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Dimanche 2 avril 2023. « Qui est cet homme ? »

Accompagnement de l’homme Jésus, lors de sa Passion. Écoute renouvelée des textes grâce à la traduction de Frédéric Boyer, dans son dernier livre Évangiles, Éd. Gallimard, 2022. Écoute, méditation et silence. Mais qui est donc cet homme ?

Entrée en prière

BACH-Passion selon saint Matthieu.

Accueil

La rencontre d’aujourd’hui va être l’accompagnement de Jésus qui, au terme de sa vie itinérante, passe du succès, du triomphe et de la célébrité à l’accusation et à la mort la plus lamentable : bafoué, supplicié, crucifié, comme le pire des indignes…Lors de la préparation, nous avons été interpellés par les nombreux acteurs évoqués, véritable image en raccourci  de notre société. Ils s’interrogent : quel est donc cet homme ?

Matthieu, fort de sa foi en Jésus vivant, a voulu nous retracer ce moment de confrontation finale de Jésus avec nous tous, les humains : avec la foule, les autorités civiles, policières et religieuses, avec ses compagnons paniqués, le peuple badaud, les hommes au ban de la société…
Qui donc est cet homme ? Pourquoi de telles réactions à  son égard ?
Qui est-ce ? Pour subir une telle fin de vie alors qu’il paraissait être totalement voué à la réalisation d’une nouvelle façon d’être et de vivre !

Nous avons choisi, cette fois-ci, de proposer la longue lecture de la Passion, traduite par Frédéric Boyer, dans son dernier livre Évangiles, Éd. Gallimard, 2022..
S’offrir un temps d’écoute renouvelée de ce texte qui, pour beaucoup, nous a bercés depuis l’enfance, afin de tenter d’entendre, regarder, laisser résonner autrement ce temps où Jésus est en route vers la résurrection, nous qui sommes réunis au nom du Père, de Jésus son Fils et de l’Esprit.

Jean-Luc L.

📖 Évangile de Jésus Christ selon Matthieu (21, 1-11)

[…] Jésus et ses disciples sont près de Jérusalem, ils se rendent à Bethphagé, sur le mont des Oliviers.
Alors, Jésus envoie en messagers deux disciples, en leur disant : « Allez dans le village, celui devant vous. Oui, vous trouverez déjà une ânesse, attachée, et un ânon avec elle. Détachez-les et apportez-les-moi. Et si quelqu’un dit quoi que ce soit, vous direz que leur Seigneur a besoin d’eux, alors, immédiatement, on les donnera. » […] Et les disciples se mettent en route pour faire ce que venait de leur expliquer celui-ci, Jésus.
Ils apportent l’ânesse et l’ânon, et posent sur eux leurs manteaux, et lui s’assied dessus.
Maintenant, l’immense foule étend ses manteaux sur la route, et d’autres encore coupent des branches d’arbres pour les étaler sur la route.
Maintenant, les foules qui le précèdent, et celles qui l’accompagnent poussent des cris en disant :
« Hosanna au fils de David !
Béni celui qui vient au nom du Seigneur !
Hosanna dans les hauteurs ! »
Oui, on le fait entrer dans Jérusalem, et toute la ville est secouée et demande : « Qui est-ce ? »
Et ces foules-là répondent : « Lui, c’est le prophète Jésus, celui de Nazareth en Galilée. »

♫ Chant :  Hosanna

Hosanna, hosanna,
Béni soit celui qui vient nous sauver.
Hosanna, hosanna,
Béni soit ton Nom,
Ô Roi des nations.

Élevez-vous, portes éternelles,
Levez vos frontons, portes du ciel.
C’est le Seigneur, le Fort, le Vaillant,
Qu’il entre aujourd’hui le Roi de Gloire !
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers !
Voici le Seigneur, Maître de tout.
Élevez-vous, portes éternelles,
Qu’il entre aujourd’hui le Roi de Gloire ! 

