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Dimanche 27 novembre 2022. « Marchons à la lumière du Seigneur. »

Premier dimanche de l’Avent : marcher de l’ombre à la lumière du Seigneur ; oui, nous mettre en marche, nous laisser enseigner ses chemins, abandonner nos armes de guerre et forger des outils pour labourer, pour semer… donc pour construire la paix. Et face à ce qui nous semble aveuglément arbitraire dans l’évangile- ” l’un sera pris l’autre laissé ” – décider en toute liberté de choisir nos vies… pour le salut. Alors, veillons et tenons-nous prêts !

Entrée en prière

Handel: Israel In Egypt, I will sing unto the Lord

Accueil

Bonjour à tous,
Nous sommes heureux de nous retrouver à cette heure vespérale inhabituelle, du moins pour ces rencontres autour de la Parole qui nous rassemblent dimanche après dimanche depuis plus de 21 mois ; heureux d’accueillir ceux qui se joignent à nous pour la première fois, en particulier Emmanuel Tois, vicaire général du diocèse de Paris qui était déjà lundi avec nous pour préparer cette célébration.
Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de l’Avent, ce temps de l’attente ou plutôt de la veille qui nous conduit vers la fête de la nativité, où Dieu se propose aux hommes sans s’imposer.
Dès lors, aussi vertigineux que cela puisse paraître, notre liberté reste entière.
Pourtant, de façon peut-être paradoxale, c’est bien l’idée du déplacement qui s’est imposée à nous :

  • déplacement d’un peuple qui quitte les ténèbres – c’est à dire un monde sans Dieu – pour chercher la lumière.
  • déplacements de Jésus si fréquents dans les récits des textes de l’Avent.
  • déplacement pour devenir ce que nous sommes, des Ressuscités.

L’invitation réjouissante qui nous est faite aujourd’hui de marcher à la lumière du Christ ne rend ni obscur ni transparent le monde qui nous entoure : comment ce matin ne pas porter dans notre prière les Ukrainiens privés d’eau et d’électricité alors que l’hiver s’installe, les victimes du tremblement de terre en Indonésie, la jeunesse iranienne, les femmes afghanes et tant d’autres ? Comment ne pas nous interroger : pourquoi eux ? pourquoi elles ? Comme en écho à un verset de ce soir.

Seigneur, c’est avec notre espérance, nos doutes, nos indignations que nous nous tournons vers toi au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Jean-Marie R.

♫ Chant : Préparons le chemin du Seigneur

Préparons le chemin du Seigneur
Il n’est plus loin, aplanissons sa route
Préparons le chemin,
Il est celui qui vient pour changer notre coeur.

L. Boldrini

Allumeur de réverbères


Lecture du livre du prophète Isaïe (2,1-5)

Parole d’Isaïe, – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers
jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.


♫ Chant : Préparons le chemin du Seigneur

Préparons le chemin du Seigneur,
Il n’est plus loin, aplanissons sa route
Préparons le chemin,
Il est celui qui vient pour changer notre coeur

Chemin de lumière – Photo Gábor Adonyi sur Pixabay

Introduction à l’Évangile

L’Évangile du jour nous a donné du fil à retordre en préparant cette rencontre. Et nous aujourd’hui…. allons-nous l’entendre comme une menace d’un au-delà punitif ? Comme un constat de ce qui se passe ici bas sans que Dieu n’y soit pour rien, comme par exemple, en Indonésie ? Comment comprendrons-nous l’invitation à veiller qui nous est faite ? Et si elle nous offrait un rapport renouvelé aux événements ? 
Peut-être serons-nous partagés entre différentes lectures ? 
Une autre piste possible… et si le jugement dernier, que nous craignons tant, était la promesse heureuse d’un tamis pour ne garder que ce qui a été meilleur et veilleur en chacun de nous ?  
Quelles que soient nos dispositions, tenons-nous prêts à entendre celui qui vient comme un cambrioleur ; pas pour nous effrayer, mais pour éveiller notre liberté, mieux percer nos murs et nous inviter à nous relever.

Alexandra N.

Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu (24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Pile ou face? Photo I. Belum Pexels

Méditation musicale

Jordi Savall : Invocation à la nuit – Durme, Hermosa Donzella

Résonance

Arbitraire. J’ai aimé cette réaction exprimée par l’une de nous dans notre partage préparatoire à cette célébration. A lire rapidement cette page d’évangile, on a l’impression que le fait d’être sauvé est laissé à l’arbitraire. Et même si c’est l’arbitraire de Dieu, cela ne nous convient pas. La vie avec lui est-elle aléatoire ? Comporte-t-elle une part d’arbitraire ? La vie, la mort, est-ce pile ou face ? On dirait bien : « Un sera pris, l’autre laissé ! ». Mais Jésus poursuit :

« Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé ».

Traduction : il n’aurait pas été surpris. Traduction encore : il n’aurait pas joué à pile ou face, il aurait refusé l’arbitraire, il se serait préparé à être pris, à ne pas être laissé. Comment ? En étant lui-même l’arbitre, l’arbitre de sa propre vie. Et Jésus nous montre la voie : il s’agit de veiller, d’être vigilant.

Alors se dessine l’idée que, s’il y a, en effet, une part à arbitrer, l’arbitre, c’est nous, c’est toi, c’est moi. La délicatesse de Dieu nous laisse libres. Nous avons la liberté de choisir de ne pas être pris, d’être laissé. Et si nous exerçons notre liberté en faveur du salut, si nous choisissons de ne pas être laissé, notre vigilance sera active. Nous déciderons, de nos épées, de forger des socs, de nos lances, des faucilles. Nous déciderons de ne plus lever l’épée, de ne plus apprendre la guerre.

