait. C’était il y a deux ans.
Oui, Gérard n’est plus, mais son enthousiasme, sa simplicité fraternelle, son ouverture aux autres restent un témoignage vivace d’une foi chrétienne authentique.

Marie-Laurence C.

Je rends grâce à Dieu pour toutes les célébrations partagées avec Gérard : les nombreuses messes de 11h, depuis les années 80, et tout particulièrement les baptêmes de quatre de mes petits-enfants et le mariage d’une de mes filles. Gérard était habité par une foi joyeuse, accueillante, vivante qui faisait que, ces jours-là, les personnes, qui n’entraient jamais dans une église, se sentaient FAIRE ÉGLISE avec la Communauté.  Oui, je rends grâce à Dieu pour les paroles fortes de Gérard qui nous RE-METTAIENT sur le Chemin. Je suis certaine que, dans la lumineuse éternité, Gérard veille sur toute la communauté.

Agnès S.

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Donatus

Gérard était mon ami.
Nous avons collaboré au sein du CPHB pendant 28 ans.
Quelle chance j’ai eue de rencontrer un ami fidèle, toujours disponible pour assumer, auprès des miens, les évènements tristes et joyeux de la vie !
Nous avons partagé des moments de découvertes inoubliables : pèlerinages à Lourdes avec les Forains, anniversaire du sacerdoce de Donatus, en Centre Afrique, et divers séjours de loisir en Aveyron, région qu’il aimait tant.
Gérard était optimiste, des projets plein la tête, drôle, respectueux, parfois ironique, et un peu rebelle, mais c’était sa personnalité.
Avec courage, il a affronté la maladie et jamais il ne s’est plaint, il vivait tout simplement avec espoir.
Merci Gérard pour cette belle amitié, penser à toi me fera revivre tous ces bons moments.
A Dieu, Gérard, Mon Ami.

Annie D.

Quelle belle fête tu nous as offerte hier, Gérard. 
L’église retrouvait sa vie, sa chaleur ; pourtant les portes étaient grand ouvertes, une église qui accueille le quartier. Ton ami le clown était au centre et le centre était dans le carré avec ta famille et tes amies et amis autour de toi.
Comme avant, il manquait peut-être le Schweppes que tu buvais dans les cafés aux alentours, mais il a été évoqué…
On s’est assemblé pour te fêter ; pas pour être triste, même si l’émotion était perceptible, une émotion partagée… Je ne retiens que quelques mots. Tu es un engagé en humanité. Et tu nous entraînes vers le meilleur de nous-même. Alors, aujourd’hui, relevons le défi et à Notre-Dame d’Espérance où nous sommes accueillis, j’ai cru observer au moment de la prière eucharistique que nous étions tous ensemble autour du chœur… L’église est ouverte sur le quartier et nous allons pouvoir participer à un hiver solidaire. Tout ça te ressemble tant !
Tes amis forains et des artistes de la rue avaient mis aussi leur plus beau costume et, geste qui nous a tous marqué par sa simplicité, le clown a déposé son nez rouge sur ton cercueil… Nous avons tant à apprendre de ces gestes forts et simples.
Tu restes évidemment avec nous dans notre nomadisme et notre exil… Mais au cœur d’une Église qui n’est belle que quand elle accueille sa ou ses fragilités et qu’elle se fait humble et soucieuse d’humanité et d’amour.
Vive la vie… et vive ton magnifique sourire !

Jean-Louis L.

Gérard lors d’une célébration à la Foire du Trône

Après une longue vie au service de ton sacerdoce, tu nous quittes, mon cher
Gérard, pour un monde que tu savais avec clairvoyance être meilleur.
Notre rencontre, au hasard de la vie militaire, tous deux embarqués sur le
porte-avion Arromanches basé à Toulon, nous permit de nouer une forte amitié.
Dès lors, nos esprits restèrent toujours en éveil et attentifs à notre entourage,
à nos engagements respectifs, chacun dans son domaine de prédilection.
Nos routes se séparèrent longuement, avec une longue période où nous
avions perdu le contact. Se retrouver au bout de 50 ans et renouer aussitôt par des conversations inachevées durant toutes ces décennies, relève de la fidélité en amitié : c’est de cela que je voulais à l’instant témoigner.
Pour toi, ce fut un engagement religieux sans faille, entre autres auprès des
artisans de la fête, pour lesquels tu t’es dévoué sans cesse avec beaucoup
d’amitié ; et cette affection amicale, ils te la rendaient bien.
Pour moi, ce furent d’autres engagements laïcs, sociaux et culturels multiples,
auprès des plus défavorisés des milieux populaires. Nous avons été portés par ces riches rencontres et le sens du service que nous partagions, nourris l’un et l’autre d’un sens commun de l’Humanité et de la Fraternité.
Alors il est temps pour toi de partir, confiant en la toute-puissance de l’Eternel qui fut ton repère permanent. Rassure-toi, Gérard, nous nous retrouverons un jour, pour l’éternité.

Mon affectueuse amitié t’accompagne ; et grand merci d’avoir existé.

Christian D.

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  1. Jean et Marie Verrier says:

    Gérard et le quartier de Saint-Merry.
    Ceci n’est pas un commentaire mais juste un modeste témoignage glissé dans la brassée des liens tissés avec Gérard: Nous déjeunions dans un restaurant du quartier après la messe de 11 heures 15 et la conversation s’était engagée avec le patron : « Vous n’êtes pas du quartier ?– Non mais nous sortons de la messe à l’église d’à côté — Alors vous connaissez le père Gérard ? —

    Oui bien sûr, c’est un ami. — C’est un curé formidable, moi qui ne suis jamais entré dans une église j’y suis allé cette semaine pour l’enterrement d’un de nos amis. Ce qu’il a dit, le Père Gérard, c’était vraiment très bien . On était nombreux eh bien il nous a parlé comme s’il nous connaissait et on aurait cru qu’il était de la famille… »
    Nous revoyons Gérard quelque temps plus tard et nous lui racontons notre rencontre . « Ah oui, nous dit Gérard, l’église était pleine. Le gars devait être connu de beaucoup de gens dans le quartier. C’était émouvant. »
    Jean et Marie V.

  2. Anne Gervais Wybo says:

    Oui vraiment Merci à vous tous amis de Gérard et membres de cette très riche communauté de Saint-Merry…Merci pour votre accueil, pour cette belle célébration et pour tous vos témoignages à l’occasion du départ de mon frère Gérard. Tout cela me touche beaucoup.

    Joyeux Noël à vous tous!

    Anne avec Bernard

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