Résonance

Entre ce texte dit « des Rameaux » ou « de l’entrée à Jérusalem »,, au chapitre 21 de l’évangile de Matthieu et le récit de la Passion au chapitre 26, une longue séquence de chapitres montre Jésus chassant les marchands du Temple, Jésus, violent accusateur des pharisiens, un groupe ensuite absent du récit de la Passion. Montée d’une tension qui prépare son arrestation et sa mise à mort.
Accomplissement de la parole des prophètes ?
Accomplissement de la volonté du Père, le sien et le nôtre ?
« Qui est cet homme ? ». Le prophète Jésus, le Galiléen, le Nazôréen, Rabbi, roi des Judéens, fils de David, Fils de l’humanité, le fils de Dieu.
Jésus dénonce et renverse un système religieux, inféodé à la puissance occupante au bénéfice d’une minorité, prêtres et Grand Prêtre : instrumentalisation mutuelle du religieux et du politique que nous connaissons sous d’autres formes.
« Qui est cet homme ? ». Le prophète Jésus, le Galiléen, le Nazôréen, Rabbi, roi des Judéens, fils de David, Fils de l’humanité, le fils de Dieu.
Que savons-nous du chemin de Dieu, si ce n’est qu’en Jésus, le chemin de l’homme a le goût du partage du pain, d’un dernier repas avec ses amis, de l’amitié qui peut traverser l’épreuve du reniement et de la trahison, un don de soi sans limite, qui traverse l’épreuve de la mort.
Laissons notre oreille être éveillée pour écouter en disciple, selon les mots du prophète Isaïe.
Tout au long du récit de la Passion, selon la traduction de Frédéric Boyer, de courtes pauses pourront laisser résonner en nous la question : « Qui est cet homme ? », « Qui est-ce ? ».

Éliane B.

Méditation en musique

Buxtehude- Cantate Membra Jesu nostra

Catmarive, Croix Notre-Dame d'Espérance, illustration
Catmarive, Croix Notre-Dame d’Espérance, illustration

En ce temps-là, l’un des douze, celui appelé Judas Iscariote, part trouver les grands sacrificateurs et dit : « Que voudrez-vous me donner, si, moi, je vous l’abandonne ? » Eux lui mettent le marché en mains pour trente pièces d’argent. Et à partir de cet instant, il cherchait une occasion pour l’abandonner.

Et le premier jour des pains azymes, s’approchent les disciples de Jésus en disant : « Où aimerais-tu que nous préparions pour toi le repas de la Pâque ? »
Et lui dit : « Introduisez-vous en ville, chez qui vous savez, et faites-lui savoir : le Maître dit : le temps décisif est proche, avec toi je ferai la Pâque, et avec mes disciples ».
Et les disciples font comme leur a indiqué Jésus, et prépare la Pâque.
Le soir venu, il était allongé pour le repas avec les douze disciples. Et ils mangent. Et il leur dit : « Amen je vous dis, l’un d’entre vous va m’abandonner. »

Et dans un immense désarroi, ils se mettent à lui dire, chacun : « ce n’est pas moi, Rabbi ? »
Et lui, pour réponse, dit : « Celui qui a plongé sa main avec moi dans le plat, lui va m’abandonner. Oui, le Fils de l’humanité s’en va, comme il a été écrit sur lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’humanité est abandonné. Il eût mieux valu qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
Et voici que Judas prend la parole, alors même qu’il est en train de l’abandonner, et demande : « ce n’est pas moi, Rabbi ? » Il lui dit : « Toi, tu as parlé.»