C’est le propos de l’Avent et, en fait, de toute la vie. Pas par peur, pas parce qu’on a la trouille, mais parce qu’en veillant, en vivant une vigilance active, sur l’autre autant que sur nous-mêmes, on vit déjà de la résurrection
.

Emmanuel T.

Photo Javier Allegue Barros sur Unsplash

Méditation en musique

Chant : Là-bas de Jean-Jacques Goldman

1/Là-bas,
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits.
Mm, C’est pour ça que j’irai là-bas.

Là-bas,
Faut du coeur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi.
Mm, l’or est à portée de tes doigts
C’est pour ça que j’irai là-bas.

2/ N’y va pas
Y’a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages

Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi

On a tant d’amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir
.

Ici, tout est joué d’avance
Et l’on n’y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi, je ne suis pas bien né.

3/Là-bas,
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas
.

Ici, tout est joué d’avance
Et l’on n’y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi je ne suis pas bien né
.

4/J’aurai ma chance, j’aurai mes droits
Et la fierté qu’ici je n’ai pas (là-bas)
Tout ce que tu mérites est à toi (là-bas)
Ici, les autres imposent leur loi (là-bas)
Je te perdrai peut-être là-bas (là-bas)
Je me perds si je reste là (là-bas)
La vie ne m’a pas laissé le choix (là-bas)
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Beau comme on n’imagine pas
Ici, même nos rêves sont étroits.
C’est pour ça que j’irai là-bas
On ne m’a pas laissé le choix
Oh, je me perds si je reste là
C’est pour ça que j’irai là-bas,
Là-bas, là-bas…


Lettre de Paul aux Romains (13, 11-14a)

Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.


Partage

Si le maître de maison avait su… le voleur aurait trouvé à qui parler !
Malheureusement, captif du sommeil, il n’était pas présent au bon moment.
Endormis, simplement distraits, trop occupés… quelle sorte de veilleurs sommes-nous?
Et même si le temps de l’un n’est pas forcément celui de l’autre, si nos choix sont différents, il nous faut veiller pour sortir de notre nuit puis partir vers ce qui vient.
Un appel urgent à nous tenir prêts… mais prêts à quoi ?

Bénédicte I.-R.

« Tenez-vous prêts », mais prêts à quoi ?



Méditation en musique

Cantus Caravaggio II « O Lux ».

Entendu lors du partage :
” la vie est toujours du côté de l’inattendu… ”
” Être prêt à l’inattendu ! L’autre est comme il est, et pas comme je l’attends ; les événements ne sont pas forcément ceux que l’on attend, être prêt à une écoute à ce qui arrive. “
” Formidable actualité des textes face au changement climatique et à la guerre entre les socs de charrue et les lances ; mais que faire face à la désespérance des jeunes ? Nous tenir prêts à cette “vigilance active” sur les problèmes de notre monde aujourd’hui : voilà peut-être comment donner une espérance “
” Être vigilant à l’inattendu, ce n’est pas facile. Je ressens une forme d’impuissance face à tout ce qui nous assaille, je me sens démunie .
” Être prêt à lâcher prise, être prêt à recevoir…”
” Être prêt à l’inattendu… dans la rencontre, comme un cadeau qui m’est offert, un regard, un sourire…”
” Être prêt à accepter de ne pas être prêt !”
” Être prêt à accepter que tout n’est pas joué d’avance (en lien avec la chanson de Goldman). Entendre la clameur de celle ou celui qui souffre, qui a peur…”
” Les paroles de Jésus sont comme une éducation à entendre “.
” Se tenir prêts à aimer.”
” Être prêt à sans cesse recommencer.”
” Se tenir prêt pour la venue du Fils de l’homme… mais qu’est-ce à dire ?

Chant : Vivons en enfants de lumière

Vivons en enfants de lumière
sur les chemins où l’esprit nous conduit :
que vive en nous le nom du Père !


L’heure est venue de sortir du sommeil!
Voici le temps de l’appel au désert !
Allez où va le Fils de l’homme.
La joie de Dieu sur lui repose. 

L’heure est venue d’affermir votre cœur!
Voici le temps d’espérer le Seigneur!
Il est tout près, il vous appelle.
Il vous promet la vie nouvelle.

L’heure est venue de courir vers la vie !
Voici le temps de trouver Jésus Christ !
Il est présent parmi les pauvres.
Il vous précède en son Royaume.

Photo Radowan tanvir sur Pixabay


Quelles intentions de prière souhaitez-vous confier à la communauté ?

Refrain Taizé : la ténèbre n’est point ténèbre
La ténèbre n’est point ténèbre devant Toi, la nuit comme le jour est lumière.

Je rends grâce pour notre Assemblée générale, temps fort où nous avons prié, échangé dans un esprit dynamique et joyeux.

Je rends grâce pour que Noël soit autre chose que ce “tout consommation”: être prêts à accueillir en nous ce Dieu d’amour.

Je rends grâce pour ces échanges qui avancent dans la confiance avec votre communauté. Pour que l’Esprit nous guide afin qu’ils débouchent positivement.


Psaume 121

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

Porte de Jaffa – Jérusalem – Photo Aaron Ovadia sur Unsplash

Notre Père chanté

Notre Père (Nikolaï Rimski-Korsakov)

Prière finale et bénédiction

Tenez-vous prêts et veillez – Photo Waldemar Brandt sur Unsplash
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