D

Dimanche 7 août 2022. « Il partit sans savoir où il allait »

Ce dimanche dans la lettre aux Hébreux, il est indiqué “Abraham partit sans savoir où il allait” tandis que Luc nous rappelle la phrase rassurante de Jésus “Sois sans crainte petit troupeau” accompagnée de son exhortation à nous tenir prêts. Nous voilà donc invités à avancer dans l’action de grâce, dans la veille et la confiance, dans la foi partagée, même si comme nous le rappelle l’artiste sur sa fresque en 2022, “Nous ne faisons que passer”.

Pour vous connecter à la rencontre de ce dimanche, cliquez ici
ID de réunion : 954 7053 6952
Code secret : 015288

Entrée en prière : Introduction de l’oratorio de Haendel La Résurrection

Accueil

Bonjour à tous,
La liturgie nous offre des textes éclairants pour réfléchir sur la foi, la confiance et l’espérance, mais à première vue le rapport entre ces différentes lectures n’est pas évident. Paul ouvre le texte de la lettre aux Hébreux par une phrase percutante, une vraie « punchline » à faire pâlir les meilleurs experts en communication : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas ». Jésus dans l’Évangile de Luc nous encourage à « rester en tenue de service » en vue d’un « trésor inépuisable », le Royaume, car « là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». C’est fort aussi.
Qu’est-ce au juste que l’espérance s’est demandé le groupe ? Paul souligne que l’espérance ne peut pas être espoir en quelque chose, rien de concret. Serait-elle davantage une attitude, le fait d’être tourné vers un possible qui nous dépasse et ne nous appartient pas ? Là le rapport entre l’épître et l’évangile nous a paru un peu plus clair. Être toujours sur le départ ou sur le qui-vive. Le fait de partir, sans savoir où l’on va, de partir vers … Vers quoi ? Telle est la question que le groupe de préparation vous proposera tout à l’heure : c’est quoi « partir sans savoir où l’on va ».
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Jacques

Psaume 32

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

📖 Lecture de la lettre aux Hébreux (11, 1-2.8-19)

Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.

ABRAHAM-Isaac Rembrandt1635 Mus.BrediusNL
Rembrandt, Abraham et Isaac, 1635

Résonance 1

Pour moi, le texte que nous lisons aujourd’hui n’est pas un traité sur la foi, un essai de définition intellectuelle, mais un hymne de reconnaissance à la foi, une action de grâce (« grâce à la foi » est répété 5 fois, ponctuant l’histoire d’Abraham). C’est aussi l’histoire d’un homme de foi, un croyant.
Certes, Abraham est le « Père de tous les croyants », pour le judaïsme, le christianisme, l’islam, mais je dirais que son histoire est ici, en quelques lignes, l’histoire d’un croyant comme tous les autres croyants. Je ne sais pas où l’on peut trouver une histoire d’Abraham si bien résumée.
Ce « Père des croyants » qui vécut, dit-on, il y a quarante siècles, ce héros légendaire, je le sens comme mon contemporain et, j’ose dire, très proche de moi : un homme en fin de vie, toujours fidèle à sa vieille épouse, père de deux enfants, vivant avec les immigrés, devenu l’un d’entre eux (ce qui n’est pas mon cas) et ses enfants aussi, voyageur qui se sent parfois comme étranger dans son propre pays, qui a vécu lui aussi l’épreuve de la perte d’un enfant, pas son fils unique mais son fils aîné, a appris à vivre avec cette mort, et a ainsi un peu retrouvé ce fils. Un croyant tenté parfois par le pays des jours anciens, mais poussé à faire que le reste de sa vie commence aujourd’hui (ça aussi c’est dans le texte de Paul). Et ce qui me touche peut-être le plus c’est de savoir maintenant très clairement que je mourrai sans connaître la réalisation des promesses faites à Abraham : une plus juste répartition des richesses, un monde sans guerre, la disparition des tyrans, la fin du dérèglement climatique, etc.
J’aime bien cette façon de dire que, grâce à la foi, sans connaître la réalisation des promesses, je l’aurai simplement « vue et saluée de loin ». Et c’est cela qui m’aura fait vivre.