Ils partagent leur repas, et lui, Jésus, prend un pain azyme, bénit, et le rompt, oui le donne aux disciples, et dit :
« Prenez, mangez, ceci est mon corps vivant. »
Oui, il prend une coupe, remercie, leur donne et dit :
« Buvez-en tous. Ceci est mon sang, celui de l’alliance, lui répandu pour beaucoup, et libéré des manques. Je vous dis alors : non, je ne boirai plus de ce sang de la vigne, jusqu’à ce jour où, oui je le bois avec vous de nouveau, dans le royaume de mon Père. »

Et après avoir psalmodié, ils sortent sur le mont des Oliviers. Alors lui, Jésus, leur dit : « Tous, vous tomberez à cause de moi, cette nuit même. Car il a été écrit : ‘Je frapperai le berger et seront dispersées les brebis du troupeau’. Mais après être réveillé, je viendrai devant vous en Galilée. » Et lui, Pierre, répond. Il lui dit : « Même si tous devaient tomber à cause de toi, moi je ne tomberai pas. » Jésus lui dit : « Amen, je te le dis, cette nuit même, avant qu’un coq crie, trois fois tu me renieras.» Et lui, Pierre, lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, non, non, je ne te renierai pas.» Et tous les disciples disent la même chose.

Enfin, Jésus, lui, se rend avec eux au lieu-dit de Gethsémani, et dit aux disciples : « Asseyez-vous ici, je vais m’éloigner un peu pour prier.» Et il emmène avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commence alors à être pris d’une terrible angoisse et d’un sentiment de détresse absolue. Et ainsi il leur dit : « Ma vie est si triste, à en mourir. Restez ici éveillés avec moi. »
Oui, il s’avance un peu. Il tombe face contre terre. Il prie. Et il dit :
« Mon Père, si c’est encore possible que passe loin de moi cette coupe.
Non, pas comme moi je veux mais comme toi. »
Enfin, il revient vers les disciples. Il les trouve endormis. Et il dit à lui, Pierre : « alors, vous n’avez pas eu la force de rester éveillés une heure avec moi !

Duccio di Buoninsegna, Prière au Jardin, env. 1308-1311,
Museo dell’Opera del Duomo, Sienne

Restez éveillés ! Et priez pour ne pas entrer dans l’épreuve. L’esprit est ardent mais la chair est si faible »
Et de nouveau, pour la seconde fois, il s’en va.
Il prie. Il dit :
« Mon Père, si ce n’est pas possible, si cela ne peut pas passer sans que je le boive, que ta volonté vienne. »
Et il revient encore.
Il les trouve endormis, les yeux lourds de sommeil.
Et il les quitte encore.
Il s’écarte un peu.
Il prie pour la troisième fois.
Il dit encore la même parole exactement.
Puis il revient vers les disciples.
Il leur dit : « Dormez, désormais. Et reposez-vous.
Voyez, l’heure vient. Oui, le Fils de l’humanité est abandonné aux mains des criminels.
Réveillez-vous ! Partons.
Voyez, il vient.
Celui qui m’abandonne. »

Et il parlait encore, oh voyez ! Judas, un des douze, s’approche, et avec lui toute une foule, avec des épées et des bâtons, envoyés par les grands sacrificateurs et les Anciens du peuple. Celui qui l’abandonne leur a donné un signe, en disant :

Duccio di Buoninsegna, Arrestation de Jésus, env 1308-1311,
Museo dell’Opera del Duomo, Sienne

« À qui je montrerai mon amour, c’est lui. Emparez-vous de lui. »
Et aussitôt il s’approche de lui, Jésus. Il dit : « salut, Rabbi. » Et il lui donne un baiser.
Et celui-ci, Jésus, lui dit : « Camarade, ah pour cela tu es bien présent ! » Alors ils s’approchent de lui, jettent leurs mains sur Jésus, et s’emparent de lui. Oh voyez ! Un de ceux qui sont avec Jésus tend sa main et dégaine son épée pour frapper un serviteur du grand sacrificateur, et lui couper l’oreille. Alors c’est Jésus qui lui dit : « Détourne ton épée ! Et à sa place ! Ceux qui ont pris l’épée seront détruits par l’épée. Ou penses-tu que je n’ai pas le pouvoir d’appeler au secours mon Père ? Il me fournirait sur le champ plus de douze légions d’anges ! Mais comment alors faire abonder les Écritures :

Qu’il en soit ainsi ?

À cette heure-là, lui, Jésus, dit à ces foules : « Comme pour un voleur, vous êtes donc venus avec des épées et des bâtons pour me capturer ! Chaque jour dans le Temple, j’étais assis et j’enseignais, et vous ne m’avez pas pris. Oui, tout cela arrive pour faire abonder les Écritures des Prophètes. »
Alors tous les disciples le délaissent pour prendre la fuite.

Ceux qui se sont emparés de lui, Jésus, le conduisent à Caïphe, le grand sacrificateur, chez qui étaient assemblés les lettrés et les Anciens. Et lui, Pierre, le suivait de loin, jusqu’à la cour du grand sacrificateur. Oui, il pénètre à l’intérieur et s’assied avec les officiants pour assister à la fin. Eux les grands sacrificateurs, et tout le Sanhédrin, cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le mettre à mort. Mais ils ne trouvent rien parmi les nombreux faux témoins qui s’approchent. Mais à la fin, deux s’approchent. Ils disent : « C’est lui, il a dit j’ai le pouvoir de détruire le sanctuaire de Dieu et en trois jours de le reconstruire. » Et le grand sacrificateur se lève. Il lui dit : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ce témoignage contre toi ? » Mais lui, Jésus, restait silencieux.
Et le grand sacrificateur lui dit : « Je te conjure, par le Dieu, le Vivant, de nous dire si tu es le christ messie, le fils du Dieu ? » Jésus lui répond : « C’est toi qui as parlé. Mais je vous dis, à partir de maintenant, vous verrez le Fils de l’humanité assis à la droite de la Toute-Puissance, et venir sur les nuages du ciel. » Alors le grand sacrificateur déchire ses vêtements et dit : « il a blasphémé, pourquoi avoir besoin d’autres témoins ? Voyez ! Vous avez bien entendu le blasphème. Quel est votre avis ? » Et pour réponse, ils disent : « Il est condamné à mort. »
Alors, ils lui crachent au visage. Ils lui donnent des coups de poing. D’autres le giflent. Ils disent : « Prophétise pour nous, christ messie ! Lequel t’a frappé ? »

Rembrandt, Reniement de saint Pierre,
1660, Rijksmuseum, Amsterdam

Et lui, Pierre, était assis dehors dans la cour quand s’approche de lui une jeune fille. Elle dit : « Oui, tu étais bien avec Jésus le Galiléen. » Mais lui nie, devant tous. Il dit : « Non, je ne comprends pas. Que dis-tu ? » Il sort alors vers la porte. Une autre jeune fille le voit et dit à ceux qui sont là : « Lui, il était avec Jésus le Nazôréen ! » Et de nouveau, il nie, en prêtant serment ainsi : « Non, je ne connais pas l’homme. » Un peu plus tard, ceux qui sont là s’approchent. Ils lui disent, à Pierre : « La vérité, c’est que toi aussi tu en es. Oui ta façon de parler t’a trahi. » Alors il se met à lancer des anathèmes et à jurer ainsi : « Non je ne connais pas l’homme. » Et soudain un coq crie. Oh lui, Pierre, se souvient des mots de Jésus ! Il avait dit ceci : « Avant le cri d’un coq, trois fois tu m’auras renié, moi. » Il sort à l’extérieur et pleure amèrement.

Et c’est le petit matin. Tous les grands sacrificateurs et les Anciens du peuple tiennent conseil contre Lui, Jésus, pour le mettre à mort. Ils le ligotent. Ils l’emmènent et l’abandonnent à Pilate, le gouverneur.

Alors Judas, celui qui l’a abandonné, voit qu’il a été condamné. Il est pris de remords.
Il rend les 30 pièces d’argent aux grands sacrificateurs et aux Anciens. Il dit : « j’ai commis un crime. J’ai abandonné un sang innocent. » Mais eux lui disent : « Ce n’est pas notre affaire. À toi de voir. » Oui, il jette les pièces d’argent dans le sanctuaire. Il s’en va. Et se pend.