Jean

Résonance 2

Trois repères m’ont aidé à lire cette épître :
– L’ALLIANCE, qui a été évoquée dimanche dernier,
– LA FOI, qui est au cœur de l’épître d’aujourd’hui,
– LE CHEMIN, qui est aussi dans ce texte, et dans l’Évangile qui va suivre

L’ALLIANCE : rappelons-nous dimanche dernier : « Recherchez les réalités d’EN-HAUT », « Faites mourir en vous ce qui n’appartient QUE à la terre », « Revêtez l’HOMME NOUVEAU »,
et puis, « AU-DELA du juif ou du païen, de l’esclave ou de l’homme libre, il y a LE CHRIST ».
NON PAS QUITTER NOTRE HUMANITÉ, mais PAR NOTRE HUMANITÉ MISE AU SERVICE, REJOINDRE LE CHRIST. ALLIANCE ENTRE DIEU ET LES HOMMES

Ensuite, LA FOI : LA FOI ne possède rien, elle EST CONFIANCE.
PARTIR SANS SAVOIR OU JE VAIS, mais faire confiance à l’alliance, à la promesse, faire confiance à CE Christ qui s’est TOUT entier donné.
Une confiance qui a besoin d’être rassurée sur ce qu’elle ne voit pas, mais qu’elle espère.

Et enfin, LE CHEMIN. Car partir n’est que marcher un peu.
Abraham partit sans savoir où il allait, il devint immigré, il vécut sous la tente du nomade.
Le CHEMIN est une MARCHE qui AVANCE.
L’Évangile nous dira tout à l’heure que VEILLER N’EST PAS ATTENDRE.
VEILLER, c’est PRÉPARER, CHERCHER, et AGIR – sans savoir quand – mais en faisant confiance à l’ALLIANCE, en vivant l’Alliance.
Le but ne m’appartient pas, le chemin m’appartient.

Gérard

📖 Évangile de Jésus-Christ selon Luc (12, 35-40)

Simone Leigh Sentinel1600 IMG_0056
Simone Leigh, Sentinelle, Venise 2022 – Photo MM

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Résonance

Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau ». Je suis émue par cette parole de tendresse.
Notre communauté est-elle un petit troupeau sans crainte de ne pas savoir où il va ?
« Restez en tenue de service » il y a beaucoup de métiers où l’on doit porter une tenue
spécifique.
Nous sommes invités à être sur le pont, à agir. Agir c’est être présent à ce et ceux qui nous
appellent au secours : le climat, les migrants, ou pour mille autres objectifs, selon nos goûts, nos
inspirations, nos talents, nos compétences, mais toujours en fonction du premier commandement :
« Aimez-vous les uns les autres »
« là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur »
Partir sans savoir où l’on va, mais savoir pourquoi on part.

Danielle

Partage – C’est quoi, pour toi “Partir sans savoir où je vais

Méditation en musique : Suite pour violoncelle de J.S. Bach

Scène de foule en panique lors de retards de train été 2015 Lyon Part Dieu_0880
Incident technique dans une gare en 2015 – Photo MM

Prière universelle – Quelles intentions de prière souhaitez-vous confier à la communauté ?

Pavillon Ukrainien Veiller. Avec qui - 1500 IMG_0950
Pavillon Ukrainien, Venise 2022 – Photo MM

Notre père

Envoi

Ruée sauvage_animaux

Commentaire de MM à propos de la photo de la fresque :
WAR ! est un artiste rennais dont on ne connaît pas le visage, car il travaille masqué. Invité par le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, cet été à l’occasion d’une exposition jubilatoire au milieu des animaux empaillés, dans la grande tradition, il a peint une immense fresque, avec cette légende inscrite directement dedans : « Nous ne faisons que passer ».
À l’époque des canicules et de la perte de la biodiversité, la nature s’invite brutalement en ville. Le message est simple : « Le déluge animalier est en quête de refuge mais les héritiers de Noé, apprentis sorciers, n’ont plus d’arche à proposer. Ils ont failli et cette ruée sauvage vient le leur signifier : le temps de Sapiens est aussi compté. » (Flyer de l’expo) Un memento mori ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.