Et eux, les grands sacrificateurs, reprennent les pièces d’argent. Ils disent : « il n’est pas légal de les donner comme offrande. Puisque c’est le prix du sang. » Après avoir tenu conseil, ils achètent avec, le champ du potier, pour y enterrer les étrangers. C’est ainsi que ce champ est appelé Champ du Potier, jusqu’à aujourd’hui. Pour faire abonder ces mots de Jérémie, le prophète, disant :

Oui, ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été mis à prix, mis à prix par les fils d’Israël. et les ont données pour le Champ du Potier comme m’ordonna le Seigneur.

Qui est cet homme ?
Photo Sindy Sussengut sur Unsplash

Et lui, Jésus, est debout devant le gouverneur. Oui, le gouverneur l’interroge. Il dit : « Toi, es-tu le roi des Judéens ? » Et lui, Jésus, dit : « C’est toi qui parles. » Et alors qu’il est accusé par les grands sacrificateurs et les Anciens, il ne répond rien. Et lui, Pilate, lui dit : « tu n’entends pas comme ils témoignent contre toi ? » Non, il ne lui répond rien. Pas un mot. Au grand étonnement du gouverneur, excédé.

Or pour chaque fête, la tradition était que le gouverneur libère un prisonnier, celui que la foule demandait. On détenait alors en ce temps-là un prisonnier notoire, appelé Barrabas. On se rassemble donc, et c’est Pilate qui leur dit : « Qui voulez-vous que je libère pour vous ? Barrabas ou Jésus, dit le christ messie ? » Il était parfaitement conscient que c’était par jalousie qu’ils l’avaient arrêté.

Maintenant, il est assis sur son fauteuil de juge. Sa femme lui envoie un message, disant : « rien entre toi et cet homme droit ! Oui, j’ai souffert pour lui aujourd’hui dans un rêve. » Et eux, les grands sacrificateurs et les Anciens, convainquent les foules de réclamer Barrabas, et Jésus, de le détruire. Maintenant, le gouverneur prend la parole. Il leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je libère pour vous ? » Et eux : « Barrabas ! » Pilate, lui, leur répond : « Et que vais-je faire de Jésus, dit le christ messie ? » Et tous : « Qu’on le crucifie ! » Et lui de dire : « Mais enfin quel mal a-t-il fait ? » Et eux de crier plus fort encore. Ils disent : « Qu’on le crucifie ! » Et lui, Pilate, voyant qu’il n’y a rien de bon à en tirer, et que le vacarme grandit, prend de l’eau et se lave les mains avec application, devant la foule. Il dit : « je ne suis pas coupable de ce sang. C’est à vous de voir. » Et le peuple tout entier lui répond : « Son sang, sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il libère pour eux ce Barrabas. Et lui, Jésus, après l’avoir fouetté, il l’abandonne à la crucifixion.

Alors les soldats du gouverneur emportent avec eux Jésus dans le prétoire, et convoquent devant lui toute la cohorte.
Ils le mettent à nu.
Ils l’enveloppent d’une chemise écarlate.
Ils tressent une couronne d’épines.
Ils la posent sur sa tête.
Avec un roseau dans sa main droite.
Et se prosternent devant lui.
Ils le ridiculisent.
Ils lui disent : « Salut, roi des Judéens. »
Et ils lui crachent dessus.
Ils prennent le roseau et lui frappent la tête.
Et après l’avoir ridiculisé, ils lui enlèvent la chemise et lui remettent ses vêtements.
Et ils l’emmènent pour le crucifier.

Théophane le Crétois, Flagellation du Christ avant la montée au Calvaire, c. 1550, Monastère de Stavronikita, Mont Athos

Et en sortant, ils trouvent un homme, de Cyrène, nommé Simon. Ils l’engagent à porter sa croix.
Et en arrivant au lieu-dit Golgotha – qui se dit Lieu du Crâne – ils lui donnent à boire du vin mariné aux herbes amères. Et il le goûte mais ne veut pas en boire.

Alors, ils le crucifient. Ils se partagent ses vêtements en lançant les dés.
Il s’asseyent. Là, ils montent la garde près de lui. Et ils ont placé au-dessus de sa tête la raison écrite de son accusation : C’est lui Jésus, le roi des Judéens.

Alors, on crucifie avec lui deux voleurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.
Et eux, les badauds, l’injuriaient en blasphémant.
Ils hochaient la tête, en disant : « ah tu peux détruire le sanctuaire et le reconstruire en trois jours ! Sauve-toi toi-même ! Si tu es le fils du Dieu, oui, descends de ta croix ! » Tout comme les grands sacrificateurs qui le ridiculisent, avec les lettrés et les Anciens. Ils disent : « d’autres il a sauvés, mais lui-même, il n’a pas la puissance de sauver ! C’est le roi d’Israël ? Qu’il descende de la croix maintenant, et nous lui ferons confiance !
Il en a appelé au Dieu ? Qu’il vienne à son secours maintenant puisqu’il l’aime ! Il disait bien, je suis le fils du Dieu ! » Oui, même les voleurs, crucifiés avec lui, l’insultent.

À la sixième heure, le noir se fait sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.
À la neuvième heure environ, Jésus, lui, pousse un cri d’une immense voix. Il dit :

Élôï, Élôï, lema sabachthani.

C’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu laissé seul ? »

Et certains de ceux qui sont là debout l’entendent, et se mettent à crier : « Oh ! Il appelle Élie ! » Et soudain, en voilà un qui court, il prend une éponge pleine de vinaigre placée au bout d’un roseau pour lui donner à boire. Et les autres lui disent : « Attends ! Nous allons bien voir si Élie vient le sauver. »

Et lui, Jésus, de nouveau, hurle d’une voix immense. Et perd le souffle vivant.

Et voyez ! Le rideau du sanctuaire se déchire de haut en bas, en deux.
Oui la terre tremble.
Les pierres se fendent.
Et les tombeaux s’ouvrent.
Oui, les corps de nombreux saints qui s’étaient endormis se réveillent.
Et ils sont sortis des tombeaux après son réveil.
Ils sont entrés dans la ville sainte et se sont fait voir dans la lumière à beaucoup.

William Bell Scott, Le déchirement du voile, 1869,
aquarelle et rehauts de gouache sur papier,
Leicester Galleries, Londres


Et lui, le centurion, et ceux avec lui qui gardent Jésus, ont vu le tremblement de terre. Tout ce qui est arrivé.
Ils sont terrorisés.
Ils disent : « La vérité ! C’était le fils de Dieu ! »

Il y avait là plusieurs femmes, qui regardaient de loin. Elles avaient suivi celui-ci, Jésus, depuis la Galilée, à son service. Parmi elles, Marie la Magdaléenne, Marie la mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Le soir est tombé. Vient un homme riche, d’Arimathie, nommé Joseph, qui lui aussi est devenu disciple de Jésus. Il s’approche de Pilate et réclame le corps de Jésus. Alors Pilate ordonne de le rendre. Lui, Joseph, prend le corps. L’enveloppe dans un drap de lin pur. Et le dépose dans son propre tombeau neuf, taillé dans la roche. Il roule une grosse pierre à l’ouverture du tombeau. Il s’en va.

La mise au tombeau, (auteur mal identifié), fin du XVI s.
Abbaye Saint-Pierre, Moissac


Il y avait là Marie la Magdaléenne, et l’autre Marie, assises devant la tombe.

Le lendemain, après la préparation du shabbat, les grands sacrificateurs et les pharisiens se rassemblent devant Pilate. Ils disent : « Seigneur, nous nous souvenons que lui, cet imposteur, a dit encore en vie : Après trois jours, je me réveille. Ordonne donc de surveiller la tombe jusqu’au troisième jour, si jamais ses disciples venaient le voler, ils diraient au peuple : Il s’est réveillé de la mort ! Et cette dernière imposture serait pire que la première. »
Lui, Pilate, leur dit : « Vous avez une garde. Allez, faites la surveillance comme vous savez. »
Et eux s’en vont.
Ils font surveiller la tombe et poser des scellés sur la pierre, avec la garde.

Méditation en musique

Sainte -Colombe – Concerto pour deux violes égales

Partage

Pour moi, qui est cet homme ?

christoutrages-croix
Pierre de Grauw, Christ aux outrages, 1966, église Saint-Merri à Paris et croix de la Passion

Entendu lors du partage :

  • Jésus, un humain, … abandonné, abandonné de tous et même de Dieu.
  • Un humain comme vous et moi mais avec une puissance de vie telle qu’on dit qu’Il vient de Dieu.
  • Jésus, partie humaine d’un Dieu qui se soucie des hommes, mais également Tout-Autre.
  • Homme de silence, homme qui s’abaisse et se laisse maltraiter; ce qui me dit que Dieu est présent au coeur de toute souffrance et de tout Homme maltraité.
  • C’est une question immense ! Ce Jésus-là me fait penser à cette parole : IL ne s’agit pas de l’aimer mais de nous aimer les uns les autres…
  • Par son silence, il glorifie la dignité humaine.

♫ Chant :  Tant qu’il fait jour

Tant qu’il fait jour, il nous faut annoncer l’amour dont il nous aime.
Tant qu’il fait jour, il nous faut rechercher sa justice et son règne.


Quel est-il donc cet homme plus homme qu’aucun homme,
qu’on appelle Jésus, le fils du charpentier ?
Il est le Maître, il est Seigneur ! (bis)
Quel est-il donc cet homme qui est le Fils de Dieu
et le sauveur du monde ?
Il est le Maître, il est Seigneur ! (bis)

Prière universelle

Quelles intentions de prière souhaitez-vous confier à la communauté ?

♫ Refrain
Seigneur mon Dieu
Dans cette nuit  je crie vers Toi
Prête l’oreille à ma demande
Que ma prière parvienne jusqu’à Toi.

Restez éveillés avec moi ; le Christ, abandonné, cherchant presque à se blottir auprès de ses disciples.
Sachons ainsi nous rapprocher des autres qui peuvent être une aide.

Je voudrais prier pour tous ceux qui, comme Pierre, et parfois sous la torture, trahissent ou renient les leurs. Soutiens-les, Seigneur.

Seigneur, sois auprès de ces demandeurs d’asile, dans leurs embarcations de fortune en Méditerranée, qui cherchent à rejoindre l’Europe.

Autre prière au Père

Ô Toi, notre Père
mon Père
notre Père à tous et à chacun/e
Où te situes-tu, si ce n’est au Ciel où nos frères et sœurs te rejoignent ?
Où te situes-tu, si ce n’est sur terre, au plus intime de chaque être vivant ?
Comme j’aime à mettre ton nom en Majesté !
Chaque jour que tu fais, je voudrais guetter le plus petit des messages de ton Désir.
N’oublie pas tous nos amis dans la peine,
Et si cela est en ton pouvoir, n’hésite pas à faire plus pour les très malheureux.
Parce que je sais ton Amour infini, Toi le Très-Haut,
Je te loue pour toute nourriture que tu nous offres,
Je te sais gré de me pardonner lorsque je t’oublie,
Je te sais gré aussi quand je te supplie de pardonner à ma place
lorsque je n’y arrive pas,
Je compte sur toi pour veiller à ce que je parvienne à honorer ta Présence
en tout être vivant rencontré
et à me défaire de mes enchaînements.
Parce que je sais que tu es aussi, par nous et en nous,
la Puissance et la Gloire dans notre Monde.

Catherine B.

Prière finale et bénédiction

Que toute cette semaine Sainte nous conduise à plus de vie.
Que le Seigneur nous y accompagne et qu’il nous bénisse, Lui qui est Père, Fils et Esprit Saint

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